Les manchots empereurs sous la menace du réchauffement climatique // Emperor penguins at risk from climate change

Il y a quelques mois, j’indiquais que les manchots de Géorgie du Sud étaient menacés car un énorme iceberg était sur le point de s’ancrer le long de la côte de l’île et d’empêcher les oiseaux de se nourrir.

Dans une autre note du 3 mars 2018, j’expliquais qu’en raison du réchauffement climatique et de la surpêche, les manchots royaux étaient au bord de l’extinction.
Aujourd’hui, une nouvelle étude intitulée The Call of the Emperor Penguin (L’appel du manchot empereur) insiste sur le fait que les manchots empereurs pourraient connaître le même sort. Vivant sur les côtes de l’Antarctique, ils ont un biotope extrêmement fragile : s’il y a trop de glace de mer, il leur faut parcourir une très longue distance pour apporter de la nourriture de l’océan, et leurs poussins risquent de mourir de faim. S’il y a trop peu de glace de mer, les poussins risquent de se noyer.
Le changement climatique met aujourd’hui cet équilibre fragile et toute l’espèce en péril. L’étude montre que si le réchauffement climatique continue au rythme actuel et si les politiques gouvernementales ne changent pas, la banquise de l’Antarctique diminuera à un rythme qui réduira considérablement le nombre de manchots empereurs au point que presque toutes les colonies seront en situation d’extinction d’ici 2100, avec peu de chances de se rétablir. La « Marche de l’Empereur » prendra alors fin définitivement.
C’est pourquoi aux États Unis le Fish and Wildlife Service a proposé d’inscrire le manchot empereur sur la liste des « espèces menacées » en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition. La proposition a été publiée au Federal Register le 4 août 2021.
Le réchauffement climatique est la plus grande menace à laquelle les manchots empereurs sont confrontés. Le phénomène perturbera la couverture de glace de mer dont ils dépendent à moins que les gouvernements n’adoptent des politiques qui réduisent les gaz à effet de serre.
L’Endangered Species Act a déjà été utilisé pour protéger d’autres espèces menacées par le changement climatique, notamment l’ours polaire, le phoque annelé et plusieurs espèces de coraux.
Les manchots empereurs ne vivent pas sur le territoire américain, donc certains aspects de la loi sur les espèces en voie de disparition ne s’appliquent pas directement à eux. Cependant, le fait d’être inscrit en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition peut être un moyen de réduire les dégâts causés par les flottes de pêche américaines dans la région.
Les chercheurs étudient les manchots empereurs dans le secteur de Pointe Géologie, en Terre Adélie, depuis les années 1960. Ces décennies de données permettent aujourd’hui aux scientifiques d’analyser les effets du changement climatique anthropique sur les manchots, leur habitat et leurs sources de nourriture.
Les manchots se reproduisent sur la banquise côtière, c’est-à-dire celle qui reste attachée à la terre. En revanche, ils chassent pour se nourrir sur la banquise mobile, des morceaux de banquise qui se déplacent au gré du vent ou des courants océaniques. La glace de mer joue également un rôle important pour se reposer, pendant leur mue annuelle et pour échapper aux prédateurs.
La population de manchots de Pointe Géologie a diminué de moitié à la fin des années 1970 lorsque la glace de mer a diminué. Un grand nombre d’oiseaux mâles sont morts, et la population ne s’est jamais complètement remise des nombreux échecs de reproduction, une situation de plus en plus fréquente.
Pour s’assurer que le manchot empereur pouvait prétendre à une protection en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition, le US Fish and Wildlife Service a demandé à une équipe internationale de scientifiques, de climatologues et d’écologistes de fournir des études et des projections sur les menaces induites par le changement climatique pour les manchots empereurs et leur survie.
Des décennies d’études menées par une équipe internationale de chercheurs ont contribué à établir la nécessité de protéger les manchots empereurs. Une étude réalisée en 2009 a averti que la colonie de Pointe Géologie serait en voie d’extinction d’ici la fin du siècle. Selon une étude publiée en 2012, toutes les colonies connues connaîtront le même sort. Les chercheurs ont déterminé que chaque colonie sera en déclin d’ici la fin du siècle si les gaz à effet de serre poursuivent leur cours actuel.
Dès à présent, des changements environnementaux majeurs, tels que la formation tardive ou la perte précoce de glace de mer sur laquelle se trouvent les colonies de manchots, augmentent le risque. Un exemple frappant est la disparition récente de la colonie de Halley Bay, la deuxième plus grande colonie de manchots empereurs en Antarctique. Plus de 10 000 poussins sont morts en 2016 lorsque la banquise s’est rompue prématurément.
Les dernières études estiment que 98% des colonies de manchots empereurs auront disparu d’ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel actuel et si la promesse de hausse de température de 1,5°C de l’Accord de Paris n’est pas tenue.
Source : The Conversation.

