Katla (Islande / Iceland)! Crue glaciaire la rivière Múlakvísl // Glacial outburst of the Múlakvísl River

17 heures: Une crue glaciaire a commencé dans la rivière Múlakvísl vers minuit (TU) le 29 juillet 2017. Le   Met Office Islandais (OMI) indique que la conductivité électrique se situe actuellement autour de 580μS / cm et a augmenté rapidement. En général, l’augmentation du niveau de cette rivière est un indicateur important des prochaines éruptions du Katla. [NDLR: Cependant, pour le moment, il n’y a pas d’autre indication que le volcan va entrer en éruption. La dernière sismicité enregistrée était très superficielle (une centaine de mètres de profondeur). Cela signifie que la crue actuelle est probablement liée à une activité géothermale intense sous le volcan.]
La conductivité est un bon indicateur de la quantité d’eau de fonte géothermale dans la rivière. Avant les crues glaciaires, on enregistre une hausse de la conductivité dans la rivière Múlakvísl qui peut durer plusieurs jours avant l’apparition de la crue proprement dite. La couleur du niveau d’alerte du Katla est maintenant Jaune au lieu de Verte (présence d’une activité supérieure à la normale) en raison de la crue glaciaire et de l’activité sismique.
L’OMI indique que «le scénario est très semblable à l’inondation glaciaire de 2011 lorsque le pont sur la Ring Road (la route qui fait le tour de l’île) a été détruit». On peut s’attendre à ce que la crue glaciaire atteigne son maximum dans quelques heures.
Il est conseillé aux gens de se tenir à l’écart de la rivière en raison des gaz, car la rivière présente une couleur sombre et dégage une odeur de soufre. La Protection Civile a été alertée et l’Administration en charge du réseau routier est sur le site et se prépare à fermer la Ring Road si nécessaire.
Source: IMO & Iceland Review.

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19 heures: : La crue glaciaire dans la Múlakvísl diminue lentement. La conductivité électrique a augmenté rapidement entre 6 heures et 7 heures ce matin et a atteint un sommet d’environ 580 μS / cm. Elle a ensuite diminué lentement. À 14 h 40 (heure locale), la conductivité était mesurée à environ 330 μS /cm.

Source; IMO.

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17:00: A glacial outburst flood started in Múlakvísl river around midnight (UTC) on July 29th, 2017.  The Icelandic Met Office (IMO) indicates that electrical conductivity is now measured around 580µS/cm and has increased rapidly. Usually, increasing water levels of this river are an important indicator of Katla’s upcoming volcanic eruptions. [NDLR: However, for the time being, there is no other indication that the volcano is going to erupt. The latest seismicity recorded was very shallow (about 100 metres deep). This means that the current outburst is probably linked to some geothermal activity beneath the volcano.]

Conductivity is an indicator for the amount of geothermal meltwater in the river. Prior to glacial river surges, the conductivity in Múlakvísl river starts rising. This elevation of conductivity can last several days before an actual river surge starts. The colour code for Katla volcano is now Yellow instead of Green (signs of elevated unrest above known background levels) due to glacial flood and seismic tremor.

IMO indicates that “the scenario is very similar to the 2011 glacial flood event when the Ring Road bridge was destroyed. » The glacial outburst flood can be expected to reach its maximum within a few hours.

People are advised to stay away from the river due to gas pollution, as the river is showing a dark colour and smells of sulphur. The Department of Civil Protection of the National Police has been alerted and Road Administration is on the site and prepared to close the main road if needed.

Source : IMO and Iceland Review.

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19:00: Glacial outburst flood in Múlakvísl is slowly declining. Electrical conductivity increased rapidly between 6 and 7 this morning and peaked around 580 µS/cm and has since then slowly decreased. At 14:40 (local time) the conductivity measured about 330 µS/cm.

Source: IMO.

Source: Icelandic Met Office

 

En mémoire de Katia et Maurice Krafft // In loving memory of Katia and Maurice Krafft

Ces jours-ci, on a pu voir réapparaître sur les réseaux sociaux la formidable vidéo montrant le déclenchement et l’évolution d’une coulée pyroclastique sur l’Unzen en 1991. Pas besoin de simulation en laboratoire pour en comprendre le déroulement.

https://youtu.be/Cvjwt9nnwXY

Dans le même temps, le site Internet du magazine Forbes a évoqué le souvenir de Katia et Maurice Krafft, tragiquement disparus le 3 juin 1991 au cours de cette même éruption de l’Unzen.

https://www.forbes.com/sites/robinandrews/2017/07/26/heres-how-to-make-a-boat-to-sail-over-deadly-lava/#728917e155c9

Le journaliste auteur de l’article nous rappelle que l’un des rêves fous de Maurice Krafft était de descendre une coulée de lave du Mauna Loa à bord d’un « bateau ». En fait, plutôt qu’un bateau, c’était dans une capsule semblable à celle utilisée par les astronautes que Maurice voulait entreprendre ce voyage hors du commun. Malheureusement, l’Unzen ne lui en a pas laissé le temps. Sa montre est l’un des rares souvenirs qu’il a laissés au Japon.

