Au cas où vous ne le sauriez pas…. // In case you didn’t know….

Il y a quelques semaines, de nombreux journaux dans la presse internationale attiraient l’attention de leurs lecteurs sur le fonte spectaculaire du glacier Thwaites en Antarctique. Une caverne de la taille de Manhattan venait d’être découverte sous ce glacier qui a une superficie voisine de celle de la Floride.

Une récente publication du World Glacier Monitoring Service (WGMS), institut de surveillance des glaciers dans le monde, vient de confirmer ce que je savais déjà, mais que tout le monde ne semble pas avoir assimilé : c’est partout dans le monde que la fonte glaciaire est observée, et le phénomène ne fait que s’accélérer. Le WGMS surveille l’état de plus de 130 glaciers répartis sur toute la planète, dans toutes les régions du monde.

Les glaciologues évaluent l’état d’un glacier en mesurant son bilan de masse annuel. Pour cela, ils combinent les résultats de l’accumulation de neige (ce qui entraîne un gain de masse) et de la fonte (qui provoque une perte de masse) au cours d’une année donnée. Sur le long terme, les tendances de ces bilans de masse sont un indicateur du changement climatique.

Les dernières données confirment la forte perte de glace sur l’ensemble de la planète au cours des dernières décennies. Depuis 1980, on observe une perte d’épaisseur moyenne de près de 20 mètres sur les glaciers qui servent de référence au WGMS. L’institut indique que la perte de glace ne fait que s’accélérer depuis les années 1960 ; personnellement, j’ai observé cette accélération depuis les années 1980 dans les Alpes françaises ; .

Le WGMS a mis en ligne un graphique confirmant cette fonte rapide des glaciers dans le monde

Source : RTBF.

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A few weeks ago, many newspapers around the world drew their readers’ attention to the dramatic melting of Thwaites Glacier in Antarctica. A cave the size of Manhattan had just been discovered under this glacier which has an area close to that of Florida.
A recent publication of the World Glacier Monitoring Service (WGMS) has just confirmed what I already knew, but not everyone seems to have understood: Glacial melting is observed everywhere in the world and the phenomenon is accelerating. WGMS monitors the state of more than 130 glaciers around the globe, in every region of the world.
Glaciologists assess the state of a glacier by measuring its annual mass balance. For this, they combine the results of snow accumulation (which leads to a gain in mass) and melting (which causes mass loss) in a given year. In the long term, trends in these mass balances are an indicator of climate change.
The latest data confirm the impressive loss of ice all over the planet in recent decades. Since 1980, there has been an average thickness loss of nearly 20 metres on the glaciers that serve as a reference for WGMS. The institute reports that ice loss has accelerated since the 1960s; personally, I have observed this acceleration since the 1980s in the French Alps; .
WGMS has posted a chart confirming this rapid melting of glaciers around the world
Source: RTBF.

Source : WGMS

Il faut qu’on m’explique… ! // Can somebody explain me… ?

L’éruption qui a redémarré le 19 février 2019 se poursuit mais, comme lors de chaque éruption, l’Enclos Fouqué est interdit d’accès et le spectacle n’est visible que depuis la route nationale, vers le Piton Cascades (là où est implantée la webcam qui permet d’observer l’événement) ou vers le Grand Brûlé. La route nationale est encore à plusieurs kilomètres de distance des fronts de coulée et il est peu probable que la lave ait la force d’arriver jusque là.

Touristes et locaux se pressent le long de la route pour tenter d’apercevoir l’éruption, avec le même sentiment d’amertume, voire de colère, et de frustration. Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi les éruptions du Piton de la Fournaise sont interdites d’accès et pourquoi les autorités refusent obstinément d’organiser des visites guidées sur le site éruptif.

Dans un article paru en août  2017, l’excellent Journal de l’Ile avait consacré un long article à ce sujet. Je vous invite à lire attentivement le dernier paragraphe qui résume parfaitement la situation et pose les bonnes questions:

https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

L’interdiction d’accès à un site éruptif n’est pas propre à la Réunion. Aujourd’hui, les autorités s’appuient sur le sacro-saint principe de précaution pour justifier leurs décisions.

