L’éruption de Yellowstone et la « Pompéi des rhinocéros » // The Yellowstone eruption and the « Rhino Pompeii »

Il y a 12 millions d’années, une super-éruption à Yellowstone a recouvert une vaste étendue de l’Amérique du Nord d’une épaisse couche de cendres qui a anéanti toute vie.
Aujourd’hui, des chercheurs de l’Université du Nebraska ont découvert d’anciennes empreintes révélant que de grands canidés, avec des mâchoires capables de broyer des os, parcouraient les étendues désertiques recouvertes de cendres après l’éruption.
Ces empreintes ont été mises au jour au-dessus des squelettes de rhinocéros disparus, les Teleoceras, dans les gisements fossilifères d’Ashfall – Ashfall Fossil Beds – au nord-est du Nebraska. Elles constituent la première preuve directe de la présence de grands carnivores dans cette région surnommée « la Pompéi des rhinocéros » en raison de la richesse des fossiles de rhinocéros Teleoceras qui y ont péri lors des importantes retombées de centres pendant l’activité volcanique de Yellowstone. L’éruption fut si importante que les cendres retombèrent probablement comme de la neige jusqu’en Idaho, à 1 600 kilomètres du site éruptif. Il est probable que le ciel s’est obscurci, la végétation et les sources d’eau ont été ensevelies, et le cataclysme a inévitablement représenté un danger pour tout être vivant doté d’un système respiratoire fragile.
Des chevaux anciens, des chameaux ressemblant à des girafes, de nombreux rhinocéros et divers autres animaux ont été ensevelis sous les cendres du site du Nebraska.

 

Source : Smithsonian Institution

Jusqu’à la découverte de ces empreintes, les chercheurs n’avaient trouvé aucune preuve tangible de la présence de grands carnivores dans la région, ce qui est surprenant compte tenu de l’abondance de proies conservées.
Les empreintes mesurent jusqu’à 8 centimètres de long et 7,5 centimètres de large et correspondent à celles des grands canidés qui broyaient et consommaient des os comme le font les hyènes de nos jours.

 

Squelette d’épicyon, l’un des grands canidés qui fréquentaient la région (Source : Natural History Museum de Los Angeles)

Non seulement ces empreintes confirment la présence de grands carnivores dans les couches de cendres, mais leur position au-dessus des couches de rhinocéros montre que ces canidés ont survécu à l’événement cataclysmique qui a décimé de nombreuses espèces animales.
Selon un chercheur, « la survie de superprédateurs après un désastre écologique est quelque peu inattendue et nous apprend beaucoup de choses sur la façon dont la vie réagit et se rétablit après une catastrophe. » En effet, les grands prédateurs se situent au sommet de la chaîne alimentaire et meurent généralement de faim si celle-ci vient à disparaître.
Les empreintes les plus révélatrices ont été découvertes en 2014 et 2023. Bien qu’elles n’aient pas encore fait l’objet d’une description formelle dans une revue scientifique, leur existence ne fait aucun doute. Elles sont d’ailleurs observables par les visiteurs de l’Ashfall Fossil Beds State Historical Park.

Source : Ashfall Fossil Beds State Historical Park

Le nord-est du Nebraska possédait autrefois un environnement similaire aux plaines africaines. Le site fossilifère d’Ashfall héberge un lac qui abritait une faune aquatique riche, avec notamment des tortues, et attirait toutes sortes d’animaux.
Les traces de canidés sont présentes dans plusieurs couches de cendres et pointent dans différentes directions, ce qui indique que les prédateurs fréquentaient la zone de manière prolongée ou répétée après qu’elle ait été recouverte de cendres volcaniques. On ignore encore comment les canidés ont survécu à cette époque, mais une hypothèse est qu’ils se nourrissaient des carcasses de rhinocéros enfouis et de celles d’autres animaux juste après l’éruption. Cependant, comme aucun ossement de ces carnivores n’a été retrouvé, les chercheurs ignorent encore si cette alimentation leur a permis de survivre jusqu’à des jours meilleurs, ou s’ils ont finalement dû partir chercher fortune ailleurs.

Source : Live Science via Yahoo News.

 

Photo : Ashfall Fossil Beds State Historical Park

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A super eruption at Yellowstone 12 million years ago blanketed a large area of North America with a thick layer of ash and anihilated all life in the area.

