Datation d’une éruption du Katla (Islande) // Dating of an eruption of Katla Volcano (Iceland)

Une équipe internationale de chercheurs a réussi à dater une éruption majeure du Katla (Islande) avec une marge d’erreur de quelques mois. L’éruption, qui est la plus ancienne à avoir été datée avec précision dans les hautes latitudes septentrionales, a eu lieu peu de temps avant l’implantation des premières colonies humaines, à une époque où certaines parties de l’île étaient encore couvertes de forêts.
L’équipe scientifique, qui comprenait des volcanologues, des climatologues, des géographes et des historiens, a utilisé un ensemble de données scientifiques et historiques pour situer la date de l’éruption du Katla entre la fin de l’année 822 et le début de l’année 823, quelques décennies avant l’arrivée des premiers colons. Les résultats de leur travail ont été publiés dans la revue Géology.
De la même façon que les fossiles peuvent être utilisés pour comprendre le développement et l’évolution de la vie sur Terre, différents types de preuves environnementales peuvent être utilisés pour comprendre comment était le climat sur Terre dans le passé et pour quelles raisons. Les cernes des troncs d’arbres et les carottes de glace permettent aux scientifiques de déterminer les conditions climatiques du passé et d’améliorer notre compréhension de l’interaction entre les humains et l’environnement il y a des centaines ou des milliers d’années.
Actuellement, la majeure partie de l’Islande est dépourvue de forêts. Cependant, avant l’arrivée des premiers colons à la fin du 9ème siècle, elles occupaient probablement une vaste partie du pays. Les premiers colons ont éliminé la plupart des arbres sur l’île pour établir une société basée sur l’agriculture et les arbres ne se sont jamais réapparus. En 2003, une crue de printemps de la rivière Thverá a mis à jour des centaines de troncs de bouleaux qui étaient restés enfouis pendant des siècles sous des couches de dépôts volcaniques. Cette forêt – dite de Drumbabót – est la forêt préhistorique la mieux préservée en Islande, après avoir été victime d’une éruption du Katla.
L’équipe scientifique qui a effectué l’étude avait indiqué précédemment qu’en 775 une grande éruption solaire avait provoqué une hausse brutale du niveau de carbone 14 dans l’atmosphère terrestre, susceptible d’être stockée dans le bois des arbres présents à l’époque. En mesurant le niveau de carbone 14 dans l’un des arbres de la forêt de Drumbabót, les chercheurs ont pu localiser l’année 775 dans les cernes des troncs d’arbres et compter, en allant vers l’écorce, le nombre d’années jusqu’à l’éruption du Katla qui avait signé l’arrêt de mort de ces arbres. Le cerne le plus extérieur était complètement formé et un nouveau n’était pas encore apparu, ce qui signifie que l’éruption s’est produite après l’automne 822 et avant le printemps 823, avant que la croissance de l’année suivante ait commencé. L’Islande n’a été colonisée que vers 870 ; cette forêt a donc été détruite près d’un demi-siècle avant l’arrivée des humains.
A côté du travail scientifique, l’équipe de chercheurs a également pris en compte les recherches des historiens qui ont analysé des preuves documentaires écrites en provenance d’Europe et d’Asie et ont constaté qu’il y avait eu un épisode de froid intense correspondant au moment de l’éruption du Katla.
Source: Université de Cambridge.

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An international group of researchers has dated a large eruption of Katla volcano in Iceland to within a few months. The eruption, which is the oldest volcanic eruption to be precisely dated at high northern latitudes, occurred shortly before the first permanent human settlements were established, when parts of the now mostly treeless island were still covered with forest.

The team, which included volcanologists, climatologists, geographers and historians among others, used a combination of scientific and historical evidence to pinpoint the eruption date of the Katla volcano between late 822 and early 823, decades before the earliest settlers arrived. Their results are reported in the journal Geology.

In a similar way to how fossils can be used to understand the development and evolution of life on Earth, different types of environmental evidence can be used to understand what the Earth’s climate was like in the past and why. The ‘fingerprints’ contained in tree rings and ice cores help scientists to estimate past climatic conditions and extend our understanding of the interaction between humans and the environment hundreds and thousands of years back in time.

Currently, Iceland is for the most part treeless. However, before the first permanent settlers arrived in the late 9th century, it was most likely covered by extensive woodland. Early settlers harvested most of the trees they found on the island to establish an agricultural-based society, and the trees never recovered. In 2003, a spring flood of the Thverá River exposed hundreds of birch trees which had been buried for centuries beneath layers of volcanic sediment. The so-called Drumbabót forest is the best-preserved prehistoric forest in Iceland, and had been buried by an eruption of the nearby Katla volcano.

