Des abeilles du Masaya aux coccinelles du Stromboli // From the bees of Masaya to the ladybirds of Stromboli

drapeau-francaisAu cours de la visite des volcans, on peut faire des découvertes surprenantes. Un chercheur britannique ne s’attendait pas à voir les abeilles à proximité du cratère actif du Masaya au Nicaragua. De la même façon, je fus très surpris de découvrir des grappes de coccinelles sur le Stromboli et sur l’Etna.

Un scientifique qui effectuait des observations sur le Masaya, à proximité de Managua, la capitale du Nicaragua, a découvert une petite abeille, Anthophora squammulosa, qui essayait de se frayer un chemin à travers les amoncellements de cendre, à la recherche de nectar. Cette petite abeille et ses congénères ont élu domicile dans un seul secteur du Masaya. C’est un endroit où les températures peuvent monter jusqu’à 42°C et où des pluies acides tombent de temps en temps sur les pentes supérieures de la montagne. Aucune végétation n’est visible dans cette partie du volcan. Le scientifique s’est demandé pourquoi des abeilles se trouvaient là et une étude a été lancée avec la collaboration d’autres chercheurs du monde entier.

Ils ont voulu tout d’abord savoir combien d’abeilles étaient présentes et ils sont arrivés à une estimation de 1000 à 2000 insectes.
Un autre mystère était la nourriture des abeilles. Les femelles creusent des nids composés d’alvéoles à une trentaine de centimètres de profondeur sur le flanc du volcan, où elles pondent leurs œufs. Elles recueillent ensuite le pollen et le nectar qu’elles déposent dans le nid pour nourrir les larves après l’éclosion des oeufs. La majeure partie du pollen provient d’une seule plante, Melanthera nivea, une fleur sauvage robuste qui peut résister aux précipitations acides sur le volcan.
Les chercheurs pensent que les abeilles peuvent vivre dans l’environnement hostile du volcan car il y a peu de prédateurs et de parasites qui pourraient menacer leur survie. De plus, leurs nids ne sont pas brisés par des racines souterraines vu qu’il n’y a guère de végétation sur le Masaya. Cependant, il existe une double menace bien réelle pour cette population d’abeilles: Une éruption pourrait les anéantir, et comme elles dépendent d’un seul type de plante, si cette plante venait à disparaître, il ne leur resterait plus rien pour se nourrir et pour vivre. Quelle drôle de vie !
Source: Science Mag.

Tout comme les abeilles sont inattendues sur le Masaya, une rencontre avec des coccinelles constitue une réelle surprise sur l’Etna ou le Stromboli en Sicile. La population de coccinelles est spectaculaire entre juin et février de l’année suivante. Les espèces Cocinella septempunctata et Adalia bipunctata se concentrent sur ou sous les pierres et à l’intérieur des fractures dans la lave. Les deux espèces se différencient par le nombre de points noirs sur leurs élytres rouges.
Les coccinelles sont très utiles pour la nature car elles se nourrissent de pucerons et ce sont de remarquables prédateurs qui peuvent parfois manger leur propre progéniture. Quand leur nombre est très élevé dans certaines régions du monde, on les recueille pour les utiliser dans la protection des arbres fruitiers.
Lorsque l’on regarde les coccinelles qui se cachent à l’intérieur des fractures volcaniques, on pourrait penser qu’elles y ont été apportées par le vent et qu’elles attendent une mort certaine en raison du manque de nourriture. Cependant, la réalité est très différente. Dirigées par une sorte d’instinct, les coccinelles effectuent un vol migratoire vers les zones élevées de leur habitat lorsque l’air chaud des plaines provoque un manque de pucerons qui représentent leur principale source de nourriture. Après avoir pondu leurs œufs dans les vergers d’agrumes de la Sicile, les coccinelles, repues, migrent vers les pentes supérieures de l’Etna qui sont dépourvues de prédateurs tels que les araignées, les oiseaux ou les rongeurs. Au début du printemps suivant, lorsque la population de pucerons réapparaît, les coccinelles sortent de leurs cachettes et migrent dans l’autre sens ; elles envahissent alors les lieux où elles peuvent trouver une nourriture abondante.
On peut se demander pourquoi les coccinelles se rassemblent en grappes si fournies. Aucune réponse définitive n’a été proposée. C’est peut-être parce qu’elles réagissent de la même manière à des facteurs microclimatiques (humidité, chaleur et lumière), ou parce qu’elles sont attirées par les odeurs laissées par les premiers insectes qui sont arrivés sur place.
Source: Revue de L’Association Volcanologique Européenne.