Today, researchrs ahve discovered ancient footprints that reveal that large, bone-crushing dogs stalked the ashy wastes of North America in the wake of the eruption.

Researchers uncovered the footprints above the skeletons of extinct rhinoceroses called Teleoceras in the Ashfall Fossil Beds of northeastern Nebraska. The dog tracks mark the first direct evidence of large carnivores in region which has been nicknamed « Rhino Pompeii » because it has preserved so many Teleoceras rhinos that perished in widespread fallout from volcanic activity at Yellowstone. The eruption was so massive that ash probably fell like snow as far as Idaho, 1,600 kilometers away from the eruption site. It darkened the skies, buried plant life and water sources, and inevitably was a real hazard to anything with a delicate respiratory system.

Ancient horses, giraffe-like camels, numerous rhinos and various other animals were entombed in the ash at the Nebraska site. However, until the footprint discovery, researchers hadn’t found hard evidence of large meat eaters in the region, which is unusual, given the abundance of preserved prey.

The footprints were up to 8 centimeters long and 7.5 cm wide, matching those of the large, extinct canids which crushed and ate bones like modern hyenas do. Not only do the footprints confirm the presence of large carnivores in the beds, but their positioning above the rhino layers suggests that the dogs survived the cataclysmic event that wiped out many animals.

According to one researcher, « eurvival of top predators after ecological collapse is a little unexpected and has a lot to teach us about how life responds and recovers after disasters. » Indeed, big predators sit at the top of the food chain, so they normally starve if it collapses.

The clearest trackways were uncovered in 2014 and 2023. While the footprints have yet to be formally described in a journal, their existence is not a secret. People visiting the Ashfall Fossil Beds State Historical Park can see the footprints. Northeastern Nebraska once had a similar environment to the African plains. The Ashfall Fossil Beds preserved a lake that hosted aquatic life, like turtles, and attracted all manner of animals.

The dog tracks are present in multiple ash layers and point in different directions, which is an indication that the predators were making extended or repeated visits to the area after it was caked in volcanic fallout. It is not yet clear how the dogs were surviving at the time, but one possibility is that they fed on buried rhinos and other carcasses in the immediate aftermath of the eruption.

However, since the bones of these meat eaters haven’t found, the researchers are not sure yet whether this was enough to see them through to better times, or whether they eventually had to depart to seek their fortunes elsewhere.

Source : Live Science via Yahoo News.

Une belle exposition à Catane // Una bella mostra a Catania

Si, par hasard, vous passez à Catane ces prochains jours, n’hésitez pas à visiter l’exposition consacrée, avec des photos d’époque, à l’éruption de l’Etna en 1950-1951.

En 1950 a eu lieu l’une des plus importantes éruptions du 20ème siècle sur l’Etna. Des terres cultivées ont été recouvertes par la lave et des maisons isolées ont été détruites. L’événement a duré environ un an à partir du 25 novembre 1950, quand une bouche éruptive s’est ouverte sur le flanc est du volcan. Il s’est terminé le 2 décembre 1951 sans avoir affecté aucune zone habitée.
Une première fracture s’est ouverte à une altitude de 2800 m d’altitude et s’est progressivement étendue jusqu’à une altitude de 2250 m. Elle a donné naissance à des centres explosifs dans sa patie supérieure et une seule bouche effusive à plus basse altitude.
Les coulées de lave sont descendues jusqu’à une altitude de 800 m et ont couvert une superficie de 10,5 km². Le volume total de matériaux émis est estimé à environ 630000 m³. La seule quantité de lave est estimée à 171 millions de m³, avec une épaisseur moyenne d’un peu plus de 15 mètres. Les bourgade de Milo et Zafferana Etnea ont été menacées, mais finalement épargnées.

