Nouvelle explosion dans le cratère de l’Halema’uma’u (Hawaii) // New explosion in Halema’uma’u Crater (Hawaii)

drapeau-francaisIl ne faisait pas bon, hier 28 novembre à 11h59, se trouver sur la lèvre sud du cratère de l’Halema’uma’u ! Comme cela se produit assez fréquemment, une paroi interne de la bouche active s’est effondrée dans le lac de lave en provoquant une violente explosion. Des projections sont retombées sur l’ancienne terrasse d’observation du cratère, interdite au public depuis 2008. On sait que des irréductibles fréquentent néanmoins cette zone. Un jour ou l’autre, ils se feront moucher…

Voici deux petites vidéos montrant cet événement.

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drapeau-anglaisIt was not a good idea, yesterday November 28th at 11:59, to be on the southern rim of  the Halema’uma’u Crater ! As often happens, a chunk of the inner wall of the active vent collapsed into the lava lake, causing a violent explosion. Projections fell on the former observation deck of the crater, whose public access has been forbidden since 2008. It is known that irreducible visitors nevertheless frequent this area. One day or another, they will be killed or injured …
Here are two short videos showing this event.
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Hawaii: Brouillard volcanique et aide à la population // Hawaii: The « vog » and how to manage it

drapeau-francaisL’interruption des alizés est un phénomène fréquent sur l’île Hawai’i pendant les mois d’hiver. La présence de ces vents, ou leur absence, joue un rôle essentiel, car ce sont eux qui gèrent la répartition du brouillard volcanique du Kilauea – le « vog », raccourci pour « volcanic fog » – à travers la Grande Ile.

Le « vog », provoqué par le dioxyde de soufre (SO2) émis par le Kilauea, est un problème fréquent, en particulier depuis l’ouverture de la bouche active dans le cratère de l’Halema’uma’u en 2008. On a alors enregistré une augmentation spectaculaire de la quantité de SO2 et d’autres gaz libérés par le volcan, ainsi que les effets néfastes du « vog » sur l’île. Les émissions de gaz ont légèrement diminué par rapport au début de l’éruption sommitale en 2008, mais le « vog » reste un problème pour les zones habitées, avec des conséquences sur la santé, l’agriculture et les infrastructures.

De mai à septembre, les alizés soufflent de 80 à 95% du temps, mais d’octobre à avril, la fréquence passe de 50 à 80%. Lorsque ces vents sont absents, les zones touchées par le « vog » couvrent la partie orientale de la Grande Ile, voire l’île toute entière, et même parfois l’ensemble de l’État d’Hawaii.

Afin de mieux gérer le « vog » cet hiver, de nouvelles ressources sont disponibles pour permettre à la population de se familiariser avec le brouillard, et de minimiser son impact. Un nouveau site Internet intitulé “Hawaii Interagency Vog Information Dashboard” fournit les premières informations sur le « vog ». Les sujets abordés incluent les prévisions concernant ce brouillard, ses concentrations en temps réel, les effets sur la santé, les impacts environnementaux et comment les gens peuvent se protéger. On trouve aussi sur le site des liens vers des publications scientifiques.

Le site oriente également les utilisateurs vers de nouveaux produits d’information sur le « vog ». On trouve, entre autres, un « booklet of frequently asked questions » (livret de questions fréquemment posées), une brochure et une affiche sur la protection contre le « vog » qui sont disponibles en ligne et qui peuvent être consultées ou téléchargées. Des exemplaires imprimés sont disponibles auprès des services de santé. Ils sont également distribués dans les bibliothèques et les écoles de la Grande Ile.

Les services sanitaires hawaiiens diffusent une rubrique intitulée “Hawaii ShortTerm SO2 Advisory”  qui fournit en temps réel des données sur le niveau de SO2, ce qui est extrêmement utile pour les zones proches du Kilauea. Pour les habitants de la partie ouest d’Hawaii (région de Kona en particulier), les informations sur les particules sont disponibles via l’onglet “AirNow particle data” du site Internet mentionné précédemment.

Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisA common occurrence on Hawai‘i Island during winter months is the frequent interruption of the trade winds. These winds, or the lack of them, play a leading role in determining where vog (a short word for volcanic fog) from Kilauea volcano is distributed across Big Island.

Vog, caused by sulfur dioxide gas (SO2) emitted from Kilauea, has been a frequent problem on Hawaii Big Island. Since the onset of the summit eruption in 2008, there has been a dramatic increase in the amount of SO2 and other gases released from the volcano and in the damaging effects of vog on the island. Gas emissions have decreased somewhat since the summit eruption began in 2008, but vog continues to challenge Hawai‘i communities, causing impacts to health, agriculture, and infrastructure.

From May to September, trade winds blow 80 to 95% of the time, but from October to April, the frequency drops to 50 to 80%. When trade winds are absent, areas impacted by vog can include East Hawaii, the whole Island of Hawaii, and, at times, the entire State of Hawaii.

For this winter’s vog season, new resources are available to help people become familiar with, and minimize their exposure to vog. A new internet-based “Hawaii Interagency Vog Information Dashboard”   provides a user-friendly starting point to search for information about vog. Topics on this dashboard include vog forecasts, real-time vog concentrations, health effects and environmental impacts of vog, and how people can protect themselves from vog, as well as links to published scientific literature.

The dashboard also leads users to a new suite of concise vog information products. These products, which include a « booklet of frequently asked questions »  and a brochure and poster on protecting yourself from vog, are available online, where they can be viewed or downloaded. Print copies of these vog information products are available through the Hawai‘i Department of Health District offices. They are also in the process of being distributed to public libraries and schools around the Island of Hawai‘i.

The Hawai‘i Department of Health has released “Hawaii ShortTerm SO2 Advisory” which provides data on current SO2 gas levels, is extremely helpful for areas close to Kīlauea. But for West Hawaiʻi (Kona) residents, the more relevant particle information is available through the vog dashboard link to “AirNow particle data.”

Source: USGS / HVO.

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Le panache de gaz de l’Halema’uma’u contribue à la présence du « vog » à Hawaii.

(Photo: C. Grandpey)

 

 

 

 

 

 

Nouvelles du Kilauea (Hawaii / Etats Unis) // News of Kilauea volcano (Hawaii)

drapeau-francaisL’éruption du Kilauea se poursuit à son sommet et sur l’East Rift Zone.
Dans le cratère de Halema’uma’u, la surface du lac de lave se maintient à un niveau élevé et augmente actuellement, parallèlement à un épisode inflationniste. La lave se situe souvent à 7-10 mètres sous la lèvre de la bouche active, mais la pression n’est pas suffisante pour lui permettre d’atteindre le plancher du cratère et de s’épancher à sa surface, comme elle l’a fait il y a quelques mois. La sismicité au sommet reste faible. Un bref essaim sismique superficiel a été enregistré en début de soirée le 23 novembre, dans le secteur de Devil’s Throat, en aval de la partie supérieure de Chain of the Craters Road. La secousse la plus forte de cette séquence a été estimée à M 2,8. La sismicité a ensuite chuté de façon significative à la suite de cet événement qui n’a pas eu d’effet visible sur le comportement du volcan. Au cours de la semaine, les émissions moyennes de SO2 au sommet ont varié entre 2 100 et 8 300 tonnes par jour.
Les images de la webcam thermique montrent une lueur persistante au niveau des ouvertures connues depuis longtemps dans le cratère du Pu’uO’o où la séismicité se poursuit à un niveau faible.
La coulée de lave de 61g continue de pénétrer dans l’océan à Kamokuna. (du côté Kalapana). L’entrée ouest est tarie depuis plusieurs semaines. La lave coule principalement à la pointe du grand delta côtier où de profondes fractures peuvent être observées. Elles révèlent une instabilité et un risque accru d’effondrements de grande ampleur. Il convient de noter que l’entrée de lave actuelle est difficile à photographier depuis la terre. L’approche par la mer est beaucoup plus favorable à la photographie. Plusieurs agences à Hilo vendent de telles excursions aux touristes.
Les images des webcams placées sur le champ d’écoulement de la lave montrent que l’activité de surface observée ces derniers jours près du Pu’uO’o et à la base du pali est en nette régression..
Source: HVO.