The team behind the current study have previously confirmed that in 775, a large solar flare caused a spike in radiocarbon levels in the Earth’s atmosphere, which would be stored in the wood of trees that were alive at the time. By measuring the radiocarbon levels in one of the Drumbabót trees, the researchers were able to pinpoint the year 775 in the tree rings, and measure outward to the bark to count the number of years to the Katla eruption, when the tree died. The outermost tree ring had completely formed and a new one had not yet started, meaning that the eruption occurred after autumn 822 and before spring 823, before the next year’s growth had begun. Iceland was not settled until around 870, so this particular forest was destroyed almost half a century before humans arrived.

In addition to the scientific results, the team also involved historians who analysed written documentary evidence from Europe and Asia, and found that there was a severe cold spell consistent with the timing of the reconstructed Katla eruption.

Source: University of Cambridge.

La dendrochronologie permet de déterminer l’âge des arbres et de dater certains événements naturels.

La Nature ne doit pas faire les frais du tourisme de masse // Nature should not be the victim of mass tourism

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, des hordes de touristes ont envahi l’Islande ces dernières années et beaucoup d’entre eux ne respectent pas la Nature fragile de ce pays. Par exemple, les gens ont « écrit » sur une colline à côté de Nesjavallaleið dans le sud de l’Islande. Ils l’ont fait en arrachant la mousse qui ne repoussera pas avant des décennies. Ce type de vandalisme est en hausse ces dernières années, et d’autres mots sont «imprimés» dans la mousse. Les derniers sont «LIFE» et «send nudes» – envoyez des nus. .
Le problème est qu’il existe un effet de groupe chez les gens qui se comportent comme des moutons de Panurge. Si une personne commence à faire quelque chose, d’autres sont tentées de l’imiter. La conduite hors piste, interdite en Islande, en est une preuve. Si une voiture pratique le hors piste en laissant des traces de roues, d’autres touristes pensent pouvoir faire la même chose. En Islande, il va falloir prendre des mesures avant que le vandalisme ne devienne une mode. Beaucoup de gens pensent que tout est permis en Islande. Plusieurs guides ont été choqués par le comportement de nombreuses personnes qui ne respectent pas la Nature. Il y a quelques semaines, un touriste chinois a déféqué à l’extérieur d’une habitation et a trouvé parfaitement normal de laisser le papier toilette sur place. D’autres touristes ont fait de même dans l’espace vert autour d’une école. (15 toilettes viennent d’être installées dans différents sites touristiques du pays, ce qui n’embellira guère le paysage!). Des touristes étrangers ont été vus en train de taguer les murs d’une ferme déserte. Quand on leur a demandé ce qu’ils faisaient, ils ont répondu que c’était de l’art.
On pourrait également mentionner les touristes inconscients qui risquent leur vie en marchant sur les icebergs de Jokulsarlon ou ceux qui se sont fait emporter par des vagues et sont morts sur les plages sur la côte sud de l’Islande.

Le tourisme de masse est louable en soi. Cela montre que de plus en plus de gens ont les moyens financiers de découvrir notre belle planète. En revanche, il y a le revers de la médaille et, contrairement à ce que dit le proverbe, abondance de biens peut parfois nuire !
Adapté d’un article paru dans Iceland Review.

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As I put it several times, hordes of tourists have been invading Iceland in recent years and many of them do not respect the fragile Nature of this country. For instance, people have been “writing” on a hill by Nesjavallaleið in South Iceland. They do this by tearing up the moss, which can easily take decades to grow back. This kind of vandalism has been increasing in recent years, with more words being ‘printed’ in the moss. The last ones are ‘LIFE’ and ‘send nudes’. .

The problem is that there is a strong herd mentality in people. If someone starts doing something, others are tempted to imitate him. Off road driving, which is illegaln is a proof of this. If one car drives on and there are tracks, others believe they can do the same. In Iceland, it is important to do something before vandalism becomes a trend. Many people believe everything is allowed in Iceland. Several tour guides were shocked by the behaviour of many people who don’t respect nature. A few weeks ago, a Chinese tourist was pooping outside and didn’t see anything wrong with leaving the toilet paper. More tourists have done the same on the lawn close to a school.  (15 toilets have just been set up in different tourist sites around the country, which is not positive for the landscape). Foreign tourists were seen spray-painting a deserted farm. When they were asked what they were doing, they said it was art.

