Devils Tower (Wyoming / Etats Unis) : De la légende à la science // Devils Tower : From legend to science

drapeau francaisSi vous lisez le livre “Dans les pas de l’Ours” de Jacques Drouin et Claude Grandpey (Editions Séquoia), vous trouverez un chapitre consacré à Devils Tower. Cette étrange structure volcanique se dresse au beau milieu de terrains sédimentaires dans l’Etat du Wyoming.

DevilsTower est surtout connue pour une belle légende amérindienne qui prétend que les stries qui parcourent le monolithe ont été provoquées par les griffes d’un ours. Mais je n’en dis pas plus ; je vous renvoie aux pages de l’ouvrage !

L’origine de cette structure phonolitique de 386 mètres de hauteur est débattue depuis des lustres et plusieurs théories se sont affrontées pour expliquer son apparition il y a quelque 49 millions d’années. Les explications les plus fréquemment avancées font état d’une montée de magma qui se serait frayé un chemin dans les couches sédimentaires sous la surface ou à l’intérieur d’une cheminée dans les profondeurs d’un volcan.

Récemment, des géologues tchèques ont appuyé cette hypothèse en comparant Devils Tower à une structure géologique semblable connue sous le nom de Bořeň dans leur pays. D’après eux, Bořeň est le vestige d’un diatrème (également appelé maar-diatrème) né d’une explosion provoquée par la rencontre du magma et de l’eau souterraine. Après cette explosion, un dôme aurait rempli le cratère et l’érosion l’aurait déchaussé au cours des millénaires suivants.

Pour démontrer que Devils Tower ressemble à Bořeň, les géologues tchèques se sont intéressés à l’agencement des colonnes du monolithe et à l’alignement des minéraux magnétiques qui se trouvent à l’intérieur. En analysant des échantillons de roches, ils ont constaté que, vers la base de l’édifice, les minéraux magnétiques en forme d’aiguilles inclus dans la roche sont disposés pratiquement verticalement, ce qui correspond à la direction prise par le magma avant sa solidification. En revanche, vers le sommet, l’orientation des minéraux devient horizontale.

En se référant à ces observations, les scientifiques ont procédé à des manipulations physiques et des simulations numériques en laboratoire.

En introduisant et en compressant du plâtre liquide dans un cône inversé où ils avaient au préalable introduit des sédiments, ils ont obtenu un monticule semblable à celui qui apparaît à l’issue de l’explosion d’un maar-diatrème. Une fois le plâtre durci, ils en ont fait une coupe et observé l’intérieur. Des colorants leur ont permis de voir le trajet suivi par le matériau compressé. Comme ils avaient également introduit des particules magnétiques,  ils ont pu étudier leur orientation, de la même façon qu’ils l’avaient fait à Devils Tower.

Les simulations informatiques ont permis d’observer la formation des colonnes de Devils Tower dans différents scénarios.

Les colonnes verticales de Devils Tower – qui s’évasent à leur base – correspondent au résultat obtenu lors de la manipulation avec un cratère en forme d’entonnoir dans le col duquel s’est formé un bouchon de lave. Dans cette partie des modèles en plâtre, l’orientation des particules magnétiques correspond à celle des minéraux de Devils Tower : on a une tendance à la verticale à la base et à l’horizontale vers le sommet.

La conclusion des scientifiques tchèques est que « Devils Tower est le vestige d’un épanchement de lave ou d’un dôme de forme aplatie qui s’est mis en place à l’intérieur d’un vaste cratère phréato-magmatique au sommet d’un édifice volcanique de type maar-diatrème ».

Si beaucoup de scientifiques admettent l’hypothèse tchèque, ils ne sont pas convaincus que ce soit la seule explication possible de la formation de Devils Tower. Il serait probablement utile d’étudier les formations de même type, mais beaucoup moins visibles, qui existent dans cette région du Wyoming.

Source : Scientific American.

