Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une nouvelle équipe du Centre de recherche sismique de l’Université des Antilles est arrivée la semaine dernière à Saint-Vincent-et-les Grenadines pour prendre en charge la surveillance du volcan de La Soufrière qui est en éruption depuis fin décembre 2020.

Avant son départ, l’équipe précédente a tenu une séance d’information pour expliquer à la nouvelle équipe les travaux réalisés sur le réseau de surveillance. Ce fut également l’occasion pour les scientifiques de faire le point sur la situation actuelle sur le volcan.

Les dernières mesures du dôme effectuées depuis le sommet de La Soufrière indiquent que le volume du nouveau dôme de lave est de 6,83 millions de mètres cubes.

Depuis le 28 décembre 2020, le nouveau dôme se développe à côté du dôme de 1979, année de la dernière éruption explosive du volcan.

L’Organisation nationale en charge de la gestion des risques (NEMO) a rappelé à la population que le niveau d’alerte reste à Orange, ce qui signifie que le volcan peut entrer en éruption dans les 24 heures.

L’extrusion de magma continue et des émissions de vapeur peuvent encore être observée depuis l’Observatoire de Belmont. Les personnes vivant dans des zones proches du volcan doivent s’attendre à ressentir de fortes odeurs de soufre pendant plusieurs jours à plusieurs semaines, en fonction des changements de direction du vent.

La NEMO a en outre rappelé au public qu’aucun ordre d’évacuation n’a été émis. Il est demandé à la population de s’abstenir de visiter le volcan de La Soufrière, en particulier de pénétrer dans le cratère.

Source: presse locale de St Vincent.

Source : University of the West Indies (UWI)

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Une hausse d’activité est observée sur le Kanlaon (Philippines). Le PHIVOLCS indique que 28 séismes d’origine volcanique avec des magnitudes de M 0,7 à M 2,2 ont été enregistrés du 11 au 13 février 2021 à une profondeur de 10 km.

7 séismes semblables ont également été enregistrés le 14 février et le volcan émettait des panaches de vapeur jusqu’à 500 m de hauteur.

Les émissions de SO2 atteignaient en moyenne à 1 130 tonnes / jour le 13 février.

Le réseau GPS enregistre une légère inflation des pentes inférieures et moyennes du Kanlaon depuis juin 2020.

Le PHIVOLCS explique que tous ces paramètres peuvent indiquer la présence de processus hydrothermaux ou magmatiques en profondeur sous l’édifice volcanique.

Le Kanlaon reste en niveau d’alerte 1 mais l’Institut a diffusé un bulletin de mise en garde car le volcan est plus actif que la semaine précédente. Le public doit être vigilant et ne pas pénétrer dans la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 4 km. Il est conseillé aux pilotes d’éviter de voler à proximité du sommet du volcan.

Source: PHIVOLCS.

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Le PHIVOLCS indique qu’une augmentation de la sismicité a été enregistrée ces derniers jours sur le Taal (Philippines). L’Institut explique qu’il existe une réelle possibilité d’explosions phréatiques soudaines, d’accumulations ou d’expulsions de gaz pouvant être mortels, ainsi que de petites retombées de cendres en provenance du Main Crater, avec une menace pour certaines zones de la Taal Volcano Island (TVI), l’île qui se trouve dans le lac Taal. .

Les épisodes sismiques durent généralement de 2 à 5 minutes et se produisent à des profondeurs de moins de 1 km, ce qui signifie qu’ils correspondent à une hausse de l’activité hydrothermale sous la TVI.

Depuis le 13 février 2021, 68 séismes peu profonds se sont produits sur la TVI. Les données géochimiques concernant le lac dans le Main Crate (cratère principal) indiquent une acidification  de l’eau dont le pH est passé de 2,79 à 1,59 entre janvier 2020 et février 2021. L’eau a atteint une température anormale de 77°C. Les émissions de CO2 et de H2S sont à mettre en relation avec un dégazage magmatique  peu profond.