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These days, one could see again on the social networks the dramatic video video showing the triggering and the evolution of a pyroclastic flow on Mount Unzen in 1991. There is no need of a simulation in laboratory to understand what is happening.
https://youtu.be/Cvjwt9nnwXY

At the same time, the website of Forbes magazine evoked the memory of Katia and Maurice Krafft who tragically died on 3 June 1991 during this same eruption of Mt Unzen.
https://www.forbes.com/sites/robinandrews/2017/07/26/heres-how-to-make-a-boat-to-sail-over-deadly-lava/#728917e155c9

The journalist who wrote the article reminds us that one of Maurice Krafft’s crazy dreams was to descend a lava flow from Mauna Loa aboard a « boat ». In fact, rather than a boat, it was in a capsule similar to that used by astronauts that Maurice wanted to undertake this extraordinary journey. Unfortunately, Mt Unzen did not give him time to do so. His watch is one of the few memories he left in Japan.

(Photo: C. Grandpey)

Supercontinents et émissions de carbone d’origine volcanique

Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont constaté que ce sont les mouvements des supercontinents au cours de centaines de millions d’années qui contrôlent les émissions de carbone d’origine volcanique. Les résultats, qui figurent dans la revue Science, pourraient conduire à une réinterprétation de la façon dont le cycle du carbone a évolué au cours de l’histoire de la Terre et sur son incidence sur l’évolution de l’habitabilité de notre planète.
Les chercheurs ont utilisé des mesures de carbone et d’hélium provenant de plus de 80 volcans dans le monde afin d’en déterminer l’origine. Le carbone et l’hélium émis par les volcans peuvent provenir des profondeurs de la Terre ou être recyclés près de la surface. La mesure de l’empreinte chimique de ces éléments peut déterminer leur source. Lorsque l’équipe scientifique a analysé les données, elle a constaté que la majeure partie du carbone émis par les volcans est recyclée près de la surface, contrairement aux hypothèses antérieures selon lesquelles le carbone provenait de l’intérieur de la Terre.
Au cours des millions d’années écoulées, les cycles du carbone ont oscillé entre les profondeurs de la Terre et sa surface. Le carbone est retiré de la surface à partir de processus qui permettent à l’oxygène atmosphérique de se développer. Les volcans permettent au carbone de revenir à la surface, bien que la quantité produite représente moins d’un centième  des émissions de carbone provoquées par l’activité humaine. Aujourd’hui, la majeure partie du carbone émis par les volcans est recyclée près de la surface, mais il est peu probable que ce fût toujours le cas.
Les volcans se forment le long d’arcs insulaires ou continentaux, là où les plaques tectoniques entrent en collision et où une plaque glisse sous  une autre, comme les Andes d’Amérique du Sud ou les volcans italiens. Ces volcans ont des empreintes chimiques différentes: les volcans d’arc insulaire émettent moins de carbone en provenance des profondeurs du manteau, tandis que les volcans d’arc continental émettent beaucoup plus de carbone en provenance de la surface.
Au cours des centaines de millions d’années écoulées, la Terre a connu des périodes où les continents se sont rapprochés ou se sont éloignés les uns des autres. Ce mouvement de va et vient a modifié, au cours des temps géologiques, l’empreinte chimique du carbone qui arrive à la surface de la Terre. On peut la mesurer au travers des différents isotopes du carbone et de l’hélium.
Les variations d’isotopes – ou d’empreinte chimique – du carbone sont généralement mesurées dans le calcaire. Les chercheurs avaient déjà pensé que la seule chose susceptible de modifier l’empreinte carbone dans le calcaire était la production d’oxygène atmosphérique. En tant que telle, l’empreinte isotopique du carbone dans le calcaire était utilisée pour interpréter l’évolution de l’habitabilité à la surface de la Terre. Les résultats proposés par l’équipe de chercheurs de Cambridge indiquent que les volcans ont joué un rôle plus important dans le cycle du carbone qu’on le croyait précédemment, et que les hypothèses antérieures doivent être reconsidérées.
Un bon exemple réside dans le Crétacé, il y a 144 à 65 millions d’années. Au cours de cette période, il y a eu une augmentation importante de la proportion d’isotopes de carbone trouvés dans le calcaire, ce qui a été interprété comme une augmentation de la concentration d’oxygène atmosphérique. Cette augmentation de l’oxygène atmosphérique a été liée à la prolifération des mammifères à la fin du Crétacé. Cependant, les résultats de l’équipe scientifique de Cambridge montrent que l’augmentation de la proportion d’isotopes de carbone dans le calcaire serait davantage due dans sa quasi totalité à des modifications dans les types de volcans à la surface de la Terre.
Source: Université de Cambridge.

