Le Mont Rainier (Etats Unis) & le Nevado del Ruiz (Colombie)

drapeau francaisPierce est un comté de l’État de Washington, avec une population d’environ 795 000 habitants. C’est ici que se dresse le Mont Rainier, le plus haut volcan de la Chaîne des Cascades. Sa dernière éruption a eu lieu entre 1820 et 1854. Il n’y a pas de risque imminent d’éruption à l’heure actuelle, mais les géologues s’attendent à ce que le volcan se réveille un jour ou l’autre. Si cela devait se produire, des parties du comté de Pierce et de la vallée de la Puyallup seraient exposées aux lahars  Un système d’alerte a été mis en place en 1998 pour faciliter l’évacuation de la vallée de la Puyallup en cas d’éruption.
Afin de mieux comprendre les risques qui seraient associés à une éruption du Mont Rainier, 10 délégués représentant le comté de Pierce et l’État de Washington  sont allés en Colombie pour en savoir plus sur les lahars et la gestion des catastrophes. En effet, les lahars provoqués par l’éruption du Nevado del Ruiz ont enfoui sous la boue la ville d’Armero le 13 novembre 1985 en tuant plus de 20 000 personnes.
Le Mont Rainier et le Nevado del Ruiz sont tous deux des volcans imposants, avec une calotte de neige et de glace à leur sommet. Orting, à l’Est du comté de Pierce, a une population de plus de 6700 habitants et se trouve tout près du Mont Rainier. Orting et Armero sont situées à la même distance des volcans, et les deux villes se trouvent au pied de vallées étroites.
Aujourd’hui, les dix émissaires envoyés en Colombie réfléchissent à leurs points communs avec le Nevado del Ruiz et informent le public. Ils mettent également en place des programmes de sensibilisation sur les risques liés aux lahars. Ce mois-ci, l’USGS va installer de nouveaux panneaux dans la vallée de la Puyallup, l’une des plus exposées aux coulées de boue. Les nouveaux panneaux donneront des informations sur les procédures d’évacuation, les zones menacées par les lahars, etc. La sensibilisation aux lahars se poursuivra comme d’habitude, avec deux fois par an des exercices d’évacuation de l’école d’Orting et des tests réguliers des 31 sirènes dans les localités à risques.
Source: The News Tribune.

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drapeau anglaisPierce County is a county in the State Washington with a population of about 795,000. It is notable for being home to Mount Rainier, the tallest volcano in the Cascade Range. Its most recent recorded eruption was between 1820 and 1854. There is no imminent risk of eruption, but geologists expect that the volcano will erupt again. If this should happen, parts of Pierce County and the Puyallup Valley would be at risk from lahars. The Mount Rainier Volcano Lahar Warning System was established in 1998 to assist in the evacuation of the Puyallup River valley in case of eruption.

In order to better understand the risks that would be associated with an eruption of Mount Rainier, 10 local and state officials – about half from Pierce County – travelled to Colombia to learn more about lahars and disaster response. Indeed, lahars triggered by an eruption of the Nevado del Ruiz volcano buried an entire community in Armero on November 13th, 1985. More than 20,000 lives were lost.

Mount Rainier and Nevado del Ruiz are both large, ice-clad volcanoes. Orting, the East Pierce city of more than 6,700 in the shadow of Mount Rainier, and Armero are located similar distances from their mountains, and both communities are connected to the base of the peaks by narrow valleys.

Now, the ten officials are reflecting on their relationship with the Nevado del Ruiz area, sharing it with the public. They’re also building awareness of lahar risks. This month, the U.S. Geological Survey will install new signs in the Puyallup Valley, one of the most exposed to the mudflows. The new signs will share information about evacuation, lahar hazard zones and more. Traditional lahar preparations will continue as usual, including Orting’s biannual school evacuation drills and regular tests of 31 sirens in at-risk communities.

Source: The News Tribune.

Rainier-sommet

Sommet du Mont Rainier

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Maquette de sensibilisation au risque de lahars (Visitor’s Center du Mont Rainier

[Photos:  C.  Grandpey]

Fonte accélérée des glaciers de l’Antarctique occidental // Accelerated melting of West Antarctica glaciers

drapeau francaisSelon le National Geographic – information relayée en France par le magazine Le Point – la fonte des grands glaciers de l’Ouest Antarctique s’accélère sous l’effet du réchauffement climatique et paraît irréversible. C’est la conclusion de deux études qui viennent d’être publiées le 12 mai 2014.

