Coup de foudre sur l’Agua (Guatemala) // Lightning bolts on Volcán de Agua (Guatemala)

Le 2 août 2019, l’« Image astronomique du jour » de la NASA montre un orage sur le volcan Agua (volcan de l’eau) qui s’élève à plus de 3 500 mètres à proximité de la ville d’Antigua Guatemala.
Bien qu’il n’ait pas montré d’activité depuis longtemps, l’Agua menace les environs car il peut toujours produire des coulées de matériaux et des lahars. C’est ainsi que le 11 septembre 1541, Santiago de los Caballeros, la nouvelle capitale du Guatemala, fut détruite par un impressionnant glissement de terrain. On a longtemps pensé que la cause de cette catastrophe était la vidange d’un lac qui s’était formé dans le cratère, mais son observation montre que cette hypothèse ne tient pas la route. Il s’agissait plutôt d’un glissement de terrain provoqué par de fortes pluies sur les flancs de la montagne. Les traces de ce glissement de terrain sont encore visibles de nos jours (voir photo ci-dessous). Des cartes géologiques récentes montrent qu’une telle catastrophe pourrait se reproduire à l’avenir.

L’image de la NASA montre des éclairs qui partent de deux antennes de communication situées près du sommet de l’Agua, avec un effet très spectaculaire dans le ciel nocturne. La foudre représente pour l’être humain l’une des forces les plus puissantes de la Nature ; pourtant, les causes de ce phénomène demeurent un mystère. Ce que nous savons, c’est que, à l’intérieur de certains nuages, des courants ascendants internes provoquent des collisions entre la neige et la glace, collisions qui séparent lentement les charges entre le sommet et la base des nuages. Les décharges électriques très rapides qui donnent naissance à l’éclair sont le résultat de ce phénomène. La foudre suit généralement un parcours irrégulier et porte une fine colonne d’air à environ trois fois la température de surface du Soleil. L’onde de choc qui en résulte débute à une vitesse supersonique avant de se terminer avec un grondement puissant connu sous le nom de ‘tonnerre’. En moyenne, on enregistre environ 6 000 éclairs chaque minute dans le monde.
Source: NASA.

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On August 2nd, 2019, NASA’s “Astronomy Picture of the Day” shows a lightning storm over the Volcán de Agua (Volcano of Water) which towers more than 3,500 metres close to the city of Antigua Guatemala.

Although it has not been active in recent times, Agua can still produce debris flows and lahars that may inundate nearby populated areas. On 11 September 1541, Santiago de los Caballeros, Guatemala’s newly founded capital, was ruined by a formidable landslide. The cause of this catastrophe was said to have been the bursting of the side of a lake which had been formed in the crater of the extinct volcano, but an examination of the crater shows this explanation to be improbable. It was rather caused by a landslide triggered by heavy rains on the flanks of the mountain. Traces of the landslide can still be seen today (see photo below). Recent geological maps show that such a disaster may happen again in the future.

The NASA image shows lightning bolts shooting from two communication antennas near the top of the volcano’s crater, creating an ominous effect in the night sky. Although we tend to admire lightning as a powerful force of nature, exactly what causes lightning is still a mystery. However, what we do know is that inside some clouds, internal updrafts cause collisions between ice and snow that slowly separate charges between cloud tops and bottoms The rapid electrical discharges that are lightning soon result. Lightning usually takes a jagged course, rapidly heating a thin column of air to about three times the surface temperature of the Sun. The resulting shock wave starts supersonically and decays into the loud sound known as ‘thunder’. On average, around the world, about 6,000 lightning bolts occur between clouds and the Earth every minute.

Source: NASA.

Crédit photo: NASA

Photos: C. Grandpey

 

La sismicité toujours bien présente sur la Soufrière de la Guadeloupe // Seismicity still high at La Soufriere (Guadeloupe)

La sismicité reste relativement élevée sur la Soufrière de la Guadeloupe, mais l Observatoire Volcanologique et Sismologique (OVSG) indique que la probabilité d’une activité éruptive à court terme reste faible.

Un nouvel essaim sismique d’origine volcanique a débuté le 6 août 2019 à 10h39 dans le secteur du volcan. Le 7 août à 13h10, les réseaux avaient enregistré 111 séismes de magnitude inférieure à 1. Aucun séisme n’a été ressenti par la population. Les événements se localisent à une profondeur de 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière.
Au cours du mois de juin 2019, l’OVSG a enregistré 486 séismes d’origine volcanique sous et autour du dôme de la Soufrière, entre 100 mètres et 2,5 km de profondeur.