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A few months ago, I explained that the penguins of South Georgia were under threat beacuse a mega iceberg might anchor along the coast of the island and prevent the birds from feeding.

In another post (March 3rd, 2018), I explained that because of global warming and overfishing, king penguins were on the brink of extinction.

Today, a new study entitled The call of the emperor penguin insists that emperor penguins might meet the same fate. Living on Antarctica’s coastlines, they have a narrow comfort zone: If there is too much sea ice, trips to bring food from the ocean become long and arduous, and their chicks may starve. With too little sea ice, the chicks are at risk of drowning.

Climate change is now putting that delicate balance and potentially the entire species at risk. The study shows that if current global warming trends and government policies continue, Antarctica’s sea ice will decline at a rate that would dramatically reduce emperor penguin numbers to the point that almost all colonies would become quasi-extinct by 2100, with little chance of recovering. The « March of the Penguins » would come to a definite ending.

That’s why the U.S. Fish and Wildlife Serviceis proposing to list the emperor penguin as “threatened” under the Endangered Species Act. The proposal was published in the Federal Register on August 4th, 2021.

The greatest threat emperor penguins face is climate change. It will disrupt the sea ice cover they rely on unless governments adopt policies that reduce the greenhouse gases.

The U.S. Endangered Species Act has been used before to protect other species that are primarily at risk from climate change, including the polar bear, the ringed seal and several species of coral.

Emperor penguins don’t live on U.S. territory, so some of the Endangered Species Act’s measures do not directly apply. Howec=ver, being listed under the Endangered Species Act could provide a way to reduce harm from U.S. fishing fleets that might operate in the region.

Researchers have studied the emperor penguins around Pointe Géologie, in Terre Adélie, since the 1960s. Those decades of data are now helping scientists analyse the effects of anthropogenic climate change on the penguins, their sea ice habitat and their food sources.

The penguins breed on fast ice, which is sea ice attached to land. But they hunt for food within the pack ice – sea ice floes that move with the wind or ocean currents and may merge. Sea ice is also important for resting, during their annual moult and to escape from predators.

The penguin population at Pointe Géologie declined by half in the late 1970s when sea ice declined and more male emperor penguins died, and the population never fully recovered from massive breeding failures, something that has been occurring more frequently.

To assess whether the emperor penguin could qualify for protection under the Endangered Species Act, the U.S. Fish and Wildlife Service encouraged an international team of scientists, climate scientists and ecologists to provide research and projections of the threats posed by climate change to emperor penguins and their future survival.

Decades of studies by an international team of researchers have been instrumental in establishing the need for protection. One research in 2009 warned that the colony of Pointe Géologie will be marching toward extinction by the end of the century. And all known colonies will meet the same fate, according to a study published in 2012. The researchers determined that every colony would be declining by the end of the century if greenhouse gases continue their current course.