La première, à paraître dans la revue Geophysical Research Letters, s’appuie sur des données collectées pendant 40 années d’observations et qui indiquent que le recul des glaciers de la Mer d’Amundsen, «a atteint un point de non-retour». La fonte des six plus grands glaciers de cette région, Pine Island, Thwaites, Haynes, Smith, Pope et Kohler, contribue déjà à la montée des océans en libérant presque autant de glace annuellement dans l’océan que toute la banquise du Groenland. Ces glaciers contiennent suffisamment d’eau pour faire monter le niveau des océans de 1,20 mètre et ils fondent plus vite que ne le prévoyaient la plupart des scientifiques.

Comme je l’avais déjà indiqué à propos du Columbia Glacier en Alaska, en fondant, les glaciers s’allongent et leur épaisseur diminue, ce qui réduit leur masse, les sépare de plus en plus du socle rocheux et les fait glisser plus vite. Selon un des chercheurs qui ont réalisé l’étude, «l’effondrement des masses de glace de cette partie de l’Antarctique paraît ainsi être irréversible».

La deuxième étude, parue dans la revue Science, s’est focalisée sur le glacier Thwaites, le plus massif de l’Antarctique occidental, avec 120 kilomètres de largeur. Les chercheurs ont établi des cartes topographiques détaillées et procédé à une modélisation informatique montrant que la désintégration de ce glacier a déjà commencé. Le glacier Thwaites va probablement disparaître d’ici quelques siècles, faisant monter le niveau des océans de près de 60 centimètres. Les simulations informatiques semblent indiquer une accélération de ce glacier dans le futur, sans aucun mécanisme de stabilisation en vue, ce qui confirme les résultats de l’étude mentionnée précédemment.

Selon ce modèle, l’effondrement du glacier Thwaites pourrait intervenir au plus tôt dans 200 ans, et au plus tard dans plus d’un millénaire selon la rapidité du réchauffement de la planète, mais le scénario le plus probable se situe entre 200 et 500 ans.

Un chercheur confirme ce pronostic en déclarant : «Toutes nos simulations montrent que la fonte du glacier fera monter le niveau de l’océan de moins d’un millimètre par an pendant 200 ans, avant de commencer à se désintégrer et à disparaître». A certains endroits, le glacier Thwaites perd plusieurs mètres d’altitude par an alors qu’il avait connu une période de quasi-stabilité jusqu’en 2006. Au cours des années suivantes,  il s’est déplacé vers l’océan à une vitesse de 0,8 kilomètre par an, soit 33% plus rapidement que précédemment.

Le problème, c’est que si l’un des 6 glaciers côtiers mentionnés ci-dessus disparaît, il est fort probable que les autres feront de même, étant donné que les systèmes glaciaires de l’Ouest Antarctique sont interconnectés. Si toute cette glace venait à fondre, le niveau de la mer grimperait de 3,30 mètres !

A méditer.

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drapeau anglaisAccording to the National Geographic – a piece of information relayed in France by Le Point – the melting of glaciers in West Antarctica is accelerating under the effect of global warming and seems to be irreversible. This is the conclusion of two studies recently published on May 12th 2014.
The first study, to be published in the journal Geophysical Research Letters, is based on data collected during 40 years of observations and that indicate that the retreat of glaciers in the Amundsen Sea « has reached a point of no return ». The melting of the six largest glaciers in this region, Pine Island, Thwaites, Haynes, Smith, Pope and Kohler, is already contributing to the rising of the oceans by releasing almost as much ice into the ocean annually as the entire ice sheet of Greenland. These glaciers contain enough water to raise sea level by 1.20 metres and they are melting faster than predicted by most scientists .
As I already wrote about the Columbia Glacier in Alaska, while they are melting, glaciers are extending and getting thinner, which reduces their mass, separates them more and more the bedrock and makes them slide faster. According to one of the researchers who conducted the study, « the collapse of the ice masses of Antarctica appears to be irreversible. »
The second study, published in the journal Science, focused on the Thwaites Glacier, the most massive of West Antarctica, with a width of 120 kilometres. Researchers have established detailed topographic maps and performed a computer model showing that the disintegration of the glacier has begun. The Thwaites Glacier will probably disappear within a few centuries, raising sea levels by up to 60 centimetres. Computer simulations suggest an acceleration of the glacier in the future, without any mechanism for stabilization, which confirms the results of the above-mentioned study.
In this model, the collapse of the Thwaites Glacier could intervene as soon as 200 years or in more than a thousand years, depending on the speed of global warming, but the most likely scenario is between 200 and 500 years.
A researcher confirms this prediction, saying: « All our simulations show that the glacier will raise the sea level by less than a millimetre per year for 200 years, before starting to disintegrate and disappear. » In some places, the Thwaites Glacier loses several metres per year while it experienced a period of relative stability until 2006. During the following years, it moved towards the ocean at a speed 0.8 kilometre per year, or 33 % faster than before.
The problem is that if one of the six coastal glaciers disappears, it is likely that the others will do the same as the glacial systems of West Antarctica are interconnected. If all this ice were to melt, the sea level would rise by 3.30 metres !

