Le Bogoslof, un casse-tête pour l’Alaska Volcano Observatory! // Bogoslof, a real headache for AVO researchers !

Le Bogoslof, actuellement le volcan le plus actif d’Alaska, sur une île perdue en Mer de Béring, est de nouveau entré en éruption au cours du week-end. Comme je l’ai précisé, l’événement a duré une cinquantaine de minutes, avec des éclairs volcaniques et un nuage de cendre qui est monté au moins à 10 500 mètres, ce qui a incité l’AVO à émettre une alerte Rouge qui a été abaissée à l’Orange par la suite.
Le Bogoslof occupe une petite partie de l’île du même nom à 60 milles nautiques (environ 110 km) à l’ouest de Dutch Harbor. D’un diamètre de moins d’un kilomètre, l’île est la partie émergée d’un volcan sous-marin beaucoup plus volumineux.
L’éruption de samedi a surpris tout le monde, comme c’est souvent le cas avec le Bogoslof. Le volcan connaît des épisodes éruptifs depuis le mois de décembre, avec une quarantaine d’événements enregistrés. Les scientifiques ne peuvent pas installer d’équipements de surveillance sur l’île qui est trop petite et le volcan trop actif. Comme l’a dit un volcanologue : « Si nous avions installé des instruments là-bas, ils auraient été détruits au moins à 40 reprises ».
En conséquence, les chercheurs doivent se fier aux instruments placés sur des volcans voisins pour détecter des variations sismiques annonçant une éruption imminente, mais la prévision n’est pas aussi précise que si les équipements étaient sur le Bogoslof proprement dit. Cela signifie que les scientifiques sont informés de l’éruption alors qu’elle a déjà démarré.
Compte tenu de l’imprévisibilité du volcan, tous les scientifiques, qu’il s’agisse de volcanologues ou de biologistes, ont annulé tout projet de visite du volcan en ce moment.  S’il entrait brutalement en éruption avec des chercheurs sur l’île, il n’y aurait nulle part où s’abriter.
Les éruptions passées ont érigé de nouvelles banquettes et des aiguilles de matériaux. En février, les éruptions ont triplé la taille de l’île. En mai, un nouveau lac d’eau chaude d’où s’échappait de la vapeur a été photographié lors d’un survol de la Garde côtière des États-Unis.
Pendant les deux premiers mois d’activité du Bogoslof, les explosions étaient très régulières; Elles se produisaient tous les deux jours. Puis, le volcan s’est calmé pendant environ deux mois, avant une éruption mineure à la mi-mai…

A noter qu’une nouvelle éruption d’une dizaine de minutes a été observée le 31 mai 2017. Sa brièveté n’a toutefois pas justifié la modification du niveau d’alerte.
Source: AVO & Alaska Dispatch News.

 —————————————–

Alaska’s most active volcano, the tiny Bogoslof on the remote island of the Bering Sea, erupted again over the weekend. As I put it before, the event lasted about 50 minutes, producing volcanic lightning and an ash cloud rising to at least 10,500 metres, prompting the AVO to issue a Red alert which has since been downgraded.

Bogoslof is a tiny sliver of an island that lies 60 nautical miles (about 110 km) west of Dutch Harbor. Less than a kilometre across, the island is the tip of a much larger underwater volcano.

Saturday’s eruption surprised everybody, as is usyally the case with Bogoslof: While the volcano has been in an active eruption cycle since December with some 40 volcanic events detected, scientists can’t put monitoring equipment directly on the island which is so small and the volcano so active that sensitive instruments researchers use to monitor volcanic activity can’t be placed there. Said one volcanologist: « If we’d had instruments out there, they probably would have been destroyed 40 times over by now. »

As a consequence, researchers must rely on instruments, placed on neighbouring volcanoes, that can detect seismic changes that herald an impending eruption but not nearly as precisely as if they were on Bogoslof itself. That means scientists know about the eruption as it’s already happening.

Given the unpredictability of the volcano, all scientists, whether they are volcanologists or biologists, have pretty much cancelled any plans to visit the volcano at the moment. If Bogoslof were to go off with researchers on the island, there would be nowhere to hide.

Past eruptions have carved new shelves and spires of land. As of February, the eruptions that started in December had tripled the island’s size. In May, a newly formed, steaming hot lake was captured by a U.S. Coast Guard flyover.

For the first two months, the explosions were very regular; they were happening once every one or two days. Then Bogoslof went quiet for about two months, until a smaller eruption that happened in mid-May.

It should be noted that a 10-minute eruption occurred on May 31st but its brevity did not justify a change of the alert level.

Source: AVO & Alaska Dispatch News.

 

Vues du Bogoslof le 8 mai 2017 (Crédit photo: AVO)

Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska)

Une nouvelle éruption de type explosif s’est produite à 14h16 (heure locale) le 28 mai sur le Bogoslof. Elle a duré environ 50 minutes et est maintenant terminée. Les images satellites et les rapports de pilotes indiquent que le nuage éruptif a atteint au moins 10000-13 000 mètres d’altitude. Un observateur sur l’île d’Unalaska a déclaré avoir vu un grand nuage en forme de champignons au-dessus du Bogoslof, avec des retombées de cendres à l’ouest de l’île.
Après avoir fait passer le niveau d’alerte au Rouge au moment de l’éruption, l’AVO l’a abaissé à Orange. Cependant, le Bogoslof reste actif et la situation est imprévisible. De nouvelles explosions produisant des nuages de cendre à haute altitude peuvent se produire à tout moment.
Source: AVO.

