Eruption du Sabancaya (Pérou / Peru)

drapeau-francaisLe 8 novembre, la colonne de cendre atteignait 2,4 km au-dessus du cratère.
Une augmentation significative des émissions de cendre a été observée le 9 novembre, avec des retombées à Parjo, Cajamarcana et Salalli. Le panache atteignait une hauteur de 2 km au-dessus du cratère.
Le 10 novembre, des chutes de cendre ont été signalées dans des localités situées entre 30 et 35 km du volcan. L’agence INGEMMET a recommandé aux autorités de mettre en place des mesures visant à protéger la population locale, principalement en distribuant des masques pour prévenir les problèmes respiratoires.
Une nouvelle explosion s’est produite à 15:04 (TU) le 11 novembre. Cette fois, la cendre a atteint environ 3 km au-dessus du cratère (9 km au-dessus du niveau de la mer) et le panache s’est étiré sur 40 km vers l’est et le nord-est.
Avec l’activité à Ubinas et la nouvelle phase éruptive du Sabancaya, le Pérou a maintenant deux volcans simultanément en éruption pour la première fois de son histoire.
Voici une courte vidéo montrant l’éruption de Sabancaya:
https://youtu.be/8IXffal_r34
Source: Instituto Geofisico.

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drapeau-anglaisAs I put it before (see my note of 8 November 2016), during the last couple of weeks, volcanic gas emissions increased significantly at Sabancaya volcano, reaching values of up to 7 173 tons per day on October 23rd. A thermal anomaly was first observed on November 2nd. The alert level was raised to yellow and people were advised not to approach the volcano.
On November 8th, the ash column was reaching 2.4 km above the crater.
A significant increase in ash emissions was observed on November 9th, prompting authorities to issue ashfall alerts in Parjo, Cajamarcana and Salalli. Ash was reaching a height of 2 km above the crater.
By November 10th, ashfall was reported in communities located between 30 and 35 km from the volcano. INGEMMET recommended that authorities implement measures to help protect the local population, mainly by distributing masks to prevent breathing problems.
A new explosion occurred at 15:04 UTC on November 11th. This time, ash reached approximately 3 km above the crater (9 km above sea level) and drifted 40 km east and northeast.
With the activity at Ubinas and the new eruptive phase at Sabancaya, Peru now has two simultaneously erupting volcanoes for the first time in recorded history.
Here is a short video showing the eruption of Sabancaya:
https://youtu.be/8IXffal_r34
Source: Instituto Geofisico.

sabancaya

Source: INGEMMET

Nouvelle approche de l’éruption de Santorin (Grèce) // New approach of the eruption of Santorini ( Greece)

drapeau-francaisOn sait que l’éruption cataclysmale de Thera – aujourd’hui Santorin – vers 1650 avant notre ère a déclenché de puissants tsunamis qui ont anéanti la civilisation minoenne. Des chercheurs grecs de l’Université d’Athènes expliquent dans une nouvelle étude publiée dans la revue Nature que ces tsunamis destructeurs ont probablement été générés par l’afflux de matériaux volcaniques dans la mer, ce qui remet en cause les hypothèses antérieures.
Jusqu’à présent, les études sur la catastrophe de l’Age du Bronze avaient incité les scientifiques à penser que c’était l’effondrement du cratère dans la mer qui avait provoqué des tsunamis. Dans la nouvelle étude, les scientifiques ont utilisé les données volcaniques et sismiques, ainsi que la cartographie détaillée du fond marin, pour réfuter cette théorie et offrir une nouvelle explication.
Leurs recherches ont révélé que la caldeira n’était pas reliée à la mer quand elle s’est effondrée et, par conséquent, n’aurait pas pu causer les tsunamis. Au lieu de cela, les chercheurs pensent que l’écoulement rapide de grands volumes de matériaux volcaniques dans la mer a pu déplacer suffisamment d’eau pour provoquer ces tsunamis.
Les scientifiques nous rappellent que les écoulements pyroclastiques peuvent atteindre des températures de plus de 400°C et se déplacer à des vitesses allant jusqu’à 70 km / h. Lorsque ces matériaux pénètrent dans la mer, ils se solidifient et déplacent d’énormes quantités d’eau. Ils sont persuadés que cette entrée brutale des coulées pyroclastiques dans la mer n’a pas déclenché qu’un seul tsunami. Des dépôts de matériaux volcaniques jusqu’à 60 mètres d’épaisseur ont été découverts au large de Santorin, ce qui conforte la nouvelle hypothèse.
L’éruption du Krakatoa en Indonésie a également provoqué des tsunamis. Ils se sont produits lorsque des coulées pyroclastiques ont pénétré dans la mer, et non à cause de l’effondrement de la caldeira. Cette éruption bien documentée a causé plus de 35 000 décès et a été étudiée de manière approfondie par les volcanologues. Selon la dernière étude, l’éruption de Thera a probablement été beaucoup plus importante, et plus destructrice, que celle du Kralatoa. En fait, l’éruption de Thera n’a pas seulement ouvert un trou béant dans l’île et déclenché des tsunamis. Elle a aussi entraîné le déclin de la culture minoenne, civilisation qui dominait en Méditerranée à cette époque.
Pour mieux comprendre à quel point l’éruption de Thera a été violente et destructrice, les chercheurs grecs ont l’intention de poursuivre leurs recherches sur les coulées pyroclastiques. Comme l’a déclaré l’un d’entre eux, «nous savons maintenant que ces écoulements pyroclastiques ont causé de gros dégâts dans la région autour de Santorin, en Crète par exemple. Il nous faut donc mieux comprendre ces coulées et connaître le volume total de matériaux émis par l’éruption, car nous pensons que ce fut l’événement le plus catastrophique des 10 000 dernières années « .
Source : Live Science.