Les données de déformation du sol sur Volcano Island révèlent une légère déflation autour du Main Crater, bien qu’une très légère inflation ait été révélée par l’analyse des données GPS et InSAR, avec des changements de microgravité positifs dans la région du Taal. Ces données correspondent probablement à une activité de dégazage continu et une activité hydrothermale.

Le volcan reste au niveau d’alerte 1. L’entrée dans la TVI, la zone de danger permanent du Taal, en particulier aux alentours du Main Crater et de la fissure de Daang Kastila, reste strictement interdite.

Source: PHIVOLCS.

Le 16 février 2021, les autorités philippines ont ordonné l’évacuation des personnes vivant près du Taal suite à l’augmentation de l’activité mentionnée ci-dessus. L’ordre d’évacuation est valable pour les personnes vivant sur Volcano Island, en particulier celles de deux communautés rurales de la municipalité de Talisay.

Source : NDRRMC

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On a observé dans la journée du 15 février 2021 une hausse du tremor sur l’Etna (Sicile). Elle correspondait à une intensification de l’activité strombolienne au niveau du Cratère SE. Le tremor et l’activité strombolienne ont ensuite décliné dans la soirée.

Dans l’après-midi du 16 février, une augmentation soudaine du tremor éruptif s’est accompagnée de fontaines de lave, d’émissions de cendres et d’une coulée de lave provenant du cratère SE. La lave a parcouru environ 2000 mètres le long du flanc ouest du volcan vers la Valle del Bove. Une autre coulée de lave a descendu la Valle del Leone. Le tremor a chuté soudainement environ une heure plus tard et l’émission de lave a progressivement pris fin.

Une activité strombolienne reste présente dans la Bocca Nuova, la Voragine et le Cratère NE.

Source : INGV.

Coulée de lave dans la Valle del Bove (webcam L.A.V.E.)

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L’éruption du Kilauea continue. La lave sort d’une bouche qui perce la paroi intérieure nord-ouest de l’Halema’uma’u. Le 15 février 2021, la lave avait comblé une profondeur d’environ 217 m du cratère. Le HVO explique que seule la partie ouest du «lac de lave» est active tandis que la partie E est solidifiée..

Les dernières mesures de SO2 font état d’environ 1 100 tonnes par jour.

Source: HVO.

Source : webcam HVO

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L’éruption du Pacaya (Guatemala) continue avec une activité strombolienne dans le cratère Mac Kenney. Les projections montent parfois jusqu’à 250 mètres au-dessus du cratère. Une coulée de lave continue à avancer sur environ 650 mètres sur le flanc SO du volcan.

Source : INSIVUMEH.

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La situation a un peu évolué au Kamchatka. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch. Elle est Jaune pour le Bezymianny le Karymsky, le Klyuchevskoy et le Sarychev. Des explosions peuvent se produire à tout moment et faire passer cette couleur au Rouge. En effet, la région est survolée par les lignes aériennes entre l’Amérique et l’Asie.

Source : KVERT.

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Les Émirats Arabes Unis (EAU) ont publié la première image de la planète Mars prise par leur sonde Hope alors qu’elle faisait le tour de la planète rouge. La photo montre la lumière du soleil qui effleure la surface de Mars. On peut voir le pôle nord de Mars, ainsi que le plus grand volcan de la planète, Olympus Mons. Le pôle nord de Mars se trouve dans le coin supérieur gauche de l’image. Au centre se trouve Olympus Mons qui émerge de la lumière du soleil tôt le matin, à la limite du jour et de la nuit.

Source: Agence spatiale des EAU.

La planète Mars vue par la sonde Hope

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A new team from the University of the West Indies Seismic Research Centre arrived in St. Vincent and the Grenadines last week to take over the monitoring of La Soufriere, which has been erupting since late December 2020.

Before their departure, the previous team held a briefing session to update the new team on the work completed on the monitoring network. This was also an opportunity for the scientists to summarize the current situation on the volcano.

The last dome survey from the summit of La Soufriere concluded that the total volume of the new lava dome was 6.83 million cubic meters.

Since December 28th, 2020, the new dome has been growing next to the 1979 dome, the year when the volcano last erupted explosively.