Major environmental shifts, such as the late formation and early loss of the sea ice on which colonies are located, are already raising the risk. A dramatic example is the recent collapse of Halley Bay, the second-largest emperor penguin colony in Antarctica. More than 10,000 chicks died in 2016 when sea ice broke up early.

The latest studies estimate that 98% of colonies will be extinct by 2100 if greenhouse gas emissions continue their present course and if the 1.5°C pledge of the Pariseement is not reached.

Source : The Conversation.

La « Marche de l’Empereur », une belle histoire qui pourrait mal finir…

Fonte des plateformes glaciaires en Antarctique // Melting of ice shelves in Antarctica

Comme je l’ai écrit plusieurs fois sur ce blog, si les plates-formes glaciaires de l’Antarctique occidental fondent et disparaissent, elles ne retiendront plus les glaciers qui se trouvent en amont. Si ces glaciers atteignent l’océan, ils contribueront à l’augmentation du niveau de la mer dans le monde entier. Au cours des dernières années, les scientifiques ont attiré l’attention du public sur les glaciers Thwaites et Pine Island, deux immenses rivières de glace de l’Antarctique occidental.

Selon une étude publiée le 11 juin 2021 dans la revue Science Advances, la plateforme qui retient le glacier de Pine Island se désintègre beaucoup plus vite qu’auparavant et laisse échapper d’énormes icebergs. Sa fonte s’est accélérée en 2017 et fait craindre aux scientifiques qu’avec le réchauffement  climatique, la fonte du glacier se produise plus rapidement que les siècles mentionnés dans les prévisions.

La plateforme glaciaire devant le Pine Island a reculé d’environ 20 kilomètres entre 2017 et 2020. Cette situation a été confirmée en visionnant en accéléré les images collectées par un satellite européen qui prend des photos tous les six jours.

Entre 2017 et 2020, il y a eu trois grands événements de dislocation de la plateforme glaciaire, avec vêlage de monstres de glace de plus de 8 kilomètres de long et 36 kilomètres de large qui se sont ensuite morcelée en icebergs plus petits. On a également observé beaucoup de petits vêlages.

Les scientifiques craignent que la plateforme glaciaire dans son ensemble lâche prise et disparaisse en quelques années. Ils ont observé le comportement de deux repères sur le glacier principal et ont découvert qu’ils avaient accéléré leur progression de 12% à partir de 2017. Comme je l’ai écrit plus haut, le glacier de Pine Island est l’un des deux glaciers de l’Antarctique occidental que les glaciologues craignent de voir disparaître à brève échéance. L’autre glacier est le Thwaites. Si le Pine Island fondait dans sa totalité, cette eau entraînerait une élévation du niveau de la mer de 50 centimètres. Le glacier est responsable d’environ un quart de la perte de glace sur ce continent. Tous les modèles montrent que si le Pine Island et le Thwaites disparaissent, le reste de l’Antarctique occidental suivra, car tous les glaciers de cette partie du continent sont interconnectés.

Source : Yahoo News.

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As I put it several times before, if the ice shelves in West Antarctica melt and collapse, they will no longer hold back the glaciers that are pushing behind them. Should these glaciers reach the ocean, they will contribute to increasing sea level rise around the globe. In the past years, scientists have drawn public attention to the Thwaites and Pine Island glaciers, two massive rivers of ice in West Antarctica.

According to a study published on June 11th, 2021 in the journal Science Advances, the ice shelf that holds back the Pine Island glacier is breaking up much faster than before and spawning huge icebergs. Its melting accelerated in 2017, causing scientists to worry that with climate change the glacier’s collapse could happen quicker than the many centuries predicted.

That ice shelf has retreated by about 20 kilometres between 2017 and 2020. The confirmation of this event was given by a time-lapse video from a European satellite that takes pictures every six days.

Between 2017 and 2020, there were three large breakup events, creating icebergs more than 8 kilometres long and 36 kilometres wide, which then split into lots of smaller pieces. There also were many smaller calvings.

