La Soufrière (Guadeloupe)

Dans son dernier bulletin diffusé le mercredi 9 janvier 2019 à 18h30, l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Guadeloupe (OVSG) indique que « la séquence de séismes volcaniques qui a débuté le mardi 8 janvier 2019 à 04h59 (heure locale) dans la zone du volcan de La Soufrière, continue avec l’enregistrement de 146 séismes depuis son début.

Les séismes sont de très faible magnitude (M < 1). Aucun séisme n’a été signalé ressenti par la population. Les événements se localisent à une profondeur de moins de 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Le niveau d’alerte reste : jaune, vigilance. »

Cette sismicité provoque beaucoup de réactions, voire d’inquiétudes, sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas un phénomène nouveau. J’avais décrit la situation sur le volcan dans une note publiée le 26 novembre 2018 où il était déjà fait état d’essaims sismiques de faible magnitude et à faible profondeur.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/26/nouvelles-de-la-soufriere-guadeloupe-news-of-la-soufriere-guadeloupe/

Source : OVSG.

De toute évidence, ce type de sismicité n’est pas le signe d’une montée de magma qui se signalerait par une sismicité beaucoup plus forte révélant des fracturations de l’encaissant, avec des origines plus profondes. Dans le cas présent, on se trouve très probablement en face de mouvements de fluides hydrothermaux sous l’édifice volcanique, comme cela se produit, par exemple, sous le Parc de Yellowstone aux Etats-Unis.

En parlant de la Soufrière de la Guadeloupe, on fait souvent allusion à la situation de 1976 où l’activité était purement phréatique, sans apparition de magma juvénile comme certains l’avaient affirmé à l’époque.

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In its latest update issued on Wednesday, January 9th, 2019 at 18:30, the Volcanological and Seismological Observatory of Guadeloupe (OVSG) indicates that « the sequence of volcanic earthquakes that began Tuesday, January 8th, 2019 at 04:59 (local time) in the area of La Soufrière volcano, continues with 146 earthquakes since the beginning of the swarm.
The earthquakes show a very low magnitude (M <1). No event was reported by the population. The quakes are located at a depth of less than 2.5 km under the summit of the dome of La Soufrière. The alert level remains: yellow, Watch. »
This seismicity causes a lot of reactions, even worries, on social networks. This is not a new phenomenon. I described the situation on the volcano in a note published on November 26th, 2018 when there were already reports of small magnitude and shallow seismic swarms.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/26/nouvelles-de-la-soufriere-guadeloupe-news-of-la-soufriere-guadeloupe/

Source: OVSG.
Obviously, this type of seismicity is not the sign of a magma ascent which would be heralded by a much stronger seismicity revealing fracturing of rocks, with deeper origins. In the present case, the seismicity is probably caused by movements of hydrothermal fluids under the volcanic edifice, as happens, for example, under Yellowstone Park in the United States.
Speaking of the Soufrière of Guadeloupe, one often refers to the situation in 1976 when activity was purely phreatic, without the ascent of new magma as some had said at the time.

Crédit photo: Wikipedia

La sismicité récente en Sicile // Recent seismicity in Sicily

Depuis le début de l’éruption de l’Etna et de l’activité sismique le 23 décembre 2018, plus de 70 séismes avec des magnitudes supérieures à M 2,5 ont été enregistrés sur et autour du volcan. Cinq événements avaient une magnitude supérieure ou égale à 4. La plupart avaient leurs épicentres au sud du séisme qui a secoué la région de Milo pendant le nuit du 8 au 9 janvier 2019. Survenu à 00h50 le 9 janvier, ce dernier événement présentait une magnitude M 4,1 ; son épicentre a été localisé dans la région de Piano Pernicana, sur le versant nord-est de l’Etna, dans la ville de Linguaglossa, à environ 10 km de Milo, Trecastagni et Sant ‘ Alfio. Son hypocentre se trouvait à une profondeur de 2 km. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de réplique significative dans le même secteur. A noer tout de même qu’à 05h14, une secousse de magnitude M 2,0 a été enregistrée à six kilomètres au nord d’Adrano.
Le séisme de M 4,1 a affecté une région située à plus de 20 km au nord-nord-ouest de la région frappée par l’événement de M 4,9 du 26 décembre 2018 dont l’épicentre se trouvait près de Viagrande, sur le versant sud-est de l’Etna. L’INGV rappelle que de tels séismes se produisent relativement fréquemment dans différentes zones périphériques de l’édifice volcanique. De semblables séismes sont été observés en 2002 avant la spectaculaire éruption de l’Etna. Des séismes avaient alors commencé sur le versant nord-est le 27 octobre 2002, suivis le 29 octobre par d’autres sur le versant sud-est, avec au final une secousse de M 4,7 qui a provoqué des effondrements et des dégâts considérables à Bongiardo, près de Santa Venerina.
Comme je l’ai indiqué précédemment, suite a séisme de M 4,9 à Viagrande, les autorités ont inspectés les constructions de la région. 50% des édifices ont été déclarés utilisables, 25% partiellement accessibles et 24% inutilisables. Le reste devra être détruit. Le nombre de personnes déplacées est passé à 1 334, parmi lesquelles 556 ont eu recours à un hébergement indépendant ; 776 autres sont hébergées dans des hôtels affiliés à la région sicilienne. Deux personnes sont hébergées dans des installations publiques.
Source: La Sicilia.

