Les volcans à Ruelle-sur-Touvre (Charente) le 7 mars !

Je présenterai le mercredi 7 mars 2018 une conférence intitulée « Volcans et risques volcaniques » dans le cadre de l’Université Populaire de Ruelle-sur-Touvre (Charente). Elle aura lieu à 20h30 au Centre Culturel, Place du Champ de Mars.
Le but de cette conférence est de faire le point sur la situation en volcanologie. Les statistiques montrent que les volcans ont souvent été meurtriers dans le passé. Les techniques modernes permettent-elles d’en savoir plus sur les humeurs des monstres de feu ? Sommes-nous capables aujourd’hui d’éviter que les volcans tuent ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles j’essaierai de répondre.

Mon exposé se poursuivra avec deux diaporamas (une vingtaine de minutes chacun) en fondu-enchaîné sonorisé destinés à illustrer deux grands types de volcans. « La Java des Volcans » conduira le public auprès des volcans gris d’Indonésie tandis que « Hawaii le Feu de la Terre » fera côtoyer les coulées de lave rouge du Kilauea.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer les ouvrages Terres de Feu et Mémoires Volcaniques. Pour rappel, Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés.

Séquence éruptive sur le Krakatau (Indonésie) – Photo: C. Grandpey

Shinmoe & Aso (Japon / Japan)

Le Mont Shinmoe sur l’île de Kyushu est de nouveau entré en éruption le 1er mars 2018, moins de cinq mois après le précédent événement. La Japan Meteorological Agenczy (JMA) a confirmé qu’une petite éruption s’était produite vers 11 heures, avec des retombées de cendre sur la ville de Takaharu, située à l’est du volcan. On ne signale ni victimes ni dégâts. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3, sur une échelle de 5.
Le Mont Shinmoe est entré en éruption en janvier 2011 et en octobre 2017, avec des panaches de cendre jusqu’à environ 2 300 mètres au-dessus du cratère lors de l’éruption d’octobre.
Source: Kyodo News, JMA.

Suite à la diminution de l’activité volcanique (le niveau d’alerte a été abaissé à 1) et à l’installation de mesures de sécurité, les autorités ont de nouveau autorisé l’accès au cratère du Mont Aso le 28 février 2018. Le cratère avait été fermé aux visiteurs en août 2014 suite à une petite éruption. Cependant, l’exploitation du service de télécabine reste suspendue car les réparations n’ont encore été effectuées après l’éruption majeure d’octobre 2016. Une navette est mise à la disposition des touristes qui peuvent aussi emprunter une route à péage.
Source: The Japan Times.

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Mt. Shinmoe on the island of Kyushu erupted again on March 1st, 2018, less than five months after its last eruption. The JMA confirmed a small eruption at about 11 a.m. and ashfall was observed in the town of Takaharu, located east of the mountain. There were no reports of injuries or property damage. The volcanic alert level is kept at 3, on a scale of 5.

Mt Shinmoe erupted in January 2011 and October 2017, spewing ash up to around 2,300 metres above the crater in the October eruption.

Source : Kyodo News, JMA.

Local authorities reopened a crater area of Mount Aso to tourists on February 28th, 2018 for the first time in over three years following diminished volcanic activity and the installation of safety measures. The alert level was lowered to 1, which allows entry to the crater zone. The crater had been closed to visitors in August 2014 after a small-scale eruption. However, operation of the gondola lift remains suspended after its equipment was severely damaged in a large-scale eruption in October 2016. Instead a shuttle-bus service is available, while cars can also reach the entrance through a toll road.

Source: The Japan Times.

Vue du Shinmoedake (Crédit photo: Wikipedia)

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Vue du sommet de l’Aso (Crédit photo: Franck Gueffier)

Le point chaud hawaiien s’est-il déplacé dans le passé ? // Did the Hawaiian hotspot move in the past ?

