Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska) // New eruption of Bogoslof Volcano (Alaska)

drapeau-francaisAprès une hausse de la sismicité pendant une trentaine de minutes, le Bogoslof est de nouveau entré en éruption le 20 janvier à 13h17 (heure locale). Les pilotes d’aéronefs ont indiqué que le nuage atteignait une hauteur de 10 800 mètres et se dirigeait vers l’extrémité sud-ouest de l’île d’Unalaska. Une image satellite montre un nuage riche en cendre et la présence de matériaux très chauds autour de la bouche éruptive. Cette éruption a généré un seul éclair.

L’alerte aérienne est maintenue à la couleur ROUGE.

Source : AVO.

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drapeau-anglaisFollowing an approximately 30-minute-long increase in seismic activity, Bogoslof erupted on January 20th at 13:17 (local time). Pilots reported the cloud reached a height of 10 800 metres, and prevailing winds carried it to the southeast over the southwest end of Unalaska Island. A satellite image indicates an ash-rich cloud, and the presence of very hot material at the surface near the vent. This eruption also produced a single lightning strike.
The Aviation Colour Code remains at RED

Source: AVO.

Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska) // New eruption of Bogoslof Volcano (Alaska)

drapeau-francaisAprès une augmentation de l’activité sismique pendant une vingtaine de minutes, le Bogoslof est entré en éruption vers 13h20 (heure locale) le 18 janvier 2017. Les pilotes ont fait état d’un nuage de cendre atteignant une hauteur de plus de 9300 mètres, emporté vers le nord-est et la mer de Béring par les vents dominants Cette éruption a également produit des éclairs.
Une image satellite diffusée juste après cet événement a révélé un nuage de cendre sombre au nord-est du Bogoslof. Ce nuage est plus foncé et probablement plus riche en cendre que ceux observés depuis le début de l’épisode éruptif à la mi-décembre 2016. Cette image suggère également la présence, pour la première fois, de matériaux très chauds (probablement de la lave) autour de la bouche éruptive.
Quelques minutes après la première explosion, un deuxième nuage de cendre moins haut était visible sur les images satellites, ce qui correspondait à une augmentation du tremor. Cet événement n’a pas produit d’éclairs. La sismicité est restée élevée jusqu’à 15h45, mais aucun autre nuage éruptif n’a été observé.
La couleur de l’alerte aérienne est maintenue au ROUGE.

Source: AVO.

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drapeau-anglaisFollowing an approximately 20-minute-long increase in seismic activity, Bogoslof erupted at about 13:20 (local time). Pilots reported the cloud reached a height greater than 9,300 metres, and prevailing winds carried it northeast over the Bering Sea. This eruption also produced lightning strikes.
A satellite image, just after this event, showed a dark ash cloud just northeast of Bogoslof. This cloud was darker in colour, and presumably more ash-rich, than others observed in the eruptive sequence which began in mid-December 2016. This image also suggests the presence of very hot material at the surface immediately surrounding the vent, the first such observation during this eruption sequence.
Following the initial explosive eruption, a second, lower-level volcanic cloud was visible in satellite images around 14:00 (local time), likely corresponding with an increase in seismic tremor. This event did not produce reported lightning. Seismicity remained elevated until 15:45, but no additional eruption clouds have been observed.
The Aviation Colour Code remains at RED.

Source: AVO.

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Image satellite du panache de cendre du Bogoslof le 18 janvier 2017.

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Nuage de cendre du Bogoslof (en hachuré noir) le 19 janvier 2017 à 1h34

(Source: NOAA).

L’Observatoire des Volcans de l’Alaska // Alaska Volcano Observatory

drapeau-francaisDans le cadre du Mois de la Sensibilisation aux Volcans, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) – géré par l’USGS – a consacré un article à l’Observatoire des Volcans de l’Alaska (AVO).
Le rôle de cet observatoire est essentiel car l’Alaska possède le plus grand nombre de volcans de tous les États-Unis. Sur les 169 volcans actifs de ce pays, 90 se trouvent en Alaska. Les éruptions sont monnaie courante et certains volcans restent actifs, même s’ils ne sont pas forcément en éruption