Scientists fear that the whole shelf could give way and go within a few years. They have tracked two points on the main glacier and found they were moving 12% faster toward the sea starting in 2017.

As I put it above, the Pine Island Glacier is one of two side-by-side glaciers in western Antarctica that ice scientists worry most about losing on that continent. The other is the Thwaites Glacier. Should Pine Island melt, this water would lead to a 50-centimetre sea level rise. The glacier is responsible for about a quarter of the continent’s ice loss.

All model show that if Pine Island and Thwaites fall apart, the rest of West Antarctica will follow as all glaciers in that part of the Antarctic continent are interconnected.

Source : Yahoo News.

 

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC)

Reconnaissance officielle de l’Océan Austral par le National Geographic // Official recognition of the Southern Ocean by National Geographic

Le National Geographic a annoncé le 8 juin 2021 qu’il reconnaissait officiellement l’Océan Austral comme le cinquième océan sur Terre. Cet océan entoure directement le continent antarctique et il est bordé par trois des quatre autres océans – l’Atlantique, l’Indien et le Pacifique.

Cependant, l’Océan Austral est différent des autres ; au lieu d’être défini par les terres qui l’entourent, cette surface d’eau est unique en raison du courant qui la parcourt. La limite écologique de l’Océan Austral suit la Convergence Antarctique (aussi connue sous le nom de Front Polaire), une ligne sinueuse autour du continent antarctique où se rencontrent les eaux froides antarctiques et les eaux plus chaudes des régions sub-antarctiques.

La limite latitudinale de l’Océan Austral de 60 degrés au sud est à peu près la même que le Courant Circumpolaire Antarctique (CCA), qui, selon le National Geographic, apporte une eau plus froide et moins salée que celle qui se trouve juste au nord de la région. Ce courant explique pourquoi l’écologie de l’Océan Austral est si différente et offre un habitat unique à des milliers d’espèces.

L’Océan Austral est également une composante vitale du changement climatique sur Terre. C’est le seul courant « global » sur Terre ; il utilise les eaux des océans Atlantique, Pacifique et Indien pour faire circuler la chaleur autour du globe. Le problème est qu’avec le réchauffement de la planète, l’eau du CCA se réchauffe. Le World Wildlife Fund (WWF) indique sur son site web que les températures de l’eau du courant varient entre 10 degrés Celsius et -2 degrés Celsius. Si l’Océan Austral se réchauffait de seulement 2 degrés Celsius, cela pourrait réduire la couverture de glace jusqu’à 30% dans les zones clés. Les manchots, oiseaux et autres animaux en subiraient les conséquences car ils dépendent de la glace pour se reproduire. Comme je l’ai écrit précédemment, d’énormes cavités ont été découvertes sous les plateformes glaciaires de l’Antarctique occidental. Si ces plateformes venaient à disparaître, elles ne constitueraient plus une barrière pour les glaciers en amont. Ces glaciers finiraient dans l’océan et leur fonte contribuerait à une élévation significative du niveau de la mer autour de la planète. Comme l’explique le National Geographic, l’Océan Austral est unique en ce sens que « les glaciers sont plus bleus, l’air plus froid, les montagnes plus intimidantes et les paysages plus captivants que partout ailleurs où vous pouvez aller ».

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a également reconnu l’Océan Austral au début de l’année 2021, et le US Board on Geographic Names a reconnu l’océan en 1999. Cependant, le National Geographic a déclaré que cela fait des années que les scientifiques du monde entier essayent de se mettre d’accord pour donner un nom à cet océan. En 2000, les pays participants de l’Organisation Hydrographique Internationale (OHI) n’ont pas réussi à arriver à un consensus sur les limites proposées pour l’océan. Alors que ces limites restent sujettes à débat, de nombreux membres de l’OHI ont admis que les eaux entourant l’Antarctique sont différentes.

