Réchauffement climatique : multiplication des événements extrêmes

Avec les terribles inondations qui affectent en ce moment l’Allemagne et la Belgique, les gens vont peut-être ENFIN commencer à prendre conscience du réchauffement climatique et de son cortège d’événements extrêmes.

Les inondations outre-Rhin ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Si l’on consulte la presse internationale, on se rend compte que de telles catastrophes se multiplient. En voici un petit échantillon prélevé entre le 9 et le 15 juillet 2021 :

  • 9 juillet : 2 mois de pluie en deux heures dans l’Est de l’Angleterre. Inondations soudaines, dégâts et évacuations de certaines parties de la population.
  • 10 juillet : tornade à Dexter (Missouri) avec 150 maisons endommagées.
  • 11 et 12 juillet : très fortes intempéries avec orages et tornades dans l’est de la Chine. Beijing a été quasiment paralysée.
  • 12 juillet : alerte maximale aux intempéries pour le sud-ouest du Japon, en particulier dans la ville de Unnan (36 000 habitants) avec 100 mm de pluie en une heure . Dans le même temps, Kagoshima au pied du Sakurajima recevait 330 mm de pluie en 12 heures.
  • 12 juillet : très fortes pluies avec des inondations soudaines en Pennsylvanie et dans le New Jersey aux Etats Unis.
  • Le 14 juillet, on dénombrait aux Etats Unis 67 incendies de végétation qui avaient détruit plus de 371 000 hectares.
  • Le 14 juillet, une tempête tropicale a fait se déverser des trombes d’eau sur les Philippines.
  • 14 et 15 juillet : alerte maximale de couleur Rouge (situation exceptionnelle) aux intempéries pour la côte ouest de la Nouvelle Zélande
  • Les catastrophes naturelles ont coûté 8 milliards de dollars aux Etats Unis pour les six premiers mois de 2021.

Juin 2021 : 5ème mois de juin le plus chaud // June 2021 : 5th warmest month of June

Selon la NASA et la NOAA, la température sur Terre en juin 2021 arrive au 5ème rang pour un mois de juin dans les archives des agences qui remontent à 1880. La température de surface depuis le début de l’année (entre janvier et juin) est la 8ème plus élevée jamais enregistrée. Il est très probable que l’année 2021 se classe parmi les 10 années les plus chaudes de l’histoire.

La température de surface en juin 2021 se situe à 0,88°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (15,5°C). Juin 2021 est le 45ème mois de juin consécutif et le 438ème mois consécutif avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle.

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According to NASA and NOAA, the global temperature for June 2021 was the 5th highest for June in the archives which date back to 1880. The year-to-date (January-June) global surface temperature was the 8th highest on record. It is very likely that the year 2021 will rank among the 10 warmest years on record.

The June 2021 global surface temperature was 0.88°C above the 20th-century average of 15.5°C. June 2021 marked the 45th consecutive June and the 438th consecutive month with temperatures above the 20th-century average.

Effets de la vague de chaleur de juin sur le Mont Rainier (Etats-Unis) // Effects of the June heatwave on Mt Rainier (United States)

La forte canicule qui a frappé le nord-ouest des Etats-Unis a posé des problèmes à la population qui n’est pas habituée à de telles températures. Les maisons ne sont pas équipées de climatisation et le seul système de refroidissement de la région est naturel, avec les glaciers sur les montagnes environnantes. Ainsi, 70 kilomètres carrés de glace et de neige recouvrent les flancs du Mont Rainier (4 392 m), stratovolcan actif de la Chaîne des Cascades. Chaque été, la fonte de la neige sur les montagnes de l’État de Washington est la bienvenue car elle apporte de l’eau, régule le débit des rivières, produire de l’électricité, irrigue les cultures et apporte de la nourriture à tout un écosystème.

Les 29 glaciers répertoriés sur le Mont Rainier ont perdu plus d’un tiers de leur surface et 45% de leur épaisseur depuis 1900. Lorsque l’on visite le Parc National avec quelques années d’intervalle et que l’on observe le glacier Nisqually, par exemple, on se rend compte de la vitesse à laquelle il fond.

Rien qu’en 2021, la neige sur la partie frontale des glaciers du Mt Rainier a fondu à raison de 15 à 18 centimètres par jour ; c’est le triple de la fonte normale à cette période de l’année. On enregistrait une épaisseur du manteau neigeux de 72 centimètres à la fin juin sur le site très populaire de Paradise, soit 50 centimètres de moins que la moyenne de 1917 à 2020.