A Hawaii, personne – hormis le personnel du HVO et de la Protection Civile – n’a pu s’approcher des coulées de lave pendant la dernière éruption du Kilauea. La plateforme d’observation promise par les autorités a joué l’arlésienne et n’a jamais vu le jour. Comme je l’ai écrit à l’époque, j’accuse fort les autorités hawaiiennes d’avoir traîné les pieds pour ne pas faire de tort aux compagnies d’hélicoptères qui organisaient les survols de l’éruption et engrangeaient beaucoup d’argent. Aux Etats-Unis, business is business !

Sur l’Etna (Sicile), les municipalités concernées mettent immédiatement en rouge, avec accès autorisé uniquement aux scientifiques, la zone sommitale du volcan. Il est loin le temps où l’on pouvait passer des nuits entières à se réchauffer le long des coulées ou à observer les colères de la Voragine et de la Bocca Nuova.

Même punition sur le Stromboli (Sicile) où l’on ne peut plus passer la nuit dans les nids de pierre édifiés le long de la Sciara del Fuoco. Seules les excursions encadrées par les guides locaux sont autorisées.

Par contre, dans le même  temps, on peut pratiquer librement le ski hors piste dans les Alpes. Certains skieurs se font emporter par des avalanches et perdent la vie. Ils mettent parfois en péril les sauveteurs, mais personne ne trouve à redire. Il faudra que l’on m’explique…

Détestant la fraude, je me suis toujours débrouillé pour obtenir des autorisations pour aller effectuer mes observations en toute légalité, que ce soit à Hawaii, sur l’Etna ou à Stromboli quand l’accès était limité. Aujourd’hui, devant cette pluie d’interdictions et parce que les volcans m’ont beaucoup gâté, j’ai quelque peu délaissé les zones chaudes pour arpenter les régions glaciaires. Personne ne vient me gronder ou me verbaliser dans je parcours des vallées où les éboulements sont de plus en plus nombreux suite à la fonte des glaciers. Personne ne m’interdit de longer les profondes crevasses au fond desquelles je ne pourrais pas être secouru en cas de chute. A mon avis, cet univers glaciaire est au moins aussi dangereux que la lèvre du Cratère Nord-Est de l’Etna. Là encore, il faudra que l’on m’explique… !

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The eruption that started again on February 19th, 2019 continues but, as during each eruption, the Enclos Fouqué is closed to the public and the show can only be seen from the national road, the Piton Cascades (where the webcam is located to observe the event) or the Grand Brûlé. The national road is still several kilometres away from the fronts of the flows and it is unlikely that lava will get there.
Tourists and locals gather along the road to try to discern the eruption, with the same feeling of bitterness, even anger, and frustration. Many people do not understand why access to the eruptions of Piton de la Fournaise is always forbidden and why the authorities stubbornly refuse to organize guided visits to the eruptive site.
In an article published in August 2017, the excellent Journal de l’Ile devoted a long article to this subject. I invite you to read carefully the last paragraph which perfectly summarizes the situation and asks the right questions:
https://www.clicanoo.re/Une-eruption-pour-le-14-juillet/Societe/Article/2017/08/01/Volcan-ferme_482798