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drapeau anglaisA number of hypotheses for the 49-million-year-old monolith have been put forward over the years. The most popular explanations today either refer to some magma ascent squeezed in between subsurface layers of sediments, or within a conduit deep inside a volcano.

Recently, Czech geologists supported this theory by comparing Devils Tower with a similar geological structure known as Bořeň in the Czech Republic. The researchers concluded that Bořeň is the product of a maar-diatreme, which is built by an explosion when a body of magma underground encounters groundwater. After the blast, they believe, a flat dome of lava filled the crater. Erosion ate away at the edges of that dome during the following millenniums until only the innermost portion remained at the surface.

To demonstrate the similarities between Bořeň and Devils Tower, the Czech researchers studied the distinctive shape of the Devils Tower columns and the alignment of magnetic minerals within them. By analysing rock samples, they noticed that near the base the needle-shaped magnetic minerals within the rock are generally close to vertical, the result of the direction the magma flowed before it solidified. Closer to the top of the formation, however, the orientation of those minerals becomes horizontal.

With that information in hand, the researchers turned to models, both digital and physical: The physical one involved squeezing soft plaster upward through an inverted cone full of sediment until it formed a mound atop the surface. This approximated the eruption of lava following the explosive phase of a maar-diatreme volcano. When the plaster hardened, the researchers could cut it open to examine the interior structure, highlighted by some colorant that formed stripes distorted by flow. Because they mixed in some magnetic particles as well, they could also measure their orientation just as they had done at Devils Tower.

The digital model allowed the researchers to compare columns that would be produced in different scenarios of the tower’s formation.  .

The vertical columns of Devils Tower, which splay outward near the bottom, match the pattern expected if the formation were indeed the plug in the neck of a funnel-shaped crater filled with a dome of erupted lava. In that portion of the plaster models the orientation of the magnetic particles also matches the orientation of the minerals from Devils Tower: closer to vertical around the base and horizontal near the top.

The conclusion of the Czech researchers was that “Devils Tower is a remnant of a coulee or low lava dome that was emplaced into a broad phreatomagmatic crater at the top of a maar-diatreme volcano.”

If many scientists admit the Czech hypothesis, they are not convinced it is the sole explanation for the formation of Devils Tower. It might be interesting to study the similar, if less spectacular, buttes in the vicinity of Devils Tower, which likely formed in the same way.

Source : Scientific American.

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De la légende….

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…à la dure réalité géologique

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En juin, certaines tribus amérindiennes procèdent à des cérémonies au pied du monolithe.

(Photos:  C. Grandpey)

L’Etna (Sicile) et le Kilauea (Hawaii) dans « L’oeil du voyageur » sur Azur TV !

Après le Parc de Yellowstone, voyage cette semaine sur les pentes de l’Etna en hiver, puis sur celles du Kilauea avec survol du Pu’uO’o et approche des coulées de lave.

A partir d’aujourd’hui jeudi 12 mars : 14h45, 17h20, 22h00
Rediffusions le vendredi 13 (16h25) ; dimanche 15 (07h30, 14h00, 23h35) ; lundi 16 (6h30, 10h20) ; mardi 17 (15h15) ; mercredi 18 (16h25).
Pas de podcasts. L’émission est à voir pendant sa diffusion sur la TNT locale (canal 31) et sur le site Internet de la chaîne : http://www.azur-tv.fr/

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L’Etna, de glace et de feu  (Photos:  C.  Grandpey)

Tour du monde des volcans à Puymoyen (Charente)

Rendez-vous à la Salle des Fêtes de Puymoyen (Charente ; banlieue d’Angoulême) vendredi 13 mars à 20h30 pour un Tour du Monde des Volcans ! Je ferai voyager les spectateurs depuis l’Auvergne jusqu’à l’Islande en passant par le Kamchatka, l’Indonésie, l’Amérique du Sud et bien d’autres contrées volcaniques.