Glaciers-Antarctique

Source:  British Antarctic Survey.

Iles Sandwich du Sud // South Sandwich Islands

drapeau francaisLes îles Sandwich du Sud ne sont pas l’endroit le plus connu de la planète. Situé dans le sud de l’Océan Atlantique, entre l’Amérique du Sud et l’Antarctique, ce territoire britannique d’outre-mer est d’origine volcanique et forme un arc de 11 îles inhabitées s’étirant sur 390 kilomètres du nord au sud. Il est le résultat de la subduction de la plaque Scotia, sur laquelle elles reposent, sous la plaque africaine.

Iles-Sandwich-01

L’intérieur des îles est particulièrement inhospitalier. Il est constitué de montagnes culminant parfois à plus de 1 000 mètres d’altitude et recouvertes de glaciers à 80 %.

Les Iles Sandwich du Sud disparaissent souvent sous une couche nuageuse qui rend leur observation très difficile. La NASA a parfois recours à des images aux couleurs fausses pour discerner ce qui se passe sous les nuages. C’est ainsi que le 19 avril dernier le spectroradiomètre MODIS embarqué à bord du satellite Aqua a permis de réaliser cette image surprenante que vous pourrez voir en plus haute résolution en cliquant sur ce lien :

http://modis.gsfc.nasa.gov/gallery/images/image04302014_1km.jpg

 Iles-Sandwich-02

Les îles proprement dites apparaissent en couleur turquoise vive sur l’image, tandis que les nuages sont en turquoise claire et l’eau de l’océan en noir. Le panache volcanique que l’on voit dans la partie septentrionale de l’image est de couleur blanche. Il s’échappe d’un volcan de l’île Zavodovski avant de s’étirer vers le NE. Plus au sud, on distingue le panache plus large en provenance d’un autre volcan, le Mount Michael, situé sur l’île Saunders dans la partie centrale de l’arc volcanique. Le panache se dirige lui aussi vers le NE en formant une série de tourbillons. Encore plus au sud, on aperçoit d’autres remous derrière trois autres îles. C’est ce qu’on appelle les allées de tourbillons de Karman, causées par la séparation instable d’un écoulement autour de corps peu profilés.

La NASA a déjà mis en ligne à plusieurs reprises ces images surprenantes :

Iles-Sandwich-03

Iles-Sandwich-04

Vous pourrez les voir en haute résolution en cliquant sur ces liens :

Le 23 novembre 2009 : http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/41000/41390/southsand_tmo_2009327_lrg.jpg

Le 27 avril 2012 :

http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/78000/78352/SouthSandwich_amo_2012118_lrg.jpg

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drapeau anglaisThe South Sandwich Islands are not the best-known place in the world. Located in the South Atlantic Ocean, between South America and Antarctica, this British overseas territory is of volcanic origin and forms an arc of 11 uninhabited islands stretching over 390 kilometres from north to south . It is the result of the subduction of the Scotia plate, on which they are based , beneath the African plate (see map above).

The interior of the islands is particularly inhospitable. It consists of high mountains, sometimes more than 1000 metres above sea level, and is covered with glaciers to 80%.
The South Sandwich Islands often disappear under a cloud layer which makes them very difficult to observe. NASA sometimes uses false colour images to discern what is happening under the clouds. Thus on April 19th, the MODIS spectroradiometer onboard the Aqua satellite allowed to make a surprising image that you will see by clicking on this link:
http://modis.gsfc.nasa.gov/gallery/images/image04302014_1km.jpg

The actual islands appear in bright turquoise, while the clouds are light turquoise and the ocean water deep black. The volcanic plume that can be seen in the northern part of the image is white. It is coming out of a volcano on Zavodovski island before stretching NE. Further south, there is a larger plume from another volcano, Mount Michael, on Saunders Island in the central part of the volcanic arc. The plume is moving NE too, forming a series of vortices. Still farther south, more eddies can be seen behind three other islands. They are known as Von Kármán vortices and are caused by the unsteady separation of flow of a fluid around blunt bodies.

