Un nouveau lac bientôt dans le nord de l’Islande? // A new lake soon in northern Iceland?

drapeau francaisL’éruption dans Holuhraun va-t-elle avoir pour conséquence cet été la formation d’un nouveau lac dans les hautes terres du nord? C’est ce que pensent les scientifiques. En effet, lorsque l’eau de fonte du glacier Vatnajökull s’écoulera dans le lit de la Jökulsá á Fjöllum, elle fera monter considérablement le niveau de la rivière. La lave de l’éruption dans l’Holuhraun – qui couvre une superficie d’environ 85 kilomètres carrés – a bloqué plusieurs bras de Jokulsá qui a déplacé son lit vers l’est. Le Met Office islandais indique que le débit de la rivière en été est en moyenne d’environ 800 mètres cubes par seconde, soit près de cinq fois le débit moyen en hiver (150 m3 par seconde seulement).
Le nom à donner au nouveau lac sera du ressort de Skútustaðahreppur, près du Lac Myvatn, étant donné que le site de l’éruption se trouve dans la partie méridionale de cette municipalité.
La municipalité devra également donner un nom au nouveau champ de lave ainsi qu’aux cratères qui se sont formés pendant l’éruption. Jusqu’à présent, le plus grand cratère, qui était aussi le plus actif, a été baptisé Baugur (le Cercle) tandis que les plus petits ont reçu simplement les noms de Suðri (Sud) et  Norðri (Nord).
Source: Iceland Review.

 ————————————————–

drapeau anglaisWill the eruption in Holuhraun cause a new lake to appear in the northeastern highlands this summer? This is what scientists believe. Indeed, when the melt-water from Vatnajökull glacier will flow into Jökulsá á Fjöllum, it will make the river far more voluminous. The new lava from the Holuhraun eruption – which covers an area of about 85 square kilometres – has blocked some of the river’s waterways, pushing the river eastwards. The Icelandic Met Office indicates that the river’s water flow in summer is 800 cubic metres per second on average, almost five times the average flow in the winter, or 150 m3/s.

The naming of the new lake will be in the hands of the municipality Skútustaðahreppur, by Lake Mývatn, as the eruption site is in the southernmost part of the municipality.

The municipality is also responsible for naming the new lava, along with the craters. Until now the biggest crater which was the most active has been called Baugur (the circle) and the smaller ones, Suðri and Norðri (South et North).

Source: Iceland Review.

Jokulsa-blog

La lave de l’Holuhraun a poussé vers l’est le lit de la Jökulsá á Fjöllum  (Crédit photo:  Iceland Review)

Imbécilités extrêmes en Islande // Extreme idiotic adventures in Iceland

drapeau francaisUn article sur le site Iceland Review a pour titre: «Les touristes sont invités à respecter les dangers de l’Islande ». En effet, on a vu récemment des touristes se mettre en danger, par exemple sur le lagon glaciaire de  Jökulsárlón et la plage de Reynisfjara ; les vitres des voitures ont volé en éclats quand d’autres imprudents ont tenté de conduire dans l’Öræfasveit pendant une violente tempête.

« Extrême » est devenu un mot à la mode et il semble que beaucoup de gens aient décidé de devenir des « imbéciles extrêmes » en mettant leur vie et celle des sauveteurs en danger. Voici quelques exemples.

Des secouristes ont été appelés le 25 février pour intervenir auprès de deux groupes de voyageurs surpris par de très mauvaises conditions météorologiques:

Deux hommes se sont perdus au nord du Mýrdalsjökull, dans les hautes terres du sud de l’Islande. Une quarantaine de bénévoles ont participé aux opérations de secours. Un hélicoptère des gardes-côtes a également été appelé et est arrivé sur place peu de temps après que les hommes aient été retrouvés.

