Sismicité islandaise // Seismicity in Iceland

L’activité sismique est relativement soutenue en Islande depuis quelque temps, avec plusieurs essaims dans la région du Bardarbunga. Certaines personnes pensent que cette sismicité pourrait être annonciatrice d’une éruption du volcan sous-glaciaire, mais rien ne s’est produit jusqu’à présent. En fait, cette sismicité a une origine tectonique et non volcanique. Le Bardarbunga présente une caldeira de 700 mètres, cachée sous la glace, avec deux fractures principales. La fracture de Veidivötn s’étend sur plus de 100 km au sud-ouest, presque jusqu’au Torfajökull, tandis que la fracture de Trollagigar s’étend sur 50 km vers le nord-est et l’Askja. Bien que la sismicité le long de ces fractures puisse être le signe d’une activité volcanique imminente, elle peut aussi avoir une origine purement tectonique, ce qui fut le cas pendant les dernières semaines.
Il faut se rappeler que l’Islande connaît une activité sismique presque constante car le pays se trouve sur la dorsale médio-atlantique. On enregistre environ 500 événements chaque semaine. La position de l’Islande à la limite entre les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine signifie que le pays se déchire lentement et des secteurs de la Zone sismique Sud-Islandaise pourraient un jour ou l’autre être secoués par un puissant séisme
Les plaques eurasienne et nord-américaine se déplacent au rythme d’environ 2,5 centimètres par an, ce qui correspond à environ 25 kilomètres sur un million d’années. Cette ligne de séparation entre les plaques tectoniques correspond également aux zones volcaniques de l’Islande qui connaît généralement deux types de séismes: ceux créés par l’activité volcanique et ceux générés par la libération des contraintes liées au mouvement des plaques tectoniques. D’autres types de séismes sont causés par des changements dans l’activité hydrothermale.
La Zone sismique Sud-Islandaise n’a pas de volcans actifs. C’est une faille transformante extrêmement active. Au fil du temps, les contraintes générées par les plaques tectoniques s’accroissent jusqu’au moment où cette énergie est libérée sous forme de séisme. C’est ce qui a provoqué certains des événements les plus catastrophiques de ce pays avec, en 1784, un séisme qui avait probablement une magnitude de M 7,1. En 1912, un autre séisme dans cette même Zone sismique Sud-Islandaise avait une magnitude de M 7,0. On craint qu’un autre puissant séisme affecte la région dans un proche avenir. Bien que les scientifiques affirment qu’ils pourront prédire un tel événement avec une « certitude considérable », ils indiquent aussi que la population n’aura qu’un préavis d’environ une heure. Autant dire que prévision et prévention sont inexistantes. Des séismes de cette ampleur sont censés se produire une fois tous les 100-150 ans et ils peuvent causer des dégâts considérables.

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Seismic activity has been quite intense in Iceland in recent days, with several swarms in the Bardarbunga area. Several people expressed fears of a possible eruption but nothing happened. Actually, this seismicity had a tectonic – and not volcanic – origin. Bardarbunga lies underneath Vatnajokull glacier, in the centre of the country. It contains a 700-metre caldeira, hidden beneath ice, covered in extensive flank fissures. The Veidivötn fissure extends for over 100km to the south west, almost reaching Torfajökull volcano, while the Trollagigar fissure extends 50km to the north east, towards the Askja volcano. Although seismicity along these fissures can be the sign of impending volcanic activity, they can also only have a tectonic origin, like during the past weeks.

One should remember Iceland is home to a near-constant stream of seismic activity; as it is perched atop the Mid-Atlantic Ridge. The nation experiences roughly 500 earthquakes every week.

While most of the tremors are small, Iceland’s position on the boundary between the Eurasian and North American tectonic plates means it is slowly being split apart, and areas in the South Iceland Seismic Zone could be due for a ‘Big One.’

The Eurasian and North American plates are drifting at a rate of roughly 2.5 centimetres per year, which translates to about 25 kilometres over the course of a million years. This boundary also lines up with Iceland’s volcanic zones. The overlap means Iceland typically experiences two different types of earthquakes: Quakes created by volcanic activity and quakes caused by the release of tension caused by the movement of the tectonic plates. Other types include quakes caused by changes in geothermal activity.

The South Iceland Seismic Zone has no active volcanoes within its breadth. It is a transform fault which is extremely active due to the drifting plates. Over time, tension in the region builds up until it is suddenly released, in the form of an earthquake. This has spurred some of the nation’s most catastrophic earthquakes. This includes a devastating quake in 1784 which scientists estimate had a magnitude 7.1. More than a century later, in 1912, another earthquake in the Southern Seismic Zone shook the region, with a 7.0 magnitude.

Many suspect another large earthquake could hit the area within the foreseeable future.

While scientists believe they would be able to predict such an event with ‘considerable certainty,’ they say citizens would only have about an hour’s notice. Quakes of this magnitude are believed to hit once every 100-150 years, and could cause significant damage.