Voici une vidéo montrant l’éruption de 1950 :

https://youtu.be/NJ0GHE1yJp4

L’éruption de 1950-1951 est le thème d’une exposition de photos prises par Fosco Maraini, le célèbre photographe, anthropologue, orientaliste, écrivain et passionné de montagne, qui a suivi cette éruption. Organisée par l ‘INGV, l’exposition présente cinquante photographies prises lors de cet événement. Elles seront exposées à Catane, au Palazzo Biscari, dans le cadre de l’exposition « Nevefuocoghiacciozolfolava », dont le vernissage aura lieu le 4 décembre à 17h30.
Le journal La Sicilia explique à ses lecteurs que « les cinquante images constituent un précieux témoignage d’une mémoire collective, d’une histoire de résistance. Elles témoignent de l’amour et de la lutte ancestrale entre l’homme et l’Etna. L’objectif du photographe ne se contente pas de saisir la force de la nature, mais se concentre avant tout sur les hommes et les femmes qui, une fois de plus, faisaient face à une éruption. » Pour l’exposition, les trois commissaires qui l’ont mise sur pied ont également retrouvé le documentaire original tourné par Maraini au début des années 1950, « Etna Mareneve », aux images extraordinaires pour l’époque, dans lequel l’auteur exprime son émerveillement face à « ce géant de neige, de feu, de glace, de soufre et de lave », comme l’indique le titre de l’exposition.
L’exposition sera ouverte au public à Catane le 4 décembre 2025, puis du 9 décembre au 6 janvier 2026 dans la salle Parlatoio du Palazzo Platamone. À l’occasion du vernissage, un catalogue gratuit sera distribué. L’initiative a été organisée en collaboration avec la municipalité de Catane et avec le soutien de la Fondation Alinari pour la photographie, du Gabinetto Vieusseux de Florence, du Musée national de la montagne du Club alpin italien (CAI) de Turin et du journal catanais « La Sicilia », qui a fourni — grâce à ses archives historiques numériques — les pages et articles publiés pendant l’éruption de 1950-51. En dehors de la photo illustrant cette note, vous trouverez sur le site web du journal plusieurs autres clichés de l’éruption de 1950-51.

Source : La Sicilia.


Una delle foto della mostra (Fosco Maraini)

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Se, per caso, vi trovate a Catania nei prossimi giorni, non esitate a visitare la mostra dedicata, con foto d’epoca, all’eruzione dell’Etna del 1950-1951.

Nel 1950, c’è stata sull’Etna l’Etna una delle eruzioni più significative del XX secolo. I terreni agricoli sono stati ricoperti di lava e alcune case isolate sono state distrutte. L’evento ha durato circa un anno, a partire dal 25 novembre 1950, quando si è aperta una bocca eruttiva sul fianco orientale del vulcano. Si è finita il 2 dicembre 1951, senza distruggere alcun centro abitato.
Una fessura iniziale si è aperta a quota 2.800 metri e si è estesa gradualmente fino a 2.250 metri. Ha prodotto centri esplosivi nel suo tratto superiore e un’unica bocca effusiva a quota inferiore.
Le colate laviche sono scese fino a quota 800 metri e hanno ricoperto un’area di 10,5 chilometri quadrati. Il volume totale del materiale espulso è stimato in circa 630.000 metri cubi. La sola colata lavica è stimata in 171 milioni di metri cubi, con uno spessore medio di poco superiore ai 15 metri. Le città di Milo e Zafferana Etnea furono minacciate, ma alla fine furono risparmiate.

Ecco un video che mostra l’eruzione del 1950:
https://youtu.be/NJ0GHE1yJp4

L’eruzione del 1950-1951 è oggetto di una mostra fotografica con delle foto fatte da Fosco Maraini, il celebre e raffinato fotografo, antropologo, orientalista, scrittore e appassionato di montagna, che seguì l’eruzione dell’Etna del 1950-51. La mostra presenta cinquanta fotografie di quell’evento. Saranno esposte a Catania, a Palazzo Biscari, dove il 4 dicembre, alle 17.30, si inaugura la mostra “Nevefuocoghiacciozolfolava”, organizzata dall’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV).

Il giornale La Sicilia spiega che « i 50 scatti di Maraini sono testimonianza preziosa di una memoria collettiva, di una storia di resistenza. Testimonianza dell’amore e della lotta antica tra l’uomo e l’Etna. L’obiettivo del fotografo non afferra solo la forza della natura, ma si sofferma soprattutto sugli uomini e le donne che affrontavano ancora una volta un’eruzione. »

I tre curatori che hanno organizzato la mostra hanno anche recuperato il documentario originale girato da Maraini agli inizi degli anni Cinquanta, “Etna mareneve”, con immagini straordinarie per l’epoca, in cui l’autore esprime il suo stupore di fronte a un gigante fatto di neve, fuoco, ghiaccio, zolfo e lava, come si intitola appunto la mostra.

