Image satellite de l’Öskjuvatn (Islande) // Satellite image of Öskjuvatn (Iceland)

Une image envoyée par le satellite Sentinel-2 (Copernicus EU), prise à 786 km d’altitude, montre le lac Askja (Öskjuvatn) en Islande, aujourd’hui recouvert de glace après être resté à découvert jusqu’après le Nouvel An. Le lac a gelé le 4 janvier 2026, suite à une chute brutale des températures, après la vague de chaleur des fêtes de fin d’année.
En décembre, aucune glace ne s’était formée sur le lac Askja, ce qui est inhabituel pour cette période de l’année. Il faut savoir que les températures ont atteint 20 °C dans certaines régions d’Islande fin décembre. La douceur du climat en novembre et décembre explique l’absence de glace en fin d’année.
Les garde-côtes islandais ont publié une image radar du lac Askja et des montagnes de Dyngjufjöll lors d’un survol de la région le 29 décembre 2025. L’image montre que le lac n’était pas encore gelé à cette date.
Source : Iceland Monitor.

——————————————

A satellite image from Sentinel-2 (Copernicus EU), taken from an altitude of an altitude of 786 km above Earth shows Iceland’s Lake Askja (Öskjuvatn) which is now frozen after remaining ice-free beyond the turn of the year. The lake froze on January 4, 2026, after temperatures dropped sharply following the warm spell over Christmas.

In December, no ice had formed on Lake Askja , which is unusual for that time of year. Temperatures rose up to 20°C in some parts of Iceland in December. The mild weather in November and December likely explains the lack of ice at the end of the year.

The Icelandic Coast Guard captured a radar image of Lake Askja and the Dyngjufjöll mountains during a flight over the country on December 29, 2025. The image shows that the lake had not yet frozen at that time.

Source : Iceland Monitor.

Dernières nouvelles de l’Askja (Islande) // Latest news of Askja Volcano (Iceland)

Une équipe scientifique composée de chercheurs du Met Office islandais, de l’Institut des géosciences de l’Université d’Islande et de l’Université de Göteborg (Suède) a visité l’Askja en août 2024. La mission comprenait des mesures géodésiques, de pH, de température et de gaz pour faire un état des lieux de l’activité volcanique dans la région.
Les données obtenues par la mission scientifique indiquent que le soulèvement du sol dans la région se poursuit, même s’il a ralenti depuis septembre 2023. La station GNSS, située à l’ouest de l’Öskjuvatn, a enregistré un soulèvement du sol de 12 cm au cours de l’année écoulée. es données satellitaires InSAR et les inclinomètres corroborent cet épisode de soulèvement.

Données satellitaires (image Insar) montrant le soulèvement sur l’Askja pour la période juillet 2021-août 2023. Les zones jaunes et rouges au milieu de l’image sont celles qui subissent la plus grande déformation. (Source : Met Office).

Les modélisations montrent que l’accumulation de magma dans la région se produit à une profondeur d’environ 3 km, mais rien n’indique que ce magma se rapproche de la surface. Environ 4,4 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés au cours des 12 derniers mois, ce qui porte à environ 44 millions de mètres cubes le volume total depuis juillet 2021.
Les mesures effectuées dans le cratère Víti ne montrent aucun changement significatif du pH, de la température de l’eau ou de sa chimie.
Les données historiques montrent que la déformation au niveau de l’Öskja ont commencé en 1966, avec un soulèvement important observé entre 1970 et 1972. Le sol s’est ensuite affaissé jusqu’en 2021, date à laquelle un soulèvement a été de nouveau détecté. Le soulèvement précédent s’est produit sans provoquer d’éruption.
La dernière éruption de l’Askja a eu lieu en 1961, avec un VEI 2. Elle a entraîné la formation du champ de lave de Vikrahraun. Une augmentation de l’activité sismique et géothermale avait été observée 20 jours avant l’éruption.
Des éruptions explosives se sont produites sur l’Askja ; la plus récente a eu lieu le 3 janvier 1875. Elle a entraîné la formation d’une petite caldeira de 4,5 km de large, désormais remplie par le lac Öskjuvatn, et qui coupe la lèvre de la plus grande caldeira centrale.
Si une éruption devait se produire sur l’Askja, le Met Office explique qu’elle devrait être de relativement faible intensité, semblable à celles du 20ème siècle.
Source : Icelandic Met Office.