La probabilité d’une éruption à court terme reste faible, mais l’activité sismique et fumerollienne depuis le mois de février 2018 montre qu’un changement de régime s’est établi sur le volcan qui reste en « état de vigilance renforcée ».

A côté de la sismicité d’origine volcanique, l’OVSG a enregistré 102 séismes d’origine tectonique, de magnitude maximale M 3.3, et dont les épicentres étaient localisés dans un rayon de 550 km autour de la Guadeloupe. Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population.

Source : OVSG.

NDLR : De telles variations de la sismicité d’origine volcanique ont été observées dans le passé. Elles étaient dues à des mouvements de fluides hydrothermaux à l’intérieur de l’édifice. Il ne faudrait pas oublier que la Soufrière de la Guadeloupe est copieusement arrosée et l’infiltration de toute cette eau entraîne forcément des turbulences au contact des sources de chaleur profondes.

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Seismicity remains quite high at La Soufrière (Guadeloupe), but the Volcanological and Seismological Observatory (OVSG) indicates that the probability of eruptive activity in the short term remains low.
A new seismic swarm of volcanic origin began on August 6th, 2019 at 10h39 in the area of ​​the volcano. On August 7th at 13:10, the networks recorded 111 earthquakes with magnitudes less than 1. No earthquake was felt by the population. The events were located at a depth of 2.5 km under the summit of the dome of La Soufrière.
During the month of June 2019, OVSG recorded 486 earthquakes of volcanic origin under and around the dome of La Soufrière, between 100 meters and 2.5 km deep.
The probability of a short-term eruption remains low, but the seismic and fumarolic activity since February 2018 shows that a change of regime has been established on the volcano which remains in a « state of enhanced watch ».
In addition to seismicity of volcanic origin, OVSG recorded 102 earthquakes of tectonic origin, with a maximum magnitude M 3.3, and epicentres located within a radius of 550 km around Guadeloupe. None of these earthquakes were felt by the population.
Source: OVSG.
Editor’s note: Such variations in volcanic seismicity have been observed in the past. They were due to movements of hydrothermal fluids inside the building. It should not be forgotten that La Soufrière is copiously watered and the infiltration of all this water necessarily leads to turbulence in contact with deep heat sources.

Crédit photo: Wikipedia

De l’eau dans le cratère de l’Halema’uma’u (Kilauea / Hawaii) // Water in Halema’uma’u Crater (Kilauea / Hawaii)

Pour la première fois dans l’histoire du Kilauea, une mare d’eau a été découverte au cours de la dernière semaine de juillet 2019 au fond de l’Halema’uma’u, le cratère sommital du volcan. Le HVO a confirmé cette présence d’eau qui pourrait marquer la transition vers une phase plus explosive des futures éruptions.

Les scientifiques ne savent pas comment va évoluer la situation, mais on sait que lorsque la lave interagit avec l’eau, elle peut provoquer de violentes explosions. Une première possibilité est que le magma chauffe et vaporise lentement cette eau pour donner naissance à un nouveau lac de lave. Il se pourrait aussi que la lave interagisse avec la nappe phréatique et déclenche de petites explosions. Une troisième hypothèse est que le magma monte rapidement, et provoque une explosion majeure.

Les scientifiques de l’USGS ont expliqué qu’il n’y a actuellement « aucune raison de penser que les dangers présents au sommet ont augmenté ou diminué » suite à la découverte de cette eau. Toutefois, « la présence d’eau pourrait provoquer un changement important dans l’activité à long terme du volcan.»
Bien que le Kilauea soit surtout connu pour son activité effusive et ses somptueuses coulées de lave, le volcan a une histoire d’alternance de longues périodes d’éruptions explosives et de périodes de phases effusives. Il ne faudrait pas oublier que plusieurs événements explosifs se sont produits sur le volcan dans le passé. Ces éruptions ont le plus souvent généré des déferlantes pyroclastiques.

En 1790, l’une d’elles a tué plus de 400 personnes dans la caldeira du Kilauea. Ce fut l’éruption volcanique la plus meurtrière jamais observée aux États-Unis. Ces déferlantes pyroclastiques, qui peuvent se déplacer à la vitesse d’un ouragan, comptent parmi les éruptions les plus dangereuses. Les géologues du HVO pensent qu’une telle activité ne se produirait pas du jour au lendemain et que les techniques de surveillance modernes permettraient probablement d’alerter le public.

Une autre éruption majeure s’est produite en 1924. Des explosions ont commencé le 10 mai et expédié des blocs pesant jusqu’à 45 kg à 60 mètres de distance, ainsi que des fragments plus petits pesant environ 9 kg jusqu’à 270 mètres. Après une brève pause, l’activité s’est intensifiée le 18 mai et a culminé avec une explosion majeure qui a fait un mort.
Source: USGS / HVO.

