Un rapport alarmant pour l’Alaska // An alarming report for Alaska

Le quatrième rapport sur le climat publié le 23 novembre 2018 consacre un chapitre entier à l’Alaska. On peut lire que « l’Alaska se réchauffe plus rapidement que tous les autres États de l’Union et doit faire face à une multitude de problèmes liés au changement climatique ».
Les données fournies par le rapport montrent que la hausse des températures en Alaska a été deux fois plus rapide que dans le reste du monde au cours des 50 dernières années. On observe des températures plus chaudes et davantage de précipitations. Le rapport indique que dans les prochaines années les régions de l’intérieur et du nord de l’Alaska devraient se réchauffer davantage que les régions du sud. Il ajoute que « des augmentations de précipitations sont prévisibles pour toutes les régions de l’État ; elle seront plus importantes dans l’Arctique et l’intérieur, avec un maximum enregistré dans la partie nord-est de l’intérieur. »
La hausse des températures provoque le dégel du pergélisol et sa discontinuité. Selon le rapport, « le pergélisol de surface disparaîtra probablement sur 16 à 24% du paysage d’ici la fin du 21ème siècle. »
Selon le rapport, l’étendue annuelle moyenne de la banquise arctique a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie depuis le début des années 1980. On peut également lire: « Alors que le climat continue de se réchauffer, il est probable que l’on verra un Arctique dépourvu de glace de mer pendant l’été au cours de ce siècle. »
Dans sa conclusion, le rapport explique que les poissons, la faune sauvage et les réseaux trophiques de l’Alaska sont « de plus en plus affectés par le recul et l’absence fréquente de glace de mer pendant l’été en Arctique, la hausse des températures et l’acidification des océans. La poursuite du réchauffement accélérera les modifications des écosystèmes dans des proportions difficiles à prévoir et des facultés d’adaptation de plus en plus difficiles. »
Le chapitre consacré à l’Alaska indique également que les glaciers continuent de fondre. La vitesse de fonte de 1994 à 2013 est presque le double de celle des années 1962-2006. De nouvelles études « montrent que la vitesse de perte de glace en Alaska va probablement augmenter dans les décennies à venir, avec des conséquences le long du Golfe d’Alaska où les chaînes alimentaires littorales se trouveront perturbées. ».
Source: Médias de l’Alaska.

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According to the Fourth National Climate Assessment report released on Novermber 23rd, 2018, Alaska “is warming faster than any other state, and it faces a myriad of issues associated with a changing climate.”

In the report, data shows temperatures warmed across Alaska at twice the rate of the rest of the world over the last 50 years. Specific impacts to the State include warmer temperatures and more precipitation. The report says interior and northern areas of Alaska are projected to warm more than the southern regions. The report also states, “average annual precipitation increases are projected for all areas of the State, with greater increases in the Arctic and interior and the largest increases in the northeastern interior.”

Rising temperatures are causing the permafrost to thaw and become more discontinuous. According to the report, “near-surface permafrost will likely disappear on 16 to 24 percent of the landscape by the end of the 21st century.”

According to the report, the extent of annual average Arctic sea ice has decreased between 3.5 and 4.1 percent per decade since the early 1980s. One can also read: “As the climate continues to warm, it is likely that there will be a sea ice-free Arctic during the summer within this century.”

The report concludes that Alaska’s marine fish and wildlife and food webs are being “increasingly affected by retreating and thinning arctic summer sea ice, increasing temperatures, and ocean acidification. Continued warming will accelerate related ecosystem alterations in ways that are difficult to predict, making adaptation more challenging.”

The chapter dedicated to Alaska also says that glaciers continue to melt. The rate of melting from 1994 to 2013 is nearly double the rate of the years between 1962 – 2006. New studies “suggest that the measured rates of Alaska ice loss are likely to increase in coming decades with the potential to alter streamflow along the Gulf of Alaska and to change Gulf of Alaska nearshore food webs.”