The prohibition of access to an eruptive site is not specific to Reunion Island. Today, authorities rely on the sacrosanct precautionary principle to justify their decisions.
In Hawaii, no one – except HVO and Civil Protection staff – was allowed to get close to the lava flows during the last Kilauea eruption. The viewing platform promised by the authorities was never seen. As I wrote at the time, I strongly accuse the Hawaiian authorities of dragging their feet so as not to harm the helicopter companies that organized the overflights of the eruption and raked in a lot of money. In the United States, business is business!
On Mt Etna (Sicily), the municipalities immediately set up a red zone over the summit area of the volcano, with access authorized only to scientists. I can remember the time when one could spend whole nights warming up along the lava flows or watching eruptive activity of the Voragine and the Bocca Nuova.
Tourists have to face the same punishment on Stromboli (Sicily) where you can no longer spend the night in the stone nests built along the Sciara del Fuoco. Only excursions supervised by local guides are allowed.
On the other hand, at the same time, you can practice off-piste skiing in the Alps. Some skiers are carried away by avalanches and lose their lives. They sometimes endanger the rescuers, but no one complains. Somebody will have to explain me …
Because of all these interdictions and because the volcanoes allowed me to observe incredible shows, I have left hot areas to visit glacial regions. Nobody comes to scold me or give me a fine in valleys where rockfalls are more and more numerous due to the melting of glaciers. No one forbids me to walk along deep crevasses at the bottom of which I could not be rescued if I happened to fall. In my opinion, this glacial universe is at least as dangerous as the rim of Mount Etna’s Northeast Crater. Again, someone will have to explain me …!

Photos: C. Grandpey

Il fait beau, il fait chaud. Oui mais… // A fine, warm weather…Yes, but….

En ce moment en France les bulletins météo mettent en évidence les températures délirantes du mois de février. En gesticulant comme à leur habitude à la télévision, les présentateurs nous expliquent, sans trop insister et avec un grand sourire, que l’on se situe à plusieurs degrés au-dessus de la normale, mais l’expression « réchauffement climatique » semble faire mal aux lèvres car elle n’est presque jamais mentionnée ! La situation est pourtant inquiétante car la pluviométrie connaît un profond déficit et certaines régions vont avoir soif l’été prochain si le ciel ne se décide pas à ouvrir les vannes.

Alors que tout le monde ou presque se réjouit de ces conditions printanières au cœur du mois de février, la banquise continue de fondre. J’ai expliqué comment la descente et la division du vortex polaire arctique avait entraîné des températures très froides dans le Midwest des Etats-Unis et en Sibérie pendant qu’elles étaient clémentes en Alaska.

En Antarctique, les glaciers Thwaites et de Pine Island, dans la mer d’Amundsen, fondent dans une indifférence quasi générale. L’Antarctique, c’est loin de la France ! Comme le disait fort justement Nicolas Hulot, « tout le monde s’en fiche ! ». Pourtant, si ces énormes étendues de glace venaient à disparaître, le niveau des mers pourrait monter d’environ 3 mètres, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.

Comme je l’ai expliqué  à plusieurs reprises sur ce blog, depuis une vingtaine d’années, le Thwaites et le Pine Island reculent et perdent de la masse, et contribuent déjà à l’élévation du niveau des océans. Aujourd’hui, le niveau de la mer augmente sur tout le globe en moyenne de 3 mm par an : 1 mm est dû à la dilatation thermique des océans et 1 mm est dû à la fonte des glaciers de montagne. Le troisième millimètre est dû aux calottes polaires, avec deux tiers pour le Groenland, un tiers pour l’Antarctique.

La particularité des deux glaciers antarctiques, c’est que leur glace repose sur un substrat rocheux sous le niveau de la mer, ce qui explique leur instabilité. La NASA vient d’ailleurs de découvrir une énorme cavité sous le glacier Thwaites, ce qui ne peut qu’accroître son instabilité. En tant que tel, ces glaciers représentent le point faible de l’Antarctique de l’ouest. Comme je l’ai expliqué précédemment, s’ils fondent, ce sont tous les glaciers de cette région qui prendront le  chemin de la mer, car ils sont interconnectés.  On assistera alors à une élévation du niveau de la mer de l’ordre de 3 mètres.

Certains scientifiques se demandent si le réchauffement climatique est totalement responsable de cette situation très inquiétante, mais la probabilité est très forte. Encore plus grave, on sait que les glaciers Thwaites et Pine Island ont des points de bascule qui se trouvent à des températures situées entre 1,5 et 2 degrés au-dessus de la température avant la période pré industrielle. Or nous sommes déjà environ un degré au-dessus de ce seuil. On s’attend à ce que le phénomène de fonte de la glace devienne irréversible si on dépasse ces points de bascule durablement.