L’éruption de l’Augustine en 1986 a mis l’accent sur la nécessité d’un système de surveillance des volcans en Alaska. Elle a également donné naissance à l’AVO, créé en 1988. L’Observatoire travaille en collaboration avec trois organismes: l’USGS, l’Institut de Géophysique de l’Université d’Alaska à Fairbanks et le département d’études géologiques et géophysiques de l’Alaska. Ces trois institutions sont en charge des observations, mais au final les bulletins d’alerte sont émis par l’USGS qui fédère et a la responsabilité de l’ensemble des rapports.
L’AVO n’a pas eu à attendre longtemps après sa création pour montrer son utilité. Le 14 décembre 1989, le Redoubt est entré en éruption. Le lendemain, le vol KLM 867, entre Amsterdam et Tokyo, avec à son bord 231 passagers, s’apprêtait à faire escale à Anchorage. Le Boeing a traversé le panache de cendre du Redoubt, avec pour effet immédiat la mise à l’arrêt de ses quatre moteurs. L’avion a fait une chute de plus de 3000 mètres, cinq minutes avant que les pilotes réussissent à redémarrer les moteurs et atterrir en toute sécurité à Anchorage. Les quatre moteurs ont dû être remplacés, avec des dégâts qui se sont élevés à environ 80 millions de dollars. L’éruption du Reboubt a continué jusqu’au début du mois de juin 1990.
Il existe une différence importante entre l’AVO en Alaska et le HVO à Hawaï. À Hawaï, les scientifiques se concentrent principalement sur les risques volcaniques au sol, tels que les coulées de lave, alors qu’en Alaska ils doivent gérer à la fois les risques terrestres et aériens. La zone de contrôle – et donc de responsabilité – de l’AVO est également beaucoup plus vaste que celle du HVO. Elle s’étend du sud-est de l’Alaska à Anchorage, le long de la péninsule de l’Alaska, et le long la chaîne des Aléoutiennes vers la péninsule du Kamchatka en Russie.
Néanmoins, l’AVO utilise des méthodes de surveillance volcanique semblables à celles employées par le HVO, avec des webcams, des stations sismiques, le GPS et la cartographie géologique. Le travail sur le terrain n’est pas évident en raison de l’environnement hostile de l’Alaska et de l’éloignement d’un grand nombre de volcans, de sorte que les données satellitaires sont essentielles et largement utilisées. Comme on l’a vu récemment à propos du Bogoslof (Iles Aléoutiennes), les rapports des pilotes d’aéronefs sont également des sources importantes d’information sur les volcans d’Alaska
Depuis sa fondation, l’AVO a fait d’énormes progrès dans la cartographie des volcans les moins connus de l’Alaska afin de mieux comprendre leur histoire et leur potentiel éruptif. Certains des volcans éloignés des îles Aléoutiennes occidentales ont été instrumentés pour suivre leur activité et détecter les éruptions qui pourraient présenter un danger pour le trafic aérien. Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine car bon nombre de volcans des Aléoutiennes – comme le Bogoslof – sont dépourvus d’équipements et il faut s’appuyer sur les stations sismiques voisines ou sur les rapports de pilotes pour suivre leur activité
L’AVO a développé des outils de haute technologie pour interpréter les données satellitaires susceptibles de détecter les panaches de cendre et les anomalies thermiques. Certains de ces outils ont été exportés vers Hawaï, où les scientifiques du HVO les utilisent pour améliorer leur surveillance des volcans Kilauea et Mauna Loa.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisAs part of Volcano Awareness Month, the USGS Hawaiian Volcano Observatory (HVO)has dedicated an article to the Alaska Volcano Observatory (AVO).

The role of this observatory is essential as Alaska has the largest number of volcanoes of all the United States. Of the nation’s 169 active volcanoes, 90 are located in Alaska. Eruptions there are common and some volcanoes are in a semi-constant state of low-level activity.

The 1986 eruption of Augustine volcano emphasized the need for volcano monitoring and research in Alaska. It also prompted the establishment of AVO which was founded in 1988. The observatory is a partnership between three organizations: USGS, the Geophysical Institute of the University of Alaska Fairbanks, and the Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys. These three groups contribute to observatory operations, although hazards notifications are issued by the USGS, which has federal responsibility for such declarations.