Des secouristes sur motoneiges sont intervenus auprès des trois touristes qui se trouvaient dans les hautes terres du nord, au sud de l’Eyjafjörður, près des lacs Urðarvötn. Les personnes en détresse ont pu être localisées grâce aux signaux envoyés par la balise SPOT dont elles étaient équipées. La visibilité était très mauvaise. Quelque 80 personnes ont participé à l’opération et d’autres bénévoles s’apprêtaient à participer aux recherches quand les hommes ont été retrouvés.

Des touristes ont été vus en train de quitter le sentier qui longe la chute d’eau de Gullfoss (le sentier dispose d’une corde de protection) et longer ensuite le rebord de la falaise au-dessus de la cascade. Ils ont ignoré les consignes de sécurité inscrites sur les panneaux. Ces personnes étaient en réel danger car les embruns de la chute d’eau se recouvrent d’une couche de glace sur les rochers qui descendent vers le bord du canyon. Le risque de chute est évident et, si cela arrive, la chute dans le canyon peut virer au drame. La situation est aggravée par le fait que la neige forme souvent des plaques à vent qui peuvent se rompre sans prévenir lorsque l’on marche dessus. En plus de cela, il y a souvent un fort vent dans le canyon et les rafales peuvent déséquilibrer les gens qui viendraient s’y aventurer.

D’autres touristes se sont mis en danger en grimpant sur les icebergs du Jökulsárlón, le lagon glaciaire au sud de l’Islande. Les blocs de glace peuvent se retourner brusquement et envoyer leurs occupants dans l’eau glacée. Un photographe islandais a pris des photos de personnes sur les icebergs alors que leurs enfants étaient restés sans surveillance. On a vu un homme parcourir 300 mètres sur la glace pour prendre des photos. Le photographe islandais a posté les images sur sa page Facebook avec le message suivant: « Dédié aux idiots qui risquent leur vie et celle de leurs enfants en s’aventurant sur la glace du Jökulsárlón. Et bien sûr aux parents qui laissent leurs enfants sans surveillance! « 

Un guide a rencontré un couple de touristes qui avait failli se noyer sur la plage de Djúpalónssandur dans le Snæfellsnes, à l’ouest de l’Islande. Ils étaient trempés jusqu’aux os et en état de choc. Une vague les avait happés alors qu’ils se trouvaient sur la plage et avait entraîné la femme dans la mer. Heureusement son petit ami était un bon nageur car il travaille comme sauveteur en Espagne. Il a réussi à la sauver. Plus tard ce même jour, un couple a été surpris par une autre vague. Ils ont réussi à atteindre le rivage avant l’arrivée de la vague suivante. Les touristes ne sont pas habitués à des conditions telles que celles de Djúpalónssandur et il est vrai aussi que la plage devrait être dotée de panneaux avertisseurs de danger. Les forts courants et les vagues sont extrêmement dangereux et peuvent propulser des gens dans la mer sans prévenir.

 ———————————————–

drapeau anglaisAn article on the Iceland Review website is entitled: “Tourists Asked to Respect Iceland’s Dangers”. Indeed, there have been recent news stories about tourists putting themselves in danger, for example at the Jökulsárlón glacial lagoon and Reynisfjara beach, as well as car windows being smashed as tourists attempted to drive in Öræfasveit during a severe storm.

“Extreme” has become a fashionable word and it seems many people have decided to become “extreme” idiots by putting their lives and the rescuers’ lives at stake. Here are a few examples.

Search and rescue associations were called out on February 25th to track down two groups of travellers in dismal weather conditions; two men who were located north of Mýrdalsjökull in the southern highlands and three others who were travelling the northern highlands. All men were found before midnight. Approximately 40 search and rescue volunteers took part in the search in the southern highlands. A Coast Guard helicopter was called out too and arrived at the scene shortly after the men had been found.

Search and rescue squad members on ski-doos found the three tourists who were located in the northern highlands south of Eyjafjörður by the Urðarvötn lakes because of signals sent by a SPOT Personal Tracker the men carried. The visibility was extremely bad. Around 80 people were involved in the operation and more volunteers were getting ready to join the search when the men were found.