Source : Alaskan news media.

Photos: C. Grandpey

Taxes sur les carburants et transition énergétique : les glaciers vont continuer à fondre !

Officiellement, le gouvernement indique que l’augmentation du prix des carburants servira à financer la transition énergétique. Certains analystes ont cherché à vérifier si cela était vrai. La réalité n’est pas aussi reluisante ! En effet, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, seulement 20,5% de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques sert à financer la transition énergétique.

Les analystes ont décrypté le partage des 34 milliards de taxes perçues par l’Etat via la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques), alors que sur un litre de carburant affiché à 1,50 euro, le prix du pétrole ne pèse que 50 centimes.

Le montant des taxes sur le carburant alloué à la transition énergétique pour l’année 2018 s’élève à 7 milliards d’euros, soit environ 20,5% des 34 milliards d’euros de la TICPE. Le reste de la cette taxe est partagée entre les régions, les départements qui s’en servent notamment pour financer le RSA ou l’apprentissage. Sans oublier la ponction de 13 milliards d’euros prise par l’Etat pour son budget général !

Avec l’augmentation de six centimes sur le litre de diesel, et trois centimes sur le litre d’essence, la TICPE devrait rapporter quatre milliards supplémentaires en 2019, pour un total de 38 milliards d’euros. Malheureusement, ce surcroît de recettes ne sera pas affecté à la transition énergétique mais au budget de l’Etat qui est en déficit de 60 milliards d’euros !

De là à dire que le gouvernement français se moque de l’écologie, il n’y a qu’un pas que j’aurais tendance à franchir !

Source : Europe 1.

Photo: C. Grandpey

Volcans des Aléoutiennes (Alaska) // Volcanoes of the Aleutians (Alaska)

Les dernières mises à jour publiées par l’Alaska Volcano Observatory (AVO) concernent quatre volcans actifs de la région, mais aussi le Katmai.

On observe toujours une certaine activité sur le  Semisopochnoi. La sismicité reste marquée avec des épisodes intermittents de tremor. Aucune activité volcanique n’est observée sur les images satellitaires et aucune activité n’a été détectée dans les données infrasonores de la région. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

Une coulée de lave est toujours présente le long du cône sommital du Veniaminof où on continue à observer une activité sismique élevée,   une incandescence sur les images nocturnes de la webcam, ainsi que des températures de surface élevées dans les données satellitaires. Aucune émission de cendre significative n’a été observée. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange.

Une certaine activité est toujours observée sur le Great Sitkin. La sismicité reste élevée. Rien de significatif n’a été observé dans les données infrasonores de la région ou sur les images satellitaires au cours des dernières 24 heures. La couleur de l’alerte aérienne est Jaune.

De la même manière, une certaine activité continue à être observée sur le Cleveland, avec des températures de surface élevées sur les images satellites. Les images de la webcam ne sont pas exploitables à cause des nuages. Aucune activité significative n’a été détectée dans les données sismiques ou infrasonores. La couleur de l’alerte aérienne est Jaune.

Ces derniers jours, de forts vents du sud-est à proximité du Katmai et de la Vallée des Dix Mille Fumées ont soulevé la cendre volcanique émise lors de l’éruption du Novarupta en 1912 et l’ont transportée vers le nord-ouest. Ces nuages de cendre n’ont pas été observés sur les données satellitaires, mais des pilotes d’avions ont confirmé la présence d’un nuage de cendre en suspension à une altitude inférieure à 1 200 mètres ; ce nuage s’étirait jusqu’à l’est de King Salmon. La cendre volcanique en suspension est considérée comme dangereuse car elle peut poser des problèmes aux aéronefs et à la santé.
Ce phénomène n’est pas le résultat d’une activité volcanique récente et se produit pendant les périodes de vents violents et d’absence de neige au sol dans la région du Katmai et d’autres jeunes zones volcaniques de l’Alaska. Il n’y a aucune éruption en cours. La couleur de l’alerte volcanique pour tous les volcans de la région du Katmai est Verte.

