Belle coupe d’un hornito // Nice cross section of a hornito

drapeau-francaisLe HVO a récemment mis en ligne deux photos très intéressantes d’un hornito qui était actif ces derniers temps dans la partie supérieure de la coulée de lave du 27 juin. La structure a environ 2,50 mètres de hauteur. L’Observatoire rappelle qu’un hornito est formé par les gaz et la lave qui se frayent un chemin sous pression à travers une petite ouverture dans le toit d’un tunnel de lave. Sur un côté du hornito, on observe un petit écoulement de lave solidifiée qui suintait par le sommet. Tout le reste du hornito est constitué de projections et de cheveux de Pélé.

Hornito 1

Crédit photo: USGS / HVO

La deuxième photo montre la coupe d’un hornito. Un effondrement partiel a ouvert une fenêtre sur une partie d’un tunnel de lave aujourd’hui inactif. L’espace vide derrière le géologue sur l’image était autrefois occupé par la lave, avec des gaz sous pression qui s’échappaient à travers la fissure étroite visible dans le centre de la photo. Cette fissure émettait des projections qui, en se solidifiant autour de l’ouverture, ont façonné le hornito.

Hornito 2

Crédit photo: USGS / HVO.

En ce qui concerne le Kilauea, l’éruption continue à la fois au sommet et sur l’East Rift Zone. L’activité sismique et la déformation se maintiennent à des niveaux normaux. Les webcams montrent des points d’incandescence et des émanations gazeuses sur la lèvre E et à l’intérieur du cratère du Pu’uO’o. L’activité effusive se limite à quelques coulées éphémères sur le champ de lave jusqu’à environ 6 km au nord-est de Pu’uO’o. Les coulées ne représentent pas de menace pour les zones habitées.

Source: HVO.

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drapeau-anglaisHVO has recently posted two very interesting photos of a hornito which was recently active in the upper portion of the June 27th lava flow. The structure is about 2.5 metres tall. The Observatory reminds us that a hornito is formed by gas and lava forced through a small opening in the roof of a lava tube. One side of the hornito has a small solidified flow of lava that oozed from the top, with the remainder consisting of spatter and Pele’s hair.

The second photo reveals the cross section of a hornito. A partial collapse provided a window into a portion of an abandoned lava tube. The void space behind the geologist on the image was filled with lava at some point, with lava and gas forced through the narrow crack in the centre of the photo. This ejected bits of spatter, which solidified around the opening and built the hornito.

As far as activity of Kilauea volcano is concerned, the eruption continues both at the summit and on the East Rift Zone. Seismic activity and deformation rates throughout the volcano are within background levels. The webcams show glowing and fuming spots on the east rim of, and within, Pu’uO’o crater and scattered activity on the June 27th lava flow field within 6 km northeast of Pu’uO’o. Lava flow activity poses no threat to nearby communities?

Source: HVO.

Hawaii: Nouvel obstacle pour la construction du TMT // New obstacle to TMT building

drapeau-francaisLa Cour suprême de l’Etat d’Hawaï vient d’invalider le permis de construction du Thirty Meter Telescope (TMT) sur le volcan Mauna Kea que de nombreux Hawaïens considèrent comme sacré. Un groupe d’universités de Californie et du Canada envisagent de construire le TMT avec des partenariats avec la Chine, l’Inde et le Japon.
La Cour a jugé mercredi que le Board of Land and Natural Resources (qui gère les ressources naturelles à Hawaii) n’aurait pas dû délivrer le permis de construire avant d’avoir pris en compte une pétition mise en place par un groupe qui conteste l’approbation du projet. La décision renvoie donc l’affaire devant le Board qui devra se réunir en conséquence.
La construction du télescope a déjà été suspendue lorsque des manifestants ont bloqué la route d’accès au sommet du Mauna Kea.
Source: Journaux hawaïens.

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drapeau-anglaisThe Hawaii Supreme Court has just invalidated a permit awarded for the construction of the Thirty Meter Telescope (TMT) on Mauna Kea volcano, a mountain many Native Hawaiians consider sacred. A group of universities in California and Canada plan to build the TMT with partners from China, India and Japan.
The court ruled Wednesday that the state Board of Land and Natural Resources should not have issued a permit for the telescope before it held a hearing to evaluate a petition by a group challenging the project’s approval.
The ruling sends the case back to the Board for a new hearing.
The building of the telescope was already suspended after protesters blocked the road to the summit of Mauna Kea.
Source: Hawaiian newspapers.