One could also mention reckless tourists who risked their lives when stepping on the icebergs in Jokulsarlon or who were swept away by the waves and died on beaches on Iceland’s south coast.

Mass tourism is commendable in itself. It shows that more and more people have the financial means to discover our beautiful planet. On the other hand, there is the other side of the coin and, contrary to what the proverb says, an abundance of goods can sometimes harm!

Adapted from an article in Iceland Review.

La mousse est très belle, mais aussi très fragile , en Islande.

(Photo: C. Grandpey)

 

Nouvelle étude sur l’impact sanitaire de l’éruption dans l’Holuhraun (Islande) //A new study of the health impact of the Holuhraun eruption (Iceland)

Une nouvelle étude de l’éruption dans l’Holuhraun (Islande) a révélé un risque sanitaire non détecté à l’époque, dû à la forte concentration de particules fines découvertes dans un deuxième panache volcanique.
Une équipe de scientifiques de l’Université de Leeds a étudié l’évolution de la chimie du panache émis lors de l’éruption de l’Holuhraun (Islande) en 2014-2015 et a découvert l’existence d’un deuxième type de panache qui a eu une incidence sur la qualité de l’air.
Ce deuxième panache a atteint les villes islandaises bien après que l’alerte sanitaire provoquée par le panache initial ait été levée. L’analyse de ce deuxième panache, baptisé ‘plumerang’, a révélé que le soufre émis par le volcan avait évolué de l’état de gaz à celui de particule lors de son séjour dans l’atmosphère. Cette évolution signifie que les niveaux de dioxyde de soufre (SO2) à l’intérieur du ‘plumerang’ étaient faibles et entraient dans les normes de qualité de l’air définies par la Commission Européenne ; il n’y avait donc pas lieu d’émettre un message d’alerte sanitaire. Cependant, les échantillons examinés par les scientifiques de l’Université de Leeds montrent que ce deuxième panache était relativement riche en particules fines contenant de fortes concentrations d’acide sulfurique et d’éléments traces métalliques. Les concentrations de ces derniers ne se sont pas réduites au cours de l’évolution du panache et on y relève des métaux lourds que l’on trouve habituellement dans la pollution de l’air d’origine anthropique. Ils provoquent des effets néfastes sur la santé. Pendant au moins 18 jours pendant l’éruption de 6 mois, le ‘plumerang’ a envahi Reykjavík, alors que les bulletins officiels ne faisaient état d’aucun panache.

Les particules fines détectées dans le ‘plumerang’ sont de si petite taille qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et causer de graves problèmes de santé, comme l’intensification des crises d’asthme. On estime que l’exposition à court et à long terme à ce type de particules fines provenant aussi bien de sources humaines que naturelles, provoque plus de trois millions de décès prématurés par an et reste le risque sanitaire environnemental le plus important en Europe. Les personnes vivant à Reykjavik ont ​​fait état d’une sensation de brûlure dans la gorge et les yeux alors que les niveaux de SO2 étaient officiellement dans les limites acceptables de qualité de l’air, mais également au moment où le ‘plumerang’ riche en particules se trouvait sur la ville.
Au cours de l’éruption qui a duré de six mois, les prévisions quotidiennes du Met Office islandais sur la dispersion du panache éruptif ne prenaient en compte que les concentrations de SO2 dans le panache initial. Le ‘plumerang’ n’entrait pas dans le cadre de la surveillance de la pollution atmosphérique volcanique.
L’étude, publiée dans Earth and Planetary Science Letters, recommande que, lors de futures éruptions riches en gaz, les panaches initiaux et les ‘plumerangs ‘ soient pris en compte lors de la prévision de la pollution atmosphérique, de la dispersion et de la trajectoire du panache. L’éruption dans Holuhraun a provoqué l’un des événements de pollution volcanique les plus intenses et les plus étendus depuis des siècles. On estime que la quantité de dioxyde de soufre rejetée dans l’atmosphère était environ deux fois supérieure à celle de l’ensemble des émissions de SO2 générées par l’espace économique européen pendant un an.
Source: Université de Leeds et presse scientifique.

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A new study of the Holuhraun eruption (Iceland) has found a previously undetected potential health risk from the high concentration of small particles found in a boomerang-like return of a volcanic plume.

A team of scientists at the University of Leeds traced the evolution of the plume chemistry from the 2014-2015 Icelandic Holuhraun eruption and found a second type of plume that impacts air quality.