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drapeau-anglaisThe eruption of Kilauea volcano continues at its summit and East Rift Zone.

Within Halema’uma’u Crater, the level of the summit lava lake surface is currently rising in conjunction with an inflationary episode. Its surface is often 7-10 metres below the rim of the vent but lava does not have the strength to reach the crater floor and spill over it, as it did a few months ago. Seismicity at the summit continues at low levels. A brief flurry of shallow microearthquakes was recorded early in the evening of November 23rd, in the vicinity of Devil’s Throat beneath the upper section of the Chain of Craters Road. The largest event in this sequence was estimated at M 2.8 . Then, seismicity dropped significantly following that earthquake which had no obvious effects on the volcano.
Over the week, the average daily SO2 emission rate at the summit has ranged from 2,100 to 8,300 metric tons/day.
Thermal webcam views show persistent glow at known, long-term sources within Pu’uO’o crater where seismicity continues at low levels.

The 61g lava flow continues to enter the ocean at Kamokuna. (on the Kalapana side). The western flow has been dead for several weeks. Lava is mostly flowing at the tip of the large coastal delta where prominent cracks can be observed in the surface. They suggest instability and an increased potential for larger collapse events. It should be noted that the current lava entry makes it difficult to take photos from the land. The approach from the sea is far more favourable to photography. Several agencies in Hilo sell such trips to the tourists.

Webcam views of the 61g flow field show continuing but apparently decreased surface flow activity noted in previous days from breakouts closer to Pu’uO’o and at the base of the pali.

Source: HVO.

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Le lac de lave est parfaitement visible depuis la terrasse du Jaggar Museum.

(Image webcam HVO)

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Coulée sur le flanc E du Pu’uO’o (Crédit photo: HVO)

Le GPS et la surveillance volcanique // GPS and volcano monitoring

drapeau-francaisLe GPS (Global Positioning System) fait aujourd’hui partie de notre vie quotidienne. Beaucoup de gens en possèdent au moins un exemplaire, que ce soit dans leur smartphone (téléphone intelligent) ou dans leur voiture
Le GPS est également devenu un outil indispensable dans la surveillance volcanique. La Grande Ile d’Hawaii a été dotée d’un réseau de plus de 60 stations GPS conçues pour la recherche scientifique et exploitées par le personnel de l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO). Ces stations sont utilisées pour contrôler les mouvements du sol et détecter ce qui se passe à l’intérieur et autour des volcans hawaïens.
En effet, lorsque le magma s’accumule dans le système d’alimentation d’un volcan, il fait monter la pression dans la chambre magmatique, ce qui provoque une inflation de l’édifice volcanique. A l’inverse, lorsque le magma s’évacue de la chambre (lors d’une éruption, par exemple), on enregistre une phase de déflation de l’édifice.
En mesurant le mouvement des stations GPS par rapport au réservoir magmatique, les scientifiques du HVO peuvent estimer la quantité de magma qui se déplace à l’intérieur et à l’extérieur du système d’alimentation. Avec un réseau dense de capteurs fournissant des données en continu, ils peuvent également détecter les changements susceptibles d’indiquer une ascension du magma vers la surface.
Les données GPS sont cruciales pour mesurer d’autres phénomènes volcaniques. Par exemple, elles sont utilisées pour contrôler le flanc sud du Kilauea et son mouvement vers l’océan, un processus qui crée des contraintes pouvant provoquer des séismes. Les grands séismes entraînent également des déplacements du sol qui peuvent être mesurés avec des GPS de qualité scientifique.
L’instrumentation dans une station GPS scientifique utilise les mêmes signaux qu’un smartphone ou un GPS automobile. Cependant, il y a deux différences importantes. Tout d’abord, les GPS scientifiques sont immobiles. Les antennes GPS à Hawaii sont solidement arrimées, étant donné que leur fonction est de mesurer les mouvements du sol proprement dit.
La seconde différence est la façon dont le HVO analyse les signaux GPS. Les instruments envoient des données via des liaisons sans fil au HVO où les scientifiques calculent les positions à l’aide d’une méthode beaucoup plus précise que celle dont dispose un appareil portatif. En fin de compte, les scientifiques obtiennent des positions précises à quelques millimètres près. Cela signifie qu’ils peuvent détecter des modifications très faibles et très lentes dans la morphologie du terrain.
Les GPS scientifiques fournissent également des mesures précises pour des mouvements du sol importants et rapides, comme ceux qui se produisent avant et pendant une éruption ou une intrusion magmatique.
Les évolutions récentes dans les techniques de traitement de données GPS scientifiques ont élargi leur champ d’applications. Elles sont capables de fournir des mises à jour seconde par seconde sur les mouvements du sol et calculer ces derniers en temps réel, ou quelques secondes seulement après leur collecte.