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drapeau-anglaisThe historic eruption of Thera – kwnown as Santorini today – in about 1650 B.C. triggered massive tsunamis that led to the end of the Minoan civilization. Now, Greek researchers at the National University of Athens explain in a new study published in the journal Nature that these destructive tsunamis may have been generated by the flow of volcanic material into the sea, challenging previous theories.

Initially, studies of the Bronze Age disaster led scientists to think the collapse of the volcanic crater into the sea caused tsunamis. However, in the new study, scientists used volcanic and seismic data, along with detailed mapping of the seafloor, to disprove this theory and offer a new explanation.

Their research revealed that the caldera was NOT connected to the sea when it collapsed and, therefore, could not have caused the tsunamis. Instead, the researchers propose that large volumes of volcanic material flowing rapidly into the sea could have displaced enough water to create tsunamis.

The researchers remind us that pyroclastic flows can reach scorching temperatures of more than 400°C and move at speeds of up to 70 km/h. As this material flows into the ocean, it solidifies and displaces massive amounts of water. They believe that this violent entry of the pyroclastic flows into the sea triggered more than one tsunami. Deposits of volcanic material up to 60 metres thick were found offshore Santorini, supporting the new theory.

The eruption of Krakatoa in Indonesia similarly triggered tsunamis. They occurred when pyroclastic flows entered the sea, not because the caldera collapsed. This well-recorded eruption caused more than 35,000 deaths and has been studied extensively by volcanologists. According to the new study, the eruption of Thera may have been many times larger, and more destructive. In fact, the eruption of Thera did more than blow a hole into the island and trigger tsunamis. The eruption also set off the decline of the Minoan culture, the dominant civilization in the Mediterranean at the time.

To further understand just how violent and destructive the eruption of Thera was, the Greek researchers plan to continue their research on the pyroclastic flows. Said one of them: « We know now that these flows caused so much damage in the area around Santorini, like in Crete. So we need to better understand these flows and have the total volume of the eruption, because we believe that this was the most catastrophic event during the last 10,000 years. »

Source : Live Science.

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L’île de Santorin vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

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Cette carte montre comment le flux de matériaux pyroclastiques est entré dans la mer par la brèche située au nord-ouest (encadré orange) [Source : Université d’Athènes]