Si un tel événement se produit, il entraînera des modifications drastiques à l’échelle planétaire. Il est bien évident que si le niveau de la mer augmente de 3 mètres, cela aura un impact sur toutes les côtes du monde, les infrastructures les plus vulnérables comme les ports, et les grandes villes comme New York…  Mais il fait beau, il fait chaud ; tout va bien !

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At the moment in France the weather bulletins focus on the incredible temperatures of the month of February. While gesticulating as usual on TV, presenters explain, without insisting too much and with a broad smile, that we are several degrees above normal, but the expression « global warming » seems to hurt the lips because it is never mentioned! The situation is nevertheless worrying because there is a lack of rain and some regions will be thirsty next summer if the sky does not decide to open the floodgates.
While almost everyone is delighted with these spring conditions in the heart of February, the ice sheet continues to melt. I explained how the descent and division of the Arctic polar vortex caused very cold temperatures in the Midwestern United States and Siberia while they were mild in Alaska.
In Antarctica, the Thwaites and Pine Island glaciers in the Amundsen Sea are melting with almost universal indifference. Antarctica is far from France! As Nicolas Hulot rightly said, « everyone does not care! » However, if these huge ice sheets disappeared, the sea level could rise by about 3 metres, with dramatic consequences easy to imagine.
As I have explained several times on this blog, the Thwaites and the Pine Island have been receding and losing mass for twenty years or so, and already contribute to the rise of the level of the oceans. Today, the sea level is increasing around the globe at an average of 3 mm per year: 1 mm is due to the thermal expansion of the oceans and 1 mm is due to the melting of mountain glaciers. The third millimetre is due to the melting of polar ice caps, with two-thirds for Greenland, one-third for Antarctica.
The peculiarity of the two Antarctic glaciers is that their ice rests on the bedrock below sea level, which explains their instability. NASA has just discovered a huge cavity under the Thwaites glacier, which can only increase its instability. As such, these glaciers represent the weak point of West Antarctica. As I explained before, if they melt, all the glaciers of this region will take the path to the sea, because they are interconnected. We will then witness a rise in sea level by about 3 metres.
Some scientists wonder whether global warming is totally responsible for this very disturbing situation, but the probability is very high. Even more worrying, the Thwaites and Pine Island glaciers are known to have tipping points at temperatures between 1.5 and 2 degrees above the pre-industrial temperatures. At the moment, we are already about a degree above this threshold. It is expected that the ice melting phenomenon will become irreversible if these tipping points are durably exceeded.
If such an event occurs, it will result in drastic global changes. It is obvious that if the sea level increases by 3 metres, it will have an impact on all the coasts of the world, the most vulnerable infrastructures as the ports, and the big cities like New York … But the weather is nice and warm. Everything is fine !

Source: British Antarctic Survey

Réchauffement climatique, fonte des calottes glaciaires et effets sur les courants océaniques // Global warming, melting ice caps and effects on ocean currents

Avec la fonte des calottes glaciaires arctique et antarctique, on sait d’ores et déjà que des milliards de tonnes d’eau douce vont se déverser dans l’océan. On sait aussi que ce phénomène va avoir un double effet dévastateur. D’une part, on va assister à une rapide hausse du niveau des océans. D’autre part, cette arrivée d’eau douce et très froide risque fort d’entraîner un dérèglement des grands courants océaniques, donc du climat du globe, avec des effets catastrophiques faciles à imaginer.