La couleur de l’alerte aérienne est importante pour les volcans dans cette partie du monde. Ils sont situés dans des zones peu peuplées des Aléoutiennes, mais ils se trouvent le long des couloirs aériens entre l’Asie et les États-Unis. Les volcans sont explosifs et émettent de volumineux nuages ​​de cendre pendant les éruptions. Cette cendre pourrait affecter les avions survolant la région et causer de sérieux problèmes aux moteurs.

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The latest updates released by the Alaska Volcano Observatory (AVO) concern four active volcanoes of the region, as well as Katmai..

Unrest continues at Semisopochnoi. Seismicity remains elevated with intermittent episodes of tremor. No volcanic activity is observed in the satellite data, and no activity has been detected in regional infrasound data. The aviation colour code is kept at Orange.

The emission of a lava flow from Veniaminof‘s summit cone continues, as indicated by continued observations of elevated seismic activity, incandescence in nighttime webcam images, and elevated surface temperatures in satellite data. No significant ash emissions have been observed. The aviation colour code is kept at Orange.

Low-level unrest continues at Great Sitkin. Seismicity remains elevated. Nothing significant has been observed in regional infrasound data or satellite images during the last 24 hours. The aviation colour code is Yellow.

In the same way, low-level unrest continues at Cleveland. Elevated surface temperatures are observed in satellite images. Webcam views have been obscured by clouds. No significant activity has been detected in seismic or infrasound data. The aviation colour code is Yellow.

Strong southeast winds in the vicinity of Katmai and the Valley of Ten Thousand Smokes have picked up loose volcanic ash erupted during the 1912 Novarupta eruption and carried it to the northwest in the past days. No ash has been observed in satellite data, but pilot reports have confirmed a suspended ash cloud below an altitude of 1,200 metres and extending to the east of King Salmon. Suspended volcanic ash is considered hazardous and could be damaging to aircraft and health.

This phenomenon is not the result of recent volcanic activity and occurs during times of high winds and dry snow-free conditions in the Katmai area and other young volcanic areas of Alaska. No eruption is in progress. All of the volcanoes of the Katmai area remain at colour code Green.

The aviation colour code is important for volcanoes in that part of the world. They are located in poorly populated areas of the Aleutians but they lie along the routes of planes that connect Asia with the U.S. The volcanoes are explosive and emit huge clouds of ash during the eruptions. They might affect the planes flying above the region and cause serious problems to the engines.

Volcans des Aléoutiennes avec en Orange le Semipochnoi (le plus à l’est) et le Venieminof (Source : AVO)

Vue de la Vallée des 10 000 Fumées (Photo: C. Grandpey)

Les ours pullulent dans la région. La prudence est de mise lors des randonnées dans le Parc National du Katmai (Photo: C. Grandpey)

Nouvel effondrement glaciaire au Groenland // New glacier collapse in Greenland

Certains vont peut-être dire que je me répète, que je radote, mais c’est la triste réalité. Un effondrement glaciaire majeure a eu lieu au Groenland au début de l’été 2018.

Le 22 juin 2018, une équipe de chercheurs de l’Université de New York a filmé le vêlage du glacier Helheim, au Groenland. Les images sont impressionnantes et sous-entendent des conséquences pour le niveau des océans.

Une gigantesque masse de glace, de 6 kilomètres de large, s’est séparée du glacier et a glissé vers la mer. Le phénomène, qui a duré une trentaine de minutes en réalité, a été accéléré dans cette petite vidéo de 90 secondes :

https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Le vêlage est un phénomène classique sur les glaciers. J’ai personnellement eu l’occasion de l’observer à plusieurs reprises en Alaska, comme ici sur le glacier Sawyer :.