The National Emergency Management Organisation (NEMO) has reminded the population that the alert level remains at Orange, meaning that the volcano can erupt within 24 hours.

The volcano continues to exude magma on the surface and steam can still be observed from the Belmont Observatory.

Persons living in areas close to the volcano should expect strong sulphur smells for several days to weeks, depending on changes in wind direction.

NEMO further reminded the public that no evacuation order or notice has been issued. The organization continues to ask the public to desist from visiting the La Soufriere Volcano, especially going into the crater.

Source: St Vincent’s local press.

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Increased activity has been observed at Kanlaon volcano (Philippines). PHIVOLCS indicates that 28 volcanic earthquakes ranging from M 0.7 to M 2.2 were recorded from February 11th to 13th, 2021 at a depth of 10 km.

On February 14th, 7 volcanic earthquakes were also recorded and the volcano was emitting steam plumes up to 500 m high.

SO2 emissions were measured at an average of 1 130 tonnes/day on February 13th, the highest rate this year.

The GPS network has recorded slight inflation of Kanlaon’s lower and middle slopes since June 2020.

PHIVOLCS explains that all these parameters may indicate hydrothermal or magmatic processes occurring deep beneath the edifice.

Mt. Kanlaon is at alert level 1 but the Institute issued an advisory as the volcano is more restive now than in the past week. The public is asked to be vigilant and people should not enter the 4-km radius Permanent Danger Zone (PDZ). Pilots are advised to avoid flying close to the volcano’s summit.

Source : PHIVOLCS.

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PHIVOLCS indicates that an increase in seismicity has been recorded in recent days at Taal volcano (Philippines). The Institute warns there is an increased possibility of sudden phreatic explosions, lethal accumulations or expulsions of volcanic gas, and minor ashfall from the Main Crater that can occur and threaten areas within Taal Volcano Island (TVI).

The seismic episodes usually last from 2 to 5 minutes and occur at shallow depths of less than 1 km, which means they signal increased hydrothermal activity beneath Taal Volcano Island.

Since February 13th, 2021, a total of 68 shallow quakes have occurred in TVI. Furthermore, geochemical data on the Main Crater Lake indicate continuous acidification of the water from a pH 2.79 to pH 1.59 between January 2020 and February 2021. Water temperaturehas reached an abnormal temperature of 77°C. CO2/H2S gas flux ratios are consistent with shallow magma degassing.

Ground deformation data on Volcano Island reveal a slight deflation localized around the Main Crater, although very slight inflation from GPS data and InSAR analysis and positive microgravity changes have been steadily recorded across the Taal region consistent with continuous degassing and hydrothermal unrest.

The volcano remains at Alert Level 1..

Entry into TVI, Taal’s Permanent Danger Zone, especially the vicinities of the Main Crater and the Daang Kastila fissure, remain strictly prohibited.

Source : PHIVOLCS.

Philippine authorities have ordered the evacuation of residents living near Taal volcano on February 16th, 2021 after the above mentioned increased activity at the volcano. Evacuation orders are in effect for people living within the volcano island, particularly those in two rural communities in the Talisay municipality.

Source: NDRRMC.

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An increase in the tremor was observed on February 15th, 2020 on Mt Etna (Sicily). It was related with an increase in strombolian activity at the SE Crater. Both the tremor and activity later declined.

On the aftenoon of February 16th, a sudden increase in the eruptive tremor was accompanied by lava fountains, ash emissions and a lava flow originating from the SE Crater. Lava travelled about 2000 metres down the western flank of the volcano into the Valle del Bove. Another lava flow travelled down the Valle del Leone. The tremor dropped suddemly about one hour later and the lava effusion progressively came to an end.

Strombolian activity still persists within Bocca Nuova, Voragine and the NE Crater.

Source: INGV.

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 Kilauea is erupting, with lava erupting from a vent on the northwest side of Halema’uma’u Crater. On February 15th, lava had filled a depth of about 217 m of the crater. HVO explains thatonly the western portion of the “lava lake” is active.

Actually, what is happening at Kilauea is not really a lava lake which usually moves thanks to convection currents. Here, it is rather a huge accumulation of lava. It might become a lava lake if the level of the surface rises higher than the supply vent.
The most recent SO2measurements reached about 1,100 tons per day.

