L’Islande va-t-elle bientôt exporter son énergie géothermique ? // Will Iceland soo export its geothermal energy ?

drapeau francaisIl y a quelques années, une étude a été faite sur la faisabilité d’un projet d’exportation de l’électricité islandaise vers l’Ecosse via un immense câble électrique sous-marin, mais le projet a été abandonné en raison de son coût.
Aujourd’hui, le projet est remis à l’ordre du jour. En effet, après avoir reçu des estimations très différentes sur la rentabilité de la construction du câble sous-marin, l’Islande a demandé une deuxième étude sur le sujet.
La première étude de faisabilité avait émis des doutes considérables sur les bénéfices que l’Islande pourrait tirer de l’exportation de son énergie vers les marchés européens. L’étude a indiqué que la construction du câble pourrait générer un revenu d’exportation annuel allant de 32 millions de dollars à 62,5 millions de dollars.
Une décision sur l’opportunité de construire ou non le câble électrique devrait être prise dans les prochaines semaines. Ce serait le plus long câble (1170 km) jamais construit au fond de l’océan. Mais cela pourrait valoir  la peine: L’Islande a du mal à sortir de la crise économique de 2008. Si le projet aboutissait, ce pourrait être un bon moyen de gagner de l’argent. L’île a produit 17,2 térawatts-heure d’électricité en 2012 pour ses besoins domestiques. Le Royaume-Uni évalue 17 térawatt-heure à 1,2 milliards de dollars. Considérant que le gouvernement islandais a estimé que près de trois quarts de l’énergie géothermique du pays restent inexploités, le projet pourrait devenir une grande opportunité. En outre, le pays dispose de ressources hydroélectriques qui contribuent pour 73 pour cent à la production d’électricité de l’Islande.
Un problème majeur est que pour doubler ou tripler la puissance fournie, il faudrait exploiter certaines régions écologiquement sensibles. Si l’Islande veut construire un câble de 700 mégawatts ou 1.100 mégawatts à destination du Royaume-Uni ou d’autres pays européens, il faudra prendre en compte l’impact sur l’environnement qu’un tel projet pourrait avoir. Comme l’a dit le Ministre de l’Industrie islandais: « Il ne s’agit pas simplement de brancher le câble sur la première prise électrique disponible. »

Source: Site Internet Green Technology.

 

drapeau anglaisA few years ago, a study was made about the feasibility of a project to export Icelandic electricity to Scotland via a gigantic undersea power cable but the project was shelved because of its cost.

Today, the project has come to life again. Indeed, after receiving wildly disparate estimations on the profitability of building the undersea power cable, Iceland has asked for a second study on the subject.

The country’s first feasibility study had found a “considerable degree of uncertainty” as to how profitable it would be for Iceland to export its power to European markets. The study said that the building of the power cable could result in an annual export revenue ranging from $32 million to $62.5 million.

A decision about whether to build the power cable or not should be taken in the coming weeks. It would be the longest one ever built, stretching 1170 kilometres undersea. But could very well be worth the trouble: With Iceland struggling to get out of its 2008 economic crisis, it could be a good means to make money. The island produced 17.2 terawatt-hours of electricity in 2012 for its domestic needs. The U.K. month-ahead spot price values 17 terawatt-hours at $1.2 billion. Considering that the government has estimated that as much as three-quarters of Iceland’s geothermal energy is untapped, the project could become a big opportunity.  Besides, the country has hydropower resources which contribute 73 percent of Iceland’s electricity production.

A major problem is that doubling or tripling the power output would require exploiting some environmentally sensitive regions. If Iceland wants to build a 700-megawatt or 1,100-megawatt cable to the U.K. or other European countries, it will have to realize the potential environmental impact such a project may have. Said Iceland’s Industry Minister: “It’s not just a question of plugging the cable into the next available socket.”

Source: Green Technology website.

Islande blog 11

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L’Islande : un pays qui a de l’énergie à revendre !  (Photo:  C.  Grandpey)

Le cri du volcan // Volcano screaming

drapeau francaisLe tremor harmonique est un phénomène sismique fréquemment observé pendant les éruptions volcaniques, mais celui observé en 2009 pendant l’éruption du Mont Redoubt en Alaska a été tout à fait exceptionnel.

Avec un départ à une fréquence d’environ 1 hertz, il a culminé à 30 hertz ! Même sur l’île de Montserrat en 1997, le volcan de Soufriere Hills n’avait atteint qu’une fréquence de 3 hertz au maximum de la crise éruptive. La plupart du temps, le tremor harmonique se situe à une fréquence d’environ 1 hertz, bien trop faible pour être captée par l’oreille de l’homme pour qui la gamme des fréquences audibles commence à environ 20 hertz.