This second plume had circled back to Icelandic towns long after the health warning about the initial plume had been lifted. The return of this second, mature, plume, which was referred to as a ‘plumerang’, showed that the volcanic sulphur had undergone a gas-to-particle conversion by spending time in the atmosphere. This conversion meant that the sulphur dioxide (SO2) levels of the ‘plumerang’ were reduced and within the European Commission air quality standards and therefore there were no health advisory messages in place. However, samples showed that the mature plume was instead very rich in fine particles which contained high concentrations of sulphuric acid and trace metals. The concentrations of these trace metals did not reduce as the plume matured and included heavy metals found in human-made air pollution that are linked to negative health effects. On at least 18 days during the 6-month long eruption the ‘plumerang’ was in the capital city of Reykjavík, while the official forecast showed ‘no plume’.

The fine particles found in the ‘plumerang’ are so small they can penetrate deep into the lungs, potentially causing serious health problems such as exacerbating asthma attacks. It is estimated that short and long-term exposure to this type of fine particles, from both human-made and natural sources, cause over three million premature deaths globally per year and remains the single largest environmental health risk in Europe. People living in Reykjavik described a burning sensation in the throat and eyes when the SO2 levels would have been well within air quality standards but the particle-rich ‘plumerang’ would have been over the city.

During the six-month-long eruption, the Icelandic Meteorological Office’s daily forecasts of the plume dispersion accounted only for SO2 concentrations in the young plume. The mature plume was not forecast as part of volcanic air pollution monitoring.

The study, published in Earth and Planetary Science Letters, recommends that in future gas-rich eruptions both the young and mature plumes should be considered when forecasting air pollution and the dispersion and transport pattern of the plume. The Holuhraun eruption caused one of the most intense and widespread volcanogenic air pollution events in centuries. It is estimated that the amount of sulphur dioxide released into the atmosphere was roughly two times that of a yearly total of SO2 emissions generated by the European Economic area.

Source: University of Leeds and scientific press.

Source: Met Office islandais

 

Pas de camping sauvage dans le Parc du Vatnajökull (Islande) // No unauthorized camping in Vatnajökull National Park (Iceland)

Avec les hordes de touristes qui envahissent l’Islande, en particulier en été, les autorités sont confrontées à de plus en plus de problèmes. Ils concernent généralement la sécurité ou le non respect de la nature fragile de ce pays. Le camping sauvage arrive en première position. .
Ainsi, selon la loi islandaise, il est interdit de camper dans le Parc National de Vatnajökull, en dehors terrains de camping officiels. Cependant, chaque été, beaucoup de gens font fi de cette interdiction. Ce comportement vit probablement ses dernières heures.
Les rangers du Parc vont sillonner le Vatnajökull cet été et verbaliser ceux qui font du camping sauvage. Ils leur demanderont de quitter les lieux et de payer la somme qu’ils auraient déboursée pour passer la nuit dans l’un des campings officiels.
Parmi ceux qui pratiquent le camping en pleine nature, très peu restent sous des tentes. La plupart logent dans des camping-cars stationnés dans les parkings ou sur les bas-côtés. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de toilettes dans ces endroits. Les gens n’ont aucun scrupule à utiliser le côté de la route ou le parking à cet effet et à laisser leurs excréments derrière eux quand ils repartent le lendemain.
La plupart des gens disent que les tarifs des campings sont trop élevés et il leur semble normal de pouvoir camper gratuitement ailleurs. Certaines personnes affirment que les limites du Parc National ne sont pas indiquées, bien qu’il y ait beaucoup de panneaux.

Les gens doivent garder à l’esprit qu’il y va de leur responsabilité de savoir où ils peuvent camper et où ils ne peuvent pas.

Source: Iceland Review. .

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With hordes of tourists invading Iceland, especially in the summer, authorities are confronted more and more problems. They usually have to do with safety or the lack of respect of the country’s fragile Nature. Wilderness camping comes first in that respect.

According to the Icelandic law it is illegal to camp in Vatnajökull National Park, outside of camping areas. However, many people do this every summer. This behaviour is about to come to an end.

Park rangers will travel around Vatnajökull this summer and charge those who camp in no-camping areas. They will be asked to move away and forced to pay as much as they would pay for staying the night in one of the camping areas.

Among those who practice wilderness camping, very few are staying in tents. Most of them are in campers, staying in parking lots or in lay-bys. The problem is that there are no toilet facilities in these places. People use the side of the road or parking lot instead, leaving their excrement behind when they leave the next day.

Most people think the fee for the camping areas is too high, so they expect to camp for free. Others affirm it is not clear enough where the National Park ends, although there are plenty of signs. People should bear in mind that it is their responsibility to find out where they can camp, and where they can’t.

Source: Iceland Review.

Le Vatnajökull vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)