Nouvelles du Parc de Yellowstone (Etats Unis) // News of Yellowstone National Park

drapeau francaisQuatre ans après ma dernière visite, j’ai retrouvé avec grand plaisir le Parc de Yellowstone. Ce plaisir a toutefois été quelque peu entamé par la foule de touristes (asiatiques en particulier) qui s’étaient donné rendez-vous dans le Parc à la fin du mois de juin 2015. Il est vrai que certains articles de presse sans aucun fondement avaient laissé entendre que le volcan pourrait bientôt se réveiller. On avait pu lire que la chaleur du sous-sol faisait fondre le goudron des routes et que les bisons couraient parce que leur instinct leur avait indiqué qu’un événement grave allait se produire. Comme me l’avait confirmé Jake Lowenstern, scientifique responsable de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone, ces informations frisaient le ridicule. Ce n’était pas la première fois que le goudron fondait à Yellowstone. En effet, les fluides hydrothermaux ne sont pas stables et leur déplacement peut parfois les conduire à la verticale des voies de communication. Quant à la course des bisons, c’est un spectacle fréquent dans le Parc. A ce sujet, j’ai été une fois encore frappé par l’inconscience de certains touristes qui n’ont pas compris que les bisons ou les wapitis étaient des animaux sauvages et qu’une approche trop serrée pouvait tourner à la catastrophe, surtout à cette époque de l’année où les mères sont accompagnées des veaux nés au printemps.
L’afflux massif de touristes à Yellowstone va poser des problèmes dans les mois et années à venir car les infrastructures du Parc – les aires de stationnement en particulier – ne sont pas prévues pour accueillir autant de monde. Comme me le faisait remarquer un ranger, si la situation devait se confirmer, il faudrait metre en place des restrictions d’accès.
S’agissant des sources, la chaleur et la sécheresse qui sévissaient à Yellowstone lors de mon séjour avaient quelque peu perturbé leur fonctionnement. Ainsi, les mares de boue de West Thumb étaient quasiment inexistantes et certaines sources comme Opal Pool dans le Midway Geyser Basin étaient carrément taries. Le White Dome Geyser a consuidérablement espacé ses éruptions. Les Mammoth Hot Springs ont perdu une grande partie de leur beauté des années 2000, époque où elles offraient une merveilleuse variété de couleurs. Aujourd’hui, par manque d’eau ou parce que l’alimentation des sources s’est modifiée, c’est le blanc qui domine, avec toutefois quelques variantes de marron là où l’eau réussit encore à s’écouler. Ma préférée, Canary Spring n’est plus qu’un lointain souvenir…
Il ne fait guère de doute que les Etats Unis sont victimes du réchauffement climatique. Il a très peu neigé à Yellowstone l’hiver dernier, tout comme en Alaska où les températures hivernales ont atteint des records. Le gouvernement et les médias américains ont, semble-t-il, conditionné la population dans l’idée que le réchauffement climatique répond à un cycle naturel et n’est pas provoqué par les activités humaines. Plusieurs conversations que j’ai pu avoir avec des rangers et des citoyens américains ont conforté cette impression. C’est pourtant à Hawaii, sur le Mauna Loa, que les scientifiques américains observent depuis plusieurs années une hausse nquiétante des concentrations de CO2 dans l’atmosphère!
La température des sources montrent une grande stabilité, voir un déclin, par rapports à mes relevés précédents. Les derniers communiqués de l’Observatoire ne révèlent aucune évolution notable, que ce soit au niveau de la déformation de la caldeira ou de la sismicité qui reste à un niveau normal. La visite du Parc de Yellowsone peut donc se faire sans la moindre appréhension!
TVB.