Santorin (Grèce) // Santorini (Greece)

drapeau-francaisLa NASA a publié une belle photo de Santorin, réalisée le 3 septembre 2016 depuis la Station Spatiale Internationale.Voici le texte qui accompagne la photo:
«La plus grande île – connue sous le nom de Thira – est la Mecque du tourisme à Santorin. Les autres îles ont pour noms Thirasia et Aspronisi. Les trois îles sont les restes d’un volcan après une énorme éruption. L’eau de la mer Égée s’est précipitée pour combler le vide laissé par l’éruption, ce qui a donné naissance à la lagune centrale de 12 kilomètres de long.
Cette ancienne caldeira est entourée de hautes falaises escarpées sur trois côtés. Plusieurs villes occupent le sommet de ces falaises impressionnantes, presque verticales, d’environ 300 mètres de hauteur.
Santorin est l’une des îles touristiques les plus célèbres du monde. Les navires font escale au bas des falaises (au port d’Athinios). près de la ville de Fira. Les touristes empruntent ensuite une route aux innombrables virages pour atteindre le haut de la falaise où se trouve Thira, un village grec classique qui domine la lagune.
L’explosion qui a donné naissance à cette caldeira est bien connue des géologues. On estime que 100 kilomètres cubes de matériaux ont été projetés hors du volcan, soit quatre fois plus que l’éruption du Krakatoa en 1883.
On pense que l’éruption de Santorin a eu lieu entre 1600 et 1627 avant J.C.. Les fouilles archéologiques d’Akrotiri ont révélé les vestiges d’une ville minoenne avec des rues, des maisons de trois étages et des fresques bien conservées sous des couches de cendre, semblables à celles de Pompéi.
Le volcan est toujours actif et plusieurs éruptions ont contribué à la croissance du cône central. Nea Kameni, apparue en 1707, est la partie émergée du volcan sous-marin. Il y a eu trois éruptions au cours du 20ème siècle. Les dernières coulées de lave sur Nea Kameni sont sombres, comparées aux roches plus claires et plus anciennes des îles extérieures. »

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On verra, dans la prochaine note à paraître demain, que tous les scientifiques ne sont pas d’accord sur la cause des tsunamis qui ont anéanti la civilisation minoenne.

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drapeau-anglaisNASA has released a nice photo of Santorini, acquired on September 3rd 2016 from the International Space Station. Here is the text that accompanies the photo:

« The largest island in the ring is the tourist mecca of Santorini (also known as Thira), while the other islands are Thirasia and Aspronisi. The three pieces are what remains after an enormous eruption destroyed most of a volcanic island. Water from the Aegean Sea rushed in to fill the void, forming the central, 12 kilometer-long lagoon.

The lagoon is surrounded by high, steep cliffs on three sides. Several towns occupy the top of these impressive, near-vertical cliffs, roughly 300 meters high.

Santorini is one of the most famous tourist islands on Earth. Ships arrive at the bottom of the cliffs near the town of Fira. Tourists then climb a switchback road up the cliffs to a classic Greek village on a cliff face looking out into the great lagoon.

The caldera explosion that made this lagoon is one of the largest known to geologists. An estimated 100 cubic kilometers of material blew out of the volcano, four times as much as the eruption of Krakatoa in 1883.

The Santorini explosion is now known to have taken place between 1600 and 1627 BCE. Archaeological excavations at the town of Akrotiri are revealing exciting remains of a Minoan-age town with streets, three-story houses, and frescoes well preserved under ash layers, much like those preserved at Pompeii.

Since the volcano is still active, the central peak has grown and then erupted repeatedly. Nea Kameni is the most recent peak of the underwater volcano to appear above water (popping up in 1707). There have been three eruptions in the twentieth century alone. Recent lava flows appear as dark-toned areas, compared with the lighter-toned surfaces of the older outer islands. »

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We will see in the next note to be released tomorrow that all scientists do not agree about the cause of the tsunamis that totally destroyed the Minoan civilisation.

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Crédit photo: NASA.

 