Source: HVO.

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The eruption of Pacaya (Guatemala) continues with strombolian activity at the Mac Kenney Crater. Projections may rise as high as 250 metres above the crater. A lava flow is still travelling over about 650 metres on the SW flank of the volcano.

Source: INSIVUMEH.

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In Kamchatka, the aviation colour code remains Orange for Ebeko and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny, Karymsky, Klyuchevskoy and Sarychev. Explosions can occur at any time and cause this colour to change to Red. Indeed, the region is on the routes of airlines between America and Asia.

Source: KVERT.

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The United Arab Emirates have published the first image for its Mars Hope probe now circling the red planet. The picture shows sunlight just coming across the surface of Mars. One can see Mars’ north pole, as well as Mars’ largest volcano, Olympus Mons.

Mars’ north pole is in the upper left corner of the image. In the centre is Olympus Mons, emerging into the early morning sunlight, at the boundary of day and night.

Source : UAE Space Agency.

Modélisation de Olympus Mons (Mars) // A model of Olympus Mons (Mars)

drapeau-francaisOlympus Mons est le plus grand volcan de la planète Mars, peut-être même le plus grand volcan du système solaire. Il présente un diamètre de plus de 600 km et dresse ses 27 km au-dessus de la surface de la planète.
Les scientifiques de la Division des Sciences Planétaires et de la Télédétection à l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université Libre de Berlin ont réussi à créer un modèle simulant la formation de structures jusque là mystérieuses à la surface de Olympus Mons. L’étude a été menée en collaboration avec le Centre de Recherche des Sciences de la Terre de Potsdam et l’Arizona State University. Les résultats ont été publiés dans le dernier numéro du Journal of Geophysical Research.
Le projet s’appuie sur des données d’images fournies par une caméra stéréographique haute résolution (HRSC)* installée sur la sonde européenne Mars Express qui est en orbite autour de la planète rouge depuis décembre 2003. En utilisant les images de la caméra, les scientifiques ont élaboré une mosaïque et un modèle de la surface du volcan Olympus Mons. La base de données d’images montre que la morphologie en bouclier du volcan apparaît sous la forme de terrasses voûtées et que le pied du volcan, relativement plat par ailleurs, se termine en pente raide. Cette étude indique que les déformations observées sur le volcan sont dues d’une part à la gravité (qui, sur Mars, est d’environ 40 pour cent de celle de la Terre), et d’autre part à une faible résistance de frottement dans le sous-sol du volcan.
Les derniers travaux sur les interactions entre Olympus Mons et le sous-sol martien ont été réalisés grâce à une coopération entre les institutions allemandes et américaines. La simulation par ordinateur démontre pour la première fois la formation de terrasses pendant la phase de croissance du volcan.
Selon les chercheurs, les dernières découvertes sur ce supervolcan permettront une meilleure compréhension du volcanisme sur Terre.
Sources: Freie Universität Berlin. « Simulating the evolution of Mars volcano Olympus Mons. »
Science Daily, 9 mai 2016 (www.sciencedaily.com/releases/2016/05/160509085751.htm).

*High Resolution Stereo Camera (HRSC) : il s’agit d’une caméra installée sur la sonde spatiale Mars Express ; elle produit des images couleur en 3D et en haute résolution (de 10 mètres par pixel, pouvant aller jusqu’à 2 mètres par pixel). Elle est fabriquée par l’Université Libre de Berlin et est destinée à cartographier la surface de Mars. Par stéréographie, la caméra est également capable de fournir des données topographiques et ainsi permettre la réalisation de Modèles Numériques de Terrain (MNT) avec une très grande précision.

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drapeau-anglaisOlympus Mons is the largest volcano on Mars, possibly the largest in the Solar System. It is more than 600 km across and towers 27 km above the surface of the planet.

Scientists from the Division of Planetary Sciences and Remote Sensing in the Institute of Geological Sciences at Freie Universität Berlin have succeeded in creating a model simulating the formation of mysterious structures on the surface of Olympus Mons. The study was conducted in collaboration with the German Research Centre for Geosciences in Potsdam and Arizona State University. The findings were published in the latest issue of the Journal of Geophysical Research.

