L’Öræfajökul continue à s’agiter en Islande // Öræfajökul is still showing signs of unrest in Iceland

Cela fait des mois que l’on entend le même discours à propos de l’Öræfajökull, dans le sud-est de l’Islande. Le volcan montre des signes d’activité mais personne ne peut dire avec certitude si ou quand une éruption se produira. Cette remarque est également valable pour le Katla dans le sud du pays, dont on dit qu’il pourrait entrer en éruption, mais sans pouvoir dire à quelle échéance.

Après une série de réunions avec des scientifiques de l’Icelandic Met Office et de l’Université d’Islande, le Département de Protection Civile vient de publier la déclaration suivante:
L’Öræfajökull montre des signes d’activité évidents, avec une phase d’inflation depuis au moins un an et demi. Cette inflation se poursuit à l’heure actuelle et se traduit par une activité sismique accrue et des déformations de l’édifice volcanique. Les signes d’activité persistent, malgré la diminution de l’activité géothermale depuis décembre dernier. La cause de l’inflation est probablement  une injection de nouveau magma. La variation de volume de l’édifice volcanique depuis le début de l’activité est de l’ordre de 10 millions de mètres cubes, ce qui est comparable à l’intrusion magmatique qui a précédé l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010. De nouvelles mesures de résistivité indiquent la présence de roches altérées par l’activité géothermale à l’intérieur la caldeira.
Le dernier rapport de la Protection Civile conclut en disant que Öræfajökull est dans « la phase de préparation typique qui précède une éruption, mais dont l’évolution temporelle et le résultat sont inconnus« . L’augmentation de l’activité géothermale avec des inondations et des émissions de gaz est un scénario possible.
En conséquence, le Département de Protection Civile formule plusieurs recommandations:
Des réunions d’information ont eu lieu concernant l’activité de l’Öræfajökull avec la population locale et les tour-opérateurs. D’autres réunions sont prévues fin septembre. Un plan d’évacuation d’urgence à utiliser en cas d’éruption soudaine de l’Öræfajökull a été mis au point. Le nombre d’instruments de surveillance a été augmenté sur et autour du volcan. Des efforts ont été déployés pour mieux comprendre l’augmentation de l’activité sismique et de l’inflation du volcan, ainsi que et les fluctuations de l’activité géothermale sous-glaciaire.
Source: Met Office islandais.

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We have heard the same discourse for months about Öræfajökull volcano in Iceland. There are signs odf unrest but nobody knows for sure if or when an eruption will occur. This remark goes for Katla volcano in the south of the country; scientists say an eruption might occur soon but nobody can say when.

After a series of meetings with scientists from The Icelandic Meteorological Office, The University of Iceland and Iceland Geosurvey, The Department of Civil Protection has just issued the following statement:

Öræfajökull volcano is showing clear signs of unrest with an inflation phase for at least a year and a half. The inflation is ongoing and it is reflected by increased seismic activity and characteristic deformation pattern. The state of unrest persists despite a decrease in geothermal activity since last December. The source causing the inflation is most likely injection of new magma. The volume change since the start of the unrest is of the order of magnitude of 10 million cubic metres, comparable to the intrusion activity in Eyjafjallajökull some years before the eruption in 2010. New resistivity measurements indicate the presence of geothermally altered rocks at shallow levels inside the caldera.

The latest report concludes by saying that Öræfajökull is in « a typical preparation stage before an eruption but the temporal evolution and the outcome is unknown ». Increase in the geothermal activity with associated floods and gas release is a possible scenario.

As a consequence, The Department of Civil Protection makes several recommendations:

Public information meetings have been held regarding the unrest in Öræfajökull with both local population and tour operators. Further meetings are planned in late September. An emergency evacuation plan to be used in case of a sudden eruption in Öræfajökull has been prepared. The number of instruments for volcano monitoring has been increased on and around the volcano. Efforts have been made to deepen understanding of increased seismic activity, increased inflation of the volcano as well as changes in subglacial geothermal activity.
Source: Icelandic Met Office.

Vue de l’Öræfajökull (Crédit photo: Wikipedia)

Kick’em Jenny (Mer des Caraïbes)

Au cours des discussions à bâtons rompus qui ont fait suite à mes conférences à la Martinique à la mi-août, plusieurs personnes se sont inquiétées de l’activité à Kick’em Jenny, volcan sous-marin particulièrement actif dans les Caraïbes. Il est situé à 8 km au nord de la Grenade avec un sommet estimé à environ 200 mètres sous la surface de la mer.