Pour mesurer la fréquence du Redoubt, les scientifiques américains de l’Université de l’Etat de Washington ont converti en son les données sismiques enregistrées pendant la phase pré-éruptive du volcan et ils ont ensuite accéléré l’enregistrement. La première bande d’enregistrement, un clip d’une dizaine de secondes correspondant à 10 minutes de données sismiques accélérées 16 fois, a révélé un tremor harmonique atteignant des fréquences de plus en plus élevées avant de cesser brusquement juste avant les six éruptions produites par le Redoubt.

Un autre enregistrement, avec une heure de quelque 1600 petits séismes compressés dans un clip d’une minute, donne le résultat suivant (mettre le son) :

http://soundcloud.com/uw-today/redoubtdrumbeats

C’est la première fois que ces vibrations – qui ressemblent au départ à des battements de tambours – sont explicitement liées au tremor harmonique.

Après avoir établi le lien entre le son à haute fréquence et les petits séismes à répétition, l’équipe scientifique de l’Etat de Washington a travaillé avec une équipe de l’Université de Stanford pour comprendre la cause de ce crescendo de fréquence qui cesse très brusquement. Selon les chercheurs de Stanford, cette hausse rapide serait due à une montée en pression dans les fractures à l’intérieur de l’édifice volcanique. Cette pression atteindrait 100 fois la pression atmosphérique et provoquerait 30 séismes par seconde. Plus la pression augmente, plus les séismes deviennent fréquents et rapprochés.

Toutefois, ce qui provoque cette pression énorme reste un mystère. Selon un scientifique, il se pourrait que la pression croissante oblige une partie du magma à cristalliser. Le bruit aigu correspondrait alors au frottement du reste du magma qui monte difficilement dans les conduits qui se rétrécissent. Cette hypothèse reste à vérifier.

Il est peu probable que l’étude des cris émis par le Redoubt permette de prédire les éruptions volcaniques mais elle pourrait permettre de mieux comprendre ce qui se passe dans le ventre du volcan pendant la phase pré-éruptive.

Source:  Synthèse de plusieurs articles parus dans la presse américaine.

 

drapeau anglaisThe harmonic tremor is a seismic phenomenon frequently observed during volcanic eruptions, but the tremor observed in 2009 during the eruption of Mount Redoubt in Alaska has been quite exceptional.
With a start at a frequency of about 1 Hz, it peaked at 30 hertz! Even on the island of Montserrat in 1997, the Soufriere Hills volcano had only reached a frequency of 3 Hz at the climax of the eruptive crisis. Most of the time, the harmonic tremor is recorded at a frequency of about 1 Hz, although too small to be detected by a man’s ear for whom the audible frequency range starts at about 20 Hz ..

To measure the frequency, Ms. Hotovec-Ellis converted into sound seismic data recorded from the volcano’s pre-eruption, and then sped up the recording. The first tape, a ten-second clip of ten minutes of data sped up 16 times, is a harmonic tremor ascending to higher and higher frequencies before coming to an abrupt halt just before the six eruptions.

Another recording, an hour of some 1,600 small earthquakes compressed into a one-minute clip, gives this result (turn on the sound):

http://soundcloud.com/uw-today/redoubtdrumbeats

This is the first time that the drumbeat of repeating earthquakes has been so explicitly linked to the harmonic tremor.

Having established the link between the high frequency and small repeated earthquakes, the scientific team of the State of Washington worked with another team of Stanford University to understand the cause of this crescendo of frequency that stops very abruptly. According to researchers at Stanford, this rapid rise is due to an increase in pressure in the fractures within the volcanic edifice. This pressure would reach 100 times atmospheric pressure and cause 30 earthquakes per second. The higher the pressure, the more frequent and the closer the earthquakes.
However, what causes this enormous pressure remains a mystery. According to a scientist, it is possible that the increasing pressure forces a portion of the magma to crystallize. The high-pitched noise might correspond to the friction of the rest of the magma that forces its way through narrowing conduits. This hypothesis remains to be checked.
It is unlikely that the study of the screams of Mount Redoubt will help predict volcanic eruptions but it might allow to better understand what is going on inside the volcano during the pre-eruptive phase.

Source: American press.

