Taal (Philippines): Visite à Volcano Island // Visit to Volcano Island

Dans ses dernières mises à jour, le PHIVOLCS indique que l’activité dans le Main Crater du Taal (Philippines) se caractérise par de faibles émissions de vapeur qui s’élèvent à une cinquantaine de mètres de hauteur. Le réseau sismique enregistre toujours des séismes d’origine volcanique liés à des processus de fracturation de roches sous et autour de l’édifice volcanique. Le niveau d’alerte est maintenu à 2.

La BBC a publié une vidéo intéressante qui montre des habitants en train de se rendre sur Volcano Island. Les images confirment les très importants dégâts causés par la cendre qui recouvre tout. De nombreux toits se sont effondrés sous le poids de la cendre. Officiellement, personne n’a été directement tué par l’éruption, mais les personnes dans la vidéo recherchent des parents ou des proches disparus.
Le 2 février 2020, les autorités philippines ont expliqué que 39 personnes sont mortes pendant l’évacuation. Cependant, personne n’a été tué ou blessé par l’éruption phréatique du 12 janvier. Les décès enregistrés sont principalement dus à des crises d’angoisse et à la négligence des victimes. Un certain nombre de personnes évacuées sont décédées d’une crise cardiaque au cours de l’évacuation et pendant leur séjour dans les centres d’hébergement provisoires.

La plupart des habitants de Volcano Island étaient des pêcheurs qui ont tout perdu. L’île a été déclarée zone de danger permanent. Toute activité y est interdite.

Attention: certaines images de la vidéo peuvent choquer.

https://www.bbc.com/news/av/world-asia-51660902/philippines-volcano-residents-return-to-visit-island

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In its latest updates, PHIVOLCS indicates that activity in Taal’s Main Crater (Philippines) is characterized by weak steam emissions rising 50 metres high. The Taal Volcano Network is still recording volcanic earthquakes that are associated with rock fracturing processes beneath and around the edifice. The alert level is kept at 2.

The BBC has released an interesting video that shows residents returning to visit Volcano Island. The images confirm the devastation caused by the ash that covers everything. Many roofs collapsed under the weight of the ash. Officially, no one was directly killed by the eruption, but the people in the video are looking for missing parents or relatives.

On February 2nd, 2020, Philippine authorities explained that 39 people died during the span of the evacuation. However, no one died nor was hospitalized during the phreatic eruption of January 12th. The recorded deaths were mostly due to anxiety and negligence of the casualties. A number of evacuees were reported to have died of heart attack during the evacuation and while staying at the evacuation centres.

Most of the residents on the island were fishermen who have lost their businesses for ever as Volcano Island has been declared a Permanent Danger Zone. All commercial activity is forbidden.

Warning: you may find some of the images in this report distressing.

https://www.bbc.com/news/av/world-asia-51660902/philippines-volcano-residents-return-to-visit-island

Image extraite de la vidéo de la BBC.

Iles Canaries: La tempête de sable a provoqué un désastre agricole // Canary Islands: Sandstorm caused agricultural disaster

Hier, j’ai consacré un chapitre de ma note «Volcans du monde» au calima, une impressionnante tempête de sable qui a affecté les îles Canaries entre le 22 et le 24 février 2020. Les calimas sont des tempêtes de sables accompagnées de vents chauds qui transportent le sable du Sahara vers les îles Canaries. Ces vents sont capables de propulser la poussière à des milliers de mètres au-dessus de l’Océan Atlantique.
La tempête de sable a été un désastre pour l’agriculture des îles Canaries. Les autorités s’attendent à des dégâts sur le long terme. En effet, non seulement la récolte actuelle est perdue, mais les prochaines sont également menacées.
Il se dit que la tempête de sable est la pire depuis 40 ans. Elle a entraîné l’annulation de centaines de vols, bloquant des milliers de touristes; elle a ravivé les feux de végétation, avec l’évacuation de milliers de personnes ; mais elle a surtout gravement affecté le secteur agricole. Parmi les cultures les plus touchées figurent la banane, la pomme de terre et l’avocat. Les fleurs ornementales sont également menacées.
Dans certaines régions, l’impact de la tempête sur les bananeraies est le même que celui de la tempête tropicale « Delta » en 2005. De nombreuses plantations devront être déracinées et semées à nouveau, avec l’investissement que cela implique. Il se peut qu’il y ait une année de perte car les futures récoltes sont également menacées.
S’agissant des cultures de pommes de terre, les zones touchées par la tempête de sable sont celles qui n’avaient pas encore été affectées par la sécheresse. On craint une baisse de production de près de 50 pour cent.
Les légumes à feuilles vertes comme la laitue et la scarole ont également été gravement endommagées. Les tomates ont aussi beaucoup souffert à La Aldea. Les avocats étaient en pleine floraison :la prochaine récolte sera donc compromise.
Une évaluation des dégâts est en cours et il faudra probablement plusieurs jours pour évaluer la totalité des pertes qui, selon les autorités locales, est susceptible d’être « substantielle ».
Source: The Watchers.