Pour clôturer la séance, deux vidéos seront présentées : Yellowstone National Park et Chasse au saumon en Alaska, cette dernière pour illustrer le livre récemment publié « Dans les Pas de l’Ours ».

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Un tour du monde des volcans avec des étapes sur le Krakatau et le Kilauea, sans oublier les ours d’Alaska!

(Photos:  C.  Grandpey)

Imbécilités extrêmes en Islande // Extreme idiotic adventures in Iceland

drapeau francaisUn article sur le site Iceland Review a pour titre: «Les touristes sont invités à respecter les dangers de l’Islande ». En effet, on a vu récemment des touristes se mettre en danger, par exemple sur le lagon glaciaire de  Jökulsárlón et la plage de Reynisfjara ; les vitres des voitures ont volé en éclats quand d’autres imprudents ont tenté de conduire dans l’Öræfasveit pendant une violente tempête.

« Extrême » est devenu un mot à la mode et il semble que beaucoup de gens aient décidé de devenir des « imbéciles extrêmes » en mettant leur vie et celle des sauveteurs en danger. Voici quelques exemples.

Des secouristes ont été appelés le 25 février pour intervenir auprès de deux groupes de voyageurs surpris par de très mauvaises conditions météorologiques:

Deux hommes se sont perdus au nord du Mýrdalsjökull, dans les hautes terres du sud de l’Islande. Une quarantaine de bénévoles ont participé aux opérations de secours. Un hélicoptère des gardes-côtes a également été appelé et est arrivé sur place peu de temps après que les hommes aient été retrouvés.

Des secouristes sur motoneiges sont intervenus auprès des trois touristes qui se trouvaient dans les hautes terres du nord, au sud de l’Eyjafjörður, près des lacs Urðarvötn. Les personnes en détresse ont pu être localisées grâce aux signaux envoyés par la balise SPOT dont elles étaient équipées. La visibilité était très mauvaise. Quelque 80 personnes ont participé à l’opération et d’autres bénévoles s’apprêtaient à participer aux recherches quand les hommes ont été retrouvés.

Des touristes ont été vus en train de quitter le sentier qui longe la chute d’eau de Gullfoss (le sentier dispose d’une corde de protection) et longer ensuite le rebord de la falaise au-dessus de la cascade. Ils ont ignoré les consignes de sécurité inscrites sur les panneaux. Ces personnes étaient en réel danger car les embruns de la chute d’eau se recouvrent d’une couche de glace sur les rochers qui descendent vers le bord du canyon. Le risque de chute est évident et, si cela arrive, la chute dans le canyon peut virer au drame. La situation est aggravée par le fait que la neige forme souvent des plaques à vent qui peuvent se rompre sans prévenir lorsque l’on marche dessus. En plus de cela, il y a souvent un fort vent dans le canyon et les rafales peuvent déséquilibrer les gens qui viendraient s’y aventurer.

D’autres touristes se sont mis en danger en grimpant sur les icebergs du Jökulsárlón, le lagon glaciaire au sud de l’Islande. Les blocs de glace peuvent se retourner brusquement et envoyer leurs occupants dans l’eau glacée. Un photographe islandais a pris des photos de personnes sur les icebergs alors que leurs enfants étaient restés sans surveillance. On a vu un homme parcourir 300 mètres sur la glace pour prendre des photos. Le photographe islandais a posté les images sur sa page Facebook avec le message suivant: « Dédié aux idiots qui risquent leur vie et celle de leurs enfants en s’aventurant sur la glace du Jökulsárlón. Et bien sûr aux parents qui laissent leurs enfants sans surveillance! « 