Redoubt-blog

Le Mont Redoubt  (Photo:  C. Grandpey)

Olympus Mons (Planète Mars)

drapeau francaisL’Agence Spatiale Européenne (ESA) a mis en ligne des images d’Olympus Mons prises le 21 Janvier 2013 par la sonde spatiale Mars Express:

http://spaceinimages.esa.int/Missions/Mars_Express/%28class%29/image

Ces images montrent en particulier le versant SE de ce volcan gigantesque qui domine  les plaines environnantes d’une hauteur d’environ 22 kilomètres. Ceci est à comparer avec le Mauna Kea à Hawaii, le plus haut volcan sur Terre, d’une hauteur de 10 km lorsqu’elle est mesurée à partir de sa base océanique.
Comme le Mauna Kea, Olympus Mons est un volcan bouclier, avec des versants en pente douce. Toutefois, contrairement à d’autres volcans boucliers, le versant SE se brise brusquement pour former des falaises abruptes qui le séparent des plaines environnantes. Ces falaises ont probablement été formées par d’importants glissements de terrain sur les flancs du volcan.
Les coulées de lave couvrent la base du volcan, avec en leur sein une série de blocs pointus et à sommet plat qui ont roulé ou ont été emportés lors des effondrements. Les vastes réseaux de coulées de lave étroites, qui se chevauchent parfois, sont la preuve d’un passé volcanique très actif. La lave a parcouru les pentes du volcan avant de s’étaler largement au moment où elle atteignait l’escarpement et les plaines en dessous.
Les petits cratères d’impact visibles sur l’image montrent que cette région est relativement jeune par rapport à d’autres régions présentant des cratères plus nombreux ailleurs sur Mars – plus la surface est vieille, plus elle a été susceptible d’être exposée à des impacts d’astéroïdes ou de comètes.
On pense que la région volcanique où se dresse Olympus Mons et plusieurs autres grands volcans a été active jusqu’à il y a des dizaines de millions d’années, ce qui est relativement récent sur échelle géologique de la planète qui s’étend sur 4,6 milliards d’années.

drapeau anglaisThe European Space Agency (ESA) has released images of Olympus Mons taken on January 21st 2013 by the space probe Mars Express. http://spaceinimages.esa.int/Missions/Mars_Express/%28class%29/image

These images show the SE flank of the giant volcano, which towers some 22 km above the surrounding plains. This is to be compared with Hawaii’s Mauna Kea, the tallest volcano on Earth at 10 km, when measured from its oceanic base to summit.

Like Mauna Kea, Olympus Mons is a shield volcano, with gently sloping sides. But unlike other shield volcanoes, the SE flank has an abrupt cliff edge separating it from the surrounding plains. These cliffs were likely formed during major landslides on the flanks of the volcano.

Lava flows cover the base of the volcano, punctuated by a series of pointy and flat-topped blocks that were either rotated or uplifted during the collapse. The extensive networks of narrow, overlapping lava flows are proof of an extremely active volcanic past. The lava spilled down the slopes of the volcano, spreading out into broad fans as it reached the scarp and plains below.

The small impact craters in this scene shows that it is relatively young compared with more heavily cratered regions elsewhere on Mars – the older the surface, the greater the exposure time to impact events by asteroids or comets.

The volcanic region hosting Olympus Mons and several other large volcanoes is thought to have been active until tens of millions of years ago, relatively recent on the planet’s geological timescale that spans 4.6 billion years.

Olympus-Mons-2

Avec l’aimable autorisation de l’Agence Spatiale Européenne

Avions et cendre volcanique // Airplanes and volcanic ash

drapeau francaisComme je l’indiquais dans ma note du 5 juillet 2013 à propos du regain d’activité du Popocatepetl, six compagnies américaines ont annulé 47 vols au départ et à l’arrivée des aéroports de Mexico et de Toluca. Cette situation – et d’autres qui ont précédé – montrent que nous ne sommes pas en mesure de faire face à un nuage de cendre volcanique et que la prochaine éruption d’un volcan semblable à l’Eyjafjalajökull (Islande) en 2010 entraînera à nouveau de fortes perturbations dans le trafic aérien.

Chaque fois qu’un volcan du Kamchatka ou des Aléoutiennes se manifeste, les observatoires invitent les pilotes à faire preuve de la plus grande prudence. On l’a vu récemment avec le Pavlof au mois de juin. Le volcan émettait alors un panache d’une hauteur d’environ 5400 mètres. Afin d’éviter tout contact avec cette cendre volcanique, la compagnie alaskienne PenAir a annulé pendant deux jours ses vols vers Cold Bay.