La mostra sarà visitabile a Catania il 4 dicembre a Palazzo Biscari, e dal 9 dicembre 2025 al 6 gennaio 2026 nella Sala Parlatoio di Palazzo Platamone. Durante l’inaugurazione sarà distribuito gratuitamente un catalogo. L’iniziativa è stata realizzata in collaborazione con il Comune di Catania e con il contributo della Fondazione Alinari per la Fotografia, del Gabinetto Vieusseux di Firenze, del Museo Nazionale della Montagna del Cai di Torino e del quotidiano La Sicilia di Catania che ha fornito – grazie all’archivio storico digitale – le pagine e gli articoli pubblicati durante l’eruzione del 1950-51. Oltre alla foto che illustra il mio articolo, sul sito web del giornale troverete numerose altre immagini dell’eruzione del 1950-51.

Sirgente : La Sicilia.

Quand l’éruption du Kilauea se met à tourbillonner… // When the Kilauea eruption starts swirling…

Les tourbillons de poussière sont un phénomène bien connu, surtout dans les zones désertiques. Ils se forment lorsque de l’air sec et instable tourbillonne, soulevant la poussière du sol. On les appelle « willy-willies » en Australie et « dust devils » aux États-Unis.

Lors du 37ème épisode éruptif du Kilauea à Hawaï, une vidéo a capturé un phénomène similaire apparu près d’une fontaine de lave. Dans ces circonstances particulières, certains l’ont baptisé « volnado », un raccourci pour ‘volcanic tornado’. Cependant, ce terme n’est pas officiel et ne fait pas partie du vocabulaire scientifique.
Une « volnado » est une colonne de cendres, de poussière et de fumée qui se forme lors d’une éruption volcanique et se met à tourbillonner. Lors de la 37ème éruption du Kilauea, les fontaines de lave ont atteint une hauteur de 150 à 180 mètres.
Dans la vidéo, on peut voir la ‘volnado’ rivaliser en taille avec l’impressionnante fontaine de lave. En plus d’être aussi haute que l’éruption, elle est aussi aussi large :
https://youtu.be/2t4qiQ3bRRI

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Dust devils are well-known phenomena, especially in desert areas. They form when dry and unstable air swiels, lifting dust or sans from the ground. They are called willy-willies in Australia and dust devils in the United States.

During the 37th eruptive episode of Kilauea in Hawaii, a video captured a similar event that appeared close to a lava fountain. In these special circumstances, some prople cal it ‘a volnado’, short for volcanic tornado. However, the word is by no means official and not part of the scientific vocabulary.

A ‘volnado’ is a column of ash, dust and smoke that picks up during a volcanic eruption and swirls around. During Kilayea’s Episode 37, the lava fountains reached 150-180 meters hifg.

The video of the volnado showed it towering above the huge lava fountain. In addition to being as tall as the eruption, the volnado was a similar width to the eruption  :

https://youtu.be/2t4qiQ3bRRI

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde. Elle a été particulièrement intense en Indonésie.

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En Indonésie, une hausse de la sismicité a été enregistrée sur le Bur ni Telong. Un séisme d’origine tectonique de magnitude M4,3 a été enregistré le 25 novembre, à environ 16 km au nord-est du cratère principal. Ce séisme a été suivi d’une intensification de la sismicité sur le Bur ni Telong, caractérisée par une série de séismes volcaniques profonds. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 sur une échelle de 1 à 4. Il a été conseillé au public de se tenir à une distance minimale de 1,5 km de la zone du cratère.

Crédit photo: GVN

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Toujours en Indonésie, une hausse de la sismicité a été observée sur le Lewotobi Laki-laki. Les signaux sismiques ont indiqué une activité à faible profondeur. Une augmentation du gonflement de l’édifice volcanique a également été détectée par les tiltmètres alors que les données GNSS se contentaient de montrer des fluctuations. Le 24 novembre 2025, une hausse du nombre de séismes volcaniques profonds a été constatée, indiquant une remontée rapide du magma. Le niveau d’alerte a été relevé à 4 (le maximum sur une échelle de 1 à 4) et le public a été invité à rester à au moins 6 km du centre du Laki-laki et à 7 km dans une zone s’étendant du nord-ouest au nord-est.