Un guide a rencontré un couple de touristes qui avait failli se noyer sur la plage de Djúpalónssandur dans le Snæfellsnes, à l’ouest de l’Islande. Ils étaient trempés jusqu’aux os et en état de choc. Une vague les avait happés alors qu’ils se trouvaient sur la plage et avait entraîné la femme dans la mer. Heureusement son petit ami était un bon nageur car il travaille comme sauveteur en Espagne. Il a réussi à la sauver. Plus tard ce même jour, un couple a été surpris par une autre vague. Ils ont réussi à atteindre le rivage avant l’arrivée de la vague suivante. Les touristes ne sont pas habitués à des conditions telles que celles de Djúpalónssandur et il est vrai aussi que la plage devrait être dotée de panneaux avertisseurs de danger. Les forts courants et les vagues sont extrêmement dangereux et peuvent propulser des gens dans la mer sans prévenir.

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drapeau anglaisAn article on the Iceland Review website is entitled: “Tourists Asked to Respect Iceland’s Dangers”. Indeed, there have been recent news stories about tourists putting themselves in danger, for example at the Jökulsárlón glacial lagoon and Reynisfjara beach, as well as car windows being smashed as tourists attempted to drive in Öræfasveit during a severe storm.

“Extreme” has become a fashionable word and it seems many people have decided to become “extreme” idiots by putting their lives and the rescuers’ lives at stake. Here are a few examples.

Search and rescue associations were called out on February 25th to track down two groups of travellers in dismal weather conditions; two men who were located north of Mýrdalsjökull in the southern highlands and three others who were travelling the northern highlands. All men were found before midnight. Approximately 40 search and rescue volunteers took part in the search in the southern highlands. A Coast Guard helicopter was called out too and arrived at the scene shortly after the men had been found.

Search and rescue squad members on ski-doos found the three tourists who were located in the northern highlands south of Eyjafjörður by the Urðarvötn lakes because of signals sent by a SPOT Personal Tracker the men carried. The visibility was extremely bad. Around 80 people were involved in the operation and more volunteers were getting ready to join the search when the men were found.

Tourists have been seen leaving the pathway next to Gullfoss waterfall – a footpath which is marked with a rope fence – and all the way to the cliff edge above the waterfall. They took no notice of the warning signs. These people were in very clear danger as the spray from the waterfall is constantly creates an icy sheet across the rocks sloping down to the canyon edge. It is very easy for people to miss their footing and if that happens, it is very likely they will not be able to stop themselves falling over the edge. The situation is made worse by the fact that there are often snow overhangs at the edge which can break and fall with little warning when walked on. In addition to this, there is often strong wind in the canyon and gusts can easily push people off balance.

Tourists were found putting themselves in grave danger by climbing onto the icebergs in Jökulsárlón glacial lagoon. The ice can flip over without warning, leaving anyone standing on the ice to potentially plunge into the ice-cold lagoon. An Icelandic photographer took pictures of people climbing onto the ice while leaving their children unsupervised. A man was seen walking out 300 meters on the ice to take photos. The photographer posted the images on his Facebook page with the following message: “Dedicated to the idiots who risk their lives and their children by venturing onto the ice at the Jökulsárlón. And of course to the parents who left their children unsupervised!”

A tour guide en­coun­tered a cou­ple of tourists at Djú­palónssan­dur beach in Snæfell­snes, West Ice­land, who had come close to drown­ing. They were soak­ing wet and ob­vi­ously in shock. A wave had caught them while they were stand­ing at the beach and car­ried the woman out to sea. For­tu­nately her boyfriend was a good swim­mer and works as a life­guard in Spain. He man­aged to save her. Later that day, an­other cou­ple was caught by a wave. They man­aged to crawl back to land be­fore the next wave hit. Tourists are not used to con­di­tions such as ones in Djú­palónssan­dur and the beach lacks a warn­ing sign. The strong cur­rents and waves are ex­tremely dan­ger­ous, and can grab peo­ple out to sea with­out any no­tice.

Islande blog 09

Le Jokulsarlon n’est pas un terrain de jeux !  (Photo:  C.  Grandpey)