L’éruption de boue indonésienne en perte de vitesse? // Is the Indonesian mud eruption dying out?

   Il se pourrait que l’éruption de Lusi, le tristement célèbre volcan de boue indonésien, touche à sa fin. Elle dévaste toute une région depuis le mois de mai 2006, suite à une erreur commise lors d’un forage de gaz. Plus de 60 000 personnes ont dû être relogées. La zone affectée a une surface équivalente à deux fois Central Park à New York. Au vu du volume de boue rejeté pendant les trois premières années de l’éruption, les scientifiques ont estimé que la catastrophe durerait entre 23 et 50 ans.
Une nouvelle estimation réalisée par des scientifiques de l’Université du Colorado apporte des modifications à cette prévision en prenant en compte une période plus longue de l’histoire de Lusi. Les chercheurs ont analysé les données satellitaires recueillies entre octobre 2006 et avril 2011 et faisant référence à l’affaissement du sol provoqué par l’éruption. En effet, les variations de la vitesse d’affaissement vont de pair avec des modifications de pression à l’intérieur du volcan. Les scientifiques ont remarqué que la pression – qui est le moteur de l’éruption – a baissé exponentiellement avec le temps. Lusi rejette aujourd’hui environ 10 000 mètres cubes de boue chaque jour. Si la baisse de pression continue, le volcan devrait vomir quotidiennement moins de 1000 mètres cubes vers 2017.
Espérons que les prévisions des chercheurs américains sont exactes !
Source : Science News.

 

   The end may be near for Lusi mud volcano that has wreaked havoc in Indonesia since May 2006 after a drilling accident at a nearby gas exploration well. Since then, the eruption has buried an area about twice the size of New York’s Central Park and displaced more than 60,000 people. Based on the amount of muck released during the eruption’s first three years, scientists had estimated Lusi’s fury would last 23 to 50 years.
A new estimate by scientists at the University of Colorado changes the predictions by taking into account a longer period of Lusi’s history. The researchers analyzed satellite measurements collected from October 2006 to April 2011 of sinking ground caused by the eruption. Indeed, changes in the rate of sinking reflect changes in the pressure inside the volcano. High pressure fuels the eruption and has decreased exponentially over time. Currently, Lusi releases 10,000 cubic metres of mud per day. Because of pressure drops, by around 2017, the volcano will erupt less than 1,000 cubic meters daily.
Let’s hope the predictions of the Americans scientists are reliable!
Source: Science News.

Lusi-blog

Voici Lusi vu depuis l’espace en 2009.  Les couleurs sont fausses.  Le rouge représente les zones de végétation. On voit clairement l’enceinte murale édifiée autour du volcan de boue pour contenir les émissions.

(Crédit photo: NASA)

Paluweh (Petites Iles de la Sonde / Indonésie) // Paluweh (Lesser Sunda Islands / Indonesia)

   D’après les données fournies par le VAAC de Darwin, une puissante éruption s’est produite sur le Paluweh à 5h45 (TU) le 3 février 2013. Le nuage de cendre a atteint une altitude de 13 km avant de s’étirer sur 300 km en direction du sud. Les images satellites avaient montré une anomalie thermique sur le volcan au cours des derniers jours. La couleur de l’alerte aérienne est Rouge.
Le Paluweh, connu également sous le nom de Rokatenda, occupe une petite île au nord d’un arc volcanique qui traverse également l’île de Florès. Le volcan s’élève à 875 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais l’édifice a une hauteur de 3000 mètres depuis le fond de l’océan.
L’événement le plus meurtrier a lieu le 4 août 1928, jour où une violente éruption secoue le volcan et provoque un important glissement de terrain suivi d’un tsunami qui tuent 226 personnes.

 

   According to Darwin VAAC data, a powerful eruption occurred at Paluweh volcano at 5:45 (UTC) on February 3rd 2013. Ash emissions reached an altitude of 13 km, extending 300 km south. Satellite images showed a hotspot over the volcano during the past few days. The aviation colour code is Red.
Paluweh, also known as Rokatenda, stands on an island north of a volcanic arc that also crosses Flores Island. The volcano rises 875 metres above the sea but the whole edifice has a height of 3,000 metres from the bottom of the ocean.
The most deadly event occurred on August 4th 1928 when a violent eruption shook the volcano. It triggered a landslide and a tsunami that killed 226 people.

Cendre-Paluweh

Trajectoire du nuage de cendre du Paluweh selon le VAAC de Darwin.