De nos jours, Hawaï est considéré comme un exemple parfait de « point chaud ». Cette expression fait référence à l’ascension du magma en provenance du manteau profond qui, tel un chalumeau, perce la croûte terrestre et donne naissance à des volcans. On pense que ces « hotspots » sont immobiles. Au fur et à mesure que la plaque tectonique se déplace, un chapelet de volcans se forme, avec le plus jeune à une extrémité et le plus ancien à l’autre, comme on peut le voir à Hawaii aujourd’hui : Le plus jeune volcan – Lo’ihi – se trouve encore sous la surface de l’océan au SE de Big Island, tandis que les anciens volcans sont devenus des atolls au nord-ouest de l’archipel.
Cette même théorie a été proposée dès le début de l’étude des îles hawaïennes. Les scientifiques pensaient qu’elles étaient l’extrémité la plus jeune de la chaîne sous-marine Hawaii-Empereur qui se trouve sous le Pacifique Nord-Ouest. Les chercheurs ont ensuite eu un doute et se sont demandés si les points chauds étaient vraiment immobiles. La cause de ce doute était un virage d’environ 60 degrés amorcé par cette chaîne volcanique née il y a 47 millions d’années. Cette courbe de trajectoire pouvait s’expliquer par un changement brusque du mouvement de la plaque Pacifique, mais cela supposait que cette plaque ait pris une direction sensiblement différente par rapport aux plaques tectoniques adjacentes. Les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve de ce phénomène.

Des études récentes ont suggéré que deux processus ont pu entrer en jeu: D’une part, la plaque Pacifique avait changé de direction. D’autre part, le point chaud hawaïen s’était déplacé relativement rapidement vers le sud au cours de la période de 60 à environ 50 millions d’années, puis il s’était arrêté. Si on prend en compte ce mouvement rapide du point chaud, cela signifie qu’une toute petite variation de déplacement de la plaque du Pacifique est suffisante pour expliquer la chaîne volcanique.
Cette hypothèse est maintenant étayée par les travaux de chercheurs de l’Oregon State University qui ont procédé à une nouvelle datation des volcans de la chaîne volcanique de Rurutu, y compris les îles volcaniques de Tuvalu dans le Pacifique occidental. En outre, ils ont incorporé des données similaires de la chaîne Hawaii-Empereur et de la chaîne Louisville dans le Pacifique Sud. En se basant sur la géographie et l’âge des volcans présents dans ces trois chaînes, les chercheurs ont pu étudier le passé géologique et observer comment les trois points chauds se sont déplacés les uns par rapport aux autres pendant des millions d’années.
Les résultats, publiées dans la revue Nature Communications, montrent que le mouvement relatif des points chauds sous Rurutu et Louisville est peu important, alors que le point chaud Hawaii-Empereur affiche un mouvement important entre 60 et 48 millions d’années par rapport aux deux autres points chauds. La modélisation géodynamique montre que le point chaud hawaiien s’est déplacé sur plusieurs dizaines de kilomètres par million d’années, et les données paléomagnétiques confirment cette interprétation. Les chercheurs admettent que les modèles définissant le mouvement de la plaque Pacifique et les points chauds qui s’y trouvent présentent encore quelques inexactitudes. Avec davantage de données de terrain et d’informations sur les processus profonds dans le manteau, ils espèrent expliquer plus en détail l’évolution de la courbe amorcée par la chaîne Hawaii-Empereur.
Sources: GFZ GeoForschungsZentrum Potsdam, Centre Helmholtz; Science Daily.

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Today, Hawaii is considered as the perfect example of a hotspot. The word refers to the ascent of magma from the deep mantle to the surface. Like a blowpipe, this magma burns through the Earth’s crust and forms volcanoes. For a long time, it was assumed that these hotspots were stationary. If the tectonic plate moves across it, a chain of volcanoes evolves, with the youngest volcano at one end, the oldest at the other, as can be seen in Hawaii today, with the youngest volcano – Lo’ihi – still underwater to the SE of Big Island and the ancient volcanoes now turned into atolls to the NW of the archipelago.

This concept had initially ben proposed for the Hawaiian Islands. They are the youngest end of the Hawaiian-Emperor chain that lies beneath the Northwest Pacific. But soon there was doubt over whether hotspots are truly stationary. The biggest contradiction was a striking bend of about 60 degrees in this volcanic chain, which originated 47 million years ago. If the bend was explained with just a sudden change in the movement of the Pacific Plate, this would suppose a significantly different direction of motion at that time relative to adjacent tectonic plates. However, researchers have not found any evidence for that.