Source: Magma Indonesia

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Toujours en Indonésie, l’activité du Sangeang Api s’est intensifiée du 1er au 22 novembre 2025, avec notamment, cinq séismes de type tornillo. Le 18 novembre, une hausse significative de la sismicité s’est accompagnée d’émissions de vapeur et de cendres qui se sont élevées jusqu’à 35 m au-dessus du cratère. La sismicité s’est intensifiée le 22 novembre et une nouvelle éruption a été confirmée par des observations visuelles. Le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public a été invité à se tenir à au moins 3 km du cratère actif. Les émissions de vapeur et de cendres s’élevaient de 200 à 300 m au-dessus du cratère le 23 novembre.

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Semeru après l’éruption mentionnée sur ce blog le 21 novembre 2025. Environ 300 habitants ont été évacués le 19 novembre suite à une série de coulées pyroclastiques qui ont parcouru jusqu’à 13 km sur les flancs sud et sud-est du volcan. Les autorités ont également évacué 137 randonneurs qui campaient à moins de 8 km du sommet. Le soir du 20 novembre, 1 116 personnes étaient hébergées dans des centres d’accueil. Aucun décès n’a été déploré, mais trois personnes ont été gravement brûlées. Des retombées de cendres ont affecté plusieurs villages. On dénombre 21 maisons gravement endommagées, ainsi qu’un établissement scolaire et un centre de santé. De plus, environ 204 hectares de terres agricoles ont été recouverts par la cendre. Le niveau d’alerte reste à 4 (le maximum sur une échelle de 1 à 4).

Source : PVMBG.

Photo: C. Grandpey

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Après une soixantaine de débordements de lave, essentiellement au niveau de la bouche sud, l’Épisode 37 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a finalement débuté à 14h30 (heure locale) le 25 novembre 2025, avec des fontaines de lave d’environ 150 – 180 mètres de haut jaillissant de la bouche nord.

Images webcam de l’Épisode 37

L’Épisode a pris fin après environ 9 heures et 10 minutes de fontaines de lave qui ont émis environ 6.3 millions de mètres cubes de lave. Le débit moyen a été supérieur à 190 mètres cubes par seconde. La lave émise par les fontaines a couvert environ 75% du plancher de l’Halemaʻumaʻu. Dès la fin de l’Épisode 37, l’inflation a reris au sommet du Kilauea; un Épisode 38 est donc probable dans les prochaines semaines.

Il convient de noter qu’un séisme de magnitude M4,6 s’est produit peu après l’Épisode 37 du Kīlauea, à 15 km au sud-sud-est de Fern Forest, sur l’île d’Hawaï, à 5 km sous le niveau de la mer. Ce séisme n’a eu aucun impact sur les volcans Mauna Loa et Kīlauea et ne semble pas être directement lié à l’éruption. La plupart des séismes dans cette région sont provoqués par les mouvements du flanc sud du Kīlauea.

Source : HVO.

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Une éruption a été observée le 24 novembre 2025) sur l’un des volcans les moins connus de la chaîne de l’Erta Ale, dans la région du Danakil en Éthiopie. Cela fait 10 000 ans que ce volcan n’avait pas connu d’éruption et l’événement du 24 novembre a surpris tout le monde.
Vers 8h30 (heure locale), le volcan Hayli Gubbi, situé à environ 15 km au sud-est du célèbre Erta Ale, est entré en éruption de manière explosive, générant un important panache de cendres qui s’est élevé à environ 10-15 km et a dérivé au-dessus de la partie du sud-ouest de la péninsule arabique. Le VAAC de Toulouse explique que les nuages ​​ont dérivé au-dessus du Yémen, d’Oman, puis du Pakistan et de l’Inde. Selon les images satellitaires, le panache contenait une importante quantité de SO2. Le trafic aérien a été perturbé jusqu’en Inde, à des milliers de kilomètres de là. Air India a annulé plusieurs vols intérieurs et internationaux afin de procéder à des contrôles sur les appareils qui avaient survolé certaines zones après l’éruption. La cendre de l’éruption a aussi affecté les villages voisins, ce qui a posé des problèmes aux agriculteurs. Bien qu’aucune victime n’ait été signalée, la cendre représente une menace pour la communauté locale d’éleveurs de bétail, en détruisant des pâturages essentiels.

Source : The Times of Oman, Smithsonian Institution, CNN.