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Yesterday, I devoted a chapter of my post « Volcanoes of the world » to calima, an impressive sandstorm that affected the Canary Islands between February 22nd and 24th, 2020. Calimas are hot wind storms that carry sand towards the Canary Islands from the Sahara; they are capable of lifting dust thousands of metres above the Atlantic Ocean.

The sandstorm was a disaster to agriculture in the Canary Islands. Agrarian leaders are expecting the damage to be long-term. Indeed, not only the current harvest was lost, but the next ones are also at risk.

The sandstorm was described to be the worst in 40 years. It cancelled hundreds of flights, stranding thousands of tourists; it exacerbated bushfires, forcing thousands to evacuate; and above all, it badly affected the agricultural sector. Among the worst-hit crops are banana, potato, and avocado. Ornamental flowers are also threatened.

In some parts, the impact of the storm on banana plantations may be the same as that of Tropical Storm « Delta » in 2005. Many plantations will have to be uprooted and sown again, with the investment that this entails. There may be a year of loss ahead as future harvests are also at risk.

For potato crops, the areas hit by the sandstorm are those which had not yet been affected by the drought. It is feared that there will be a reduction in the production of potatoes at nearly 50 percent.

Green leafy vegetables such as lettuce and escarole were also severely hit. Tomato crops in the municipality of La Aldea were impacted. Avocados were ravaged in the middle of the flowering period, thus, the next harvest will be compromised.

The damage assessment is now underway and it may take days to finalize the full extent which is likely to be « substantial, » according to the local authorities..

Source : The Watchers.

La tempête de sable vue depuis l’espace (Source: NASA)

La station de ski du Mont-Dore (Puy-de-Dôme) en redressement judiciaire !

Les vacances de février se terminent dans une semaine, avec un bilan dans le rouge pour la station de ski du Mont-Dore. On sentait que la décision allait être inévitable et elle vient d’être prise le 26 février 2020 : la société des Remontées mécaniques va mettre en place dans les prochains jours une procédure de redressement judiciaire pour sauvegarder les emplois. Le pire est évité car la station ne va pas fermer. La décision a été prise car, en raison des conditions climatiques qui ont perduré cette saison, la situation n’était plus tenable.  On ne comptabilise que deux jours de ski à Noël et quatre en janvier, avec des températures trop élevées pour faire fonctionner les canons les canons à neige. Au bout du compte, la saison hivernale est une catastrophe.

La SAEM du Mont-Dore comptait au 24 février un déficit de 625 000 euros alors que les vacances de février représentent quasiment 65 % du chiffre d’affaires de la saison. La station est actuellement à 21 % de ses objectifs. Sur une bonne saison, le chiffre d’affaires atteint 5 millions d’euros en hiver et de 900 000 euros durant l’été.

Pour l’instant, les emplois de la fin de saison ne sont pas remis en cause. L’été se déroulera avec un effectif a minima, sans saisonniers, pour redresser la barre en attendant de pouvoir développer un tourisme alternatif. Comme le fait remarquer l’un des responsables de la station, il s’agit de choix stratégiques auxquels sont confrontées de nombreuses stations de moyenne montagne face au réchauffement climatique. Comme je l’ai expliqué précédemment, la limite pluie-neige, qui détermine l’enneigement d’une station, est passée de 1200 mètres d’altitude dans les années 1960 à environ 1500 mètres aujourd’hui. En conséquence, les stations au-dessous de cette altitude ont du souci à se faire quant à la pérennité de leurs activités de ski. Il faut qu’elles investissent au plus vite dans des infrastructures qui leur permettent de diversifier leurs activités. C’est toute l’économie des stations de moyenne montagne qui est chamboulée.