The research project is based on image data of the High Resolution Stereo Camera (HRSC)* that is installed on the European Mars Express spacecraft, which has been orbiting the red planet since December 2003. Using the camera images, scientists generated a mosaic and a terrain model of the Olympus Mons volcano. The image data show that the volcano shield is shaped in the form of arched terraces and the foot of the otherwise very flat volcano drops steeply. This study indicates that the observed deformations of the volcano are due to gravity, which on Mars is about 40 percent of the Earth’s gravity, and to low frictional resistance in the volcano subsurface.

The new investigations of the interactions between the Martian volcano and the ground underneath it were done in cooperation with German and American institutions. The computer simulation demonstrates for the first time the formation of terraces during the volcanic growth phase.

According to the researchers, the latest findings about this supervolcano will also help to give them a better understanding of volcanoes on Earth.

Sources:  Freie Universitaet Berlin. « Simulating the evolution of Mars volcano Olympus Mons. »

ScienceDaily, 9 May 2016 (www.sciencedaily.com/releases/2016/05/160509085751.htm).

*High Resolution Stereo Camera (HRSC): it is a camera on board the Mars Express spacecraft; it produces colour images in 3D and high resolution (10 metres per pixel, up to 2 metres per pixel). It was manufactured by the Free University of Berlin and is designed to map the surface of Mars. By stereography, the camera is also capable of providing topographic data and can achieve Digital Elevation Models (DEM) with a very high accuracy.

Olympus Mons

Crédit: Freie Universität Berlin

Le Tamu, un géant au fond de l’océan // Tamu Massif, a giant at the bottom of the ocean

drapeau francaisDans une note rédigée le 8 septembre 2013, j’indiquais que, selon une étude effectuée par des scientifiques de plusieurs universités américaines, le plus grand volcan du monde – le Massif Tamu – se trouvait sous l’Océan Pacifique.  Les chercheurs faisaient alors remarquer qu’il était beaucoup plus grand que le Mauna Loa à Hawaii et n’était que de 25% inférieur à Olympus Mons sur Mars, le plus grand volcan du système solaire. Le Tamu présentait une envergure de 650 kilomètres et une hauteur d’environ 4 km. Il est entré en éruption pendant quelques millions d’années pendant les premières années du Crétacé, il y a environ 144 millions d’années et il est resté inactif depuis cette époque.
Dans une autre note rédigée le 15 novembre 2015, j’indiquais qu’une équipe scientifique du Schmidt Ocean Institute venait de terminer la cartographie du Tamu. A bord du navire de recherches Falkor, les chercheurs ont réussi à réaliser une carte couvrant 98% de la zone tout en rassemblant 2 millions de mesures magnétiques qui devraient permettre d’en savoir plus sur la formation du volcan.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs chinois et américains, publiée dans la revue Earth and Planetary Science Letters, nous apprend que le massif du Tamu est encore plus imposant que l’on pensait. Rappelons que le Tamu est un volcan bouclier sous-marin qui s’est formé il y a environ 145 millions d’années. Son sommet se trouve à 2 kilomètres en dessous du niveau de la mer entre le Japon et Hawaii dans l’Océan Pacifique.

