La fonte catastrophique de la glace de mer (suite) // The disastrous melting of sea ice (continued)

Les temps sont durs pour la glace de mer dans l’Arctique. Une fois de plus en 2020, les conditions météo sont très défavorables avec un ciel sans nuage, la température de l’air supérieure à la normale, un système de hautes pressions dans le centre de l’Arctique, avec une vague de chaleur et des incendies de forêt en Sibérie. Comme je l’ai déjà écrit, une étude récente a conclu que la chaleur inhabituelle en Sibérie n’aurait pas pu se produire sans le réchauffement climatique d’origine anthropique.
La fonte de la glace de mer s’est accélérée entre le début et la mi-juillet, ce qui a réduit sa superficie à des niveaux record pour cette période de l’année. Le 18 juillet 2020, l’ensemble de l’Arctique avait une étendue de glace de mer d’environ 492 000 kilomètres carrés inférieure au précédent record pour cette période de l’année, d’après les données fournies par l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale. En d’autres termes, la différence de déficit de glace de mer entre le 18 juillet 2020 et le record précédent pour la même date est équivalente à la surface des États du Colorado et de l’Oklahoma réunis.
Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) implanté à Boulder, Colorado, qui contrôle l’évolution de la glace et le changement climatique, le déficit actuel est en partie dû à la vague de chaleur en Sibérie entre janvier et juin, avec un prolongement en Juillet.
En raison des températures record enregistrées tout le long du littoral arctique de la Russie, avec des incendies de forêt près de la côte et jusque bien au-dessus du cercle polaire arctique, la glace de mer a commencé à fondre et à disparaître très tôt le long de la côte sibérienne.
Le NSIDC indique que l’on observe une couverture de glace de mer extrêmement faible dans les mers de Laptev et de Barents. De ce fait, le passage maritime du Nord est pratiquement ouvert dans sa totalité. Cela signifie que le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) et d’autres denrées peut emprunter cette route de navigation encore dangereuse au nord de la Russie, mais qui offre un accès plus rapide aux ports asiatiques depuis l’Atlantique Nord. Un méthanier est parti du port de Sabetta, dans la péninsule de Yamal, le 18 mai, accompagné d’un puissant brise-glace. Jamais un navire n’avait entrepris un tel voyage aussi tôt dans l’année sur la route maritime du Nord.
Le record de la plus faible étendue de glace de mer appartient à l’année 2012. On l’attribue à la fois au changement climatique qui a fait apparaître une glace de mer de plus en plus jeune au fil du temps, mais aussi à des conditions météorologiques qui ont favorisé une fonte rapide de la glace. L’évolution des conditions météorologiques au cours des deux prochains mois permettra de savoir si 2020 établira un nouveau record de fonte de la glace de mer.
Même si 2020 ne bat pas le record de 2012, les modèles informatiques sont quasiment unanimes pour affirmer que les conditions saisonnières favorisant l’absence de glace de mer dans l’Arctique  seront réunies au milieu du 21ème siècle. .
Source: Presse américaine.

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Times are very hard for sea ice in the Arctic. Once again in 2020 there have been clear skies, above-average air temperatures, a high-pressure system across the Central Arctic, with a heat wave and wildfires in Siberia. As I put it before, a recent study concluded that the unusual warmth in Siberia could not have happened in the absence of human-caused global warming.

Sea ice loss accelerated between early and mid July, bringing sea ice extent down to record low levels for this time of the year. On July 18th, 2020, the Arctic as a region had an ice extent that was about 492 000 square kilometres below the previous record low for the date, using data from the Japanese Aerospace Exploration Agency. In other words, the difference between the sea ice extent on July 18th, 2020 and the previous record low for the same date is equivalent to the states of Colorado and Oklahoma combined.

According to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) in Boulder, Colorado, which tracks ice trends and climate change, the record low ice extent is in part the result of the Siberian heat wave that has lasted from January through June, and into July.

As a result of record high temperatures all along Russia’s Arctic shoreline, with wildfires near the coast, well above the Arctic Circle, sea ice retreated early along the Siberian coast.

NSIDC indicated that extremely low sea ice cover can now be found in the Laptev and Barents seas, in particular. The Northern Sea route appears to be nearly open. This means the shipping of liquefied natural gas (LNG) and other valuable goods can begin along a still treacherous route over the top of Russia, offering faster access to Asian ports from the North Atlantic. In fact, one LNG tanker set out from the port of Sabetta, on Russia’s Yamal Peninsula on May 18th, accompanied by a heavy duty icebreaker. This was the earliest date of such a Northern Sea Route voyage on record.