Recent studies have suggested that apparently two processes were effective: On the one hand, the Pacific Plate has changed its direction of motion. On the other hand, the Hawaiian hotspot moved relatively quickly southward in the period from 60 to about 50 million years ago, and then stopped. If this hotspot motion is considered, only a smaller change of Pacific plate motions is needed to explain the volcano chain.

This hypothesis is now supported by work of researchers from Oregon State University who have evaluated new rock dating of volcanoes in the Rurutu volcanic chain, including, for example, the Tuvalu volcanic islands in the Western Pacific. Furthermore, they added similar data from the Hawaiian-Emperor chain and the Louisville chain in the Southern Pacific. Based on the geography and the age of volcanoes in these three chains, researchers could look into the geological past and see how the three hotspots moved relative to each other over millions of years.

The new data published in the journal Nature Communications shows that the relative motion of hotspots under the Rurutu and Louisville is small while the Hawaiian-Emperor hotspot displays strong motion between 60 and 48 million years ago relative to the other two hotspots. The geodynamic modelling shows that the Hawaiian hotspot moved at a rate of several tens of kilometres per million years, and paleomagnetic data support this interpretation. The researchers admit that models for the motion of the Pacific Plate and the hotspots therein still have some inaccuracies. With more field data and information about the processes deep in the mantle, they hope to explain in more detail how the bend in the Hawaiian-Emperor chain has evolved.

Sources: GFZ GeoForschungsZentrum Potsdam, Helmholtz Centre ; Science Daily.

(Source: Wikipedia)

(Photos: C. Grandpey)

 

Prochaine éruption du Bosavi, volcan « éteint » de Papouasie-Nouvelle-Guinée? // Soon an eruption at « extinct » Bosavi Volcano (Papua-New-Guinea) ?

Le volcan Bosavi dans la province des Hautes Terres du Sud en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne figure pas dans la base de données de la Smithsonian Institution. En effet, jusqu’à présent, il était considéré comme éteint. Cependant, le site web The Watchers nous informe aujourd’hui qu’il montre des signes d’éveil après le séisme de M 7,5 suivi de centaines de répliques qui a été enregistré à une cinquantaine de kilomètres au nord du volcan. .
Des témoins locaux disent avoir vu « de la fumée apparaître au sommet de la montagne » et qu’ils « n’avaient jamais considéré le mont Bosavi comme une montagne volcanique. »

Il se pourrait que le niveau du lac Kutubu situé à proximité se soit élevé dans le passé, ce qui aurait contraint les habitants des petites îles à aller vivre dans l’intérieur des terres, là où ils se trouvent actuellement.
La population locale demande au gouvernement d’envoyer rapidement une équipe scientifique pour surveiller la situation.
Le mont Bosavi est un stratovolcan tronqué qui a évolué d’un pôle basaltique vers un pôle andésitique. Il présente une caldeira d’érosion de 5 km de diamètre, élargie par la rivière Turama qui a emprunté une brèche étroite dans la partie SE de l’édifice. Un groupe de cônes, de cratères et de maars peut être observé dans les plaines au SO de Bosavi. Il n’y a pas trace d’éruption pendant l’Holocène.

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The Bosavi Volcano in Papua-New-Guinea’s Southern Highlands Province cannot be found in the database of the Smithsonian Institution. Until now, it was considered extinct. However, the website The Watchers informs us today that it is showing signs of awakening after this week’s M7.5 earthquake and hundreds of aftershocks that were recorded about 50 km to the north of the volcano. .

Local residents say they have seen “smoke building up at the top of the mountain” and that they “had never seen Mount Bosavi as a volcanic mountain.”

It is believed that nearby Lake Kutubu rose up in the past and that the people living on the small islands moved further back into the inland where they are now.

The local population is urging the government to quickly send a disaster emergency team to monitor the situation.

Mount Bosavi is a truncated basaltic to andesitic stratovolcano with a 5-km-wide erosion caldera enlarged by the Turama River through a narrow breach on the SE. A group of cones, craters and maars are scattered over the plains to the SW of Bosavi. There are no known Holocene eruptions from Bosavi.