L’InSAR et le Kilauea (Hawaii)

drapeau-francaisL’interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR) est en train de devenir un élément clé en volcanologie. J’ai déjà écrit plusieurs notes à propos de cette nouvelle technologie sur ce blog entre 2013 et 2015.
L’InSAR a récemment prouvé son efficacité dans la compréhension des différents épisodes d’intrusion magmatique dans la caldeira sud du Kilauea au cours du printemps 2015. En avril, le réservoir superficiel sous la caldeira du Kilauea a commencé à gonfler rapidement, provoquant une hausse du niveau du lac de lave et son débordement sur le plancher du cratère de l’Halema’uma’u.
Le 11 mai, les inclinomètres ont commencé à enregistrer une rapide phase de dégonflement, accompagnée de la baisse de niveau du lac de lave et d’une augmentation de la sismicité dans la caldeira sud, que ce soit en fréquence ou en magnitude des événements. En une seule journée, on a pu parfaitement observer l’inflation dans la caldeira sud sur le réseau de capteurs GPS ainsi que sur les inclinomètres.
Les images InSAR illustrant le début de cet événement montrent dans le moindre détail le soulèvement associé à l’inflation initiale et révèlent en même temps la complexité de la forme du réservoir magmatique. Les images traduisent également la transition vers la déflation de l’Halema’uma’u et l’inflation de la caldeira sud.

INSAR

(Source: HVO)

L’interférogramme en arc-en-ciel ci-dessus montre parfaitement la forme et l’importance du soulèvement au cours de cet événement (entre le 11 avril et le 22 mai). L’image révèle que le soulèvement coïncide avec l’emplacement d’un réservoir magmatique – déjà identifié par les scientifiques – sous la caldeira sud. C’est aussi pour les chercheurs du HVO la première preuve indiquant un transfert de magma rapide entre les réservoirs magmatiques.
Les couleurs de l’arc-en-ciel représentent le changement de distance entre le sol et le satellite InSAR entre deux orbites effectuées par ce dernier. Chaque cycle de couleurs, du magenta au bleu, indique un déplacement égal à la moitié de la longueur d’onde du radar satellitaire. Le motif se répète, et en comptant tous les arcs-en-ciel, on obtient la totalité du déplacement
Au cours des deux dernières décennies, l’augmentation du nombre de satellites disponibles a amélioré les possibilités offertes par l’InSAR aux chercheurs du HVO. Ils disposent désormais d’une plus grande variété de longueurs d’ondes. Les ondes courtes permettent d’améliorer la résolution, tandis que les ondes plus longues autorisent une meilleure pénétration à travers la végétation. Le HVO utilise les données fournies par de nombreux satellites InSAR pour étudier les mouvements de sol sur les volcans d’Hawaï, y compris les satellites lancés par l’Agence Spatiale Européenne, le Canada, l’Allemagne et le Japon.
Les États-Unis s’apprêtent à lancer leur premier satellite InSAR. En 2014, la NASA a annoncé un projet conjoint avec l’Indian Space Research Organization visant à construire et lancer un satellite InSAR multi-longueurs d’ondes spécifiquement conçu pour l’étude des risques naturels. Le lancement du satellite est prévu pour 2020.
Source: HVO.