The year with the record lowest sea ice extent was 2012, and that record occurred as a result of both long-term climate change gradually causing Arctic ice cover to become younger and thinner over time, as well as weather that favoured rapid ice loss. How weather patterns evolve over the next two months will help determine whether 2020 becomes a record melt season.

Whether this year breaks the 2012 record, computer models are virtually unanimous in showing the occurrence of seasonal ice-free conditions there by mid-century.

Source: American newspapers.

Photos : C. Grandpey

Le diesel de Norilsk (Sibérie) : une pollution à très long terme // Norilsk’s diesel (Siberia) : a long term pollution

Fin mai 2020, un réservoir de stockage de diesel s’est renversé à Norilsk (Sibérie) en raison du dégel du pergélisol. L’accident a répandu dans la nature 20 000 tonnes de mazout. Les vents violents qui soufflaient à ce moment-là ont favorisé sa propagation jusqu’à plus de 20 kilomètres de la source, contaminant au passage les rivières, les lacs et le sol à proximité. Il s’agit d’une catastrophe environnementale majeure aux conséquences graves et difficiles à évaluer.
Les biologistes qui étudient les écosystèmes arctiques s’inquiètent de l’impact à long terme de tout ce mazout sur un environnement où la vie a du mal à s’installer. Alors que les bactéries sont bien connues pour leur capacité à nettoyer les nappes d’hydrocarbures ailleurs dans le monde, dans l’Arctique c’est différent ; elles sont beaucoup moins nombreuses et leur activité est beaucoup plus lente, ce qui signifie que le diesel qui s’est répandu à Norilsk restera présent pendant des années, voire des décennies.
Le problème, c’est que le diesel de Norilsk est différent des autres, par exemple celui qui s’est échappé de l’Exxon Valdez à Valdez (Alaska) en 1989. A Valdez, il s’agissait de pétrole brut épais qui reste à la surface de l’eau de mer. Pour ce type de marée noire, les solutions de nettoyage sont bien connues. En revanche, à Norilsk, on a affaire à du gasoil plus fin et moins visqueux dans l’eau douce, ce qui rend le nettoyage plus difficile.
Le diesel contient entre 2 000 et 4 000 types d’hydrocarbures qui se décomposent de façon différente dans l’environnement. En règle générale, la moitié ou un peu plus peut s’évaporer en quelques heures ou quelques jours, ce qui peut causer des problèmes respiratoires à la population que se trouve à proximité.
D’autres éléments chimiques plus résistants peuvent adhérer aux algues et aux micro-organismes dans l’eau et couler en créant une boue toxique qui se dépose sur le lit d’une rivière ou d’un lac. On a l’impression que la contamination a disparu et qu’elle n’est plus une menace, mais ces boues peuvent persister pendant des mois ou des années.
Au bas de la chaîne alimentaire dans les rivières et les lacs, il y a des plantes microscopiques et des algues qui ont besoin de la lumière du soleil pour créer de l’énergie par la photosynthèse. Lorsque le pétrole pénètre dans l’eau pendant un accident comme celui de Norilsk, il reste à la surface et forme un écran qui bloque les rayons du soleil, de sorte que ces organismes diminuent rapidement en nombre. Le zooplancton qui s’en nourrit finit également par mourir.
Au départ, le pétrole recouvre les particules du sol, réduisant leur capacité à absorber l’eau et les nutriments ; cela affecte négativement les organismes dans le sol car ils sont incapables d’accéder à la nourriture et à l’eau essentielles à leur survie. Cette couverture huileuse peut rester des années car il est très difficile de s’en débarrasser. La seule solution est souvent de l’évacuer physiquement à l’aide de pelleteuses et bulldozers.
Dans les premiers jours de juillet, Nornickel, la société minière propriétaire du réservoir de diesel, a déclaré avoir retiré 185 000 tonnes de sol pollué qui ont été stockées sur place pour être décontaminées début septembre. Une fois « nettoyé », ce sol retrouvera probablement son emplacement d’origine. L’équivalent de 13 piscines olympiques d’eau contaminée par le diesel a été pompé de la rivière et acheminé vers un site industriel voisin où les produits chimiques nocifs seront mis à l’écart. L’eau «propre» sera probablement déversée dans la rivière.
De telles mesures ont le mérite d’avoir été prises, même si des toxines resteront probablement dans l’eau et le sol. Au fil des mois et des années, ces toxines s’accumuleront dans la chaîne alimentaire, à commencer par les organismes microscopiques, et finiront par causer des problèmes de santé à des organismes plus gros comme les poissons et les oiseaux.
Normalement, les conditions froides de l’Arctique font obstacle à l’activité microbienne et à la biodégradation. Cependant, la vague de chaleur récemment observée dans la région pourrait accélérer ce processus. Cela permettrait aux micro-organismes qui attaquent le pétrole de se développer, de se reproduire et de consommer ces contaminants plus rapidement qu’habituellement.