La reconnaissance officielle de l’Océan Austral est intervenue lors de la Journée mondiale des océans, désignée par les Nations Unies pour sensibiliser les populations au rôle crucial joué par les océans pour la vie sur Terre. Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface de notre planète, produisent au moins la moitié de l’oxygène de la Terre, abritent la majorité de la biodiversité et, selon l’ONU, sont « une source essentielle de nourriture et un moteur essentiel des économies mondiales. »

Source : Yahoo News.

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National Geographic announced on June 8th, 2021 that it is officially recognizing the Southern Ocean as the Earth’s fifth ocean. It directly surrounds Antarctica and its borders touch three of the four other oceans that exist on Earth – the Atlantic, Indian and Pacific.

However, the Southern Ocean is different from the others; rather than being largely defined by the land that surrounds it, this body of water is unique because of a current that lies within.

The ecological boundary of the Southern Ocean follows the Antarctic Convergence, a sinuous line around the Antarctic continent

The Southern Ocean’s latitudinal boundary of 60 degrees south is roughly the same boundary as the Antarctic Circumpolar Current (ACC), which, according to National Geographic, brings about colder and less salty water than what is found just north of the region. This current is what makes the ecology of the Southern Ocean so distinct, providing a unique habitat for thousands of species.

The ocean also serves as a vital component of Earth’s changing climate. It is Earth’s only global current and uses waters from the Atlantic, Pacific and Indian Oceans to transport heat around the planet. The problem is that with global warming water moving through the ACC is warming. The World Wildlife Fund (WWF) says on its website that the water’s temperatures vary between 10 degrees Celsius and -2 degrees Celsius, and that if the Southern Ocean warms just by 2 degrees, it could reduce ice coverage up to 30% in key areas. Penguins, birds and other animals rely on the ice for breeding. As I put it before, huge caves have been discovered beneath the ice shelves of West Antarctica. Should these shelves collapse, they would no longer be a barrier for the glaciers behind them. These glaciers would end up in the ocean and their melting would contribute to a significant sea level rise around the planet.

As described in National Geographic, the Southern Ocean is unique in that « the glaciers are bluer, the air colder, the mountains more intimidating and the landscapes more captivating than anywhere else you can go. »

The National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) also recognized the Southern Ocean’s designation earlier in 2021, and the U.S. Board on Geographic Names has recognized the ocean since 1999. However, National Geographic said that scientists around the world have been trying to reach an official designation for years. In 2000, participating countries of The International Hydrographic Organization (IHO) could not agree on proposed boundaries for the ocean. While the boundaries remain up for debate, many members of the IHO have reached a general consensus that the waters surrounding Antarctica are different.  The formal recognition of the Southern Ocean came on World Oceans Day, a time designated by the United Nations to raise awareness about the crucial role of the ocean for life on Earth. The world’s oceans, which cover more than 70% of the planet, produce at least half of the Earth’s oxygen, are home to the majority of the Earth’s biodiversity and, according to the U.N., are “a key source of food and a key driver of world economies.”

Source : Yahoo News.

Nouvel iceberg géant en Antarctique // New mega-iceberg in Antarctica

Un iceberg géant mesurant170 km de long sur 25 km de large, pour une surface totale de 4.320 km² s’est détaché de la plateforme de Ronne en Antarctique. Selon les médias, c’est actuellement le plus gros iceberg au monde. Il est aussi grand que la moitié de la Corse et plus grand que l’île de Majorque aux Baléares.

A sa naissance, il est toutefois moins grand que l’A-68 qui s’est détaché du segment Larsen C de la Barrière de Larsen en juillet 2017. L’A-68 présentait une longueur de 175 km, une largeur de 50 km, pour une superficie de 5 800 km2, soit deux fois la taille du Luxembourg..