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Since the beginning of the eruption of Mt Etna and seismic activity on December 23rd, 2018, more than 70 earthquakes with magnitudes higher than M 2.5 have been recorded on and around the volcano. Five events had a magnitude greater than or equal to M 4. Most had their epicentres south of the earthquake that shook the Milo region during the night January 8th-9th, 2019. Recorded at 00:50 on January 9th, the latter event had a magnitude of M 4.1; its epicentre was located in the area of ​​Piano Pernicana, on the northeast slope of Mt Etna, in the town of Linguaglossa, about 10 km from Milo, Trecastagni and Sant ‘Alfio. Its hypocentre was at a depth of 2 km. So far, there has been no significant aftershock in the same area. It should be noted, however, that at 5:14 am, a tremor with a magnitude of M 2.0 was recorded six kilometres north of Adrano.
The M 4.1 earthquake affected an area more than 20 km north-northwest of the region hit by the M 4.9 event of 26 December 2018, whose epicentre was near Viagrande, on the southeast slope of Mt Etna. INGV recalls that such earthquakes occur relatively frequently in different peripheral areas of the volcanic edifice. Similar earthquakes were observed in 2002 before Mt Etna’s dramatic eruption. Earthquakes began on the northeastern slope on 27 October 2002, followed on 29 October by others on the south-east side, ending with an M 4.7 quake which caused collapses and damage in Bongiardo, near Santa Venerina.
As I indicated earlier, following the M 4.9 earthquake in Viagrande, authorities inspected the buildings in the region. 50% of them were declared usable, 25% partially accessible and 24% unusable. The rest will have to be destroyed. The number of displaced persons increased to 1,334, of whom 556 used independent accommodation; 776 others are staying in hotels affiliated to the Sicilian region. Two people are housed in public facilities.
Source: La Sicilia.

Effets de l’activité sismique en 2002 (Photo: C. Grandpey)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) et Mayotte (Archipel des Comores)

Dans son dernier bulletin mensuel, l’OVPF indique que « le mois de décembre 2018 a été marqué au Piton de la Fournaise par une faible sismicité sous les cratères sommitaux, une absence de déformation significative, et des flux de CO2 avec des valeurs faibles. Ceci témoigne de l’absence de transferts magmatiques – ou leur ralentissement – des  zones profondes vers les zones plus superficielles. »

Le niveau d’alerte est maintenu à « Vigilance » depuis le 8 novembre 2018.

Le dernier bulletin de l’OVPF consacre également un chapitre à la situation sur l’île de Mayotte. On n’apprend rien de très nouveau. Les essaims sismiques ont des épicentres regroupés en mer, 30 à 60 km à l’est de la côte de l’île. La grande majorité de ces séismes est de faible magnitude, mais plusieurs événements de magnitude modérée, avec un maximum de

M5,9, ont été fortement ressentis par la population et ont endommagé certaines constructions.

Depuis le mois de juillet l’activité sismique a diminué mais une sismicité persiste et s’est même intensifiée en décembre où on a enregistré plusieurs événements supérieurs à M 4,0 dont certains ont été ressentis par la population.

En  parallèle, les données des stations GPS du réseau Teria installées ur l’île de Mayotte indiquent depuis le mois de juillet un déplacement d’ensemble d’environ 11 cm vers l’est

et un affaissement d’environ 8 cm depuis le mois de juillet. Des calculs automatiques et journaliers ont été mis en place  à l’OVPF (via le logiciel Gipsy) afin de suivre ces déformations, ainsi que la source à leur origine. Ainsi pour les 3 derniers mois, la source à l’origine de ces déplacements a pu être localisée à une trentaine de kilomètres à l’est de Mayotte et à environ 39 km de profondeur. Cela laisse supposer que des transferts de fluides dans la croûte continuent.

Source : OVPF.

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In its last monthly bulletin, OVPF indicates that « the month of December 2018 was marked on the Piton de la Fournaise by a low seismicity under the summit craters, a lack of significant deformation, and CO2 emissions with low values. This testifies to the absence or the slowdown of magma transfer from the deep zones to shallow zones. »
The alert level has been maintained at « Watch » since November 8th, 2018.

The latest OVPF newsletter also devotes a chapter to the situation on the island of Mayotte. We do not learn anything very new. The seismic swarms have epicentres clustered at sea, 30 to 60 km east of the coast of the island. The vast majority of these earthquakes are of low magnitude, but several events of moderate magnitude, with a maximum of
M5.9, were strongly felt by the population and damaged some buildings.
Since the month of July the seismic activity has decreased but a seismicity persists and even intensified in December where there were several events higher than M 4.0, some of which were felt by the population.
In parallel, data from the Teria network GPS stations installed on the island of Mayotte indicate since July an overall displacement of about 11 cm to the east
and a subsidence of about 8 cm since the month of July. Automatic and daily calculations have been set up at the OVPF (via the Gipsy software) in order to follow these deformations, as well as the source at their origin. Thus for the last 3 months, the source at the origin of these displacements could be located about thirty kilometers east of Mayotte and about 39 km deep. This suggests that fluid transfers into the crust continue.
Source: OVPF.