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drapeau anglaisFour years after my last visit, it was a great pleasure to see Yellowstone Park again. This pleasure, however, was somewhat mitigated by the crowds of tourists (especially Asian) who came to the Park by the end of June 2015. It is true that some articles suggested that the volcano could soon wake up. We could read that the underground heat had melted the tar on a road and that buffaloes were running because their instinct had told them that a serious event would occur. As was confirmed to me by Jake Lowenstern, scientific in charge of the Yellowstone Volcano Observatory, this information was ridiculous. It was not the first time that tar had melted at Yellowstone. Indeed, hydrothermal fluids are not stable and their movement can sometimes lead them beneath the roads of the park. As for bison running, it is a frequent sight in the Park. In this regard, I was once again struck by the unconsciousness of some tourists who do not understand that buffaloes or bull elk are wild animals and too close an approach could be catastrophic, especially at this time of the year when cows are accompanied by their calves born in the spring.
The massive influx of tourists to Yellowstone will pose problems in the months and years to come as the infrastructures of the park – parking areas in particular – are not designed to accommodate so many people. As a ranger pointed out to me, if the situation goes on, access restrictions will need to be set up.
Regarding the hydrothermal basins and the springs, the heat and drought that prevailed in Yellowstone during my stay had somewhat disrupted their good working. Thus, the mud pools of West Thumb were almost non-existent and some sources such as Opal Pool in the Midway Geyser Basin were downright dried up. There is little doubt that the United States is a victim of global warming. There was very little snow in Yellowstone last winter, as in Alaska where winter temperatures reached records. It seems the US government and the media are conditioning the population to the idea that global warming is caused by a natural cycle and not by human activities. Several conversations I had with rangers and American citizens have reinforced this impression.
The temperature of the sources show a high stability, even a decline, compared to my previous measurements. The Observatory’s latest reports show no significant change, either in the deformation of the caldera or seismicity which remains at a normal level. Thus, te visit of Yellowsone Park can be done without the slightest apprehension!

Bald eagle

En ce 4 juillet, National Day aux Etats Unis, voici une image du Bald Eagle,  pygargue à tête blanche, que j’ai pu observer il y a quelques jours dans le Parc de Yellowstone.

Volcans et périodes glaciaires // Volcanoes and ice ages

drapeau francaisUne étude récente effectuée par deux chercheurs australiens confirme l’idée que les volcans, en dépit de leur puissance destructrice, peuvent aussi être des refuges pour la vie. Ils ont probablement protégé les plantes et les animaux pendant les périodes glaciaires.
Les deux chercheurs ont examiné les données recueillies auparavant sur ​​les lieux où vivent les plantes, les champignons et les invertébrés en Antarctique. Ils ont ensuite cartographié et mis en correspondance le nombre d’organismes avec les zones géothermales et volcaniques connues pour avoir été actives depuis le dernier âge de glace. Ils ont découvert que le nombre d’espèces était plus grand sur ces sites ou à proximité, ce qui montre bien le rôle de refuge joué par les volcans pendant la période glaciaire. En effet, pour les plantes comme pour les mousses, le nombre d’espèces diminue de façon régulière au fur et à mesure que l’on s’éloigne des zones géothermales.
Cette étude est la première à s’attaquer à l’hypothèse selon laquelle les volcans auraient servi de refuge aux  animaux. Les chercheurs ont étudié de grands volumes de données concernant plusieurs espèces à l’échelle continentale et ils ont conclu que l’hypothèse pourrait bien s’étendre à d’autres parties du monde et à d’autres périodes glaciaires traversées par notre planète.
Il est tentant de percevoir l’Antarctique comme une vaste étendue de glace stérile, mais en réalité ce continent héberge des centaines, voire des milliers d’espèces, y compris 300 types de lichens dont beaucoup exigent des terres libres de toute glace pour pouvoir survivre.
Contrairement aux oiseaux et à la vie marine qui peuvent se déplacer vers des régions plus chaudes pendant les périodes glaciaires, les plantes, les champignons et les invertébrés sont en grande partie immobiles, de sorte que leur sort est plus étroitement liée à leur environnement immédiat.
La nouvelle cartographie réalisée par les chercheurs australiens suggère que certaines espèces seraient restées concentrées autour des zones géothermales pendant les périodes glaciaires et auraient recolonisé d’autres territoires pendant les épisodes de réchauffement.
L’Antarctique abrite plusieurs volcans comme le Mont Erebus. Leurs chambres magmatiques souterraines font augmenter la température de surface dans les zones proches du cratère. Ces volcans émettent aussi fréquemment de la vapeur, à la fois au niveau de leurs cratères et des fumerolles, un univers qui crée des zones dépourvues de glace ainsi que de grandes grottes où la température peut être de plusieurs de dizaines de degrés Celsius supérieure à la température extérieure. Ces zones de vapeur sont parfaites pour la croissance des mousses et autres espèces.
L’Antarctique est un terrain idéal pour la recherche en milieu géothermal parce que son isolement et la couverture de glace le rendent biologiquement moins «contaminé» par d’autres espèces.
Source: National Geographic.