Baptisé A-76, le dernier iceberg géant a été repéré par le British Antarctic Survey (BAS) qui a une base non loin de là. De plus, l’Agence spatiale européenne (ESA) a publié une image de la rupture de l’iceberg avec la banquise, capturée par le satellite Sentinel-1 du programme Copernicus.

Le 26 février 2021, un iceberg de 1.270 km², soit environ deux fois la taille de Chicago, avait déjà quitté la partie septentrionale de la plateforme glaciaire de Brunt

Le vêlage d’icebergs dans les zones polaires n’est pas forcément provoqué par le réchauffement climatique. C’est un phénomène qui a toujours existé mais il est vrai qu’il a tendance à s’accélérer depuis quelques années. L’Ouest Antarctique où se produit le vêlage de ces gros icebergs doit faire face au réchauffement des eaux de l’Océan Austral qui viennent saper la base des plateformes glaciaires et les fragilisent, ce qui favorise la libération d’icebergs.

Il ne faut pas oublier non plus que les plateformes glaciaires retiennent souvent des glaciers. Si elles disparaissaient, ces glaciers – comme le Thwaites – accéléreraient leur course vers l’océan où ils contribueraient à faire monter le niveau de la mer.

Il va falloir maintenant suivre la trajectoire adoptée par l’A-76. On se souvient que l’A-68 avait menacé un temps de venir s’échouer le long de la côte de Géorgie du Sud, ce qui aurait fortement perturbé la faune qui s’y trouve.

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Pendant ce temps, l’Arctique transpire. Le 19 mai 2021, le thermomètre a dépassé 30°C au niveau du Cercle Polaire. La température est de 20 à 24°C supérieure à la normale pour cette période de l’année. Plus à l’es, à Salekhard, on prévoit une température de 26°C le 21 mai.

Moscou a battu des records vieux d’un siècle les 17 et 18 mai 2021 avec 29°2 C .

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A giant iceberg measuring 170 km long and 25 km wide, with a total area of ​​4,320 km², broke off from the Ronne ice shelf in Antarctica. According to media reports, it is currently the biggest iceberg in the world. It is as big as half of Corsica and bigger than the island of Mallorca in the Balearic Islands.

At birth, however, it was smaller than the A-68 which broke away from the Larsen C segment of the Larsen Barrier in July 2017. The A-68 had a length of 175 km, a width of 50 km , for an area of ​​5,800 km2, which is twice the size of Luxembourg. Dubbed A-76, the last giant iceberg was spotted by the British Antarctic Survey (BAS) which has a base not far away. In addition, the European Space Agency (ESA) has released an image of the iceberg breaking from the ice shelf, captured by the Sentinel-1 satellite of the Copernicus program.

By February 26th, 2021, a 1,270-km² iceberg, roughly twice the size of Chicago, had already left the northern part of the Brunt Ice Shelf.

Iceberg calving in polar regions is not necessarily caused by global warming. This is a phenomenon that has always existed, but it is true that it has tended to accelerate in recent years. West Antarctica, where the calving of these large icebergs takes place, has to contend with the warming of the waters of the Southern Ocean which undermine the base of the ice shelves and weaken them, which favours the release of icebergs.

It should also be remembered that ice shelves often hold back glaciers. If they were to collapse, these glaciers – like the Thwaites – would speed up their course towards the ocean where they would help raise sea levels.

We will now have to follow the trajectory adopted by the A-76. We can remember that the A-68 threatened to run aground along the coast of South Georgia, which would have seriously disturbed the fauna there.

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Meantime, it is hot in the Arctic. On May 19th, 2021, temperatures reached more than 30 ºC in the Arctic Circle, with the western Russian Arctic now 20 to 24 ºC hotter than normal for this time of May. Further east, in Salekhard, meteorologists forecast the heat to climb to 26 °C by May 21st.

Moscow smashed heat temperature records over 100 years old for the second consecutive day on May 18th, 2021, with 29.2 °C.

Source : ESA