Cumbre Vieja (La Palma) : nouvelles de l’éruption // News of the eruption

11 heures : La lave du Cumbre Vieja poursuit sa progression et son travail de destruction. Ele couvre déjà une superficie de 525,77 hectares, a touché 1 281 bâtiments et endommagé 132 hectares de cultures. La lave a épargné quelques zones de végétation et créé des kipukas comme à Hawaii. Les scientifiques surveillent notamment l’une des branches de la coulée nord dans le parc industriel de Los Llanos de Aridane. La zone de La Laguna; où les coulées de lave se déplacent à certains endroits à 700 mètres par heure est particulièrement préoccupante. Elles ont déjà touché les bananeraies, la zone industrielle et les maisons.

La colonne de cendre émise par le volcan atteignait 3500 m de hauteur le 10 octobre. Malgré l’amélioration des conditions météorologiques ces dernières heures, un virage du vent vers l’ouest est attendu ce lundi, ce qui provoquera un déplacement du nuage de cendres et pourrait affecter l’activité de l’aéroport de La Palma.

Source: Presse espagnole.

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20 heures : La lave du Cumbre Vieja poursuit sa progression. Selon les dernières estimations, elle a recouvert une superficie de 591,1 hectares, a endommagé ou détruit 1 281 bâtiments et affecté 150 hectares de cultures. L’une des branches de la coulée nord a provoqué un incendie dans la cimenterie du parc industriel de Los Llanos de Aridane. L’événement a entraîné le confinement de près de 3 000 habitants à jusqu’à ce que la qualité de l’air de la zone puisse être analysée.

Source: Pevolca.

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23 heures : Le satellite Sentinel-2 Copernicus a transmis une image des coulées de lave émises par le Cumbre Vieja. On peut voir les nouvelles coulées générées au nord du flux précédent en raison de l’effondrement du cratère le 9 octobre.

Dans l’après-midi du 11 octobre 2021, les scientifiques de l’Institut de volcanologie des îles Canaries (Involcan) ont été témoins d’un épisode de foudre volcanique, phénomène qui ne s’était pas produit jusqu’à présent.
L’Institut a rappelé que « les cendres et les matériaux pyroclastiques libérés par le volcan sont initialement neutres (sans charge électrique), mais la friction entre eux dans un environnement hostile provoque la libération d’ions dans le panache volcanique. »

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11:00 am :The lava from Cumbre Vieja keeps moving forward and destroying everything on its path. It already covers an area of 525.77 hectares, has affected 1,281 buildings and damaged 132 hectares of crops. The lava has spared some areas of vegetation and created kipukas like in Hawaii. Scientists are monitoring one of the branches of the north flow in the Los Llanos de Aridane industrial park. The La Laguna area; where lava flows move in some places at 700 meters per hour is of particular concern. They have already affected banana plantations, the industrial zone and houses.
The ash column emitted by the volcano was 3500 m high on October 10th. Despite better weather conditions in recent hours, a westerly wind shift is expected today Monday, which will cause the ash cloud to shift and could affect activity at La Palma airport.
Source: Spanish press.

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8:00 p.m .: Lava from Cumbre Vieja keeps moving forward. According to the latest estimates, it has covered an area of 591.1 hectares, damaged or destroyed 1,281 buildings and affected 150 hectares of crops. One of the branches of the north flow caused a fire in the cement plant in the Los Llanos de Aridane industrial park. The event caused the confinement of nearly 3,000 residents until air quality in the area could be analyzed.
Source: Pevolca.

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11:00 pm : The Copernicus Sentinel-2 satellite has sent an image of the lava flows emitted by Cumbre Vieja. One can see the new flows generated north of the previous one due to the crater collapse on October 9th, 2021. (see image above)

In the afternoon of October 11th, 2021, scientists from the Institute of Volcanology of the Canary Islands (Involcan) witnessed an episode of volcanic lightning, a phenomenon that had not occurred until now.
The Institute recalled that « the ash and pyroclastic materials released by the volcano are initially neutral (without an electric charge), but the friction between them in a hostile environment causes the release of ions in the volcanic plume. » (see image above)

La lave a provisoirement cessé d’entrer dans la mer mais les coulées en amont continuent leur progression vers l’océan (captures écran webcam)

Des super éruptions sur la planète Mars? // Super eruptions on Mars?