Source: Copernicus / Sentinel

Selon le Centre britannique d’observation et de modélisation des séismes, des volcans et de la tectonique (COMET), une activité explosive de l’Erta Ale le 15 juillet 2025 s’est accompagnée d’une intrusion magmatique le long d’un dyke se propageant vers le sud-est en direction du Hayli Gubbi. Les images du satellite Sentinel du 16 juillet ont révélé une ligne de fissures éruptives produisant des coulées de lave à l’extérieur de la caldeira sud de l’Erta Ale. Un autre groupe de quatre fissures s’est ouvert plus loin dans le rift, au sud-est, la plus éloignée se situant à seulement 2 km du cratère du Hayli Gubbi. Aucun lac de lave n’a été observé dans les pit craters de l’Erta Ale après le 18 juillet, mais les données satellitaires ont indiqué un soulèvement du sol dans la région entre le 21 juillet et le 3 août. De plus, un nuage blanc inhabituel a été observé à l’intérieur du cratère du Hayli Gubbi le 25 juillet.

Finalement, l’activité explosive du 23 novembre n’est peut-être pas si surprenante que cela. Malheureusement les systèmes de surveillance sur le terrain manquent à l’appel.

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L’Institut géophysique (IGEPN) a enregistré un séisme volcano-tectonique de magnitude M4,3 sous le volcan La Cumbre, sur l’île Fernandina, dans l’archipel des Galápagos (Équateur), le 17 novembre 2025, suivi d’un intense essaim sismique.

Image de Fernandina acquise par le satellite Copernicus EU/Sentinel-2

Fernandina a connu près de 30 éruptions depuis 1800. La Cumbre figure parmi les volcans les plus actifs du point chaud des Galápagos. Sa dernière éruption a eu lieu du 3 mars au 9 mai 2024, période durant laquelle des coulées de lave ont atteint la mer.

Image de l’éruption de 2024 (Crédit photo : IGEPN)

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Une puissante éruption s’est produite sur le Bezymianny (Kamtchatka, Russie) le 26 novembre 2025, avec un panache de cendres qui est monté jusqu’à 11,4 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée au Rouge en raison des explosions susceptibles de perturber le trafic aérien.
Le KVERT indique que l’activité du Bezymianny a augmenté progressivement avant l’éruption, avec une importante anomalie thermique visible sur les images satellites entre le 16 et le 20 novembre. Durant cette période, des avalanches incandescentes ont dévalé le flanc sud-est presque quotidiennement. L’incandescence était visible dans le cratère et des panaches de cendres, produits soit au sommet, soit par des avalanches, s’élevaient parfois jusqu’à 4 km d’altitude.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

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Here is the latest news about volcanic activity around the world. It was intense in Indonesia.

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In Indonesia, seismicity increased at Bur ni Telong. An M 4.3 tectonic earthquake was recorded on 25 November and located about 16 km NE of the main crater. The tectonic earthquake was followed by increased seismicity at Bur ni Telong characterized by a series of deep volcanic earthquakes. The Alert Level was raised to 2 on a scale of 1-4. The public was advised to maintain a minimum distance of 1.5 km from the crater area.

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Still in Indonesia, an increase in seismicity has been observed at Lewotobi Laki-laki. The dominant seismic signals indicated activity at shallow depths. Increased inflation was also detected in tiltmeter data, although GNSS data continued to show only fluctuations. On 24 November 2025 there was an increase in the number of deep volcanic earthquakes, indicating a rapid rise of magma. The Alert Level was raised to 4 (the highest level on a scale of 1-4) and the public was warned to stay 6 km away from the center of Laki-laki and 7 km in an area from NW to NE

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Still in Indonesia activity at Sangeang Api increased during 1-22 November 2025. Notably, five tornillo earthquakes were detected and on 18 November there was a significant increase in seismic signals indicating dteam and ash emissions which later rose as high as 35 m above the crater rim . Seismicity intensified on 22 November, and a new eruption was confirmed by visual observations. The Alert Level was raised to 2 (on a scale of 1-4) and the public was warned to stay 3 km away from the active crater. Steam and ash emissions rose 200-300 m above the crater rim on 23 November.