Mérapi (Ile de Java / Indonésie)

Le Mérapi est calme en ce moment et personne n’en parle. Les derniers rapports d’activité mis en ligne par la Smithsonian Institution remontent au mois de mai 2011. Il ne faudrait toutefois pas oublier une petite émission de cendre observée le 15 juillet 2012, provoquée par un effondrement du dôme.
Un ami qui vit à Java vient de me donner quelques informations sur le Mérapi où la dernière éruption a rendu les chemins d’accès au sommet très instables, ce qui rend la montée extrêmement pénible. Selon lui, la voie la plus facile est par le côté nord, entre Merbabu et Mérapi, depuis Selo (Boyolali), mais l’ascension reste difficile et il faut avoir une bonne condition physique. Il m’a dit être déçu une fois arrivé au sommet car « on ne voit rien de l’intérieur ». De plus, la lèvre du cratère est très instable. On ne peut plus en faire le tour. « Il faudrait le survoler avec un ULM pour voir vraiment l’intérieur ».
Il semblerait que la situation sociale à Java soit en train de devenir au moins aussi explosive que sur le volcan en 2010. « Il y a un mécontentement qui gronde. Il y a quelques jours, une bombe incendiaire a été lancée dans une banque, avec des revendications anticapitalistes. Ce n’est pas anodin. Même si peu de gens font le lien, il y a eu un attentat contre une église de Solo il y a environ 1 mois. Les islamistes risquent de surfer (ce n’est pas une surprise) sur la vague de mécontentement social. Du grabuge dans l’air. L’effet secondaire de tout cela, c’est que personne ne se préoccupe plus d’améliorer les préventions de séismes ».
« Le Lieutenant-colonel Philippe Besson (Pompiers de l’Urgence Internationale, avec lequel j’avais collaboré pour venir en aide aux victimes de l’éruption de 2010) voudrait installer un centre de prévention des risques en Indonésie. C’est sûr qu’il le faudrait, et c’est même urgent, mais la mentalité javanaise est très loin de ces sujets. Anticiper, prévoir, organiser … ce n’est pas dans leur dictionnaire. Ça va être dur ».
Pour terminer, mon ami écrit : « Beaucoup de gens pensent que Mérapi a changé. Que sa prochaine éruption sera différente est imprévisible. Sais-tu quelque chose ?
J’ai répondu qu’à mon avis la prochaine éruption du Mérapi serait un ‘copier/coller’ de la précédente. Pour éviter les quelque 300 pertes humaines en 2010, il aurait fallu dès le début de l’éruption mettre en place un périmètre de sécurité de 20 km. L’histoire du volcan rendait une telle mesure quasiment obligatoire. Le problème, comme le dit mon ami, c’est que la mentalité des Javanais n’est pas la même que celle des Japonais, voire des Occidentaux ! Rendre une évacuation obligatoire n’est pas évident en Indonésie. Il faut pour cela décréter la loi martiale. De plus, il est très difficile d’empêcher les paysans qui ont fui devant les nuées ardentes de retourner à leur ferme pour s’assurer que leur bétail – leur seule richesse – n’a pas été volé. A l’époque, j’avais rédigé une note intitulée « Mérapi mon amour » qui expliquait la situation. Il ne faut pas négliger non plus l’influence du gardien du volcan. Lors de la dernière éruption il a péri sous le feu du volcan, après avoir conseillé (heureusement !) aux habitants de suivre les conseils des autorités. Ce n’est pas toujours le cas. En novembre 2007, son homologue du Kelud avait donné des instructions qui allaient à l’encontre des conseils d’évacuation. Voilà pourquoi je ne suis pas très optimiste…

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une belle galerie de photos du Mérapi réalisée en mai 2012 par Oystein Lund Andersen :
http://www.oysteinlundandersen.com/Volcanoes/Merapi/Merapi-volcano-May-2012.html

Seulawah Agam (Ile de Sumatra / Indonésie)

drapeau francais   D’après l’aventurier-volcanologue australien John Seach (http://www.volcanolive.com/volcanolive.html), le niveau d’alerte du volcan Seulawah Agam a été élevé à 3 le 3 janvier 2013, suite à une hausse de la sismicité. Une nouvelle solfatare est apparue près du cratère Heutsz, site de la dernière éruption de 1839.
A noter que la sismicité avait déjà poussé le VSI à élever le niveau d’alerte de 1 à 2 (sur une échelle de 4) entre le 1er septembre 2010 et le 11 juillet 2011.

 

   According to Australian adventurer-volcanologist John Seach (http://www.volcanolive.com/volcanolive.html), the alert level of Seulawah Agam was raised to 3 January 3rd, after an increase in seismic activity. A new solfatara has appeared near Heutsz crater which was the site of the last eruption in 1839.
Seismicity had caused VSI to raise the Alert Level from 1 to 2 (on a scale of 4) from September 1st 2010 to July 11th 2011.