Les « super éruptions » sont un phénomène bien connu en volcanologie. Certains volcans sur Terre comme le Toba (Indonésie) ou le Taupo (Nouvelle Zélande) se sont manifestés de cette manière très violente. Ces volcans peuvent produire des éruptions si puissantes qu’elles libèrent d’énormes nuages de poussière et de gaz toxiques dans l’atmosphère. Ils bloquent la lumière du soleil et modifient le climat d’une planète pendant des décennies. Les volcanologues parlent de « super éruption » lorsque les émissions de cendres et autres matériaux volcaniques atteignent au moins 1000 km3. C’est l’équivalent d’un indice 8 sur le VEI (Volcano Explosivity Index).

En étudiant la topographie et la composition minérale d’une partie de la région Arabia Terra dans le nord de la planète Mars, les scientifiques ont récemment trouvé des preuves de milliers de super éruptions.
En vomissant de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone et du dioxyde de soufre, ces explosions ont secoué la surface martienne sur une période de 500 millions d’années il y a environ 4 milliards d’années. Les scientifiques ont fait état de cette estimation dans un article publié dans la revue Geophysical Research Letters en juillet 2021.
Selon un géologue du Goddard Space Flight Center de la NASA, « chacune de ces éruptions a eu un impact climatique important. Le gaz ainsi libéré a peut-être épaissi l’atmosphère ou bloqué le Soleil, rendant l’atmosphère plus froide. »
Après avoir projeté de la roche en fusion et du gaz à la surface de Mars et répandu une épaisse couche de cendre jusqu’à des milliers de kilomètres du site de l’éruption, le volcan qui fut le siège d’une super éruption s’est effondré et a formé une caldeira géante. Sept caldeiras identifiées surArabia Terra ont été les premières indications que la région a pu accueilli des volcans capables de super éruptions.
Autrefois considérés comme des dépressions laissées par les impacts d’astéroïdes sur la surface martienne il y a des milliards d’années, les scientifiques ont suggéré en 2013 que ces bassins pouvaient être des caldeiras volcaniques. Ils ont remarqué qu’ils n’étaient pas parfaitement ronds comme des cratères et qu’ils présentaient des signes d’effondrement.
L’analyse des scientifiques faisait suite aux travaux d’autres chercheurs qui avaient suggéré que les minéraux à la surface d’Arabia Terra étaient d’origine volcanique. Un autre groupe de recherche, après avoir appris que les bassins d’Arabia Terra pourraient être des caldeiras, avait calculé dans quels secteurs les cendres provenant d’éventuelles super éruptions se seraient déposées. En se déplaçant sous le vent, vers l’est, leur couche allait forcément s’amoindrir loin du centre éruptif, ou ce qu’il en reste, autrement dit la caldeira.
L’équipe scientifique a utilisé des images du spectromètre imageur compact du Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) pour identifier les minéraux à la surface de la planète. En observant les parois des canyons et des cratères à des centaines voire des milliers de kilomètres des caldeiras, là où les cendres auraient été transportées par le vent, les chercheurs ont identifié des minéraux volcaniques transformés en argile par l’eau, notamment la montmorillonite, l’imogolite et l’allophane. Ensuite, à l’aide d’images fournies par les caméras du MRO, l’équipe scientifique a réalisé des cartes topographiques en trois dimensions d’Arabia Terra. En superposant les données minérales sur les cartes topographiques des canyons et des cratères analysés, les chercheurs ont pu constater dans les gisements riches en minéraux que les couches de cendres étaient très bien conservées.