Les glaciologues préviennent que les effets de la vague de chaleur de juin seront accentués si elle se répète plus tard cet été, lorsque les températures augmenteront. D’ici là, la couche de neige de début de saison qui aide à stabiliser la roche et la glace dans la partie supérieure de la montagne aura disparu. Cela signifie que l’on va assister à des plus en plus de coulées de débris qui vont emporter des matériaux accumulés au cours de siècles d’activité glaciaire ; il s’ensuivra une obstruction du lit des cours d’eau avec des sédiments et un effet sur les basses terres jusqu’à l’embouchure de la Puyallup River dans Commencement Bay à Tacoma.

La fonte des glaciers du Mont Rainier aura certainement des conséquences désastreuses. Tout le monde dans la région se souvient de l’inondation de 2006 qui a emporté les terrains de camping, fermé le parc pendant six mois et fermé définitivement la Carbon River Road aux voitures.

Quelques mois nous séparent de la saison des orages, et on a tendance a oublier les menace qu’a fait peser la vague de chaleur du mois de juin. Les randonneurs se réjouissent de la fonte précoce de la neige car elle accélère l’accès à des sentiers comme la Wonderland Trail. Cependant, pour tous ceux qui connaissent bien le Mont Rainier, la fonte précoce de la neige signifie aussi le gonflement des cours d’eau et le risque d’effondrement des ponts de neige.

Source : The News Tribune.

D’aucuns diront que la fonte des glaciers va entraîner une perte de masse à la surface de la montagne et est susceptible de favoriser l’ascension du magma sous ce volcan actif, mais cela reste à prouver.

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The severe heatwave that hit Northwest United States was a problem for the population that is not used to such temperatures. The houses are not equipped with air conditioning. The only cooling system is natural, with the glaciers in the region. Roughly 70 square kilometres of glacial ice and snow mass cover the flanks of Mount Rainier (4,392 m), an active stratovolcano of the Cascade Range. Seasonal snowmelt from the Washington State mountain ranges is needed to keep water cold, regulate stream flows, produce reliable electricity and irrigation, and nourishes a whole ecosystem.

Mt Rainier’s 29 official glaciers have lost more than one-third of their coverage and 45 percent of their thickness since 1900. When you visit Mount Rainier National Park every few years and look at the Nisqually Glacier, you realise how fast it is melting.

In 2021 alone, snow has been melting 15 to 18 centimetres a day at the terminus parts of Mount Rainier’s glaciers, triple its normal rate this time of year. The forecast at Paradise is a snowpack depth of 72 centimetres by the end of June; which is 50 centimetres less than the historic average from 1917 to 2020.

Glaciologists warn that the effects of the June heat wave will be more severe if it returns later this summer, when temperatures spike. By then, the early-season snow layer that helps fasten rocks and chunks of ice to the upper mountain will have vanished. The mountain is then more likely to release debris flows, disgorging material built up over centuries of glacial activity, clogging stream channels with sediment and reshaping the lowlands as far as where the Puyallup River meets Tacoma’s Commencement Bay.

The melting of Mt Rainier’s glaciers is sure to have disastrous consequences. Everybody in the region can remember the 2006 flood which washed out campgrounds, closed the park for six months and permanently closed the Carbon River Road to cars. With storm season months away, any threat to the mountain posed by this heat wave may seem remote. Hikers, climbers and other outdoor enthusiasts might welcome the early meltoff, since it speeds access to prime destinations like the Wonderland Trail. However, for all who work and play on Mount Rainier, warnings about high-water crossings and collapsing snowbridges are top of mind as June turns to July.

Source : The News Tribune.

Some will say that the melting of the glaciers will lead to mass loss at the surface of the mountain and may favour the ascent of magma beneath the active volcano, but this remains to be proved.

Le glacier Nisqually en 2002

Le glacier Nisqually en 2015

Chenal d’écoulement du glacier Nisqually

(Photos : C. Grandpey)

Conséquences inattendues de la canicule aux Etats Unis // Unexpected consequences of the heat wave in the U.S.

La vague de chaleur et la sécheresse qui sévissent dans l’ouest des États-Unis ont des conséquences à la fois pour les êtres humains et pour les animaux qui ont du mal à supporter les températures extrêmes.

En Californie, le propriétaire de la société Ramirez Rattlesnake Removal (NDLR : cette société intervient auprès des gens qui ont découvert des serpents sur leur propriété) a déclaré que « les serpents à sonnettes sont partout en ce moment, sous les porches, dans les plantes en pot et même sous les jouets des enfants » En raison de la très forte chaleur, les serpents n’hésitent pas à pénétrer dans les environnements urbains pour se protéger contre la hausse des températures et s’échapper d’un paysage où règne la sécheresse. La pénétration des villes dans des zones autrefois sauvages a forcément accru les interactions négatives entre les personnes, les animaux et les parasites.