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drapeau-anglaisWhen visiting volcanoes, you can make surprising discoveries. A British researcher did not expect to see bees close to the active crater of Masaya volcano in Nicaragua. In the same way, I was very surprised to find swarms of ladybirds on Stromboli and Mount Etna.

A scientist who was visiting Masaya volcano, just outside the Nicaraguan capital city of Managua, discovered a little bee, Anthophora squammulosa, which was zipping through the ash heaps looking for nectar and burrowing in a pile of volcanic debris. These bees nest almost exclusively in one patch of Masaya. There, temperatures may climb as high as 42°C, and acid rain occasionally falls on the upper slopes of the mountain. Nothing visible grows. The scientist wondered why the bees were there and a study was launched with other researchers from around the globe.

First, they wanted to figure out just how many bees were present and came to an estimation of 1000 to 2000 insects.

Another mystery was what the bees were eating. The females dig cell-like nests nearly 30 centimetres into the side of the volcano, where they lay their eggs. They then collect pollen and nectar to deposit in the nest for the developing larva to eat after they hatch. 99% of the pollen comes from only one plant, Melanthera nivea, a tough wildflower that can survive the volcano’s acid rainfall.

The researchers think that the bees may thrive in the volcano’s adverse environment because it hosts few predators and parasites that would threaten their survival. It could also be that their nests aren’t broken up by underground roots as there is hardly any vegetation on Masaya. However, the bee population living on the volcano may be under a real threat: Not only could an errant eruption kill them, but because they are specialized to only one type of plant, if that plant died out, they would be left with nothing. The little bees are living life literally on the edge!

Source : Science Mag.

Just like the bees are quite unexpected on Masaya volcano, ladybirds come as a real surprise on Mt Etna or Stromboli volcano in Sicily. The ladybird population is at its highest between June and February of the next year.  Cocinella septempunctata and Adalia bipunctata concentrate on or under the stones and within the fissures of the lava. Both species are differentiated by the number of black dots on their red wings.
Ladybirds are very precious to nature as there are remarkable predators that can sometimes eat their own offspring.  As their numbers is sometimes very high in some regions of the world, they are collected to be used in the protection of fruit trees.

When looking at the ladybirds hiding inside the fissures, one might think they have been carried on the volcano by the wind where they are waiting for a certain death because of the lack of food. However, reality is quite different. Led by some sort of instinct, they perform a migratory flight towards the elevated areas of their habitat when the warmer air of the plains induces a drastic lack of aphids which represent their main food source. After having laid their eggs in the citrus fruit orchards of Sicily, the ladybirds migrate to the higher slopes of Mt Etna which are devoid of predators such as spiders, birds or rodents. Early during the next spring, when the aphid population reappears, the ladybirds come out of their hiding places and migrate the other way round and invade the places with plentiful food.

Another question needs to be answered: why are the ladybirds gathering in such great numbers? The reason may be that they react in the same way to microclimatic factors (humidity, heat and light), or because they are drawn by the odours left by the first insects that arrived on the spot.

Source: Review of L’Association Volcanologique Européenne.

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Les coccinelles du Stromboli (Photo: C. Grandpey)

La Ruée vers l’Or en Alaska et dans le Yukon

Mon amour de l’Alaska et de l’Arctique en général n’est un secret pour personne. Chaque fois que je visite ces contrées, je ressens un bien-être profond, au moins aussi grand que sur les volcans qui restent  toutefois mon terrain de chasse favori. Que ce soit en Alaska ou dans le Yukon, j’apprécie le contact avec la Nature vierge, sa richesse et sa diversité. J’aime côtoyer les glaciers, la faune, la population éparse riche en anecdotes, sans oublier les volcans qui se manifestent souvent dans ces terres qui subissent souvent les frémissements de notre planète.

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J’aime aussi ces terres jeunes parce qu’elles possèdent une histoire déjà riche, avec comme point d’orgue la Ruée vers l’Or. Cette époque de folie attira en Alaska et dans le Yukon quelque 100 000 prospecteurs, surtout dans la région du Klondike, entre 1896 et 1899. L’or y fut découvert pour la première fois le 16 août 1896 et lorsque la nouvelle parvint à San Francisco l’année suivante, elle provoqua la ruée que l’on sait.

Atteindre les terres aurifères n’était pas une mince affaire. Il fallait traverser des contrées parfois difficiles d’accès et un relief souvent hostile. Le climat froid n’arrangeait rien et, conjugué aux lourdes charges à transporter, il ruina souvent les espoirs de nombreux hommes qui perdirent la vie en chemin. La visite des cimetières donne énormément de renseignements sur la rudesse de la vie à cette époque.