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drapeau-anglaisInterferometric Synthetic Aperture Radar (InSAR) is becoming a key tool in volcanology. I have already written several notes about this new technology on this weblog between 2013 and 2015.
InSAR recently proved important in understanding the various episodes of Kilauea’s south caldera intrusion during spring 2015. In April, the shallow reservoir beneath the Kilauea caldera began to rapidly inflate, causing the lava lake to rise to the point where it overflowed onto the floor of Halema’uma’u Crater.
On May 11th, tiltmeters began recording rapid deflation, the lava lake level dropped and earthquakes in the south caldera increased in rate and magnitude. Within a day, inflation in the south caldera could clearly be seen on the network of continuous GPS instruments and tiltmeters.
InSAR images spanning the beginning of this event show the uplift associated with the initial inflation in great detail, revealing a complexity to the shape of the reservoir. The images also capture the transition to deflation at Halema’uma’u and south caldera inflation.
As shown in the accompanying image (see above), the rainbow pattern seen in the interferogram beautifully captured the shape and extent of ground uplift during this event (from April 11th to May 22nd). This image shows that the uplift coincides with the location of a known south caldera storage reservoir. This is the first evidence that HVO scientists have ever had suggesting rapid magma transfer between storage reservoirs.
The rainbow colours represent the change in distance between the ground and the satellite in the time between two orbits of the InSAR satellite. Each cycle of colours, from magenta to blue indicates motion equal to half the satellite’s radar’s wavelength. The pattern repeats and by counting up all the rainbows, you get the total amount of motion.
Over the past two decades, the increasing number of available satellites has improved HVO’s InSAR capabilities by providing a variety of wavelengths that allow for improved resolution at short wavelengths and better penetration through vegetation at longer wavelengths. HVO has used data from many different InSAR satellites to investigate motion on Hawaii’s volcanoes, including satellites launched by the European Space Agency, Canada, Germany and Japan.
The United States is working toward launching its first InSAR satellite. In 2014, NASA announced a joint project with the Indian Space Research Organization to build and launch a multi-wavelength InSAR satellite specifically designed for studying natural hazards. The project is scheduled for a 2020 launch.
Source : HVO.

Kohala: Un volcan discret à Hawaii // An unobtrusive volcano at Hawaii

drapeau-francaisLe Kohala n’est pas le plus connu des volcans hawaïens. Très peu de touristes le visitent sur la Grande Ile. Ils préfèrent s’attarder sur le Kilauea, le Mauna Loa ou le Mauna Kea qui sont beaucoup plus populaires. La dernière éruption du Kohala a eu lieu il y a plus de 65 000 ans.
Le volcan présente une forme allongée du nord-ouest au sud-est, comme tous les volcans d’Hawaï, en raison du mouvement de la plaque Pacifique au-dessus d’un point chaud.
On a longtemps pensé que la dorsale formée par le Kohala avait été édifiée par des éruptions le long d’une zone de rift du Mauna Kea. Cependant, en observant des roches le long de Hilo Ridge, la dorsale de Hilo, les scientifiques ont découvert que leur composition chimique n’était pas compatible avec la matière éruptive émise par le Mauna Kea et qu’elle s’apparentait davantage à celle du Kohala.
Il y a entre 250 000 et 300 000 ans, une énorme avalanche a emporté toute la partie nord-est du flanc du volcan sur plus de 20 km le long du littoral. Les débris d’avalanche se sont répandus sur plus de 130 km vers le large. Les effets de cette avalanche sont encore visibles aujourd’hui dans les falaises abruptes de la côte est de Kohala (voir photo ci-dessous).
En 1964, les scientifiques qui étudiaient le Mauna Loa et le Kohala ont réalisé que les deux volcans avaient connu de grosses avalanches. En 2004, une équipe de recherche a constaté qu’une grande avalanche historique sur le flanc ouest du Mauna Loa avait également laissé sa marque sur le Kohala. Quelques années plus tard, un groupe de scientifiques a revisité un dépôt de fossiles découvert sur le flanc supérieur du Kohala dans les années 1930. Ils ont trouvé que l’âge des fossiles correspondait à celui d’une terrasse de corail située au large et datant de la même période de temps. Il correspondait aussi à l’âge de produits d’une grosse avalanche du Mauna Loa il y a 120 000 ans. Ils en ont déduit que le glissement de terrain du Mauna Loa avait probablement déclenché un méga-tsunami qui avait délogé des morceaux de corail et les avait emportés sur près de 7 km à l’intérieur des terres et à 480 mètres de hauteur sur le flanc du Kohala.
L’une des caractéristiques du Kohala est la longueur des pauses entre ses éruptions, en particulier au cours de la phase post-bouclier. De plus, les laves post-bouclier du Kohala ont des quantités relativement élevées de phosphore, ce qui est unique dans le domaine des volcans hawaïens. Ceci est important car le phosphore est l’un des éléments nutritifs dont les plantes ont besoin pour croître. Les études archéologiques ont découvert que les premiers Hawaïens avaient détecté certaines zones riches en phosphore le long des coulées de lave, ce qui leur permettait de mieux cultiver les plantes. Sur le côté sec du volcan qui possède de vieilles coulées de lave riches en phosphore, les archéologues ont trouvé des preuves historiques de vastes systèmes agricoles sur terres arides.
Aujourd’hui, la région du Kohala dispose d’un réseau hydrologique complexe. Au début du 20ème siècle, afin d’exploiter les ressources hydrologiques de la montagne, des canaux d’irrigation ont été construits afin de prélever l’eau au sommet et la transporter pour satisfaire les besoins de l’industrie cannière. En 1905, le Kohala Ditch, un vaste réseau de conduits mesurant 35 kilomètres de long, a été mené à son terme. Il est actuellement exploité par les ranchs, les fermes et les résidences. Une portion de cet ouvrage est devenue une attraction touristique jusqu’à ce qu’il soit endommagé par le séisme de 2006. L’Hawaii County Department of Water Supply, en charge de l’approvisionnement en eau du Comté d’Hawaii, s’appuie sur les ressources en eau du Kohala pour alimenter toute la population de l’île. Avec la demande croissante, les canaux ont été complétés par des puits profonds conçus pour canaliser les eaux souterraines à usage domestique.
Adapté d’un article paru dans West Hawaii Today.