Note personnelle: La petite mare que l’on peut observer en ce moment et dont la température est d’environ 70°C a probablement été formée par l’accumulation d’eau de pluie au fond du cratère de l’Halema’uma’uu. Si du magma devait remonter vers la surface, il y a de fortes chances pour que sa chaleur vaporise rapidement cette eau de surface qui n’a rien à voir avec l’eau d’une nappe phréatique en profondeur. Si une explosion se produisait, ce ne serait certainement pas un événement majeur.

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For the first time in Kilauea’s recorded history, a pond of water was discovered – and confirmed by HVO – during the last week of July 2019 at the bottom of Halema’uma’u, the summit crater of Kilauea volcano. Scientists say this development could signal a shift to a more explosive phase of future eruptions.

Scientists do not know what will happen next, but is is well known that when lava interacts with water, it might cause explosive eruptions. One possibility is that lava could slowly heat up and vaporize the water and eventually create a new lava lake. Lava could also interact with the water table and create small explosions. Another possibility is that magma rises rapidly, which could produce a larger explosion.

USGS officials stressed that there is currently “no reason to think hazards at the summit have increased or decreased” because of the discovery of water. But “the presence of water could be a significant switch in the long-term activity of the volcano.”

Although Kilaeua is well known for its effusive activity ansd its sumptuous lava flows, the volcano has a history of alternating between long periods of explosive eruptions and times of effusive phases. Indeed, there have been several explosive events on Kilauea in the past. These eruptions commonly produce pyroclastic surges. In 1790, one of them killed more than 400 people at Kilauea’s caldera, making it the deadliest volcanic eruption in what is now the United States. These surges can move at hurricane velocity across the landscape and they are among the most dangerous kinds of eruptions. HVO geologists think none of this will happen overnight, and modern monitoring techniques will probably give the public plenty of warning. Another major eruption occurred in 1924. Explosive activity began on May 10th of that year, blowing rock chunks weighing as much as 45 kg 60 metres out, and smaller fragments weighing about 9 kg out as far as 270 metres. After a brief reprieve, activity intensified through a major blast on May 18th, when an enormous explosive event caused the eruption’s only fatality.

Source: USGS / HVO.

Personal note: As far as the current small pond (temperature of about 70°C) is concerned, it was probably formed by the accumulation of rain water at the bottom of Halema’uma’u Crater. Should there be some magma ascent to the surface the magma’s heat would probably rapidly vaporize this surface water which has nothing to do with the water of a deep aquifer. If an explosion occurred it would certainly not be a major event.

Vue du cratère de l’Halema’uma’u et de la petite mare au fond de la cavité d’effondrement laissée par la dernière éruption. Il fallait avoir un puissant téléobjectif pour réaliser une photo lisible de cette eau ! (Source : USGS / HVO)

Image thermique de l’accumulation de l’eau au fond du cratère de l’Halema’uma’. Comme indiqué précédemment, la température de cette eau est d’environ 70°C (Source: USGS)

Puissante éruption de l’Ulawun (Papouasie-Nouvelle-Guinée) // Powerful eruption of Ulawun (Papua-New-Guinea)

Selon le VAAC de Darwin, les images satellitaires montrent qu’une puissante éruption a débuté à 3h50 (GMT) le 3 août 2019 sur l’Ulawun, avec un premier panache de cendre qui est monté jusqu’à 15 km au-dessus du niveau de la mer. Qquelques heures plus tard, les images satellitaires ont révélé qu’une nouvelle séquence éruptive avait propulsé la cendre à travers la tropopause, jusque dans la stratosphère avec un panache d’une hauteur de 19,2 km au dessus du niveau de la mer.
L’événement d’aujourd’hui fait suite à une autre éruption stratosphérique qui s’est produite le 26 juin 2019. Comme je l’ai écrit à l’époque, au moins 15 000 personnes ont dû être évacuées.
La couleur de l’alerte aérienne a été portée au Rouge.
Sources: RVO, Darwin VAAC, The Watchers.

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According to the Darwin VAAC, satellite imagery shows that a powerful eruption started at 01:50 (UTC) on August 3rd, 2019 at Ulawun volcano (Papua New Guinea) with a first ash plume rising up to 15 km above sea level a few hours after the beginning of the event. The follwing imagery indicated that another eruption had sent ash through the tropopause and had become stratospheric with a height of19.2 km above sea level.

Today’s event follows another stratospheric eruption that occurred on June 26th, 2019. As I put it by that time, at least 15 000 people were forced to evacuate.

The aviation colour code was raised to Red.

Sources: RVO, Darwin VAAC, The Watchers.

Crédit photo: Wikipedia