Caldeira de l’Askja avec l’Oskjuvatn et le cratère Viti (Photos: C. Grandpey)

————————————————-

A scientific team including researchers from the Icelandic Meteorological Office, the Institute of Geosciences at the University of Iceland, and the University of Gothenburg (Sweden) visited Askja Volcano in August 2024. The trip involved geodetic, pH, temperature, and gas measurements to monitor the area’s volcanic activity.

Data from the scientific mission indicate that the land uplift in the area continues, although the rate has slowed since September 2023. The GNSS station, located west of Öskjuvatn, recorded a 12 cm land rise over the past year and satellite data from InSAR and tilt measurements corroborate this ongoing uplift.

Modeling calculations suggest that magma accumulation in the area is occurring at a depth of about 3 km, with no indications that magma is moving closer to the surface. Approximately 4.4 million cubic meters of magma have accumulated in the past 12 months, bringing the total volume since July 2021 to about 44 million cubic meters.

Measurements taken in the Víti crater showed no significant changes in pH, water temperature, or chemistry.

Historical data show that the first deformation measurements in Öskja began in 1966, with significant uplift observed between 1970 and 1972. The land then subsided until 2021, when uplift was once again detected. The previous uplift occurred without causing any eruption.

The last eruption in Askja was in 1961, with a VEI 2. It resulted in the formation of the Vikrahraun lava field. Increased seismic and geothermal activity was noted 20 days before the eruption.

Explosive eruptions have occurred in Askja, the most recent on January 3rd, 1875. It resulted in the formation of a small 4.5 km wide caldera, now filled by Öskjuvatn Lake, that truncates the rim of the larger central caldera.

Should an eruption occur at Askja, it is expected to be relatively small, similar to those in the 20th century.

Source : Icelandic Met Office.

Islande : suite de l’éruption et essaim sismique sur l’Askja // Iceland : the eruption continues ; seismic swarm at Askja

Alors que l’éruption se poursuit de manière assez stable sur la péninsule de Reykjanes, bien qu’en lent et régulier déclin de jour en jour, le Met Office indique que le 25 mars 2024 un essaim sismique comprenant une trentaine d’événements a été enregistré dans la partie nord-ouest de la caldeira de l’Askja.

Sur la Péninsule de Reykjanes, les mesures GPS de ces derniers jours montrent un soulèvement continu du sol dans le secteur de Svartsengi, mais à un rythme plus lent qu’auparavant. Cela laisse supposer que le magma continue de s’accumuler dans le réservoir malgré son évacuation par l’éruption en cours.

Image webcam de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes au cours de l’après-midi du 26 mars 2024

Le séisme le plus significatif sur l’Askja avait une magnitude de M3,5 à une profondeur d’environ 5 km. Dans l’ensemble, l’activité sismique sur l’Askja est restée assez stable d’un mois à l’autre et inchangée jusqu’au 25 mars 2024. Auparavant, des séismes d’une magnitude supérieure à M3 avaient été détectés en janvier 2022 et octobre 2021.
La déformation sur l’Askja s’est poursuivie de manière stable pendant deux ans à partir de la fin de l’été 2021. À l’automne 2023, une accélération de la déformation du sol a été enregistré par les instruments. Les mesures les plus récentes montrent que la déformation du sol a de nouveau augmenté, même si elle reste à un niveau inférieur à celui d’avant l’automne 2023.
Une image satellite acquise le 19 mars 2024 montre une vue classique du lac de l’Askja (Oskjuvatn) pendant l’hiver, avec la majeure partie du lac recouverte de glace à l’exception des deux zones bien connues où se produit une activité géothermique permanente.
Source : Met Office islandais.

Caldeira de l’Askja en été (Photo: C. Grandpey)

——————————————–

While the eruption is going on in a fairly stable way on the Reykjanes Peninsula, although slowly declining day after day, the Met Office indicates that on March 25th, 2024 a seismic swarm including about 30 events occurred in the NW part of the Askja caldera.

On the Reykjanes Peninsule, GPS measurements in recent days indicate ongoing land rise in Svartsengi, but it exhibits a slower rate than before. This suggests that magma continues to accumulate in the reservoir despite the ongoing eruption.

The largest earthquake recorded in the Askja area had a magnitude M3,5 at a depth of about 5 km. Overall, seismic activity in the Askja had been quite stable between months and unchanged until March 25th. Looking back, earthquakes with magnitude above M3 were detected in January 2022 and October 2021.