Les scientifiques qui avaient identifié les caldeiras en 2013 ont également calculé la quantité de matière qui aurait été émise par les volcans, en fonction du volume de chaque caldeira. Ces informations ont permis de calculer le nombre d’éruptions nécessaires pour produire l’épaisseur de cendres découvertes. Il s’est avéré qu’il y a eu des milliers d’éruptions.
Une question reste sans réponse: Comment une planète peut-elle avoir un seul type de volcan dans une région. Sur Terre, des volcans capables de super éruptions sont dispersés dans le monde entier et cohabitent avec d’autres types de volcans. Mars possède également de nombreux autres types de volcans, dont Olympus Mons, le plus grand volcan du système solaire. Olympus Mons est 100 fois plus grand en volume que le plus grand volcan sur Terre, le Mauna Loa à Hawaï. Arabia Terra est, jusqu’à présent, la seule région de Mars possédant des volcans explosifs.
Il est possible que les volcans super-éruptifs aient été concentrés dans certaines régions de la Terre mais aient été érodés physiquement et chimiquement ou se soient déplacés sur le globe à mesure que les continents se sont déplacés avec la tectonique des plaques. Il se peut que ces types de volcans explosifs existent également dans les régions de la lune Io de Jupiter ou ont pu avoir été regroupés sur Vénus. Quoi qu’il en soit, les chercheurs espèrent qu’Arabia Terra enseignera aux scientifiques quelque chose de nouveau sur les processus géologiques qui aident à façonner les planètes et les lunes.
Source : NASA.

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Some volcanoes can produce eruptions so powerful they release oceans of dust and toxic gases into the air, blocking out sunlight and changing a planet’s climate for decades. By studying the topography and mineral composition of a portion of the Arabia Terra region in northern Mars, scientists recently found evidence for thousands of super eruptions which are the most violent volcanic explosions known.

Spewing water vapour, carbon dioxide, and sulfur dioxide into the air, these explosions tore through the Martian surface over a 500-million-year period about 4 billion years ago. Scientists reported this estimate in a paper published in the journal Geophysical Research Letters in July 2021.

According to a geologist at NASA’s Goddard Space Flight Center, “each one of these eruptions had a significant climate impact. Maybe the released gas made the atmosphere thicker or blocked the Sun and made the atmosphere colder.”

After blasting molten rock and gas through the surface and spreading a thick blanket of ash up to thousands of kilometres from the eruption site, a volcano of this magnitude collapses into a giant caldera. Seven calderas in Arabia Terra were the first indications that the region may once have hosted volcanoes capable of super eruptions.

Once thought to be depressions left by asteroid impacts to the Martian surface billions of years ago, scientists first proposed in a 2013 study that these basins were volcanic calderas. They noticed that they were not perfectly round like craters, and they had some signs of collapse.

The scientists’ analysis followed up on the work of other scientists who earlier suggested that the minerals on the surface of Arabia Terra were volcanic in origin. Another research group, upon learning that the Arabia Terra basins could be calderas, had calculated where ash from possible super eruptions in that region would have settled: travelling downwind, to the East, it would thin out away from the center of the volcanoes, or what is left of them: the calderas.

The scientific team used images from the Mars Reconnaissance Orbiter (MRO)’s Compact Imaging Spectrometer to identify the minerals in the surface. Looking in the walls of canyons and craters from hundreds to thousands of kilometres from the calderas, where the ash would have been carried by wind, they identified volcanic minerals turned to clay by water, including montmorillonite, imogolite, and allophane. Then, using images from MRO cameras, the team made three-dimensional topographic maps of Arabia Terra. By laying the mineral data over the topographic maps of the canyons and craters analyzed, the researchers could see in the mineral-rich deposits that the layers of ash were very well preserved.

The same scientists who originally identified the calderas in 2013 also calculated how much material would have exploded from the volcanoes, based on the volume of each caldera. This information allowed to calculate the number of eruptions needed to produce the thickness of ash they found. It turned out there were thousands of eruptions.