AVO did not have to wait long after its establishment for showing its utility. On December 14th, 1989, Redoubt volcano erupted. The next day, KLM flight 867, carrying 231 passengers from Amsterdam to Tokyo with a stop in Anchorage, flew through a Redoubt ash plume, causing all four engines to fail. The aircraft dropped more than 3 km in altitude within five minutes before the flight crew managed to restart the engines and land the plane safely in Anchorage. All four engines on the aircraft had to be replaced, with damages totaling about $80 million. The Redoubt eruption continued through early June 1990.

There is a significant difference between AVO in Alaska and HVO in Hawaii. In Hawaii, the scientists focus primarily on ground-based volcanic hazards such as lava flows, whereas Alaska has both ground and airborne concerns. AVO’s area of responsibility is also much broader than that of HVO, extending from southeast Alaska to Anchorage, along the Alaska Peninsula and then out the chain of Aleutian Islands towards Russia’s Kamchatka Peninsula—a distance of over 3000 km!

Nevertheless, AVO uses volcano monitoring methods similar to those employed by HVO, including webcams, seismic and GPS stations, and geological mapping. Ground-based monitoring and research field work are considerable challenges owing to Alaska’s harsh environment and the remoteness of so many volcanoes, so satellite data are used extensively. As we recently saw it about Bogoslof, aircraft pilot reports are also important sources of information about Alaskan volcanoes

Since its founding, AVO has made tremendous strides in mapping the largely unknown volcanoes of Alaska to better understand their eruptive histories and future eruptive potential. Even some of the remote volcanoes of the western Aleutian Islands have been instrumented to track unrest and detect eruptions that might be hazardous to aircraft.

AVO has also developed state-of-the-art tools for viewing the abundance of available satellite observations that can detect ash plumes and thermal anomalies. Some of these tools have been exported to Hawaii, where HVO scientists use them to enhance their monitoring of Kilauea and Mauna Loa volcanoes.

Source : USGS / HVO.

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L’Iliamna et les volcans de Cook Inlet (Source: AVO)

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Volcan Iliamna et glaciers.

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Vue du Redoubt.

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Vue de l’Augustine.

(Photos: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : Allons nous jouer aux apprentis sorciers ? // Global warming : Are we going to play the sorcerer’s apprentices?

drapeau-francaisAlors que le réchauffement climatique continue son bonhomme de chemin et semble être incontrôlable, certains commencent à imaginer des moyens pour faire face à cette situation. Dans nos montagnes, on a déjà trouvé la technique pour produire de la neige artificielle, également baptisée « neige de culture » pour ne pas froisser ses détracteurs. A plus grande échelle, certains chercheurs s’évertuent à trouver des solutions qui permettraient de refroidir le climat. La plupart des groupes écologistes sont résolument opposés à de telles expériences et ils exigent un moratoire mondial sur ces initiatives.
L’un des projets consisterait à réfléchir la lumière du soleil vers l’espace dans le but de refroidir la planète. Il suffirait d’ensemencer la stratosphère avec des particules de dioxyde de soufre comme cela s’est produit naturellement au moment de l’éruption du Pinatubo qui a injecté des millions de tonnes de SO2 dans la stratosphère en 1992. Cet événement naturel a abaissé la température moyenne de la Terre d’environ 0,7°C pendant plusieurs mois.
Une autre proposition concerne des navires spécialement conçus pour pulvériser de l’eau de mer dans l’air afin que les particules de sel blanchissent les nuages à basse altitude au-dessus de la mer, augmentant ainsi leur pouvoir réfléchissant.
Au cours de la COP22 de Marrakech en novembre 2016, des chercheurs de l’Université de Cambridge ont exprimé leur frustration devant l’opposition des écologistes aux tentatives de refroidissement du climat. Ils ont évoqué une expérience dans laquelle les scientifiques pourraient essayer de faire blanchir, sur une zone relativement réduite, les nuages au-dessus de l’Arctique afin de voir si on pourrait inverser le processus de fonte rapide de la glace de mer pendant l’été. Lors de cette même conférence, un chercheur britannique a comparé le rapide réchauffement du climat dans les années à venir à la seconde guerre mondiale. Il a fait remarquer que «l’urgence de gagner la guerre contre Hitler était telle que des choses ont été réalisées, comme le débarquement en Normandie, sans se soucier de l’opinion publique. Parfois, l’urgence est telle que nous devons effectuer des recherches, et vite.»  Il a ajouté qu’il n’était pas favorable à la manipulation, mais à la recherche.
En 2011, les protestations des militants écologistes ont permis d’annuler l’expérience SPICE (Stratospheric Particle Injection for Climate Enginieering) dans laquelle les chercheurs prévoyaient de hisser un tuyau d’un kilomètre de hauteur à l’aide de ballons pour pulvériser de la vapeur d’eau. Le but était simplement de voir si l’expérience serait couronnée de succès.
Jusqu’à présent, le gouvernement des États-Unis ne s’est pas opposé à la recherche de solutions artificielles pour refroidir le climat, mais cela pourrait changer. Alors que le président Obama quitte ses fonctions, le Global Change Research Program (USGCRP), programme de recherches sur le changement climatique aux Etats-Unis, vient de publier ses projets pour la période 2012-2021, avec une mise à jour triennale qui entrouvre la porte pour de telles recherches.
Bien que les manipulations climatiques ne puissent se substituer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’adaptation au changement climatique actuel, certains types d’interventions pourraient un jour être utilisés pour gérer les changements climatiques. D’autres pays ou le secteur privé pourraient décider un jour de mener de telles expériences, indépendamment du gouvernement des États-Unis. Le prochain programme de recherche sur le changement climatique aux Etats Unis pourrait laisser supposer que le gouvernement fédéral ignorera ceux qui sont contre les manipulations climatiques et favorisera les recherches dans ce domaine!
Source: Reason magazine.