De l’eau sous les volcans boliviens // Water beneath Bolivian volcanoes

drapeau-francaisDes chercheurs de l’Université de Bristol en Angleterre ont découvert un énorme réservoir d’eau sous le volcan Uturuncu, actuellement inactif, dans les Andes boliviennes. Ils ont fait la découverte en étudiant l’anomalie topographique du haut plateau de l’Altiplano-Puna, un corps magmatique qui ralentit les ondes sismiques et conduit l’électricité, contrairement au magma environnant.
L’eau ainsi découverte, qui est mélangée au magma partiellement fondu, pourrait aider à expliquer pourquoi et comment les éruptions se produisent. Il se peut que cette eau joue également un rôle dans la formation de la croûte continentale sur laquelle nous vivons, et elle pourrait être une preuve supplémentaire que de l’eau circule à l’intérieur de notre planète depuis sa formation.
Les scientifiques ont prélevé des roches émises lors d’une éruption de l’Uturuncu il y a 500 000 ans. Ensuite, en laboratoire, et ils ont introduit différentes quantités d’eau avant d’exposer les échantillons à des conditions imitant celle de l’anomalie observée en Bolivie. L’expérience consistait à soumettre les roches à des pressions 30 000 fois supérieures à la pression atmosphérique et à des températures allant jusqu’à 1500°C. Les scientifiques ont constaté qu’à une certaine teneur en eau, la conductivité électrique correspondait exactement à la valeur mesurée dans l’anomalie. En poids, ils ont calculé que la roche contenait 8 à 10 pour cent d’eau.
On sait que le corps magmatique de l’Altiplano-Puna a un volume d’environ 500 000 kilomètres cubes ; c’est pourquoi les chercheurs estiment qu’il doit contenir une quantité d’eau semblable à certains des plus grands lacs d’eau douce sur Terre. Il ne faut toutefois pas espérer extraire l’eau nouvellement découverte. Elle est dissoute dans la roche partiellement fondue à 950 à 1000°C ; elle n’est donc pas accessible.
L’importante teneur en eau du magma pourrait permettre d’expliquer la composition des roches de la croûte continentale. Lorsque le magma contenu dans le manteau – principalement composé de basalte – s’élève dans la croûte, l’eau contribue à enrichir le basalte en silice et l’appauvrit en magnésium, ce qui finit par donner naissance à des roches comme l’andésite.
D’autres anomalies, avec la même conductivité encore inexpliquée, ont été découvertes sous d’autres volcans, tels que la zone volcanique de Taupo en Nouvelle Zélande, et le Mont St Helens dans l’Etat de Washington.
Cette étude donne un nouvel éclairage sur le cycle de l’eau dans les profondeurs de la Terre et nous rappelle que nous savons bien peu de choses sur le chemin emprunté par l’eau à travers la croûte terrestre et le manteau au cours des périodes géologiques. À l’avenir, si l’on parvient à mieux comprendre comment l’eau peut déclencher des éruptions, cela  pourrait permettre aux volcanologues de mieux interpréter l’activité sismique et peut-être améliorer sa prévision.

Source: New Scientist & Earth and Planetary Science Letters.

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drapeau-anglaisResearchers of the University of Bristol in England have discovered a massive reservoir of water deep beneath the currently dormant Uturuncu volcano in the Bolivian Andes. They made the discovery while studying a huge “anomaly” 15 kilometres beneath the volcano. The anomaly, called the Altiplano-Puna magma body, slows down seismic waves and conducts electricity, unlike surrounding magma.

The unexpected water, which is mixed with partially melted magma, could help to explain why and how eruptions happen. This water may also be playing a role in the formation of the continental crust we live on, and could be further evidence that our planet has had water circulating in its interior since its formation.

The team took rocks that were spat out by an eruption of Uturuncu 500,000 years ago and mixed them with varying amounts of water before exposing them in the lab to conditions mimicking those in the anomaly. This included pressures 30,000 times as high as atmospheric pressure, and temperatures up to 1500 °C. The scientists found that at a particular water content, the electrical conductivity exactly matched the value measured in the anomaly. By weight, they calculated it contains 8 to 10 per cent water.

The Altiplano-Puna magma body is known to be around half a million cubic kilometres in volume, so the researchers estimate it must contain a similar amount of water to some of the largest freshwater lakes on Earth. However, we can forget about extracting the newly found water. It is dissolved in partially melted rock at 950 to 1000 °C, so it’s not accessible.

But increased water content in magma may help to explain the composition of continental crust rocks. When magma in the mantle – mainly composed of basalt – rises up into the crust, the water helps to enrich the basalt with silica and deplete it of magnesium, eventually forming rocks like the andesite.

Other anomalies with similar unexplained conductivity have been discovered beneath other volcanoes, such as those in the Taupo Volcanic Zone in New Zealand, and Mount St Helens in Washington State.

This study illuminates a new feature of Earth’s deep-water cycle, and reminds us how little we know about the pathway of water through Earth’s crust and mantle systems on geologic timescales. In the future, understanding more about how water can trigger eruptions could help volcanologists better interpret seismic activity, perhaps improving predictions.  .

Source: New Scientist & Earth and Planetary Science Letters.

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Volcan Uturuncu (Crédit photo: Wikipedia)