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drapeau anglais A new study by two Australian researchers confirms the idea that volcanoes, despite their destructive power, can also be havens for life. They might have been refuges for plants and animals during ice ages.

The two researchers examined previously collected data on where plants, fungi, and invertebrates live in Antarctica. They then mapped the numbers of organisms in relation to geothermal and volcanic areas known to have been active since the last ice age. They found the number of species was greatest at or around such sites, which the scientists said reflected volcanoes’ role as ice age refuges. Indeed, for plants such as mosses, the number of species steadily declined the farther away one got from geothermal areas.

The new study is the first to tackle the hypothesis that volcanoes provided safe havens for animals. The researchers looked at large sets of data for several species on a continental scale and concluded that the hypothesis could well extend to other parts of the world and other glacial periods the planet has experienced.

It’s tempting to perceive Antarctica as a barren ice sheet, but in fact it is home to hundreds if not thousands of individual species, including 300 kinds of lichen, many of which require ice-free land to survive.

Unlike birds and marine life, which can move to warmer regions during glacial periods, plants, fungi, and invertebrates are largely immobile, so their fate is more closely linked with their immediate environment.

The new mapping data suggest that species would have been concentrated around geothermal areas during glacial periods and then recolonised other territory during warming episodes.

Antarctica houses several volcanoes like Mount Erebus. Their underground magma chambers can raise surface temperatures in areas near the crater. They also frequently emit steam, both from their craters and from fumaroles, a universe which can create ice-free areas and large ice caves where temperatures can be tens of degrees Celsius higher than the outside temperature. Such steam fields are great for mosses and other species to thrive.

Antarctica was an ideal test case for the geothermal research because its isolation and ice cover make it less biologically « contaminated » by other species.

Source : The National Geographic.

Erebus-blog

Vue aérienne de l’Erebus (1er plan) et du Mont Terror (arrière-plan) sur l’Ile de Ross.

[ Crédit photo: National Science Foundation ]

Les victimes du Sinabung

drapeau francaisL’éruption du Sinabung n’est pas seulement un désastre pour l’économie locale; elle a également durement affecté la faune sauvage et fortement perturbé les coutumes ancestrales dans les localités autour du volcan.

Parmi les animaux rares qui ont fui l’éruption, on remarque la panthère nébuleuse qui est venue agoniser dans une ferme du village de Kuta Gunung ; il y a aussi un python de 10 mètres de long que l’on a retrouvé à Payung, à 4 km du volcan. Un saro de Sumatra, l’une des six espèces de caprins asiatiques, est venu finir ses jours à Beras Tepu, dans le district de Simpang Empat. Selon l’Agence de Conservation de la Nature du Nord de Sumatra (BKSDA), on recensait seulement 32 saros dans la région en 1990.

Toujours selon cette Agence, on pense que la panthère nébuleuse a quitté les pentes du Sinabung à cause de l’activité volcanique ou par manque de nourriture. Les villageois ont indiqué que l’animal était très faible mais toujours en vie quand il a été trouvé le 17 janvier. Il a cessé de vivre peu de temps après.

Les villageois ont découvert le saro de Sumatra assis derrière une maison proche d’une ferme ; il était très faible et ils n’ont pas réussi à le sauver. Une autopsie a révélé que 30% de ses poumons avaient une couleur noire suite à l’inhalation de cendre.

L’administration de la province de Karo indique que l’intensification de l’activité éruptive a entraîné un accroissement du nombre de personnes évacuées. Il atteint maintenant plus de 28 000, soit plus de 9 000 familles, en provenance de dizaines de villages. 42 centres d’évacuation ont été installés à une distance de 10 à 15 km du pied du Sinabung.