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

Il est facile de comprendre le processus d’un vêlage glaciaire. Un glacier se forme par accumulation de neige sur le continent ; cette neige qui se tasse devient de la glace qui s’écoule sous son propre poids jusque vers la mer. En temps normal, il y a un équilibre entre la quantité de neige qui tombe sur la calotte chaque année et la perte de masse par vêlage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui du fait du changement climatique.

Le glacier Helheim fait partie de ceux étudiés par les scientifiques pour mesurer l’ampleur du réchauffement climatique. Le constat est sans appel. Selon les observations de la NASA, le front du glacier a reculé de plus de 4 kilomètres entre 1998 et 2013. Il s’est également perdu une centaine de mètres d’épaisseur pendant cette période.

Les très nombreux icebergs produits lors du vêlage gagnent la mer où ils contribuent à la hausse du niveau de l’eau. Actuellement, le niveau des océans augmente d’environ 3 millimètres par an, dont un millimètre par dilation thermique, 1 millimètre par la fonte des glaciers de montagnes et 1 millimètre par la fonte des calottes arctique et antarctique. Or, ce dernier millimètre n’existait pas dans les années 1990 car les calottes du Groenland et de l’Antarctique étaient dans une situation d’équilibre. L’iceberg qui s’est détaché du glacier de Helheim au mois de juin ne devrait pas provoquer une hausse spectaculaire du niveau de la mer, mais il est la preuve d’un phénomène qui inquiète les climatologues.

Le 28 mai 2008, une équipe de glaciologues avait filmé un vêlage du glacier Ilulissat, dans l’ouest du Groenland. Le film est entré dans le livre Guinness des Records car c’est le plus important événement de ce type jamais filmé. Il a duré 75 minutes. Pour se donner une idée, la hauteur totale de la glace est de 900 mètres, avec une partie émergée de 90-120 mètres

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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Some people may say that I repeat myself, but it is the sad reality. A major glacial collapse occurred in Greenland early in the summer of 2018.
On June 22nd, 2018, a team of researchers from New York University filmed the calving of the Helheim Glacier in Greenland. The images are impressive and imply consequences for the level of the oceans.
A gigantic mass of ice, 6 kilometres wide, broke away from the glacier and slid towards the sea. The phenomenon, which lasted about thirty minutes, was accelerated in this small video of 90 seconds:
https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Calving is a frequent phenomenon on glaciers. I personally have had the opportunity to observe it several times in Alaska, as here on the Sawyer Glacier:.
https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

It is easy to understand the process of glacial calving. A glacier is formed by snow accumulation on the continent; this falling snow becomes ice that moves under its own weight toward the sea. Normally, there is a balance between the amount of snow falling on the ice cap each year and the loss of mass by calving. . This is no longer the case today because of climate change.
The Helheim Glacier is one of those studied by scientists to measure the extent of global warming. The conclusion makes no doubt. According to NASA observations, the glacier front retreated more than 4 kilometres between 1998 and 2013. It also lost a hundred metres in thickness during this period.
The numerous icebergs produced at calving reach the sea where they contribute to the rise of the water level. At present, the level of the oceans is increasing by about 3 millimetres per year, of which one millimetre by thermal expansion, 1 millimetre by the melting of mountain glaciers and 1 millimetre by the melting of the Arctic and Antarctic ice caps. However, this last millimeter did not exist in the 1990s because the ice caps of Greenland and Antarctica were in a state of equilibrium. The iceberg that broke away from the Helheim Glacier in June is not expected to cause a dramatic rise in sea level, but it is the evidence of a phenomenon that worries climatologists.
On May 28th, 2008, a team of glaciologists had filmed a calving of the Ilulissat Glacier in West Greenland. The film entered the Guinness Book of Records because it was the most important event of its kind ever filmed. It lasted 75 minutes. To get an idea, the total height of the ice is 900 metres, with 90-120 metres above the water.
https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Effondrement sur le front du Columbia Glacier (Alaska) [Photo: C. Grandpey]