One remaining question is how a planet can have only one type of volcano littering a region. On Earth volcanoes capable of super eruptions are dispersed around the globe and exist in the same areas as other volcano types. Mars, too, has many other types of volcanoes, including Olympus Mons, the biggest volcano in the solar system. Olympus Mons is 100 times larger by volume than Earth’s largest volcano of Mauna Loa in Hawaii.. Arabia Terra so far has the only evidence of explosive volcanoes on Mars.

It is possible that super-eruptive volcanoes were concentrated in regions on Earth but have been eroded physically and chemically or moved around the globe as continents shifted due to plate tectonics. These types of explosive volcanoes also could exist in regions of Jupiter’s moon Io or could have been clustered on Venus. Whatever the case may be, the researchers hope Arabia Terra will teach scientists something new about geological processes that help shape planets and moons.

Source: NASA.

Olympus Mons (Source: NASA)

Eruption du Cumbre Vieja (La Palma): beaucoup de cendre // Much ash

11 heures: Suite à l’intensification de l’éruption du Cumbre Vieja et la quantité de cendre dans l’atmosphère et son accumulation au sol, l’aéroport de La Palma a dû être fermé. Les huit décollages et atterrissages qui étaient prévus ce samedi vers Tenerife, Gran Canaria ou Madrid ont été annulés. Le nettoyage des pistes a commencé et certains vols commencent à reprendre.
Les 160 habitants qui ont été évacués dans la journée du 24septembre de manière préventive en raison de l’augmentation de l’activité explosive du Cumbre Vieja ne pourront pas retourner dans les zones touchées pour récupérer leurs effets personnels tant que la situation n’aura pas été considérée comme suffisamment sure.

Source: presse espagnole.

Le volcan émet une très importante quantité de cendre, avec un arrosage copieux de matériaux pyroclastiques sur ses flancs.

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16 heures: Une nouvelle bouche s’est ouverte dans la matinée du 25 septembre 2021 à l’ouest du principal centre éruptif. Cette bouche vient s’ajouter aux deux autres qui se sont ouvertes vendredi et ont entraîné l’évacuation des habitants qui restaient encore dans trois des zones les plus menacées. Le cône principal s’est effondré dans la partie sud-ouest, laissant s’échapper une énorme quantité de très gros blocs qui ont dévalé la pente en direction de la mer. Comme je l’indiquais précédemment, la nouvelle lave est plus fluide et plus rapide que les coulées de la première phase de l’éruption.

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11 am: Following the intensification of the eruption of Cumbre Viela and the amount of ash in the atmosphere and its accumulation on the ground, La Palma airport had to be closed. The eight takeoffs and landings that were scheduled for this Saturday to Tenerife, Gran Canaria or Madrid have been cancelled. Runway cleaning has started and some flights are starting to resume.
The 160 inhabitants who were evacuated on September 24th in a preventive manner due to the increase in the explosive activity of Cumbre Vieja will not be allowed to return to the affected areas to recover their personal effects until the situation has been considered sufficiently safe.
Source: Spanish news media.

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4 p.m .: A new vent opened on the morning of September 25th, 2021 west of the main eruptive center. This vent is in addition to the two others that opened on Friday and resulted in the evacuation of residents who still remained in three of the most threatened areas. The main cone collapsed in the southwestern part, letting out a huge amount of very large blocks that tumbled down the slope towards the sea. As I mentioned earlier, the new lava is more fluid and trabels faster than the flows of the first phase of the eruption.

Kilauea (Hawaii): les empreintes de l’éruption de 1790 // The footprints of the 1790 eruption

La dernière rubrique « Volcano Watch » publiée par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii est consacrée à un événement qui s’est produit sur le Kilauea en 1790. Selon le HVO, il « a probablement tué à lui seul plus de personnes que toute autre éruption dans ce qui est maintenant les États-Unis. » Plusieurs centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ont péri lors d’explosions au sommet du Kilauea.
La tragédie s’est apparemment produite le long d’un sentier traversant le flanc nord-ouest du Kilauea près de Namakanipaio, au moment où une déferlante de vapeur très chaude et de roches a balayé le sol à grande vitesse. Des cendres volcaniques humides sont tombées juste avant la déferlante mortelle et plusieurs centaines de personnes ont laissé des empreintes de pas dans cette cendre.