Le réservoir de stockage de diesel de Norilsk s’est renversé en raison du dégel rapide du pergélisol. Comme le pergélisol constitue la majeure partie du sol de cette partie de la Russie, la région est très sensible au réchauffement climatique. Comme je l’ai déjà écrit, la plupart des gisements de pétrole et de gaz dans l’Arctique russe sont menacés par l’instabilité des infrastructures. Sans réglementation plus stricte pour améliorer les infrastructures existantes, de nouveaux accidents sont susceptibles de se produire, avec d’importants phénomènes de pollution..
Source: The Conversation.

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In late May 2020, a diesel storage tank in Norilsk, Siberia, collapsed because of the thawing of permafrost and released 20,000 tonnes of diesel fuel into the environment. Strong winds caused the oil to spread more than 20 kilometres from the source, contaminating nearby rivers, lakes and the surrounding soil. This spill was a major disaster with serious implications.

Biologists who study Arctic ecosystems are worried about the long-term impacts of this diesel spill in an environment where life is limited. While bacteria are known to help clean up oil spills elsewhere in the world, in the Arctic, their numbers are low and their rate of activity is slow, which means that the Norilsk diesel will linger for years, if not decades.

The problem is that the Norilsk diesel is different from others like the one that came out of the Exxon Valdez in Valdez (Alaska) in 1989. The Valdez diesel involved thick crude oil that sits on the surface of seawater. For this sort of spills, clean-up practices are well known. On the contrary, the recent Norilsk spill involved thinner, less gloopy diesel oil in freshwater, making clean-up more difficult.

Diesel oil contains between 2,000 and 4,000 types of hydrocarbon which break down differently in the environment. Typically, 50% or more can evaporate within hours and days, possibly causing respiratory problems for people nearby.

Other, more resistant chemicals can bind with algae and microorganisms in the water and sink, creating a toxic sludge on the bed of the river or lake. This gives the impression that the contamination has been removed and is no longer a threat. However, this sludge can persist for months or years.

At the bottom of the food chain in rivers and lakes, there are microscopic plants and algae that need sunlight to create energy through photosynthesis. When oil enters the water during a spill, it sits on the surface and forms a screen that blocks the sunrays, so that these organisms rapidly decrease in number. Zooplankton  that feeds on them also eventually dies off.

Initially, oil coats soil particles, reducing their ability to absorb water and nutrients, negatively affecting soil organisms as they are unable to access food and water essential for survival. This oily coat can last for years as it is very hard to wash off, so often the soil has to be physically removed.

In the first days of July, Nornickel, the mining company that owned the storage tank, said it had removed 185,000 tonnes of contaminated soil. The polluted soil is being stored on site to be treated by early September. The “cleaned” soil will then likely be returned to its original site. The equivalent of 13 Olympic swimming pools of fuel-contaminated water has been pumped from the river to a nearby industrial site where harmful chemicals will be separated and the “clean” water will likely by returned to the river.

This is better than nothing, although toxins will likely remain in both the water and soil. Over months and years, these toxins will build up within the food chain, starting with the microscopic organisms and eventually causing health problems in larger organisms such as fish and birds.

Normally, cold Arctic conditions are an obstacle to microbial activity and biodegradation. However, the recently observed Arctic heatwave might speed up this process, enabling oil-degrading microorganisms to grow, reproduce and consume these contaminants more rapidly than normal.

The fuel tank in Norilsk collapsed due to rapidly thawing permafrost. With permafrost underlying most of Russia, the region is highly vulnerable to climate warming. As I put it before, most oil and gas extraction fields in the Russian Arctic are at risk of infrastructure instability. Without more stringent regulations to improve existing infrastructure, more spills are likely to occur, with more pollution.

Source : The Conversation.