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Researchers from the University of Cambridge have found that the formation and breakup of supercontinents over hundreds of millions of years controls volcanic carbon emissions. The results, reported in the journal Science, could lead to a reinterpretation of how the carbon cycle has evolved over Earth’s history, and how this has impacted the evolution of Earth’s habitability.
The researchers used existing measurements of carbon and helium from more than 80 volcanoes around the world in order to determine its origin. Carbon and helium coming out of volcanoes can either come from deep within the Earth or be recycled near the surface, and measuring the chemical fingerprint of these elements can pinpoint their source. When the team analysed the data, they found that most of the carbon coming out of volcanoes is recycled near the surface, in contrast with earlier assumptions that the carbon came from deep in the Earth’s interior.

Over millions of years, carbon cycles back and forth between Earth’s deep interior and its surface. Carbon is removed from the surface from processes which allows atmospheric oxygen to grow at the surface. Volcanoes are one way that carbon is returned to the surface, although the amount they produce is less than a hundredth of the amount of carbon emissions caused by human activity. Today, the majority of carbon from volcanoes is recycled near the surface, but it is unlikely that this was always the case.

Volcanoes form along large island or continental arcs where tectonic plates collide and one plate slides under the other, such as the Andes of South America or the volcanoes throughout Italy. These volcanoes have different chemical fingerprints: the island arc volcanoes emit less carbon which comes from deep in the mantle, while the continental arc volcanoes emit far more carbon which comes from closer to the surface.

Over hundreds of millions of years, the Earth has cycled between periods of continents coming together and breaking apart. This back and forth changes the chemical fingerprint of carbon coming to Earth’s surface systematically over geological time, and can be measured through the different isotopes of carbon and helium.
Variations in the isotope ratio, or chemical fingerprint, of carbon are commonly measured in limestone. Researchers had previously thought that the only thing that could change the carbon fingerprint in limestone was the production of atmospheric oxygen. As such, the carbon isotope fingerprint in limestone was used to interpret the evolution of habitability of Earth’s surface. The results of the Cambridge team suggest that volcanoes played a larger role in the carbon cycle than had previously been understood, and that earlier assumptions need to be reconsidered.

A great example of this is in the Cretaceous Period, 144 to 65 million years ago. During this time period there was a major increase in the carbon isotope ratio found in limestone, which has been interpreted as an increase in atmospheric oxygen concentration. This increase in atmospheric oxygen was causally linked to the proliferation of mammals in the late Cretaceous. However, the results of the Cambridge team suggest that the increase in the carbon isotope ratio in the limestones could be almost entirely due to changes in the types of volcanoes at the surface.

Source: University of Cambridge.

Processus de circulation du carbone dans les zones de subduction (Source : Université de Cambridge)

 

Volcans actifs : Informations diverses // Active volcanoes : Miscellaneous news

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Poursuite de l’éruption. Tremor stable.

Sheveluch (Kamchatka) : Forte activité explosive le 24 juillet. Niveau d’alerte élevé au Rouge, avant d’être ramené à l’Orange.

Bezymianny (Kamchatka) : Présence d’une coulée de lave sur le flanc ouest. Niveau d’alerte Orange.

Karymsky (Kamchatka) : Explosions sporadiques. Niveau d’alerte Orange.

Klyuchevskoy (Kamchatka) : Anomalie thermique et panaches de cendre. Niveau d’alerte Orange.

Bogoslof (Alaska) : Pas d’activité significative au cours de la semaine écoulée.

Cleveland (Alaska) : Présence d’un nouveau dôme de lave au fond du cratère.

Kilauea (Hawaii) : Situation stable. Voir ma dernière note sur les points chauds.

Nishinoshima (Japon) : Poursuite de l’éruption. Activité strombolienne dans le cône éruptif. Une coulée de lave avance sur le flanc ouest et atteint la mer.

Poas (Costa Rica) : Emissions gazeuses jusqu’à 300 – 500 mètres au-dessus des bouches.

Sabancaya (Pérou) : Recrudescence d’activité. Panaches de cendre jusqu’à 3 – 5 km de hauteur.

Source: Global Volcanism Network.

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Piton de la Fournaise (Reunion Island): The eruption continues. The tremor is stable.
Sheveluch (Kamchatka): High explosive activity on July 24th. Alert level raised Red, before being brought back to Orange.
Bezymianny (Kamchatka): Lava flow on the western flank. Alert level is Orange.
Karymsky (Kamchatka): Sporadic explosions. Alert level at Orange.
Klyuchevskoy (Kamchatka): Thermal anomaly and ash plumes. Alert level et Orange.
Bogoslof (Alaska): No significant activity during the past week.
Cleveland (Alaska): Presence of a new lava dome on the crater floor.
Kilauea (Hawaii): Stable situation. See my last note on hotspots.
Nishinoshima (Japan): The eruption continues. Strombolian activity on the eruptive cone. A lava flow advances on the western flank and reaches the sea.
Poas (Costa Rica): Gaseous emissions up to 300 – 500 meters above the vents.
Sabancaya (Peru): Increased activity. Ash plumes up to 3 – 5 km.

Source: Global Volcanism Network.