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Still in Indonesia, eruptive activity continues at Semeru after the erutive event I mentioned on this blog on November 21st, 2025. Around 300 residents were evacuated on 19 November after a series of pyroclastic flows traveled as far as 13 km down the S and SE flanks. Authorities also evacuated 137 climbers who were camping within 8 km from the summit. By the evening of 20 November there were 1,116 people in evacuation shelters. There were no fatalities, though three people were significantly burned. Ashfall impacted several villages. There were 21 severely damaged houses, damage to an education facility, and damage to a health facility. Additionally, about 204 hectares of agricultural land were impacted. The Alert level remains at 4 (the highest level on a scale of 1-4).

Source : PVMBG.

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After about sixty lava overflows, mainly at the southern vent, Episode 37 of the Kilauea eruption (Hawaii) finally began at 2:30 p.m. (local time) on November 25, 2025, with lava fountains about 150-180 meters high erupting from the north vent.

The episode came to an end after about 9 hours and 10 minutes of lava fountaining which produced an estimated 6.3 million cubic meters of lava. The average eruption rate was over 190 cubic meters per second. Lava flows from the fountains covered about 75% of the floor of Halemaʻumaʻu crater. The summit magma reservoir is now repressurizing, suggesting that another eruptive episode is possible in the coming weeks.

It should be noted that an M4.6 earthquake occurred shortly after Kilauea’s Episode 37 15 km south-southeast of Fern Forest on the Island of Hawaiʻi at a depth of 5 km below sea level. The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kīlauea volcanoes. and does not appear directly related to the eruption. Most earthquakes in this region are caused by movement of the south flank of Kīlauea.
Source: HVO.

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An eruption was observed on November 24, 2025, at one of the lesser-known volcanoes in the Erta Ale range, in the Danakil region of Ethiopia. This volcano had been dormant for 10,000 years and the event of November 24 syrprised everybody.
At approximately 8:30 a.m. (local time), the Hayli Gubbi volcano, located about 15 km southeast of the well-known Erta Ale, erupted explosively, generating a large ash plume that rose to about 10-15 km and drifted over the southwestern part of the Arabian Peninsula. The Toulouse VAAC reported that the plume drifted over Yemen, Oman, then Pakistan and India. According to satellite imagery, the plume contained a significant amount of SO2. Air traffic was disrupted as far away as India, thousands of kilometers away. Air India canceled several domestic and international flights to conduct checks on aircraft that had flown over certain areas following the eruption. Ash from the eruption also affected nearby villages, causing problems for farmers. Although no casualties have been reported, the ash poses a threat to the local livestock-herding community by destroying vital grazing lands.
Source: The Times of Oman, Smithsonian Institution, CNN.

According to the UK Centre for Observation and Modelling of Earthquakes Volcanoes and Tectonics (COMET), explosive activity at Erta Ale on 15 July 2025 had been accompanied by an intrusion of magma along a dike that propagated SE towards Hayli Gubbi. Sentinel satellite imagery on 16 July showed a line of fissure vents that produced lava flows outside the south caldera of Erta Ale. Another group of four fissure vents opened further along the rift to the SE, with the most distant only 2 km from the Hayli Gubbi crater. No lava lakes were seen in the pit craters after 18 July, but satellite data indicated uplift in the region during 21 July-3 August, and an anomalous white cloud within Hayli Gubbi’s crater was observed on 25 July. The explosive activity of November 23rd may not be so surprising after all. Unfortunately, theere are no monitoring systems on the ground.

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The Geophysical Institute (IGEPN) recorded an M4.3 volcano-tectonic earthquake beneath the La Cumbre volcano on Fernandina Island in the Galápagos archipelago (Ecuador) on November 17, 2025, followed by an intense seismic swarm.

Fernandina has produced nearly 30 recorded eruptions since 1800. La Cumbre is among the most active volcanoes of the Galápagos hotspot. Its most recent eruption occurred from March 3 to May 9, 2024, when lava flows reached the sea.

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A powerful eruption took place at Bezymianny (Kamchatka / Russia) on November 26, 2025, with ash reaching 11.4 km a.s.l. The Aviation Color Code was raised to Red due to ongoing explosions that could affect regional and international flights.

KVERT indicatesthat activity at Bezymianny had been gradually increasing prior to the eruption, with a large bright thermal anomaly visible in satellite imagery between November 16 and 20. On most days during that period, hot avalanches descended the southeastern flank, crater incandescence was visible, and occasional ash plumes, produced either at the summit or by avalanches, rose as high as 4 km.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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