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Environ 4 000 prospecteurs trouvèrent de l’or. La ruée se termina en 1899 lorsque le précieux métal fut découvert à Nome en Alaska et beaucoup quittèrent alors le Klondike. La ruée a été immortalisée par des livres comme L’Appel de la forêt de Jack London et des films tels que La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin.

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Des noms comme Skagway, Dyea, Chilkoot Pass, White Pass ou Dawson City ont toujours été associés à la Ruée vers l’Or dans mon esprit et j’avais hâte de visiter ces sites, même si leur aspect au 21ème siècle n’a plus rien à voir avec leur apparence à la fin du 19ème siècle. Il n’empêche que l’on imagine très vite l’ambiance qui prévalait dans ces lieux et les récits de Jack London ou Jules Verne refont très rapidement surface. Emprunter le train qui escalade le White Pass est un moment de pure magie.

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Les dépôts d’or étaient riches mais inégalement répartis et leur extraction était rendue difficile par le pergélisol. Certains mineurs amassèrent des fortunes en achetant et en vendant des concessions minières et en laissant les autres travailler pour eux. Des villes champignons poussèrent le long des pistes menant à Dawson City, fondée au confluent de la rivière Klondike avec le fleuve Yukon à proximité du lieu de la première découverte.

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La population de Dawson passa de 500 habitants en 1896 à 30 000 à l’été 1898. La ville ne compte plus que 1320 habitants aujourd’hui.

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En parcourant le lit de la Bonanza River, on découvre les traces des anciennes concessions. La recherche de l’or continue de nos jours mais avec des moyens beaucoup plus puissants, même si de petits prospecteurs individuels grattent encore le lit et les abords de la rivière dans l’espoir de trouver LA pépite synonyme de fortune… .

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Lors du passage de la Yukon Quest, la célèbre course de chiens de traîneaux, la ville retrouve son ambiance d’antan. Lorsque j’ai quitté Dawson City un jour de septembre 2013, il commençait à neiger. Le Yukon n’allait pas tarder à être pris par les glaces, mais la vie continuerait…

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Photos: C. Grandpey

 

Le maïs de Sunset Crater (Arizona) // The corn of Sunset Crater (Arizona)

drapeau-francaisSi un jour vous vous trouvez à passer par l’Arizona, le Sunset Crater Volcano National Monument est un endroit intéressant à visiter, à quelques kilomètres au nord de Flagstaff.
Les éruptions qui ont façonné le cône de 340 mètres de hauteur ont probablement eu lieu vers l’an 1085. L’événement le plus important s’est situé sur le Sunset Crater proprement dit et a été à l’origine des coulées de lave Bonito et Kana’a qui ont parcouru respectivement 2,5 kilomètres vers le NO et 9,6 kilomètres vers le NE. L’éruption du Sunset Crater a saupoudré de cendre et de lapilli une superficie de plus de 2100 kilomètres carrés. Le volcan, qui est partiellement recouvert de végétation, avec des forêts de pins, est considéré comme en sommeil par les volcanologues.
En 1998, au cours de l’étude d’un site à quelques kilomètres à l’ouest du Sunset Crater Volcano National Monument, une équipe d’archéologues a identifié et recueilli 55 morceaux de basalte en provenance de Sunset Crater sur lesquels figuraient les empreintes d’épis de maïs. Ces morceaux de basalte pèsent une quarantaine de kilos chacun et ils ont probablement été transportés depuis une coulée de lave par les Sinaguas, une population amérindienne locale. Il est évident que ces roches étaient importantes pour ces paysans.
Les empreintes de maïs présentent des détails remarquables: on distingue bien les grains, de même que des textures fines comme des rides à l’extrémité des grains pas tout à fait mûrs. On observe aussi quelques empreintes de feuilles de maïs en train de se consumer. Plusieurs morceaux de charbon de bois ont été extirpés des cavités les plus profondes.
Au cours d’un voyage à Hawaii avec leurs élèves, les archéologues ont apporté avec eux des épis de maïs hopi, ainsi que du maïs acheté dans un magasin à proximité. Tout d’abord, plusieurs épis ont été placés sur la trajectoire d’un lobe de lave qui avançait lentement, mais la lave visqueuse en cours de refroidissement n’a pas permis d’obtenir de bonnes empreintes du maïs. Il est donc peu probable que la lave du Sunset Crater ait recouvert  un amoncellement de maïs déjà récolté. Un scénario plus probable est que le maïs a été placé de manière intentionnelle, probablement comme une offrande, à proximité d’un cône de projections ou hornito. Bien qu’il y ait des hornitos actifs sur les coulées de lave du Kilauea, les archéologues n’ont pas été autorisés à s’en approcher, pour des raisons de sécurité.
Au cours de l’éruption du Sunset Crater, des hornitos semblables à ceux du Kilauea se sont formés au point de départ des deux coulées de lave Kana’a et Bonito. Plusieurs sont d’ailleurs facilement identifiables de nos jours. Les plaques de basalte et leurs empreintes de maïs ressemblent davantage à des conglomérats formés par des projections de lave qu’à la lave plus compacte d’une coulée.
Comme plusieurs morceaux de basalte avec des empreintes de maïs contiennent de la cendre, il se peut que les offrandes aient été placées sur une surface cendreuse ou que des retombées de cendre se produisaient au même moment que les projections de lave des hornitos. Dans les deux cas, les retombées de cendre avaient lieu en même temps, ou à peu près au même moment, que l’écoulement de la lave. Cette remarque est cohérente avec les recherches récentes qui indiquent que l’éruption s’est concentrée sur une période de temps d’un an ou moins.
Un détail des empreintes de maïs donne encore plus de précision. En effet, les rides présentes à l’extrémité des grains indiquent que le maïs était à quelques semaines de sa maturité. En supposant que le maïs ait été juste récolté, on peut penser que les offrandes ont été faites fin août ou début septembre. Cela correspond à une étude récente qui conclut que la majeure partie de l’éruption a eu lieu au cours d’une période allant de l’été au début de l’automne, quand le vent soufflait du sud-ouest.
On peut voir une exposition du basalte avec ses empreintes de maïs au Sunset Crater Visitor Center.
Source: Arizona Daily Sun.