NASA has already posted several times such surprising images :
23 November 2009 : http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/41000/41390/southsand_tmo_2009327_lrg.jpg

27 April 2012 :

http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/78000/78352/SouthSandwich_amo_2012118_lrg.jpg

Sensibilisation volcanique dans l’Etat de Washington // Volcano preparedness in Washington State

drapeau francaisMai est le mois de sensibilisation volcanique dans l’État de Washington. C’est l’occasion pour les habitants de se familiariser avec le risque volcanique dans leurs villes et villages et de mieux connaître les mesures à prendre pour réduire les impacts potentiels des éruptions. Cette année, l’événement revêt une importance particulière car une étude scientifique récente confirme que le Mont St. Helens montre des signes de frémissement. Bien qu’une éruption ne soit pas imminente, l’analyse des données sismiques montre que le St. Helens connaît une nouvelle montée de magma qui entraîne une lente pressurisation de la chambre magmatique. L’activité peut rester à ce stade pendant longtemps, mais quand le volcan sera sur le point d’entrer en éruption, il donnera plusieurs signes avant-coureurs.

Au cours de ce mois de sensibilisation, plusieurs agences fédérales vont développer et tester des plans d’urgence avec les populations, coordonner les communications, éduquer le public et mettre au point des plans de remise en état des lieux dans l’éventualité d’une éruption ou d’un lahar.
Cette année, plusieurs organismes sont impliqués dans l’élaboration de nouvelles mesures qui prévoient une réhabilitation des voies d’évacuation en cas d’éruption, des présentations visant à mieux éduquer le public, ainsi qu’une collaboration avec les localités situées près du Mont Rainier pour installer des panneaux d’interprétation autour du volcan.

L’Observatoire Volcanologique des Cascades et le Réseau Sismique du Pacifique Nord-Ouest oeuvrent pour améliorer la prévision et la prévention volcaniques. Ils continuent de surveiller le Mont Saint Helens et les autres volcans de la Chaîne des Cascades, et à épier le moindre signe de réveil. A côté du Mont St Helens, des efforts sont en cours afin d’établir des réseaux de surveillance des quatre autres volcans actifs de l’Etat de Washington : Le Mont Rainier, le mont Adams, Glacier Peak, et le Mont Baker.
Source : USGS.

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drapeau anglaisMay is Volcano Preparedness Month in Washington State, providing residents an opportunity to become more familiar with volcanic risk in their communities and learn about steps they can take to reduce potential impacts.  This year, the event takes on new meaning with a recent scientific study confirming that Mount St. Helens remains an active volcano. While an eruption is not impending, USGS’s analysis of seismic data shows that Mount St. Helens has a new supply of magma slowly re-pressurizing the magma chamber beneath the mountain. Activity may stay at this stage for a long time before any eruption. When a volcano is ready to erupt, it will give multiple warning signs.

During the Volcano Preparedness Month, federal agencies will develop and exercise emergency plans with communities; coordinate communications; conduct public education programs; and plan for short- and long-term recovery in the event an eruption or lahar should occur.

This year, various agencies are involved in new mitigation measures, including updating volcano evacuation routes, making public education presentations, and working with communities near Mount Rainier to post volcano interpretive signs.

The USGS Cascades Volcano Observatory and Pacific Northwest Seismic Network work to improve eruption forecasting. They continue to monitor Mount St. Helens and other volcanoes in the Cascade Range for signs of unrest. Beside Mount St Helens, efforts are underway to establish networks for the four other active volcanoes in Washington : Mount Rainier, Mount Adams, Glacier Peak, and Mount Baker.

Source : USGS.

Mont-Baker-blog

Mont-St-Helens

Mont-Rainier-blog

Mont-Adams

Le Mont Baker, le Mont St Helens, le Mont Rainier et le Mont Adams comptent parmi les volcans les plus actifs de la Chaîne des Cascades  (Photos:  C. Grandpey)