Sur cette image satellite, on peut voir le mazout (en rouge foncé) se répandre dans la rivière Ambarnaya près de Norilsk (Source: European Space Agency)

Avalanche de records de chaleur en Sibérie // Avalanche of heat records in Siberia

Une chaleur inquiétante s’est abattue sur la Sibérie le 20 juin 2020. Une température de 37,7°C a été enregistrée dans la petite ville de Verkhoyansk (67,5° de latitude N), 17 degrés au-dessus de la normale à cette époque de l’année. C’est probablement la température la plus chaude jamais enregistrée en Sibérie et aussi la température la plus chaude jamais enregistrée au nord du cercle polaire arctique (66,5° N). Par comparaison, la ville de Miami, en Floride, n’a atteint 37,7°C qu’une seule fois depuis le début des relevés de température dans cette ville en 1896. Ce qui se passe en Sibérie cette année est le type de temps qui était prévu en 2100, mais qui arrive 80 ans plus tôt.
Une température de  37°C est du jamais vu dans l’Arctique ou le proche Arctique. Il se dit, mais ce n’est pas sûr, qu’en 1915 la ville de Prospect Creek en Alaska, à une latitude plus basse que Verkhoyansk, a presque atteint cette température. En 2010, une ville à quelques kilomètres au sud du cercle polaire arctique en Russie a atteint, elle aussi, 37,7°C. En raison des conditions chaudes et sèches, de nombreux incendies se sont déclarés en Sibérie et leur fumée est visible sur des milliers de kilomètres sur les images satellite.
Verkhoyansk n’est pas un événement isolé. Certaines parties de la Sibérie connaissent des températures supérieures à la normale depuis le mois de janvier. En mai, certaines températures en Sibérie occidentale étaient supérieures de 10 degrés Celsius à la normale, pas seulement pour une journée, mais pour l’ensemble du mois. Dans son ensemble, la Sibérie occidentale s’est située en moyenne à plus de cinq degrés Celsius au-dessus de la normale en mai, effaçant ainsi tous les records précédents.
Les événements extrêmes de ces dernières années dans l’Arctique sont dus à la fois à des modèles météorologiques naturels et des changements climatiques d’origine humaine. Le modèle météorologique à l’origine de cette vague de chaleur est une dorsale de hautes pressions remarquablement immobile, un mur de chaleur qui se dresse verticalement dans l’atmosphère. La chaleur étouffante observée actuellement devrait persister pendant au moins la semaine prochaine, avec des températures atteignant facilement les 30°C dans l’est de la Sibérie.
Cette vague de chaleur n’est pas un phénomène météorologique isolé. L’été dernier, la ville de Markusvinsa au nord de la Suède, juste au sud du cercle polaire, a enregistré une température de 34,4°C.

Comme je l’ai expliqué précédemment, au cours des quatre dernières décennies, le volume de glace de mer dans l’Arctique a diminué de 50%. L’absence de blancheur de la glace et l’augmentation de surface sombre des océans et des terres signifie que moins de lumière est réfléchie, ce qui crée la une boucle de rétroaction que j’ai expliquées dans mes notes précédentes. Tandis que le climat global de la planète continue de se réchauffer, des extrêmes comme la vague de chaleur actuelle deviendront plus fréquents et s’intensifieront.
Source: Yahoo News.

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Alarming heat scorched Siberia on June 20th, 2020. A temperature of 37.7°C was recorded in the small town of Verkhoyansk (67.5°N latitude), 17 degrees above the normal high temperature. It might be the hottest temperature ever recorded in Siberia and also the hottest temperature ever recorded north of the Arctic Circle (66.5°N). To put this into perspective, the city of Miami, Florida, has only reached 37.7°C one time since the city began keeping temperature records in 1896. What is happening in Siberia this year is the kind of weather that is expected by 2100, 80 years early.

Reaching 37°C in or near the Arctic is almost unheard of. It is said, but not sure, that in 1915 the town of Prospect Creek, Alaska, not quite as far north as Verkhoyansk nearly reached this temperature. And in 2010 a town a few kilometres south of the Arctic Circle in Russia reached 37.7°C. As a result of the hot-dry conditions, numerous fires are raging in Siberia, and smoke is visible for thousands of kilometres on satellite images.

Verkhoyansk  is not an isolated occurrence. Parts of Siberia have had temperatures above normal since January. In May some temperatures in western Siberia were 10 degrees Celsius above normal, not just for a day, but for the month. As a whole, western Siberia averaged more than five degrees above normal for May, obliterating anything previously experienced.

The extreme events of recent years are due to a combination of natural weather patterns and human-caused climate change. The weather pattern giving rise to this heat wave is an incredibly persistent ridge of high pressure, a dome of heat which extends vertically upward through the atmosphere. The sweltering heat is forecast to remain in place for at least the next week, catapulting temperatures easily about 30°C in eastern Siberia.

This heat wave can not be viewed as an isolated weather pattern. Last summer, the town of Markusvinsa, a village in northern Sweden on the southern edge of the Arctic Circle, hit 34.4°C.