La faille d’Almannagja à Thingvellir est le parfait exemple de la zone de fractures qui tranche l’Islande du sud-ouest au nord-est. Un géant capable d’enjamber la faille aurait un pied sur la plaque nord-américaine et l’autre sur la plaque eurasienne (Photo :C. Grandpey).

 

L’Islande et les effets du réchauffement climatique // Iceland and the effects of climate change

Les effets du changement climatique et du réchauffement de la planète affectent profondément la nature islandaise depuis une trentaine d’années, avec une forte augmentation de la végétation. Il faut s’attendre à de nouveaux changements avec la hausse des températures.
Les effets du réchauffement climatique sur la nature islandaise sont visibles sur la végétation verte qui a augmenté de 80% au cours des 30 dernières années. L’effet est particulièrement visible dans le sud, l’ouest et le nord-ouest de l’Islande, un peu moins dans l’est et le nord-est.
La surface occupée par les forêts de bouleaux s’est accrue de 9% depuis 1990. La plus forte augmentation a lieu dans les secteurs où les températures ont connu la plus forte hausse. La croissance moyenne d’un bouleau est 8 fois plus rapide aujourd’hui qu’elle ne l’était en 1970, et il en va de même pour la plupart des plantes.
Les biologistes et les pêcheurs en rivière sont préoccupés par l’effet du changement climatique sur le saumon de l’Atlantique Nord qui remonte dans les rivières islandaises. La hausse des températures pourrait affecter le retour des jeunes saumons quand ils quittent l’océan pour rejoindre les rivières. Biologistes et pêcheurs sont encore plus préoccupés par la truite et l’omble chevalier. L’omble chevalier est répandu en Islande, mais la population a diminué rapidement alors que celle de truites fario tend à augmenter. Cette dernière a tendance à remplacer l’omble dans les rivières islandaises car il préfère une eau froide alors que la truite se satisfait de températures plus élevées.
Le réchauffement climatique provoque des changements drastiques dans le domaine des terres cultivables. Les agriculteurs se réjouissent de ce changement, mais les scientifiques s’inquiètent car la nature est en train de perdre un de ses écosystèmes, un type de landes baptisé rústamýri par les Islandais. Leur surface diminue considérablement et elles auront probablement disparu au cours des prochaines décennies si le changement climatique se poursuit.

A côté de la végétation, d’autres effets du changement climatique concernent les glaciers islandais. Des observations récentes ont révélé qu’ils couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres.

Un effet non négligeable de la fonte des glaciers en Islande est une hausse du niveau des terres car la pression glaciaire diminue. Des chercheurs ont récemment observé le même phénomène au Groenland et ils l’attribuent à la réaction du manteau terrestre qui se trouve sous la croûte, à la verticale des zones concernées. Ce phénomène peut modifier le littoral et avoir un effet sur l’érosion de la mer. Ainsi, le port de Höfn, dans le sud de l’Islande, devient de moins en moins profond suite au recul du glacier Vatnajökull, ce qui rendra problématique l’entrée des bateaux dans le port. Le phénomène est moins apparent au Groenland car la mer est profonde le long des côtes.

Source : Iceland Review.

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The effects of climate change and global warming have been clearly seen on Icelandic nature over the last 30 years, with much increase in vegetation. More great changes are expected with the average temperatures on the rise.

One of the effects of global warming on Icelandic nature can be observed on green vegetation which has increased 80% in the last 30 years. The effect is most visible in South, West and North West Iceland, less in East and North East.

Birch forests have expanded 9% since 1990. The greatest expanse is where the temperatures have risen the most. The average growth of a birch tree is 8 times faster now than it was in 1970, and the same goes for most plants.

Biologists and anglers are both worried about the effect on the big North Atlantic salmon that lives in Icelandic rivers. Increased temperatures might affect the return of the salmon from the ocean to the rivers when it has reached puberty. They are even more worried about trout. Arctic char is a common species in Iceland, but the population has been diminishing rapidly. The number of brown trout is however increasing. The population of Arctic char is diminishing rapidly, and is being replaced by brown trout. Arctic char prefers colder water opposed to the brown trout which can easily survive in higher temperatures.

Global warming is causing drastic changes to tillage in Iceland. Farmers are happy about much of this change, but scientists are worried because Icelandic nature is losing one of its special ecosystems, rústamýri (a type of moorland). They are shrinking considerably and will be completely gone in the next decades if climate change continues.

Beside vegetation, other effects of climate change concern the glaciers. Recent observations have revealed that they are covering 12 per cent less than thought before. Some of them have retreated by several hundred metres, even kilometres.

An effect of glacier melting is an uplift of the ground as the pressure exerted by the glaciers is decreasing. Researchers have observed a similar phenomenon in Greenland and they attribute it to a reaction of Earth’s mantle beneath the crust, vertically from the concerned areas. This phenomenon may change the shores and have an effect on sea erosion. Thus, the harbour of Höfn in southern Iceland is getting less and less deep because of the retreat of Vatnajökull Glacier. This which might soon become a problem for the boats entering the port. In Greenland, the problem is less crucial as the sea becomes rapidly very deep along the coasts.