Il n’y a pas que les serpents. Alors que les points d’eau commencent à s’assécher, d’autres animaux sauvages ont été aperçus à la recherche d’eau, de nourriture et d’ombre dans les banlieues de certaines villes. Les vétérinaires remarquent l’arrivée d’un nombre croissant de jeunes animaux abandonnés ou blessés dans leurs structures. Les observations d’animaux, en particulier d’ours qui s’aventurent à l’intérieur des zones urbaines, se multiplient. Un biologiste explique que la population d’ours a étendu son aire de répartition de sorte que les plantigrades apparaissent dans des zones qu’ils n’avaient jamais fréquentées auparavant.

Les petits animaux et les insectes se rapprochent également des zones habitées à la recherche d’eau, et certains sont susceptibles de causer des problèmes. Les oiseaux porteurs du virus du Nil occidental, qui peut causer une maladie neurologique mortelle et débilitante, sont de plus en plus présents dans les jardins des maisons. Comme tout est sec dans les campagnes, les oiseaux s’approchent des maisons dans l’espoir d’y trouver de l’eau et un refuge. En Californie, les services sanitaires ont déjà fait état auprès de la population d’une augmentation de l’activité virale et les scientifiques pensent que le risque de transmission du virus du Nil occidental augmentera avec le changement climatique, en particulier dans les zones côtières de la Californie.

Il est étonnant de constater que les moustiques, que la plupart des gens associent aux périodes humides plutôt qu’aux périodes sèches, prospèrent dans les villes pendant les périodes de sécheresse. Les structures artificielles comme les tuyaux et les bassins d’eau dormante sont des sites de prolifération de ces insectes. Les poissons et autres animaux qui y vivent meurent alors que les moustiques prolifèrent.

Des nuisibles moins dangereux peuvent également poser problème en période de sécheresse. C’est le cas des fourmis, des cafards et des rongeurs qui ont eux aussi besoin d’eau pour survivre. Les maisons sont généralement l’endroit où ils vont la trouver lorsqu’elle est absente à l’extérieur.

Source : The Guardian.

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The heat wave and the drought across western U.S. have consequences both for the humans and for the animals that find it difficult to put up with the extreme temperatures.

In California, the owner of Ramirez Rattlesnake Removal company says that “rattlesnakes are everywhere these days, on front porches, in potted plants, and under children’s play equipment.” Because of the heat, snakes are increasingly finding their way into urban environments in search of refuge from the rising temperatures and relief from the drying landscape. Urban development that creeps further into once-wild areas has also increased negative interactions between people, animals and pests.

But it is not only the snakes. As essential water sources start to run dry, other wild animals have also been spotted searching the suburbs for water, sustenance and reprieve from the intensifying conditions. Wildlife veterinarians have reported the numbers of abandoned babies or injured animals brought into their centers. Animal sightings, especially of bears who are venturing deeper into urban areas, are surging. A wildlife biologist explains that the bear population is expanding its range, so bears are showing up in areas where they had never seen before.

Smaller animals and insects are also coming closer in search of water, and some have the ability to cause a lot more damage. Song birds carrying the West Nile virus, which can cause a deadly and debilitating neurological disease, are increasingly showing up in back yards. Because there is limited water in the environment and everything is dry, the birds go looking for water and refuge. In California, public health officials have already warned residents of an increase in virus activity and scientists believe the threat of transmissions of West Nile will increase with climate change, especially in coastal areas of California.

Surprisingly, mosquitoes, which most people associate with wet times rather than dry, thrive in cities during times of drought when waters recede and grow still. Human-made structures like pipes and ponds are prime spots for stagnant water to become a breeding ground for the insects. Surprisingly, fish and other animals that live in these systems die and the mosquitoes proliferate.

Less perilous pests may also pose more problems during drought conditions. Ants, cockroaches and rodents and other visitors also need water to survive and human homes are typically where they go to find it when it is absent in outdoor environments.

Source : The Guardian.

Il existe de nombreux panneaux mettant en garde contre les serpents à sonnettes aux États-Unis. Il faut être très prudent lorsque l’on marche dans les zones désertiques. Je me souviens que dans les Badlands, les serpents se cachaient à l’ombre des caillebotis qui traversent le paysage aride. Prudence à tous les étages !

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There are many signs warning against rattlesnakes in the U.S. One needs to be very careful when walking in desert areas. I can remember that in the Badlands, the snakes used do hide in the shade of the duckboards that cross the arid landscape!