Il n’existe aucune relation contemporaine de cet événement. De brefs écrits rédigés dans les années 1820 ont été suivis en 1843 par une description beaucoup plus longue basée sur des souvenirs d’anciens collectés par des étudiants de l’école Lahainaluna. Ces récits ont, depuis cette date, été l’objet de nombreuses questions et ont été sujets à de multiples interprétations.
Une étude de terrain a été réalisée il y a plusieurs années et les résultats ont été publiés en 2015. Cette étude a identifié la plupart des dépôts laissés par l’éruption de 1790 et interprété les différents types d’explosions responsables des dépôts. Des incertitudes subsistent, mais l’étude dans son ensemble concorde assez bien avec les premiers récits et répond à certaines des questions les plus importantes.
Trois explosions ont eu lieu à quelques heures, voire quelques minutes d’intervalle, et il semble qu’elles aient été précédées de plusieurs jours d’explosions plus petites.

La première des trois explosions majeures a projeté des cendres humides qui ont été transportées vers le sud-ouest par les alizés. Ces cendres contiennent aujourd’hui les empreintes de pas, principalement de femmes et d’enfants, qui se trouvaient dans la zone au sud-ouest du sommet. Environ la moitié des empreintes de pas sont orientées vers le sommet. Les cendres étaient encore humides lorsque les deux explosions suivantes se sont produites.

L’explosion suivante fut la plus importante. Elle a émis une colonne de cendres qui s’est élevée à 12 – 15 km au-dessus du volcan. Les cendres ont atteint le jet-stream qui les a entraînées vers le sud-est au moins jusqu’à Kaimu, à plus de 30 km de distance. Autour du sommet, les matériaux émis par l’éruption se présentent sous forme de sable et de gravier et sont beaucoup plus grossiers que les cendres.

La troisième explosion a déclenché la déferlante mortelle qui a balayé le flanc ouest de la zone sommitale. Cette explosion était peut-être une phase tardive de l’explosion précédente car la colonne éruptive très dense s’est effondrée sous son propre poids. Tout de suite après avoir touché le sol, les débris à haute température ont dévalé la pente et piégé les gens sur le sentier. La mort a probablement été rapide, mais certaines victimes ont eu le temps de s’accrocher les unes aux autres pour éviter d’être emportées par la déferlante.

Pendant des années, les géologues ont supposé que la vaporisation des eaux souterraines avait déclenché les explosions, mais cette interprétation manque de preuves irréfutables. La nature humide de la cendre émise par la première explosion confirme cette idée. Une autre possibilité est que les gaz issus du magma aient été brièvement piégés sous terre, mis sous pression avant d’exploser. Un tel processus a provoqué une explosion mineure dans l’Halema’uma’u en 2008. Là encore, les preuves manquent pour confirmer cette hypothèse.

Les dépôts laissés par les explosions se composent principalement de roches solides arrachées à la paroi du conduit éruptif. Aucune pierre ponce ou cendre vitreuse bien vacuolée n’a été trouvée. Le verre relativement dense forme quelques petits morceaux et adhère à certains gros blocs. Un verre aussi dense indique la présence de magma, mais ce dernier avait probablement déjà perdu une partie de son gaz avant l’éruption.
De nombreux géologues pensent qu’une partie de la caldeira s’est effondrée en 1790, mais les travaux sur le terrain n’ont révélé aucune véritable preuve de l’effondrement. C’est une interprétation plausible, mais qui demande à être démontrée.