J’ai indiqué à ces personnes qu’à ma connaissance, aucun événement significatif ne s’était produit à Kick’em Jenny depuis le mois de mars 2018. A cette époque, on avait enregistré une augmentation de l’activité sismique, en particulier pendant la nuit du 11 au 12 mars, et le niveau d’alerte était passé du Jaune à l’Orange. La navigation a été interdite dans un rayon de 5 kilomètres autour du volcan. Les scientifiques indiquaient qu’il n’y avait aucun risque de tsunami.

Depuis le 22 mars 2018, toutefois, une baisse de l’activité volcanique a été constatée et le niveau a donc été ramené à la couleur Jaune.

Kick’em Jenny est entré en éruption à 13 reprises entre 1939 et 2001. La dernière éruption remonte à 2015.

Selon les scientifiques, Kick’em Jenny est un volcan dont l’un des flancs pourrait potentiellement s’effondrer et générer un tsunami. C’est aussi un volcan qui pourrait entrer en éruption, soulever une colonne d’eau relativement importante et générer une onde qui se propagerait à travers les Petites Antilles. Le 24 juillet 1939, une éruption avait provoqué un tsunami en Martinique et vraisemblablement en Guadeloupe. D’après les chercheurs, en cas d’éruption majeure, un tsunami de forte amplitude pourrait atteindre non seulement les îles les plus proches (Grenadines, Saint-Vincent, Sainte-Lucie et la Martinique) mais aussi les territoires un peu plus éloignés. Lors de celle de 1939, des matériaux volcaniques ont été projetés à plus de 270 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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During the informal talks that followed my lectures in Martinique in mid-August, several persons said they worried about the activity at Kick’em Jenny, an active submarine volcano in the Caribbean. It is located 8 km north of Grenada with its summit about 200 metres below the sea surface.
I told these people that to my knowledge, no significant event had occurred at Kick’em Jenny since March 2018. At that time, there had been an increase in seismic activity, particularly during the night of March 11th to 12th, and the alert level had been raised from Yellow to Orange. Ships were noet allowed within 5 kilometres of the volcano. Scientists said there was no risk of a tsunami.
Since March 22nd, 2018, however, a decline in volcanic activity has been observed and the alert level has been lowered to Yellow.
Kick’em Jenny erupted 13 times between 1939 and 2001. The last eruption was in 2015.
According to scientists, Kick’em Jenny is a volcano whose flanks could potentially collapse and generate a tsunami. It is also a volcano that could erupt, lift a relatively large water column and generate a wave that would spread through the Lesser Antilles. On July 24th, 1939, an eruption caused a tsunami in Martinique and presumably in Guadeloupe. According to the researchers, in the event of a major eruption, a large tsunami could reach not only the nearest islands (Grenadines, St. Vincent, St. Lucia and Martinique) but also the territories a little further away. During the 1939, volcanic materials were ejected more than 270 metres above sea level.

Etna (Sicile / Italie): Belle activité mais restrictions d’accès // Nice activity but restricted access

Après une longue période de repos, l’Etna semble avoir repris goût à la vie. Depuis quelques semaines, on observe un regain d’activité dans les cratères sommitaux. En ce moment, les plus actifs sont la Bocca Nuova et le Nouveau Cratère Sud-Est (NCSE), en particulier au niveau de la bouche qui s’est ouverte fin novembre 2017 sur le flanc E de ce cratère. Le matin du 24 août 2018, le NCSE a émis pendant environ une heure un volumineux panache de cendre produit probablement par des effondrements à l’intérieur des conduits. Boris Behncke indique que l’on observe deux petites coulées de débordement, peu alimentées. De nombreuses photos illustrent cette activité éruptive sur sa page Facebook :

https://www.facebook.com/boris.behncke?fb_dtsg_ag=Adxo1mL_gVvS0E2U1kgySN669dka5v4YAJWNiJvTYWeHHw%3AAdz7lshyvpwVDaja9dUqT25cjKy-JsTpcsLRUtfOiWIP2g

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Suite à l’activité actuelle de l’Etna, le Maire de Nicolosi a publié le 24 août 2018 une ordonnance définissant l’accès au volcan (voir ci-dessous):

  • Accès libre jusqu’à 2600 mètres d’altitude.
  • Entre 2600 et 2750 mètres d’altitude, accompagnement obligatoire par les guides alpins ou à compétence volcanologique.
  • L’accès est interdit au-dessus de 2750 mètres d’altitude.