Deformation at Askja continued in a stable way during two years starting at the end of summer 2021. In autumn 2023, a change in velocity was recorded bt the instruments. However, the most recent ground deformation measurements suggest that the rate has increased again, even though it remains at lower rates than before autumn 2023.

A satellite image acquired on March 19th, 2024 shows a typical winter view of Askja lake, where most of the lake is covered by ice except for the two well-known areas characterized by persistent geothermal activity.

Source : Icelandic Met Office.

Signes d’activité sous l’Askja (Islande) // Signs of unrest beneath Askja Volcano (Iceland)

Cela fait pas mal de temps que les volcanologues islandais nous disent que l’Askja pourrait bientôt entrer en éruption car des signes d’activité sont détectés sous le volcan. J’ai écrit plusieurs notes (12 novembre 2019, 22 octobre 2021, 29 juillet 2022, 18 février 2023, 5 mars 2023) à ce sujet.
Les mesures sur le terrain révèlent que le sol continue de se soulever au niveau du lac Viti, avec récemment une émission de vapeur sous pression. Les scientifiques du Met Office ont essayé de donner quelques explications et pensent que de nombreux facteurs peuvent entrer en jeu. Ils ont mesuré l’inflation, les gaz, et ont prélevé des échantillons d’eau du Víti. L’Université d’Islande les analysera dans la semaine et indiquera si la composition des gaz a changé.
L’inflation a également été observée sur d’autres volcans. De nouvelles mesures montrent qu’elle est bien présente sur l’Hekla, ce qui signifie – selon un volcanologue islandais – que la prochaine éruption sera plus violente que la dernière. Le sol montre également une inflation dans la caldeira de Torfajökull.
Un volcanologue islandais a averti de la possible présence de magma sous la caldeira de l’Askja, et plus précisément sous le lac Viti. La température de ce dernier a augmenté de 9 degrés et est passée de 18°C à 27°C. De plus, le sol s’est soulevé d’une trentaine de centimètres depuis septembre 2022. L’évolution de la température du Víti montre que le magma pourrait être relativement proche de la surface. Selon le scientifique, il n’y a pas d’autre raison que le magma pour expliquer la situation. « Toute la chaleur du sol est créée par un flux de chaleur provenant du magma. Il doit être à une profondeur relativement faible, car l’eau sous la surface ne se trouve pas à plusieurs kilomètres dans la croûte. » Il ajoute qu’il est presque impossible que la chaleur du soleil ait fait augmenter la température de l’eau du Víti, et « toutes ces indications semblent montrer que l’Askja est en phase de préparation. Évidemment, il faut garder un œil sur la température. S’il y a de l’activité sismique dans la région, une éruption peut arriver rapidement. Nous devons prévenir les gens. »

Source : Iceland Review.

De son côté, le Met Office est moins alarmiste que le volcanologue. Il confirme que l’inflation se poursuit sur l’Askja. La position et la profondeur de la source magmatique présumée reste inchangées depuis septembre 2021. Le magma s’accumule à une profondeur d’environ 3 km, et il n’y a actuellement aucune indication géodésiques que le magma s’est rapproché de la surface. Les dernières données de déformation montrent un soulèvement au milieu de la caldeira de Torfajökull. Le processus a commencé en juin et atteint quelques centimètres ; il est visible à la fois dans les données InSAR et GPS. Selon le Met Office, le scénario le plus probable est que le magma s’accumule en profondeur.
[NDLR : Les instruments montrent que quelque chose pourrait arriver, mais personne ne sait si ou quand cela arrivera. Malgré les progrès de ces dernières années, notre capacité à prévoir les éruptions est encore relativement faible. Heureusement, il n’y a pas de zones habitées à proximité de l’Askja. Cependant, comme l’activité actuelle est détectée sous un lac, une éruption pourrait être explosive avec des nuages de cendres qui pourraient causer des problèmes au trafic aérien, comme en 2010. Le conditionnel est bien sûr de mise.]