Certains reprochent à la station du Mont-Dore de ne pas avoir su anticiper la hausse des températures et la baisse de l’enneigement. Peut-être n’aurait-il pas fallu investir autant d’argent (18 millions d’euros en 18 ans) dans des enneigeurs qui ne servent plus à grand-chose maintenant, mais personne ne pensait que la situation se dégraderait aussi vite.

Comme beaucoup de stations, le Mont-Dore va donc devoir développer une stratégie de diversification des activités proposées aux visiteurs comme a su le faire Super Besse, sa voisine du Sancy.

Source : Presse locale.

Il a neigé un peu ces derniers jours, mais c’est très insuffisant pour combler le déficit d’une saison hivernale catastrophique (vue webcam des pistes de ski du Mont Dore le 28 février 2020 au matin)

Les populations après l’éruption du Toba (Indonésie) // Populations after the Toba eruption (Indonesia)

Il y a 75 000 ans, une super éruption a secoué le Mont Toba à Sumatra (Indonésie), sur le site occupé par le Lac Toba d’aujourd’hui. Ce fut l’une des plus puissantes éruptions sur Terre. Les chercheurs expliquent que cet événement a provoqué un hiver volcanique de six à dix ans à l’échelle de la planète et un probable épisode de refroidissement de 1000 ans.
Dans les années 1990, plusieurs scientifiques ont suggéré que l’éruption avait pu être suffisamment importante pour anéantir la majorité des premiers humains vivant à l’époque, ralentissant ainsi l’extension de l’humanité. En 1993, la journaliste scientifique Ann Gibbons a expliqué qu’un « goulot d’étranglement de la population » s’était produit dans l’évolution de l’espèce humaine il y a environ 70 000 ans, et elle a avancé l’hypothèse selon laquelle cela était dû à l’éruption. Un géologue de l’Université de New York et un volcanologue de l’Université d’Hawaï sont allés dans le sens de cette hypothèse. En 1998, la théorie du « goulot d’étranglement » a été confirmée par un anthropologue de l’Université de l’Illinois.

Selon une nouvelle étude qui vient d’être publiée dans la revue Nature Communications, il existe des preuves que des Homo sapiens migraient avant, pendant et après l’éruption.
Comme écrit précédemment, l’éruption explosive, que l’on estime 5000 fois plus puissante que celle du Mont Saint-Helens en 1980, aurait créé un hiver volcanique avec un impact sur la propagation l’espèce humaine à cette époque. Si tel était le cas, l’événement aurait anéanti les humains présents, leurs ancêtres et les populations animales à travers l’Asie. La nouvelle étude montre que la situation n’a peut-être pas été aussi désastreuse.
Des chercheurs qui ont travaillé sur le site de Dhaba dans la vallée de la rivière Middle Son, dans le centre de l’Inde, ont découvert des preuves que les humains occupaient le site de manière permanente depuis 80 000 ans. Les outils en pierre trouvés sur le site sont par ailleurs semblables à ceux associés aux êtres humains du Middle Stone Age* en Afrique et même en Australie, ce qui laisse supposer qu’ils ont tous été forgés pendant la migration d’Homo sapiens. La découverte des outils montre également que les Homo sapiens vivaient en Asie plus tôt qu’on le pensait. Le fait que ces ensembles d’outils n’aient pas disparu au moment de la super éruption du Toba, ou aient changé de façon spectaculaire peu de temps après cet événement, démontre que les populations ont survécu à la soi-disant catastrophe et ont continué à créer des outils pour modifier leur environnement.
La découverte des outils met en évidence la résistance et la ténacité des communautés de chasseurs-cueilleurs qui ont su s’adapter malgré les bouleversements subis par leur environnement après l’un des plus grands événements volcaniques des deux derniers millions d’années.
Cependant, cette situation n’a pas eu des effets à long terme. Ainsi, les humains qui ont survécu à l’éruption ne se sont pas suffisamment développés pour pouvoir contribuer au pool génétique actuel. Ils ont probablement été confrontés à d’autres défis et à la période glaciaire qui a suivi l’éruption.
Les résultats de la dernière étude apportent une nouvelle lumière sur l’arrivée des humains en Inde ; en effet, jusqu’à présent, aucun reste humain de cette période n’a été retrouvé dans la région.
Des études récentes indiquent que les humains tels que nous les connaissons auraient migré d’Afrique il y a entre 52 000 et 70 000 ans. Les fossiles et les outils en pierre commencent à nous montrer où et quand  ils se sont retrouvés, avec en particulier une présence humaine en Chine avant 80000 ans, en Asie du Sud-Est entre 63000 et 73000 ans, ainsi qu’en Australie il y a 65000 ans. L’Australie marque la fin de «l’arc sud» de la dispersion de la migration, ce qui – selon l’étude – signifie que l’Homo sapiens se trouvait auparavant en Asie du Sud. «La localité de Dhaba constitue un point de liaison important entre des régions avec une archéologie similaire à l’est et à l’ouest.»
Source: Presse scientifique américaine.