As I have explained before, over the past four decades, sea ice volume has decreased by 50%. The lack of white ice, and corresponding increase in dark ocean and land areas, means less light is reflected and more is absorbed, creating a feedback loop. As the average climate continues to heat up, extremes like the current heat wave will become more frequent and intensify.

Source: Yahoo News.

Vous voulez bronzer? Allez en Sibérie!

Pollution au mazout dans l’Arctique : Un désastre écologique majeur // Diesel pollution in the Arctic : a major environmental disaster

Comme je l’ai écrit précédemment, le président russe Vladimir Poutine a déclaré l’état d’urgence à Norilsk (Sibérie) le 4 juin 2020, à la suite du déversement de 20 000 tonnes de mazout dans cette région située au-dessus du cercle polaire arctique. Pour  le World Wildlife Fund (WWF), la catastrophe est la deuxième plus importante de la Russie moderne après la marée noire de 1994 dans la région de Komi au nord-ouest du pays. Greenpeace Russie a comparé l’événement à la marée noire causée par le pétrolier Exxon Valdez en 1989.
La pollution s’est produite lorsqu’un réservoir de combustible d’une centrale électrique près de Norilsk s’est effondré le 29 mai. Vladimr Poutine s’est mis en colère et a demandé à l’entreprise pourquoi il n’avait été informé de l’accident que deux jours plus tard
Des centaines de personnes ont été déployées pour essayer d’endiguer la pollution, mais elles n’ont réussi à récupérer que 340 tonnes de mazout à ce jour. Le combustible, facilement identifiable par sa couleur rouge, s’est répandu dans la rivière Ambarnaya les 31 mai et 1er juin. Cette rivière se jette dans le lac Pyasino, un important plan d’eau et la source de la rivière Pysaina.
Le déversement du mazout est probablement dû à la rupture des piliers qui soutiennent le réservoir de stockage en raison de la fonte du pergélisol. Il y a quelques jours, j’ai indiqué que des températures normalement douces étaient enregistrées en Sibérie. La fonte du permafrost est bien sûr liée au réchauffement climatique et a déjà provoqué d’autres problèmes, notamment des dégâts aux routes et aux maisons, ainsi que des perturbations à l’agriculture et à l’élevage dans toute la Sibérie.
Ce n’est pas la première fois que la société Norilsk Nickel provoque une catastrophe environnementale. Elle a déjà été responsable de la « rivière de sang » en Sibérie en 2016, avec pour conséquence une immense zone aquatique morte à cause d’une pollution par des déchets métallurgiques.
Selon le coordinateur des projets de l’Arctique pour le WWF Russie, l’accident actuel a aura conséquences catastrophiques pendant plusieurs années. On observera inévitablement des poissons morts, des oiseaux avec le plumage englué et des animaux empoisonnés. Le vice-ministre russe des ressources environnementales a déclaré qu’il faudrait au moins 10 ans pour que l’écosystème local retrouve un équilibre.
Source: The Watchers, WWF.

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As I put it previously, President Vladimir Putin declared a state of emergency in Norilsk, Siberia, on June 4th, 2020, following a 20,000 tonne-oil spill in the region which is locates above the Arctic Circle. The World Wildlife Fund (WWF) described the disaster as the second largest in modern Russian history since the 1994 oil spill in the north-western region of Komi. Greenpeace Russia compared it to the 1989 Exxon Valdez tanker spill.

The spillage occurred when a fuel tank at a power plant near the city collapsed on May 29th. Putin criticized the company, questioning why he was only informed of the spill two days later

Hundreds of personnel have been deployed to clean up the spill but they have gathered only around 340 tons so far. The oil, which is identified by a red streak, could clearly be seen in the Ambarnaya River on May 31st and June 1st. This river flows into Lake Pyasino, a major body of water and source of the Pysaina River.

The leakage was most probably due to the collapse of the pillars that support the storage tank because of the melting of permafrost. A few days ago, I indicated that normally mild temperatures are recorded in Siberia. Permafrost thawing is of course linked to climate change and has triggered issues, including damage to roads and houses, as well as disruptions to agriculture and herding throughout Siberia.

The Norilsk Nickel company is not new to environmental disasters. They were already responsible for the « blood river » in Siberia in 2016, a huge dead zone in the water due to metallurgical waste.

According to the coordinator of Arctic projects for WWF Russia, the current incident has led to catastrophic consequences that will last for years. Dead fish, polluted plumage of birds, and poisoned animals will inevitably be observed. The Russian deputy minister of national resources and the environment said that it would take at least 10 years for the local ecosystem to recover.

Source: The Watchers, WWF.

La pollution vue par le satellite Sentinel-2 de l’ESA