Une étude internationale qui vient d’être publiée début février 2019 dans la revue Nature prévient que la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, en plus d’augmenter le niveau des océans, va aussi multiplier les événements météo extrêmes et déstabiliser le climat de certaines régions dans les prochaines décennies. On peut lire que les milliards de tonnes d’eau issues de la fonte des glaces, en particulier au Groenland, vont affaiblir les courants océaniques qui aujourd’hui transportent l’eau froide vers le sud en plongeant vers le fond de l’Atlantique, tout en repoussant les eaux tropicales vers le nord plus près de la surface. Ce phénomène est connu sous l’appellation anglaise Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC) – circulation méridienne de retournement de l’Atlantique, ou circulation thermohaline. C’est une espèce de grand tapis roulant océanique qui joue un rôle crucial dans le système climatique et aide à maintenir une certaine chaleur sur l’hémisphère nord.

Selon les modèles établis par des chercheurs néo-zélandais dans le cadre de l’étude, la fonte des banquises va provoquer des perturbations importantes dans les courants océaniques et changer les niveaux de réchauffement à travers le globe.

Jusqu’à présent, de nombreuses études sur les calottes glaciaires se sont concentrées sur la vitesse de leur fonte sous l’effet du réchauffement, et sur leur point de basculement (« tipping point ») autrement dit le niveau de hausse de température à partir duquel leur disparition sera inévitable, même si la fonte totale pourrait prendre des siècles.

Les changements à grande échelle observés par les scientifiques dans leurs simulations révèlent que le climat sera plus chaotique dans les prochaines années, avec des événements météo extrêmes plus nombreux, des canicules plus fréquentes et plus intenses.

Selon des chercheurs californiens, d’ici le milieu du 21ème siècle, l’eau de fonte de la calotte du Groenland perturbera sensiblement l’AMOC, qui montre déjà des signes de ralentissement. L’échéance serait beaucoup plus courte que prévu. Les conclusions des chercheurs s’appuient sur des simulations détaillées et des observations satellitaires des changements des calottes depuis 2010. Parmi les conséquences probables de l’affaiblissement de l’AMOC, la température de l’air sera plus élevée dans le haut Arctique, l’est du Canada et l’Amérique centrale, et au contraire plus basse sur l’Europe de l’Ouest.

Source : Presse scientifique.

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With the melting of the Arctic and Antarctic ice sheets, we know that billions of tons of fresh water will flow into the ocean. We also know that this phenomenon will have a double devastating effect. On the one hand, we will witness a rapid rise in the level of the oceans. On the other hand, this arrival of fresh and very cold water is likely to cause a disruption of major ocean currents, and therefore of the global climate, with disastrous effects easy to imagine.
An international study just published early February 2019 in the journal Nature warns that the melting of the icecaps of Greenland and Antarctica, in addition to increasing the level of the oceans, will also multiply extreme weather events and destabilize the climate of certain regions in the coming decades. One can read that the billions of tons of water from melting ice, especially in Greenland, will weaken the ocean currents that today carry cold water to the south by diving towards the bottom of the Atlantic, while pushing tropical waters further north closer to the surface. This phenomenon is known as the Atlantic Meridional Overturning Circulation (AMOC). It is a sort of large oceanic treadmill that plays a crucial role in the climate system and helps maintain some warmth in the northern hemisphere.
According to models developed by New Zealand researchers who took part in the study, melting sea ice will cause major disturbances in ocean currents and change warming levels across the globe.
So far, many studies on ice caps have focused on the speed of their melting under the effect of warming, and on their tipping point, in other words the level of temperature rise from which their disappearance will be inevitable, even if total melting could take centuries.
The large-scale changes observed by scientists in their simulations reveal that the climate will be more chaotic in the coming years, with more extreme weather events, more frequent and more intense heat waves.
According to California researchers, by the middle of the 21st century, meltwater from the Greenland ice cap will significantly disrupt AMOC, which is already showing signs of slowing down. The deadline is thought to be much shorter than expected. The researchers’ conclusions are based on detailed simulations and satellite observations of ice sheet changes since 2010. Among the likely consequences of the weakening of AMOC, the air temperature will be higher in the high Arctic. East of Canada and Central America, and on the contrary lower in Western Europe.
Source: Scientific Press.

Schémas montrant la circulation thermohaline [Source : GIEC]