Même si les données GPS en temps réel ont une précision inférieure aux données GPS calculées sur une journée entière, elles peuvent détecter de manière fiable les mouvements du sol d’environ 5 cm, et des améliorations sont en cours pour augmenter cette précision.

Dans les jours, les heures et les minutes qui précèdent une éruption, la rapidité du HVO pour déterminer la direction empruntée par le magma devient essentielle. Plus grande sera la vitesse de réaction des scientifiques et plus précises seront les données fournies par les instruments, plus vite ils pourront informer et fournir des conseils à la Protection Civile et à la population sur le lieu et l’impact possible de l’éruption.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisThe Global Positioning System (GPS) has become part of everyday life. Many people have it in their cell phones or in their cars

GPS has also become an indispensable tool in volcano monitoring. Hawaii Big Island has been equipped with a network of over 60 scientific-grade GPS stations operated by scientists at the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO). They are used to monitor ground motion and detect what is happening inside and around Hawaiian volcanoes.

Indeed, as magma accumulates in a volcano’s plumbing system, it increases the pressure in the magma chamber, which pushes the ground outward. On the contrary, when magma leaves the chamber (during an eruption, for instance), the ground is drawn back inward.

By measuring the motion of GPS instruments toward and away from the magma reservoir, HVO scientists can estimate how much magma is moving in and out of the system. With a dense network of sensors and continuous data, they can also detect changes that might indicate magma movement toward the surface.

GPS data are also crucial for measuring other phenomena on the volcano. For example, GPS data are used to monitor the movement of Kilauea’s south flank toward the ocean, a process that creates stresses that can lead to earthquakes. Large earthquakes also produce permanent ground displacements that can be measured with scientific-grade GPS.

The instrumentation in a scientific GPS station utilizes the same signals as a cell phone or car navigation system. However, there are two key differences. First, scientific GPS instruments are not moved around. GPS antennas are tightly fixed to the ground, because their purpose is to measure the motion of the ground itself.

The second difference is the way HVO analyzes signals from GPS satellites. The instruments send data via wireless links to HVO, where scientists calculate positions by using a method which is far more accurate than a hand-held device can provide. In the end, they obtain positions precise to several millimetres. This means they can track very small and slow changes in the shape of the ground.

Scientific GPS also provides accurate measurements of large, fast motions, like those that occur before and during an eruption or intrusion.

Recent developments in data processing techniques have extended the use of scientific GPS data to provide second-by-second updates in ground position and to calculate these in “real-time,” or within seconds of data collection.

While “real-time” GPS has lower accuracy than GPS positions calculated over an entire day, they can now reliably detect motions of about 5 cm, and improvements are in progress to increase this accuracy. In the days, hours, and minutes leading up to an eruption, the speed at which HVO can determine where magma might be headed becomes critical. The more accurately and quickly scientists can get this information, the faster they can provide guidance to emergency managers and the public about possible eruption locations and impacts.

Source : USGS / HVO.

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Ce graphique – rafraîchi quotidiennement – montre les modifications de distance entre les deux stations GPS (carrés verts sur la carte) situées de part et d’autre de la caldeira du Kilauea.