Des fossiles de créatures marines collectés au niveau du dôme laissent supposer que son sommet a pu se trouver au-dessus de la surface de l’océan à une certaine époque. Si c’est le cas, les dinosaures auraient assisté à son éruption spectaculaire. Au 21ème siècle les scientifiques sont persuadés que le Tamu n’entrera plus jamais en éruption. En effet, le Moho, la limite entre la croûte terrestre et le manteau, descend à plus de 30 km  en dessous de la base du volcan, ce qui crée une barrière quasiment infranchissable entre le magma et le fond de l’océan.
Après avoir analysé les données sismiques et cartographié la structure du volcan, les scientifiques ont constaté qu’ils avaient sous-estimé sa taille réelle. Ils estiment que la superficie totale du Shatsky Rise, un plateau océanique qui s’est formé après l’éruption du Tamu, atteint 533 000 kilomètres carrés. Auparavant, on pensait que le volcan avait à peu près la même taille que le Japon en termes de masse terrestre. Compte tenu de la nouvelle estimation, il serait maintenant égal au Japon et à la Corée du Sud réunis. On pensait également que le Tamu était beaucoup plus petit qu’Olympus Mons sur Mars, considéré comme le plus grand volcan de notre système solaire. Le Tamu a une hauteur de 4 km, contre 22 km pour Olympus Mons. La nouvelle étude révèle que la superficie de l’ensemble du massif du Tamu serait 80 pour cent plus grande que celle de son homologue martien.
En comparaison, le plus grand volcan actif sur Terre aujourd’hui est le Mauna Loa à Hawaii, avec une base d’environ 5000 kilomètres carrés. C’est un centième de la taille du Tamu !
Source: South China Morning Post.

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drapeau anglaisIn a note written on September 8th 2013, I indicated that according to research by scientists from several U.S. universities, the world’s largest volcano lay beneath the Pacific Ocean. Called the Tamu Massif, it is much bigger than Hawaii’s Mauna Loa and is only 25 percent smaller than Olympus Mons on Mars which is the biggest volcano in Earth’s solar system.
Tamu is 650 kilometres wide and about 4 km tall. It erupted for a few million years during the early Cretaceous period, about 144 million years ago, and has been extinct since then.
In another note written on November 15th 2015, I indicated that a scientific team with the Schmidt Ocean Institute had just finished mapping the Tamu volcano. The researchers aboard the Falkor research vessel were able to map about 98% of the area – filling in gaps of information about the geography of the volcano while collecting almost 2 million magnetic measurements which help to better understand how the volcano was formed

A new study by researchers from China and the United States, published in the journal Earth and Planetary Science Letters, tells us that the Tamu Massif is larger than was previously thought.

Let’s bear in mind that Tamu Massif is an extinct submarine shield volcano formed about 145 million years ago. It is located 2 kilometres below sea level between Japan and Hawaii in the Pacific Ocean.

Fossils of marine creatures found in the underwater dome suggest its peak may, at the time, have been above the surface of the water. As such, dinosaurs could have witnessed its spectacular eruption. 21st century scientists believe there is no chance of the volcano coming back to life. Indeed, the Mohorovic Discontinuity (Moho), the boundary between the Earth’s crust and mantle, descended over 30km below the base of Tamu Massif. This would create an almost impenetrable barrier between deposits of magma and the ocean floor.

After analysing more seismic data and mapping the volcano’s underlying structure, the scientific team found they may have underestimated the volcano’s actual size. They put the total area of the Shatsky Rise, an elevated oceanic plateau created after the Tamu Massif erupted, at 533,000 square kilometres. Previously, the volcano was considered to be roughly the same size as Japan in terms of its land mass. Given the new estimate, it would now be equal to Japan and South Korea combined. It was also considered much smaller overall than Olympus Mons on Mars, considered as the largest volcano discovered in our solar system. Tamu Massif reaches a height of 4km while Olympus Mons is 22km. The new study claims that the surface area of Tamu Massif should now be 80 per cent larger than its Martian relative.

The largest active volcano today is Mauna Loa in Hawaii, which has a base measuring about 5,000 square kilometres. It is only one hundredth the size of Tamu Massif

Source: South China Morning Post.

Tamu 2

Dernière carte du massif du Tamu (Source: NOAA)