Sinabung-blog

(Source:  National Disaster Mitigation Agency)

L’éruption a déjà causé la mort de 31 personnes et détruit plusieurs hectares de terres agricoles dans une région connue pour sa production de fruits et légumes. L’activité volcanique a empêché les villageois d’enterrer leurs morts en respectant les traditions locales ; en particulier, les familles n’ont pas pu organiser les habituelles processions funéraires dans les villages. En principe, les cérémonies prennent entre 3 et 7 jours avant la mise en terre du défunt.

Source : The Jakarta Globe.

drapeau anglaisThe Mount Sinabung eruption does not only have an adverse impact on the local economy, but also on the rare wildlife surviving around the mountain as well as the traditional customs of the surrounding communities.
Among the rare animals that descended from the mountain was a clouded leopard, which was found dead in a farm in Kuta Gugung village, a 10-metre long python, which descended on Payung village, located within a 4-kilometre radius of the volcano and a Sumatran serow, a goat-like mammal, which was found in Beras Tepu village in Simpang Empat district. Based on the data at the North Sumatra Natural Resources Conservation Agency (BKSDA) in 1990, only 32 Sumatran serows were documented living in the wild in the region.
According to the Agency, the clouded leopard is believed to have descended from Mount Sinabung because of increased volcanic activity or due to a lack of food. Villagers said that the animal was still alive when it was found on January 17th, but was in a weakened condition. It died soon after.

The villagers found the Sumatran serow sitting feebly behind a house next to a farm but they failed to save it. After conducting an autopsy, it was found that 30 percent of its lungs had turned black by inhaling volcanic ash.

According to the Karo administration, the increased volcanic activities have raised the number of evacuees to over 9,000 families or 28,000 residents from dozens of villages. The evacuees have so far taken shelter at 42 evacuation points located within a radius of 10 km and 15 km from the foot of the volcano.

Sinabung-blog

(Source: National Disaster Mitigation Agency)

The ongoing disaster has already claimed 31 lives and destroyed several hectares of agricultural land in the regency, which is widely known as a vegetable and fruit producer. Due to the volcanic activity, surrounding villagers have not been able to carry out local customs as bereaved families were unable to carry out customary funeral procession in the villages. Generally, a family needs between three to seven days for a traditional funeral procession before burial.
Source: The Jakarta Globe.

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Panthère nébuleuse  (Crédit photo:  Wikipedia)

Les Galapagos dans un fauteuil ! / The Galapagos from your armchair !

drapeau francais   En lisant le Guardian britannique, on apprend que, très bientôt, il ne sera plus utile d’aller aux Galapagos pour admirer volcans, tunnels et autres coulées de lave. Google aura tout fait pour vous ! Grâce au système Street View du moteur de recherche, vous plongerez avec les phoques, vous vous promènerez avec les tortues et les iguanes et vous pénétrerez dans les entrailles de la Terre. Des randonneurs ont été mandatés par Google pour passer dix jours aux Galapagos et récolter un maximum d’images 360° en utilisant des systèmes de caméras panoramiques portables, sur terre et sous l’eau (voir le lien ci-dessous). Certaines zones interdites au public ont également été visitées. Les images devraient être disponibles dès cet été.

http://www.guardian.co.uk/environment/gallery/2013/may/30/google-street-view-maps-galapagos-islands-in-pictures?picture=409724094

 

 

drapeau anglais   While reading The Guardian, we learn that very soon you won’t need to go to the Galapagos to admire volcanoes, lava tubes and lava flows. Google will have done it for you! Thanks to the Street View of the browser, you will dive with the seals, walk with tortoises and iguanas and go into the bowels of the Earth. Hikers have been sent by Google to spend 10 days in the archipelago in order to collect as many 360° photos as possible using portable orb cameras, whether on land or under the water (see link below). Some areas that are not accessible to tourists have been visited too.

http://www.guardian.co.uk/environment/gallery/2013/may/30/google-street-view-maps-galapagos-islands-in-pictures?picture=409724094