Source : Iceland Review.

Vue de Hallormsstaður, l’une des rares forêts de bouleaux dans l’est de l’Islande. (Crédit photo : Wikipedia)

L’Hekla sous surveillance en Islande // Mt Hekla (Iceland) should be closely monitored

Un séisme de M 4.5 a secoué la région de l’Hekla samedi. Sa profondeur était d’environ 7 km. La situation devrait être surveillée étroitement car on sait que des éruptions peuvent survenir très soudainement sans beaucoup de signes précurseurs. Bien que la notion de cycle éruptif n’ait jamais été prouvée, on pense que l’Hekla est «en retard». Actuellement, la pression dans la chambre magmatique sous le volcan est supérieure à ce qu’elle était avant les deux dernières éruptions de 1991 et 2000. La pression a été a montré une certaine hausse et il y a eu de nombreuses «prévisions» et spéculations qui ne correspondent pas à ma définition personnelle de l’expression «prévision volcanique». Affirmer des mois à l’avance – comme le font certains volcanologues islandais – que l’Hekla entrera en éruption à court terme ne sert à rien.
Le séisme d’hier n’est pas forcément lié à la pression sous Hekla et n’a peut-être qu’une origine tectonique. Des séismes significatifs sont parfois enregistrés en Islande, en relation avec la situation de l’île sur la dorsale médio-Atlantique.

An M 4.5 earthquake shook the area around Mt Hekla on Saturday. Its depth was about 7 km. The situation should be carefully monitored as we know that eruptions may occur very suddenly without many signs to announce them. Although the notion of eruptive cycles has never been proved, it is believed that Hekla Volcano is « overdue ». According to measurements, the current pressure in the magma chamber underneath the volcano is greater than it was leading up to the last two eruptions in 1991 and 2000. The pressure has been mounting for quite some time and there have been numerous « predictions » and speculations which do not correspond to my personal definition of the expression « volcanic prediction ». Affirming months in advance – like some Icelandic volcanologists do – that Hekla will erupt in the short term amounts to nothing.
However, yesterday’s earthquake may not be connected to the pressure under Hekla and only have a tectonic origin. Powerful earthquakes are sometimes recorded in Iceland and are linked with the situation os the island on the mid-Atlantic ridge.

Des porcs au pays des volcans // Pigs in the land of volcanoes

Quelques jours après qu’un touriste ait été photographié par un fermier alors qu’il faisait ses besoins juste à l’extérieur de sa ferme dans le sud de l’Islande, la police de l’ouest de l’Islande a surpris quatre femmes – des touristes espagnoles – en train d’uriner juste à l’extérieur de l’hôtel Laxárbakki à Hvalfjordur. Elles avaient garé leur voiture de location devant l’hôtel et elles urinaient sur le trottoir. Le véhicule de police s’est dirigé vers le parking de l’hôtel et est arrivé au moment où les femmes entraient dans le leur. Les policiers ont fait remarquer aux femmes que ce type de comportement était inacceptable. Elles ont reçu l’ordre d’aller retirer le papier toilette qu’elles avaient laissé derrière elles. Le papier, souillé par l’urine, était éparpillé tout autour du parking car il y avait du vent. Les policiers ont attendu que tout le papier ait été ramassé. A noter que l’hôtel était ouvert au moment de l’incident, avec des toilettes à l’intérieur, et qu’il n’y avait aucune excuse pour uriner à l’extérieur.
Comme je l’ai déjà mentionné, il y a une invasion de touristes en Islande depuis quelques années et ce type de comportement est devenu de plus en plus fréquent. La police fait également état de cas de comportements imprudents, comme des gens qui s’approchent trop près des chutes d’eau, se promènent sur les icebergs de Jokulsarlon ou entrent dans la mer dans des endroits très dangereux. Plusieurs ont été emportés par les vagues et ont perdu la vie.
Source: Iceland Review.

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A few days after a tourist was photographed by a farmer while he was defecating just outside his farm in South Iceland, the West Iceland police spotted four women urinating just outside the Laxárbakki hotel in Hvalfjordur. Spanish tourists had parked two rental cars just outside the hotel and the four women, all passengers in the car, were urinating on the pavement. The police vehicle drove up to the hotel car park and by that time the women were back inside their vehicles. The policemen stopped the people and told the women this sort of behaviour was unacceptable. The women were ordered to pick up toilet paper which they had all left behind.  They had to chase the paper, wet from urine, all around the car park as there was some wind. Police were not happy until all the paper had been picked up. Police added that the hotel had indeed been open at the time of the incident and that there was no excuse for urinating outside the building.

As I put it before, there has been an invasion of tourists in Iceland in the last few years and this kind of behaviour has become more and more frequent. The police also reports cases of reckless behaviour, like people getting too close to the waterfalls, walking on the Jokulsarlon icebergs or stepping into the sea in highly dangerous places. Several were swept away by the waves and lost their lives.

Source: Iceland Review.