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drapeau-anglaisIf you travel to Arizona, the Sunset Crater Volcano National Monument is an interesting place to visit, north of Flagstaff. The date of the eruptions that formed the 340-metre-high cone was probably around A.D. 1085. The largest vent of the eruption, Sunset Crater itself, was the source of the Bonito and Kana’a lava flows that extended about 2.5 kilometres NW and 9.6 kilometres NE, respectively. The Sunset Crater eruption produced a blanket of ash and lapilli covering an area of more than 2,100 square kilometres. The volcano, which has partially been revegetated with pines, is considered dormant by volcanologists.

In 1998, during the investigation of an archaeological site a few kilometres west of Sunset Crater Volcano National Monument, a team of archaeologists identified and collected 55 pieces of Sunset Crater basalt lava bearing impressions of prehistoric corn cobs. They weighed approximately 40 kilograms and had probably been carried from a Sunset lava flow by the Sinagua, a local Amerindian population. Clearly these corn rocks were important to the carriers.

The corn impressions are remarkably detailed: individual kernels can be easily distinguished; fine features like dimples at the tips of not-quite-ripe kernels are evident. Even a few impressions of flammable corn husk were preserved. Several pieces of charcoal were recovered from some of the deeper corn casts.

During a trip to Hawaii with their students, the archaeologists brought Hopi corn with them, supplemented by corn from a nearby store. First, several cobs were placed in the path of a slow-flowing lava lobe. But the cooling, viscous lava at the leading tip of the flow lobe failed to form decent impressions. Thus it is unlikely that the corn rocks formed when Sunset lava overran a pile of harvested corn. A more likely scenario is that the corn was intentionally placed, probably as some form of offering, close by a spatter cone or hornito. Although there are hornitos on Kilauea’s lava flows, the team was not permitted to approach active ones.

During the Sunset volcano eruption, similar hornitos formed atop both the Kana’a and Bonito lava flows. Several are identifiable today. The Sunset corn rocks more closely resemble agglomerations of lava spatter than dense masses of lava flow.

Because several Sunset corn rocks contain cinders, the offerings were either placed on a cindery surface or else cinder fallout was occurring simultaneous to the spattering. In either case, the cinder fallout from an eruption column was taking place simultaneously, or nearly so, with lava flow emplacement. This is consistent with recent research indicating a compressed period of time – one year or less – for the entire eruption.

One detail of the corn impressions provides the most precise timing. In the corn impressions, dimples on individual kernels signify that the corn was a few week shy of ripeness. Assuming the corn was freshly harvested, the corn offerings were made in late August or early September. This is consistent with the recent interpretation that much of the main eruption occurred during the period of summer-to-early-autumn southwesterly winds.