Tourists have been seen leaving the pathway next to Gullfoss waterfall – a footpath which is marked with a rope fence – and all the way to the cliff edge above the waterfall. They took no notice of the warning signs. These people were in very clear danger as the spray from the waterfall is constantly creates an icy sheet across the rocks sloping down to the canyon edge. It is very easy for people to miss their footing and if that happens, it is very likely they will not be able to stop themselves falling over the edge. The situation is made worse by the fact that there are often snow overhangs at the edge which can break and fall with little warning when walked on. In addition to this, there is often strong wind in the canyon and gusts can easily push people off balance.

Tourists were found putting themselves in grave danger by climbing onto the icebergs in Jökulsárlón glacial lagoon. The ice can flip over without warning, leaving anyone standing on the ice to potentially plunge into the ice-cold lagoon. An Icelandic photographer took pictures of people climbing onto the ice while leaving their children unsupervised. A man was seen walking out 300 meters on the ice to take photos. The photographer posted the images on his Facebook page with the following message: “Dedicated to the idiots who risk their lives and their children by venturing onto the ice at the Jökulsárlón. And of course to the parents who left their children unsupervised!”

A tour guide en­coun­tered a cou­ple of tourists at Djú­palónssan­dur beach in Snæfell­snes, West Ice­land, who had come close to drown­ing. They were soak­ing wet and ob­vi­ously in shock. A wave had caught them while they were stand­ing at the beach and car­ried the woman out to sea. For­tu­nately her boyfriend was a good swim­mer and works as a life­guard in Spain. He man­aged to save her. Later that day, an­other cou­ple was caught by a wave. They man­aged to crawl back to land be­fore the next wave hit. Tourists are not used to con­di­tions such as ones in Djú­palónssan­dur and the beach lacks a warn­ing sign. The strong cur­rents and waves are ex­tremely dan­ger­ous, and can grab peo­ple out to sea with­out any no­tice.

Islande blog 09

Le Jokulsarlon n’est pas un terrain de jeux !  (Photo:  C.  Grandpey)

Après l’éruption dans l’Holuhraun (Islande) // After the eruption in Holuhraun (Iceland)

drapeau francaisLe Conseil consultatif scientifique s’est réuni hier avec des représentants de la Protection Civile islandaise, l’Agence de l’Environnement et la Direction des services sanitaires afin de discuter de la situation sur le site de l’Holuhraun.
Avec la confirmation que l’éruption a pris fin le 27 février, les scientifiques sont en train d’analyser les données et d’examiner le site éruptif afin de réévaluer le niveau de danger pour la région environnante.
L’activité sismique sur le Bárðarbunga continue de diminuer. Un seul séisme supérieur à M 2,0 a été enregistré depuis le 28 février. Au total, une soixantaine de secousses ont été détectées autour de la caldeira durant cette période.
Environ 120 tremblements de terre ont été détectés le long du dyke qui relie le volcan sous-glaciaire à l’Holuhraun pendant la même période. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 1,6 dimanche dernier. On observe une certaine hausse d’activité le long du dyke, probablement en raison d’une diminution de la pression.
Trois séismes ont été détectés autour du glacier Tungnafellsjökul, une trentaine autour du Herðubreið et deux dans le secteur du Grímsfjall. Tous ces événements se situaient en dessous de M 2.0.
La pollution par les gaz volcaniques est toujours présente sur et autour du champ de lave et va probablement se propager dans les zones à proximité du site de l’éruption. Les émissions de gaz seront étroitement surveillées et des bulletins seront émis si nécessaire.
Source: Iceland Review.

 ———————————————-

drapeau anglaisThe Scientific Advisory Board met yesterday with representatives of the Icelandic Civil Protection, the Environmental Agency of Iceland and the Directorate of Health to discuss the situation at the Holuhraun eruption site.