Ces restrictions d’accès ne concernent pas la Protection Civile, les scientifiques de l’INGV, les forces de l’ordre, les servives de secours, les Guides de l’Etna…

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After a long period of quiescence, Mt Etna seems to have become active again. In recent weeks, there has been new activity in the summit craters. At this time, the most active are the Bocca Nuova and the New South-East Crater (NSEC), especially at the vent which opened at the end of November 2017 on the E side of this crater. In the morning of 24 August, the NSEC produced a voluminous ash plume that lasted about one hour. It was probably triggered by collapses inside the conduits. Boris Behncke indicates that there are two short-lived lava overflows. Many photos illustrate this eruptive activity on his Facebook page:
https://www.facebook.com/boris.behncke?fb_dtsg_ag=Adxo1mL_gVvS0E2U1kgySN669dka5v4YAJWNiJvTYWeHHw%3AAdz7lshyvpwVDaja9dUqT25cjKy-JsTpcsLRUtfOiWIP2g

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Due to the current activity of Mt Etna, the Mayor of Nicolosi released on August 24th, 2018 an ordinance defining the access to the volcano (see below):
Free access up to 2600 meters a.s.l.
Between 2600 and 2750 meters a.s.l., mandatory accompaniment by alpine or volcanological guides.
Access is prohibited above 2750 meters above sea level.

These restrictions do not concern the Civil Defense, INGV scientists, the police forces, the emergency services, the Guides of MtEtna…

Crédit photo: Boris Behncke

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Nouvelles du Merapi, du Fuego, du Sabancaya, et du Sierra Negra

La sismicité a connu une hausse sur le Merapi (Indonésie) le 18 juillet et le 19 juillet 2018. Le 11 août, un puissant séisme a été détecté, accompagné de grondements entendus par les habitants de Deles. Le 12 août, des photos prises par un drone montraient un nouveau dôme de lave dans la fracture du dôme de 2010. Le 18 août, le nouveau dôme mesurait 55 mètres de longueur et 25 mètres de largeur et se trouvait à environ 5 mètres sous la surface du dôme de 2010. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.

L’INSIVUMEH indique que, du 18 au 21 août, des explosions sur le Fuego (Guatemala) généraient des panaches de cendre qui montaient jusqu’à 850 mètres au-dessus du cratère. Des matériaux incandescents étaient éjectés à 150 mètres au-dessus de la lèvre du cratère, avec des avalanches à l’intérieur du cratère et des écoulements pyroclastiques sur les flancs du volcan. Selon le CONRED, le 22 août 2018, le nombre de personnes décédées à cause des coulées pyroclastiques du 3 juin était de 169 et 256 étaient toujours portées disparues.

Selon IGP, les explosions à Sabancaya (Pérou) atteignaient en moyenne 27 événements par jour entre le 13 et le 19 août. La sismicité était globalement faible. Les panaches de gaz et de cendre montaient jusqu’à 3,7 km au-dessus de la lèvre du cratère. Neuf anomalies thermiques ont été détectées. Le 19 août, les émissions de SO2 atteignaient 3100 tonnes par jour. Il est demandé à la population de ne pas approcher le cratère dans un rayon de 12 km.

L’Instituto Geofisico indique que des coulées de lave sont toujours observées sur le Sierra Negra (Galapagos / Equateur), avec des intensités variables. Les émissions les plus intenses, enregistrées les 4 et 9 août, ont été accompagnées d’épisodes significatifs de tremor. L’activité a légèrement diminué après le 9 août. Le 15 août, des images satellites ont montré que la lave en provenance de la Fracture n° 4 continuait à pénétrer dans l’océan

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Seismicity at Merapi (Indonesia) increased on July 18th, and again on July 19th, 2018. On August 11th, a large earthquake was detected, together with rumbling heard by Deles residents. Drone photos on August 12th showed a new lava dome growing within the fracture of the 2010 dome. By August 18th, the new dome was 55 metres long and 25 metres wide, and about 5 metres below the 2010 dome surface. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and resident are warned to remain outside of the 3-km exclusion zone.

INSIVUMEH indicates that during 18-21 August explosions at Fuego (Guatemala) generated ash plumes that rose as high as 850 metres above the crater. Incandescent material was ejected 150 metres above the crater rim, and caused avalanches of material within the crater area and down drainages on the flanks. According to CONRED, as of August 22nd, 2018, the number of people confirmed to have died due to the 3 June pyroclastic flows was 169, and 256 remained missing.

According to IGP, explosions at Sabancaya (Peru) averaged 27 per day between August 13th and 19th. Seismicity was globally low. Gas-and-ash plumes rose as high as 3.7 km above the crater rim. Nine thermal anomalies were detected, and on August 19th, the SO2 emissions reached 3,100 tons/day. The public should not approach the crater within a 12-km radius.

The Instituto Geofisico indicates that lava effusion at Sierra Negra (Galapagos / Ecuador) continue at variable intensities. The most intense pulses, recorded on August 4th and 9th, were accompanied by major episodes of seismic tremor. Activity slightly declined after August 9th. On August 15th, satellite images showed lava from Fissure 4 continuing to enter the ocean.

Vue du Merapi (Crédit photo: Wikipedia)