Déplacements (en mètres) enregistrés sur 4 stations GPS localisées à Mayotte et au nord de Madagascar sur les composantes est (en haut), nord (au milieu) et vertical (en bas) entre avril et décembre 2018. (Source : OVPF)

Nouvelles de Martinique et de Guadeloupe

Avec le réchauffement climatique et la hausse de la température des océans, on assiste à une prolifération d’algues qui viennent s’échouer sur les rivages. Le problème est particulièrement sérieux en Guadeloupe et en Martinique qui sont envahies régulièrement par des bancs de sargasses. Lorsque ces algues se décomposent sur les rivages, elles dégagent de l’hydrogène sulfuré (H2S) qui présente des menaces sanitaires pour la population qui habite sur et à proximité des côtes. J’ai écrit deux articles sur ce blog le 12 juillet et le 28 août 2018 visant à attirer l’attention sur ce problème. Des mesures timides ont été prises par les autorités pour essayer de faire face à l’invasion de sargasses, mais sans grand succès jusqu’à présent.

A la Martinique, la municipalité du Robert, l’une des communes les plus affectées par l’odeur nauséabonde de la décomposition des sargasses, vient de faire l’acquisition d’une nouvelle arme contre ces algues. Il s’agit du Sargator, un navire collecteur d’algues brunes, commercialisé par une entreprise guadeloupéenne. Ce bateau au nom évocateur est équipé pour collecter les algues encore en mer. Les premiers tests (sans la présence de sargasses) de ce nouveau bateau se sont déroulés le 2 janvier 2019 sur le front de mer de la commune.

Le Sargator  présente une longueur d’une douzaine de mètres ; il est doté d’un moteur hors bord qui permettra, grâce à un tapis roulant, de collecter jusqu’à 10 tonnes d’algues, très près des côtes à moins d’1,80 m de profondeur, avant leur échouage. Cet outil a coûté près de 300 000 euros. Si les tests s’avèrent concluants, il sera piloté par trois agents ayant reçu une formation adéquate. A voir maintenant si les tests sont concluants et si le Sargator réussira a rendre la vie agréable aux Martiniquais. Si la phase d’essai est positive, les autorités locales envisagent déjà l’achat d’une deuxième machine.

Source : France Antilles.

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Pendant que les Martiniquais s’attaquaient aux sargasses, les Guadeloupéens – eux aussi concernés par ce problème – s’inquiétaient car le volcan de la Soufrière montrait une hausse de la sismicité  Les sismographes mis en place par l’Observatoire volcanologique et sismologique de Guadeloupe ont enregistré plusieurs essaims sismiques de très faible magnitude. Ces événements ont été localisés à une profondeur inférieure à 2,5 km, sous le sommet du dôme de la Vieille Dame.

Le dernier communiqué de l’Observatoire, émis le 24 décembre 2018 à 19 heures, se veut rassurant. On peut lire que « la séquence de séismes volcaniques qui avait débuté dans la zone du volcan de La Soufrière le 21 décembre à 21h25, heure locale a pris fin le dimanche 23 décembre. Lors de cette séquence, 88 séismes ont été enregistrés. Les séismes ont été de très faible magnitude (M < 1). Les événements sont localisés à une profondeur inférieure à 2.5 km sous le sommet du dôme de La Soufrière. Aucun séisme n’a été ressenti par la population. »

Le dernier bulletin global d’activité a été émis au mois de novembre 2018. Il nous explique que depuis 1992, l’activité sismique, fumerollienne, thermique, et de déformations superficielles poursuit un régime fluctuant mais globalement en augmentation, qui se traduit par une forte activité du système hydrothermal. La sismicité observée ces derniers mois n’est donc guère surprenante, avec un séisme de magnitude M 4.1 le 27 avril 2018, le plus fort enregistré depuis 1976.

L’Observatoire conclut son bulletin du mois de novembre en indiquant que « si ces phénomènes incitent l’Observatoire à la vigilance instrumentale, ils ne sont pour l’instant pas clairement associés à une anomalie des autres paramètres de surveillance qui pourrait indiquer une éventuelle remontée de magma. »

Les émanations gazeuses au niveau des fumerolles principales du sommet (Cratère Sud, Tarissan, Gouffre 1956) présentent depuis 1998 des risques avérés d’irritation et de brûlures (yeux, peau, voies respiratoires) et de projection de boue brûlante et acide. En raison de la présence de ces gaz toxiques, l’accès à certaines zones du sommet est interdit au public.

Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à la couleur Jaune (Vigilance).

Source : OVSG).

Les sargasses: un poison pour la Martinique (Photo: C. Grandpey)

Vue de La Soufrière (Crédit photo: Wikipedia)