Olympus Mons (Planète Mars)

drapeau francaisL’Agence Spatiale Européenne (ESA) a mis en ligne des images d’Olympus Mons prises le 21 Janvier 2013 par la sonde spatiale Mars Express:

http://spaceinimages.esa.int/Missions/Mars_Express/%28class%29/image

Ces images montrent en particulier le versant SE de ce volcan gigantesque qui domine  les plaines environnantes d’une hauteur d’environ 22 kilomètres. Ceci est à comparer avec le Mauna Kea à Hawaii, le plus haut volcan sur Terre, d’une hauteur de 10 km lorsqu’elle est mesurée à partir de sa base océanique.
Comme le Mauna Kea, Olympus Mons est un volcan bouclier, avec des versants en pente douce. Toutefois, contrairement à d’autres volcans boucliers, le versant SE se brise brusquement pour former des falaises abruptes qui le séparent des plaines environnantes. Ces falaises ont probablement été formées par d’importants glissements de terrain sur les flancs du volcan.
Les coulées de lave couvrent la base du volcan, avec en leur sein une série de blocs pointus et à sommet plat qui ont roulé ou ont été emportés lors des effondrements. Les vastes réseaux de coulées de lave étroites, qui se chevauchent parfois, sont la preuve d’un passé volcanique très actif. La lave a parcouru les pentes du volcan avant de s’étaler largement au moment où elle atteignait l’escarpement et les plaines en dessous.
Les petits cratères d’impact visibles sur l’image montrent que cette région est relativement jeune par rapport à d’autres régions présentant des cratères plus nombreux ailleurs sur Mars – plus la surface est vieille, plus elle a été susceptible d’être exposée à des impacts d’astéroïdes ou de comètes.
On pense que la région volcanique où se dresse Olympus Mons et plusieurs autres grands volcans a été active jusqu’à il y a des dizaines de millions d’années, ce qui est relativement récent sur échelle géologique de la planète qui s’étend sur 4,6 milliards d’années.

drapeau anglaisThe European Space Agency (ESA) has released images of Olympus Mons taken on January 21st 2013 by the space probe Mars Express. http://spaceinimages.esa.int/Missions/Mars_Express/%28class%29/image

These images show the SE flank of the giant volcano, which towers some 22 km above the surrounding plains. This is to be compared with Hawaii’s Mauna Kea, the tallest volcano on Earth at 10 km, when measured from its oceanic base to summit.

Like Mauna Kea, Olympus Mons is a shield volcano, with gently sloping sides. But unlike other shield volcanoes, the SE flank has an abrupt cliff edge separating it from the surrounding plains. These cliffs were likely formed during major landslides on the flanks of the volcano.

Lava flows cover the base of the volcano, punctuated by a series of pointy and flat-topped blocks that were either rotated or uplifted during the collapse. The extensive networks of narrow, overlapping lava flows are proof of an extremely active volcanic past. The lava spilled down the slopes of the volcano, spreading out into broad fans as it reached the scarp and plains below.

The small impact craters in this scene shows that it is relatively young compared with more heavily cratered regions elsewhere on Mars – the older the surface, the greater the exposure time to impact events by asteroids or comets.

The volcanic region hosting Olympus Mons and several other large volcanoes is thought to have been active until tens of millions of years ago, relatively recent on the planet’s geological timescale that spans 4.6 billion years.