* L’expression Middle Stone Age désigne un ensemble d’industries lithiques préhistoriques trouvées en Afrique australe et orientale, plus ou moins contemporaines des industries du Paléolithique moyen identifiées en Afrique du Nord, en Europe, et en Asie.

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75,000 years ago, a super eruption shook Mount Toba in Sumatra (Indonesia), at the site of today’s Lake Toba. It was one of the Earth’s largest known eruptions. Researchers explained that rhe event caused a global volcanic winter of six to ten years and possibly a 1,000-year-long cooling episode.

In the 1990s, several scientists suspected the eruption had beenlarge enough to wipe out a majority of early humans living at the time, slowing down the spread of humanity. In 1993, science journalist Ann Gibbons explained that a population bottleneck occurred in human evolution about 70,000 years ago, and she suggested that this was caused by the eruption. A geologist of New York University and a volcanologist of the University of Hawaii supported her suggestion. In 1998, the bottleneck theory was further developed by an anthropologist of the University of Illinois.

According to a new study just published in the journal Nature Communications, there is evidence that Homo sapiens were migrating before, during and after the eruption.

As I put it before, the explosive event, which was estimated to be 5,000 times more massive than the 1980 Mount St. Helens eruption, is thought to have created a volcanic winter that impacted the spread of ancient humans. If true, this would have devastated humans, human ancestors and animal populations across Asia. However, the new study shows that the situation may not have been that dire.

Researchers investigating a site called Dhaba in Central India’s Middle Son River Valley uncovered evidence revealing that humans have occupied the site continuously for the last 80,000 years. Stone tools found at the site are also similar to those associated with Middle Stone Age* humans in Africa and even Australia, suggesting that they were all forged by migrating Homo sapiens. The discovery of the tools also suggests that Homo sapiens were living in Asia earlier than expected. The fact that these toolkits did not disappear at the time of the Toba super-eruption, or change dramatically soon after, indicates that human populations survived the so-called catastrophe and continued to create tools to modify their environments.

The discovery of the tools showcases the tenacity of hunter-gatherer communities who adapted despite changes in their environment after one of the largest volcanic events to occur during the last two million years.

However, this was not a lasting legacy. For example, the humans who survived this event did not thrive enough to the point that they contributed to the current gene pool. They likely suffered due to other challenges and the glacial period that followed the eruption.

The findings have a larger implication for the arrival of humans in India because so far no human remains from this time period have been recovered in the area.

Recent studies suggest that modern humans migrated from Africa between 52,000 to 70,000 years ago. Fossil and stone tool evidence is beginning to show where they ended up and when, including a human presence in China before 80,000 years ago, Southeast Asia between 63,000 and 73,000 years ago, as well as Australia by 65,000 years ago. Australia marks the end of the “southern arc” of the migration dispersal, meaning that Homo sapiens were in South Asia beforehand, according to the study. “The Dhaba locality serves as an important bridge linking regions with similar archeology to the east and west.”

Source: U.S. scientific press.

The Middle Stone Age was a period of African prehistory between the Early Stone Age and the Later Stone Age.  It is generally considered to have begun around 280,000 years ago and ended around 50–25,000 years ago.

Site de l’éruption du Toba vu depuis l’espace (Source: NASA)