Confirming that the volcanic eruption in Holuhraun came to an end on February 27th, scientists are now analyzing data and examining the eruption site to reassess the hazard assessment for the surrounding area.

Seismic activity in Bárðarbunga volcano continues to diminish. Only one earthquake stronger than M 2.0 was measured since February 28th.  In total around 60 quakes were detected around the caldera in the period.

Around 120 earthquakes were detected in the intrusive dike, connecting the sub-glacial volcano with Holuhraun, during the same period. The strongest measured M 1.6 last Sunday. Slightly high activity is now being measured in the dike, most likely due to decreased pressure.

Three earthquakes were detected around Tungnafellsjökul glacier, about 30 earthquakes around Herðubreið mountain and two at Grímsfjall mountain. All of these earthquakes were Below M 2.0.

Volcanic gas pollution is still being detected over and around the lava field and is expected to be carried to areas in the vicinity of the eruption site. Gas emissions will be monitored closely and forecasts issued if needed.

Source : Iceland Review.

Holuhraun-blog

Holuhraun:  C’était plus beau pendant l’éruption!  (Crédit photo: Met Office / Gísli Gíslason – 27 février 2015).

Prévoir la durée d’une éruption, ça sert à quoi? // What’s the point of predicting the duration of an eruption?

Comme je l’ai écrit précédemment, le volcanologue islandais Haraldur Sigurðsson avait vu juste en prévoyant  la fin de l’éruption dans l’Holuhraun le 4 mars 2015. La lave a cessé de s’écouler le 28 février. La marge d’erreur est donc très faible.

On peut toutefois se poser la question : Prévoir la durée d’une éruption effusive, ça sert à quoi ? A mon avis, à pas grand-chose dans le cas de l’éruption islandaise ! Il n’y avait aucun danger immédiat vu que l’effusion de lave avait lieu en plein désert. Par contre, si le raisonnement de Sigurðsson était valable pour tous les volcans effusifs, on pourrait essayer de prévoir la longueur empruntée par les coulées et voir si la lave menace des zones habitées. Toutefois, une telle prévision exige certaines conditions. Elle suppose de connaître le volume de lave stockée dans le réservoir magmatique ainsi que le débit effusif – en supposant qu’il est constant – comme ce fut le cas avec la source sur le Barðarbunga. Il faudra voir si la prévision de Sigurðsson peut s’appliquer à un autre volcan islandais du même type, le Krafla par exemple.

Si les paramètres ci-dessus avaient été connus lors de l’éruption du Fogo, on aurait pu savoir si d’autres villages étaient sous la menace des coulées. Malheureusement, le Pico do Fogo ne bénéficie pas de la même surveillance que ses homologues islandais.

Je pense que la prévision de Sigurðsson ne peut s’appliquer qu’à des volcans dont la chambre magmatique est de taille modeste. Il n’est pas certain qu’en 1983 les scientifiques américains auraient pu prévoir que l’éruption du Kilauea durerait plus de 30 ans !

La prévision de Sigurðsson peut-elle être tentée sur l’Etna ? A voir ! Dans le cas du volcan sicilien, des villages sont susceptibles d’être menacés par la lave, comme Zafferana Etnea en 1991-1993. Connaître la durée possible de l’éruption pourrait permettre de prendre les mesures nécessaires, mais l’Etna est un volcan assez complexe qui a déjà déjoué à plusieurs reprises les pronostics des scientifiques de l’INGV et d’ailleurs. En plus, sa morphologie n’a rien à voir avec celle des volcans islandais.

Plus que la durée de l’éruption, il serait utile de savoir où, quand et comment elle va débuter, ce que n’ont pas su faire les volcanologues islandais. La sortie de lave dans l’Holuhraun ne faisait pas partie des hypothèses les plus probables à la fin du mois d’août 2014.

Etna-coulee-blog

Pourrait-on prévoir la durée d’une émission de lave sur l’Etna?  (Photo:  C.  Grandpey)