Olympus-Mons-2

Avec l’aimable autorisation de l’Agence Spatiale Européenne

Olympus Mons: un volcan géant sur la Planète Mars / A giant volcano on Mars

drapeau francais   On peut lire sur le site space.com un article très intéressant à propos de Olympus Mons, le plus grand volcan du système solaire. Situé dans la région de Tharsis Montes proche de l’équateur martien, il fait partie d’une douzaine d’imposants volcans dont plusieurs sont dix à cent fois plus grands que leurs homologues terrestres. Le plus imposant d’entre eux dresse ses 25 kilomètres au-dessus des plaines environnantes ; il s’étire sur 624 km, ce qui est à peu près la taille de l’État d’Arizona. En comparaison, le sommet du Mauna Loa à Hawaii, le plus haut volcan sur Terre, atteint une hauteur de 10 kilomètres au-dessus du plancher océanique. Le volume d’Olympus Mons est environ cent fois celui du Mauna Loa. Le volcan martien est trois fois plus haut que le Mont Everest, point culminant de la Terre avec 8848 mètres.
Olympus Mons est un volcan bouclier avec une pente moyenne de seulement 5 pour cent.
Six caldeiras s’entassent les unes sur les autres pour créer une dépression sommitale de 85 km de diamètre. Une falaise entoure le bord extérieur du volcan ; elle dresse ses 10 km au-dessus de la zone environnante. La falaise à elle seule est à peu près aussi haute que le Mauna Loa.
Olympus Mons est un volcan relativement jeune. Bien que sa formation ait pris des milliards d’années, il se peut que certaines zones de la montagne ne soient âgées que de quelques millions d’années, ce qui est relativement jeune dans le système solaire. Olympus Mons est peut-être un volcan actif susceptible d’entrer en éruption.
On peut se demander pourquoi un volcan aussi énorme peut se former sur Mars alors que c’est impossible sur Terre. Les scientifiques pensent que la gravité plus faible sur la Planète Rouge, associée à des éruptions plus fréquentes, a permis à la lave de s’accumuler et d’atteindre des hauteurs considérables. Par ailleurs, le mouvement très limité des plaques tectoniques sur Mars pourrait être une autre raison. Sur Terre, le mouvement de la croûte empêche l’accumulation constante de lave. Contrairement à ce qui se passe à Hawaï, le point chaud et la croûte restent immobiles sur Mars. Lorsque la lave atteint la surface, elle continue à s’accumuler en un seul endroit. Au lieu d’une chaîne d’îles volcaniques, on assiste à la formation de très gros volcans comme Olympus Mons.
Les volcans de Tharsis Montes sont si grands qu’ils dressent leurs sommets au-dessus des tempêtes de poussières qui se produisent périodiquement sur Mars. Par exemple, lorsque la sonde Mariner 9 lancée par la NASA a atteint la Planète Rouge en 1971, il a été en mesure de détecter les sommets des volcans au-dessus des tempêtes de poussière.
Vous pourrez lire l’article dans son intégralité et voir des modélisations informatiques de Olympus Mons à cette adresse:

http://www.space.com/20133-olympus-mons-giant-mountain-of-mars.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+spaceheadlines+%28SPACE.com+Headline+Feed%29

 

 

drapeau anglais   One can read in the space.com website a very interesting article about Olympus Mons, the largest volcano in the solar system. Located in the Tharsis Montes region near the Martian equator, it is one of a dozen large volcanoes, many of which are ten to a hundred times taller than their terrestrial counterparts. The tallest of them all towers 25 kilometres above the surrounding plains and stretches across 624 km, which is roughly the size of the state of Arizona.

In comparison, Hawaii’s Mauna Loa, the tallest volcano on Earth, rises 10 kilometres above the sea floor. The volume of Olympus Mons is about a hundred times that of Mauna Loa. The Martian volcano rises three times higher than Earth’s highest mountain, Mount Everest, whose peak is 8,848 metres above sea level.

Olympus Mons is a shield volcano with an average slope of only 5 percent.

Six calderas stack on top of one another to create a depression at the summit that is 85 km wide. A cliff surrounds the outer edge of the volcano, reaching as high as 10 km above the surrounding area. (The cliff alone is about as tall as Mauna Loa.)

Olympus Mons is still a relatively young volcano. Although it has taken billions of years to form, some regions of the mountain may be only a few million years old, relatively young in the lifetime of the solar system. Olympus Mons may still be an active volcano with the potential to erupt.

One may wonder why such a huge volcano can form on Mars but not on Earth. Scientists think that the lower surface gravity of the red planet, combined with higher eruption rates, allowed for the lava on Mars to pile up higher.

Besides, the very limited tectonic plate movement on Mars could be another reason. On Earth, the movement of the crust prevents the steady buildup of lava. Unlike Hawaii, both the hot spot and the crust remain unmoving on Mars. When lava flows to the surface, it continues to pile up in a single spot. Instead of a chain of volcanic islands, large volcanoes such as Olympus Mons form.

The volcanoes in Tharsis Montes are so large that they tower above the seasonal Martian dust storms. For instance, when NASA’s Mariner 9 arrived at the Red Planet in 1971, it was able to pick out the tops of the volcanoes above the storms.

 

You can read the whole article and see computer-generated views of Olympus Mons at this address:

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Olympus-Mons

Modélisation informatique du volcan Olympus Mons   (Avec l’aimable autorisation de la NASA)