L’histoire montre qu’une éruption de l’Askja peut être destructrice. Un événement subplinien a commencé le 28 mars 1875, suivi d’une explosion phréatoplinienne dévastatrice le lendemain. Les retombées de cendres ont empoisonné la terre et tué le bétail dans les fjords de l’est de l’Islande. Les cendres de cette éruption ont été emportées par le vent vers la Norvège, la Suède, l’Allemagne et la Pologne. L’éruption a déclenché une importante vague d’émigration en Islande.
La dernière éruption de l’Askja remonte à 1961. Elle a été précédée par la formation de grandes solfatares sur une ligne N-S le long de la paroi orientale de la caldeira. L’éruption a commencé dans cette zone deux semaines plus tard, le 26 octobre, avec l’ouverture d’une fissure de 0,7 km de long. L’éruption était de type hawaïen, et les fontaines de lave s’élevaient à une hauteur de 500 m. Au cours des 10 premières heures de l’éruption, la coulée de lave a atteint une longueur de 7,5 km et a couvert une superficie de près de 6 km2. Lorsque l’éruption s’est terminée cinq semaines plus tard, la lave avait recouvert 11 km2.

—————————————————

Icelandic volcanologists have warned us for quite a long time that Askja might soon erupt as unrest is detected beneath the volcano. I have written several posts (November 12th, 2019, October 22nd, 2021, July 29th, 2022, February 18th, 2023, March 5th, 2023) about this topic.

Measurements on the field reveal that land continues to rise at Askja lake. The Icelandic Met Office has received indications of surface changes at the lake and recently for a short-lived jet stream at Víti. The scientists from the Met Office gave few explanations of what is happening at Víti, saying that there are many things that can play a part. They measured the amount of inflation, gases, and took samples from Víti. The University of Iceland will analyse them later this week and will reveal whether the composition of gases at Víti has changed.

Inflation has also been measured at other volcanoes. Results of new measurements at Hekla show a significant inflation, implying that the next eruption will be more powerful than the last eruption. Land is also rising in the Torfajökull caldera.

An Icelandic volcanologist has warned that lava might be brewing in the Askja caldera under the lake. The temperature in the lake has increased by 9 degrees, from 18 degrees Celcius to 27 degrees. Furthermore, land has risen approximately 30 cm sine Septermber 2022. Given the temperature change in Víti, the magma could be relatively close to the surface. The scientist says there is no other reason than magma to explain the situation. « All heat in the ground is created by a heat flow from magma. It must be at a relatively shallow depth, because the geothermal water is not going to go many kilometers down into the crust. » He adds it is almost impossible for the sun to raise the water temperature in Víti as much as it is now and that « all of these indications seem to point in the same direction of Askja being in the preparing stages. Obviously, we need to keep an eye on the temperature. If there are murmurs in the mountain, this can happen fast. At least we have to warn people about it. »

Source : Iceland Review.

The Met Office is less alarming than the volcanologist. It confirms that the inflation continues at Askja with the position and depth of the inferred magma source unchanged since September 2021. The magma is accumulating at a depth of about 3 km, and there are currently no indications from geodetic observations that the magma has shallowed further. Recent deformation data show uplift in the middle of the Torfajökull caldera. The uplift began in June and a few centimeters have been measured which can be seen both in InSAR and GPS data. The most likely scenario is that magma is accumulating at depth.

[Editor’s note :The instruments show that something might happen, but nobody knows if or when it will happen. Despite advances in recent years, our ability to predict eruptions is still quite low. Fortunately, there are no populated areas close to the volcano. However, because the current activity is detected beneath a lake, an eruption might be explosive with ash clouds that could cause problems to air traffic, like in 2010.]

History shows that an eruption of Askja can be destructive. A subplinian event started on March 28th, 1875, followed by the devastating phreatoplinian explosion on March 29th.. The ashfall poisoned the land and killed livestock in the Eastfjords of Iceland. Ash from this eruption was wind-blown to Norway, Sweden, Germany and Poland. The eruption triggered a substantial wave of emigration from Iceland.

The last eruption of Askja was in 1961. It was preceded by the formation of big solfataras on a N-S line along the eastern caldera wall. The eruption started in the same area two weeks later, on October 26th, when a fissure, 0.7 km long, opened up. The eruption was of the Hawaiian type, and lava fountains rose to a height of 500 m. Within the first 10 hours or so the lava flow reached a length of 7.5 km and covered an area of nearly 6 km2 . When the eruption ended five weeks later the area was 11 km2 .

 

Données satellitaires (image Insar) montrant le soulèvement sur l’Askja pour la période juillet 2021-août 2023. Les zones jaunes et rouges au milieu de l’image sont celles qui subissent la plus grande déformation. (Source : Met Office).

Caldeira de l’Askja avec l’Oskjuvatn et le Viti

Lac Viti (Photos: C. Grandpey)