The corn rock display can be seen at Sunset Crater Visitor Center.

Source: Arizona Daily Sun.

Sunset crater

Photo: C. Grandpey

On ne touche pas aux vieilles coulées de lave ! // Don’t meddle with ancient lava flows !

drapeau-francaisIl y a eu récemment beaucoup d’effervescence et d’émotion en Australie quand un agriculteur de la Harman’s Valley, dans le sud-ouest de l’Etat de Victoria, a labouré et enfoui dans le sol toute une partie d’une ancienne coulée de lave pour y créer des pâturages. La coulée de lave en question, d’une longueur de 27 kilomètres, a été émise lors d’une éruption du Mont Napier il y a 36000 ans.
Au cours des dernières semaines, les visiteurs qui se sont arrêtés à la plate-forme d’observation sur la route qui relie Port Fairy à Hamilton, au nord du village de Byaduk,  pour admirer ce que les scientifiques considèrent comme une merveille géologique, se sont retrouvés face à une étendue de terre fraîchement retournée !
La modification apportée au paysage a soulevé des cris d’indignation de la part des géologues, tandis que Aboriginal Victoria, une agence conseil auprès du gouvernement de l’Etat de Victoria, a décrété l’arrêt du travail sur la coulée. L’événement a également déclenché les protestions du propriétaire du terrain qui a affirmé n’avoir rien fait de mal. Selon lui, l’ancien propriétaire de la parcelle avait déjà écrasé la plus grande partie de la roche volcanique il y a 10 ans et il ne se sent donc pas responsable des dégâts causés à la coulée de lave.
Selon un professeur honoraire de l’Université Deakin – qui a plusieurs campus dans l’Etat de Victoria – le concassage de la coulée prive l’Etat d’« une partie importante de son patrimoine qui avait un intérêt touristique, pédagogique et scientifique irremplaçable ».
La coulée de lave de la Harman’s Valley descend du Mount Napier State Park, au sud d’Hamilton, mais la partie qui a été labourée n’est pas protégée. Elle se trouve à plusieurs kilomètres des grottes de Byaduk, de réputation internationale. Elle fait toutefois partie de cette coulée qui présente des phénomènes rares tels que des tunnels de lave et les affleurements connus sous le nom de « tumuli ». La coulée est, en théorie, soumise à la législation du patrimoine autochtone.

D’anciens chercheurs de l’Université Deakin ont rejoint des scientifiques de Melbourne et de la Société Géologique d’Australie pour qu’une législation soit mise en place afin de protéger les sites géologiquement importants dans l’Etat de Victoria dont le pouvoir législatif pour protéger les formations géologiques sur des terres privées est moins important que dans les autres États australiens.

Source. Herald Sun.

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drapeau-anglaisThere was recently a lot of emotion in the Australian Harman’s Valley, in south-west Victoria, when a local farmer used heavy equipment to roll a section of an ancient lava flow back into the earth to create pasture land. The 27-kilometre-long lava flow was emitted when nearby Mount Napier erupted 36,000 years ago.

In recent weeks, visitors who stopped at a viewing platform on the Port Fairy-Hamilton road just north of Byaduk village to marvel at what scientists considered a geological wonder have been confronted by freshly bared earth extending up the valley.

The alteration to the landscape has produced cries of outrage from geologists, drawn a « stop work » order from Aboriginal Victoria – a key agency that provides advice to the Victorian Government – and brought a protestation from the landowner that he did nothing wrong. In his opinion, the previous owner crushed most of the volcanic rock 10 years ago and did not feel responsible for the damage caused to the lava flow. .

According to an honorary professor from Deakin University which has several campuses in Victoria, the rock crushing has deprived this State of « an important part of its heritage that had irreplaceable tourism, educational and research significance ».

The Harman’s Valley lava stream « flows » out of the Mount Napier State Park, south of Hamilton, but the section that has been crushed is not protected. It is several kilometres from the internationally recognised Byaduk Caves but part of the same flow, which features rare phenomena such as lava tubes and outcrops known as tumuli. However, it is subject to Indigenous heritage legislation.

Senior researchers from Deakin University have joined scientists from Melbourne and the Geological Society of Australia to call for legislation to protect geologically important sites in Victoria which has less legislative power to protect geological formations on private land than other Australian states.

Source. Herald Sun.

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La Harman’s Valley avec le Mont Napier à l’arrière plan.

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« Tumulus » dans la Harman’s Valley.

(Crédit photo: Wikipedia)