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drapeau-anglaisWhile global warming is going on and seems to be uncontrollable, some researchers are beginning to imagine ways to cope with this situation. In our mountains, we have already found the technique to produce artificial snow. On a larger scale, some scientists are striving to find solutions that would cool the climate. Most environmental activist groups are resolutely opposed to such experiments and they ask for a global moratorium.

One of the projects would consist in reflecting sunlight back into space as way to cool the planet. In one proposal the stratosphere would be seeded with reflective sulphur dioxide particles. Reference is made to the eruption of Mt. Pinatubo that injected millions of tons of SO2 into the stratosphere in 1992. It functioned as a natural experiment that lowered global average temperature by around 0.7°C for several months.

Another proposal is to have specially designed ships spray seawater into the air so that salt particles functioning as cloud nuclei can whiten, and thus make more reflective, low-level maritime clouds.

At the Marrakech United Nations climate change conference (COP 22) in November, Cambridge University researchers expressed their frustration with environmentalist obstructionism with regard to geoengineering experiments to test the feasibility of cooling the climate. They discussed one possible experiment in which maritime cloud whitening might be tried at a relatively small scale at the edge of the Arctic sea ice to see if it could reverse the recent steep decline in Arctic summer sea ice. During this same conference, a British researcher analogized a future period of especially rapid warming to World War II noting that « the urgency of winning the war against Hitler was such that things were done, like the Normandy landing, without thinking too much whether people agreed. Sometimes the urgency is such that we need to do the research, and fast. » He added that he was not pro-geoengineering, but pro-research.

Protests from Green activists in 2011 managed to cancel the SPICE experiment (Stratospheric Particle Injection for Climate Enginieering) in which researchers would hoist a hose using balloons a kilometer into the air to spray water vapour. The goal was merely to see if such a pipeline would work.

Up to now, the U.S. government has not sanctioned research on an emergency backup cooling system. That may change. As President Obama is departing, U.S. Global Change Research Program (USGCRP) has just issued its National Global Change Research Plan 2012–2021: A Triennial Update that opens the door a tiny crack to such research.

While climate intervention cannot substitute for reducing greenhouse gas emissions and adapting to the climate change that occurs, some types of deliberative climate intervention may someday be used in managing climate change. Other countries or the private sector may decide some day to conduct intervention experiments independently from the U.S. Government. The next National Global Change Research Plan may indicate that the federal government will ignore anti-geoengineering activists and also now become pro-research!  .

Source: Reason magazine.

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Des solutions pour ralentir la fonte de la glace de mer? (Photo: C. Grandpey)