Certains géologues pensent qu’une coulée de lave dans la partie basse du district de Puna a été émise en 1790, mais c’est une interprétation, pas une observation. Si la coulée a bien été émise en 1790, alors, par analogie avec l’éruption de 2018, on pourrait émettre l’hypothèse qu’elle provient de la vidange du réservoir magmatique sommital, ce qui aurait provoqué l’effondrement du sommet et déclenché des éruptions explosives.
Les hypothèses mentionnées ci-dessus montrent qu’il reste beaucoup à faire pour comprendre l’éruption la plus meurtrière du Kilauea. La principale leçon de l’événement de 1790 est que de puissantes explosions peuvent se produire à nouveau sur le volcan.
Source : USGS/HVO. .

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The latest « Volcano Watch » released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to an event that occured on Kilauea in 1790. It « probably killed more people than any other eruption in what is now the United States. »Several hundred men, women, and children perished during explosions at the summit of the volcano.

The deaths apparently occurred along a trail crossing the northwest flank of Kilauea near Namakanipaio, when a surge of hot steam and rocks swept across the ground at high speed. Wet volcanic ash fell just before the lethal surge, and several hundred people left footprints in the ash.

No contemporary accounts exist. Brief summaries written in the 1820s were supplanted in 1843 by a much longer description based on memories of old-timers that were assembled by students at Lahainaluna School. These accounts have posed many volcanic questions subject to multiple interpretations ever since.

A field study to understand better the tragic events was made several years ago, and the results were published in 2015. This study identified most of the deposits left by the 1790 eruption and interpreted the kinds of explosions responsible for the deposits. Uncertainties remain, but the general picture mostly agrees with the sketchy early accounts and answers some of the important questions.

Three main explosions took place within hours, perhaps minutes, of each other, though they were apparently preceded by several days of smaller explosions. The first main explosion ejected wet ash that was transported southwestward by the trade wind. This ash deposit now contains the footprints of mainly women and children who were mostly in the area southwest of the summit. About half of the footprints point back toward the summit. The ash remained wet when the following two explosions occurred.

The next explosion was the largest. Its column of ash rose 12–15 km above the volcano. The ash rose high into the jet stream and spread southeastward at least to Kaimu, more than 30 km away. Around the summit, the erupted material is of sand and gravel size, much coarser than the ash.

The third explosion produced the lethal surge that sped across the summit’s western flank. This explosion may actually be a late stage of the preceding explosion, as the towering eruption column collapsed under its own weight. The falling hot debris hit the ground and surged downslope, trapping people on the trail. Death was probably quick, but not before some victims grabbed onto one another to keep from being blown away by the hurricane-force surge.

For years geologists assumed that groundwater heated to steam triggered the explosions, but this interpretation lacks definitive evidence. The wet nature of the first explosive ash supports this idea. Another possibility is that gas leaving magma was trapped underground briefly, pressurizing and finally bursting out. Such a process drove a small explosion in Halemaʻumaʻu in 2008. But again, definitive evidence is missing.

The explosive deposits consist mostly of solid rocks broken from the wall of the eruptive conduit. No pumice or bubble-rich glassy ash has been found. Relatively dense glass forms a few small chunks and sticks to the sides of some large blocks. Such dense glass indicates the presence of magma, but it was not bubbling and so may have already lost some of its gas before eruption.

Many geologists assume that part of the caldera collapsed in 1790, but field work has found no clear evidence for collapse. It is a reasonable interpretation, but it cannot be demonstrated yet.

Some geologists assign an age of 1790 to a lava flow in lower Puna, but that is an interpretation, not an observation. If the flow were indeed erupted in 1790, then, by analogy with the 2018 eruption, one could hypothesize that its eruption drained the summit magma reservoir, causing the summit to collapse and triggering explosive eruptions.

The above mentioned hypotheses show that there is a long way to go to understand completely Kilauea’s most lethal eruption. The main lesson is that large explosions can happen again on the volcano.

Source : USGS / HVO.

Empreintes laissées dans la cendre lors de l’éruption de 1790 (Crédit photo : D. Swanson / USGS)