Pourtant, dans les mois qui ont suivi l’éruption du volcan islandais, des efforts ont été déployés pour essayer de trouver une solution. C’est ainsi que des scientifiques norvégiens et allemands ont testé sur l’Etna en novembre 2011 une caméra infrarouge dont le but est d’indiquer aux pilotes 10 minutes à l’avance la présence d’un nuage de cendre volcanique. Cette technologie, déjà utilisée par la compagnie à bas coût EasyJet, est censée faire économiser aux compagnies aériennes les millions d’euros, de livres ou de dollars qu’elles perdent quand leurs avions sont cloués au sol pendant une éruption. Le problème – comme je l’indiquais sur ce blog à l’époque – c’est que les tests ont été effectués à une période où l’Etna était calme. Pourquoi ne pas les avoir renouvelés au moment des paroxysmes ?

En juin 2011, le gouvernement britannique a nommé un « Monsieur nuage de cendre » censé piloter un groupe de recherche dont le travail consistait à analyser les données sur les concentrations de cendre dans l’atmosphère au moment d’une éruption volcanique. Il s’agissait d’affiner le modèle fourni par le Met Office et d’éviter la désorganisation du trafic aérien, comme ce fut le cas en Ecosse pendant l’éruption du Grimsvötn. Aucune information n’a été rendue publique sur le travail de ce groupe de recherche.

Plus récemment, c’est la compagnie irlandaise Aer Lingus qui prétendait en mars 2013 que son nouveau système de détection et de prévision de cendre volcanique réduira les perturbations causées aux avions en Europe. La nouvelle technologie a été présentée aux responsables de la compagnie. Elle utilise des satellites et des modélisations pour détecter les nuages de cendre et prévoir leur trajectoire. Là encore, les tests ont été effectués en période de calme volcanique et ils s’appuient essentiellement sur des simulations informatiques.

En conclusion de ma note du 9 mars 2013 relative à cette dernière information, j’écrivais :  « Reste à savoir ce qui se passera le jour où le Katla ou l’un de ses copains reprendra du service en émettant un volumineux nuage de cendre. Il y a un fossé énorme entre la théorie et la pratique, la simulation et la réalité ! » Je reste persuadé que la panique dans les aéroports sera la même qu’au printemps 2010 !

 

drapeau anglaisAs I mentioned in my note of July 5th, 2013 about the increased activity of Popocatepetl, six U.S. airlines canceled 47 flights to and from the airports of Mexico City and Toluca. This situation – and others before – shows that we are not able to cope with a volcanic ash cloud and the next eruption similar to Eyjafjalajökull (Iceland) in 2010 will again cause major disruptions in air traffic.
Whenever a volcano of Kamchatka and the Aleutians occurs, observatories invite pilots to exercise extreme caution. We saw it recently in June with the eruption of Pavlof. The volcano then emitted a plume up to about 5400 meters. To avoid contact with the volcanic ash, the Alaskan company PenAir canceled two days its flights to Cold Bay.
However, in the months that followed the eruption of the Icelandic volcano, efforts were made to try to find a solution. Thus Norwegian and German scientists tested on Mount Etna in November 2011 an infrared camera whose purpose was to indicate to the pilot 10 minutes in advance the presence of a cloud of volcanic ash. This technology, already used by the low-cost airline company EasyJet, is expected to save airlines the millions of pounds or dollars they lost when their aircraft are grounded during an eruption. The problem – as I mentioned on this blog by that time – is that the tests were conducted at a time when Etna was quiet. Why were they not renewed during the paroxysms?
In June 2011, the British government appointed a « Mister ash cloud » supposed to pilot a research group whose work was to analyze the data on concentrations of ash in the atmosphere during a volcanic eruption. This was to upgrade the model provided by the Met Office and avoid disruption to air traffic, as was the case in Scotland during the eruption of Grímsvötn. No information has been made public about the work of this research group.
More recently, it was the Irish airline Aer Lingus which claimed in March 2013 that its new system of detection and forecasting of volcanic ash would reduce disturbances to aircraft in Europe. The new technology was presented to company officials. It uses satellites and models to detect ash clouds and predict their path. Again, the tests were carried out during quiet volcanic periods and they rely heavily on computer simulations.
As a conclusion to my note of 9 March 2013, I wrote: « The question is to know what will happen the day the Katla or one of her will become active again and send large clouds of ash in the sky. There is a huge gap between theory and practice, simulation and reality! « I remain convinced that the panic in the airports will be the same as in the spring of 2010!

Eyjafjallajokull-blog

L’Eyjafjöll en 2010  (Crédit photo:  Wikipedia)