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drapeau-anglaisKohala is not the best-known of Hawaiian volcanoes. Very few people visit it on the Big Island. They usually prefer to stay on Kilauea, Mauna Loa or Mauna Kea which are far more popular. Kohala volcano last erupted more than 65,000 years ago.
The volcano has an elongate shape running northwest to southeast, like all Hawaiian volcanoes, due to the movement of the Pacific plate above a hotspot.
It has long been thought that Kohala’s ridge was built by eruptions along a rift zone of Mauna Kea. However, after dredging rocks along Hilo Ridge, scientists discovered their chemical compositions were not consistent with eruptive material from Mauna Kea, but instead more closely matched Kohala’s.
Between 250,000 and 300,000 years ago, a huge avalanche consumed a slice of the volcano’s northeast flank more than 20 km wide at the shoreline. The debris spilled more than 130 km out and onto the ocean floor. The lasting effects can still be seen today in the sheer cliff walls of the windward Kohala shoreline (see photo below).
In 1964, scientists studying Mauna Loa and Kohala realized they both had experienced large avalanches. In 2004, a research team found that a large historical avalanche on the western flank of Mauna Loa also left its mark on Kohala. An international group of scientists revisited a fossil deposit first found high on Kohala’s flanks in the 1930s. They found the age of the fossils matched an offshore coral terrace from the same time period, as well as the timing of Mauna Loa’s huge avalanche 120,000 years ago. This led them to surmise that Mauna Loa’s landslide likely triggered a mega-tsunami that dislodged the coral pieces and swept them almost 7 km inland and 480 metres up the side of Kohala.
Owing to its age, one of the unique things about Kohala is there is a long time break between eruptions, particularly during the post-shield phase. One remarkable feature of Kohala’s later lavas, the post-shield lavas, have reasonably high amounts of the mineral phosphorous in them and this is unique to Hawaiian volcanoes. This is significant because phosphorous is one of the nutrients plants need to grow. Archaeological studies have found that early Hawaiians recognized certain areas along the lava flows that allowed them to cultivate better plants. On the dry side of the volcano that had the older phosphorous-rich flows, archaeologists have found evidence of extensive historical dryland agricultural systems
Today, Kohala supports a very complex hydrological cycle. In the early part of the 20th century, this was exploited by building surface irrigational channels designed to capture water at the higher elevations and distribute it to the then-extensive sugarcane industry. In 1905, the Kohala Ditch, a vast network of ditches, measuring 35 km in length, was completed. It has since come into use by ranches, farms, and homes. A portion of the ditch became a tourist attraction until it was damaged by the 2006 Hawaii earthquake. The Hawaii County Department of Water Supply relies on streams from Kohala to supply water to the population of the island. With increasing demand, the original surface channels have been supplemented by deep wells designed to channel groundwater for domestic use.
Adapted from an article in West Hawaii Today.

Kohala 01

Sommet du Kohala

Kohala 03

Falaises de la côte est

Kohala 02

Exemple d’agriculture sur le Kohala

(Photos: C. Grandpey)