——————————–

A new explosive eruption occurred at 14:16 (local time) on May 28th at Bogoslof Volcano. It lasted about 50 minutes and has now ended. Satellite images and pilot reports indicate that the eruptive cloud reached at least 10,000 -13,000 metres a.s.l. An observer on Unalaska Island reported seeing a large white-gray mushroom cloud form over Bogoslof, with ash fallout to the west.

After raising the alert level to Red at the moment of the eruption, AVO has now lowered it to Orange. However, Bogoslof volcano remains at a heightened state of unrest and in an unpredictable condition. Additional explosions producing high-altitude volcanic clouds could occur at any time.

Source: AVO.

Les glaciers à Rochefort (Charente Maritime) !

Je présenterai le jeudi 8 juin 2017 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » dans le cadre de l’Université du Temps Libre de Rochefort (Charente Maritime). Elle aura lieu à 14 h 30 au Palais de Congrès– 73 rue Toufaire.

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont la conséquence du changement climatique.   Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. L’approche terrestre et les survols ne laissent pas le moindre doute sur leur recul. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Cette nouvelle conférence a pour but de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, les spectateurs pourront se procurer les ouvrages Terres de Feu, Mémoires Volcaniques, Dans les Pas de l’Ours, ainsi que des CD d’images. Pour rappel, Volcanecdotes et Killer Volcanoes sont épuisés.

Les conférences de l’UTL de Rochefort sont ouvertes à tous, adhérents et non-adhérents. Pour ces derniers, l’entrée est à 5 €.

Glacier Sawyer (Alaska)  [Photo: C. Grandpey]

Fonte précoce de la glace le long des rivières arctiques // Earlier melting of river ice in the Arctic

Une étude récente s’appuyant sur des images satellites a révélé que les dépôts de glace en couches qui s’accumulent le long des rivières du nord de l’Alaska fondent actuellement presque un mois plus tôt qu’en 2000. L’étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, analyse les dépôts de glace le long de 147 rivières entre la Colville River dans le District de North Slope et la Firth River dans le nord du Yukon.
Autrefois, ces accumulations de glace fondaient en général à la mi-juillet. Toutefois, entre 2000 et 2015, la date de fonte s’est avancée en moyenne de 26 jours. L’étude indique que sur les 122 formations de glace qui ont complètement disparu, plus de la moitié ont fondu bien plus tôt qu’en 2000. Sur les 25 sites où la glace persiste pendant l’été, 14 avaient en 2015 des quantités minimales nettement inférieures à celles de l’an 2000. En 2015, l’ensemble de la glace encore en place à la fin de l’été représentait moins de 10% du minimum estival mesuré en 2000.
Cette glace de rivière est différente de celle qui recouvre les cours d’eau de l’Arctique en hiver, même si cette dernière a, elle aussi, tendance à fondre beaucoup plus tôt. Les accumulations de glace observées le long des rivières proviennent de l’eau souterraine et de remontée d’eau de source qui s’élèvent à partir du lit des rivières et gèlent pour former des ensembles de strates qui ont généralement plusieurs dizaines de centimètres d’épaisseur. Ils peuvent couvrir jusqu’à 10 kilomètres carrés et atteindre la taille d’un immeuble de trois étages.
Bien que la fonte précoce de cette glace soit imputable au réchauffement climatique, l’étude n’examine pas vraiment les causes du phénomène. Il se peut qu’il y ait une relation simple entre les températures plus chaudes et la fonte de la glace, ou bien il pourrait y avoir une cause plus complexe au niveau hydrologique dans laquelle le réchauffement climatique modifierait la relation entre les eaux souterraines et les rivières. Quoi qu’il en soit, la disparition accélérée de cette glace de surface est susceptible d’affecter les poissons et la faune de la région.
Source: Alaska Dispatch News.

—————————————

A recent study relying on satellite images has revealed that the layered ice mounds that build up along Arctic Alaska rivers are now melting nearly a month earlier than they did in 2000. The study, in the journal Geophysical Research Letters, evaluates trends for 147 river icing spots found between the Colville River on Alaska’s North Slope and the Firth River in northern Yukon.

In the past, those spots would normally melt out in mid-July. But from 2000 to 2015, the melt date advanced, on average, by 26 days. Of the 122 ice formations that disappeared entirely, more than half melted out significantly earlier than in 2000. For the 25 spots that usually had ice persisting through the summers, 14 had significantly smaller minimums by 2015. By 2015, the end-of-summer total of lingering surface ice in the study area was less than 10 percent of the summer minimum measured in 2000.

This river icing is different from the typical freeze-up of river water which is globally occurring sooner than on the past. River icing is the product of groundwater and spring water seeps that rise up out of riverbeds and freeze in pancake-like layers that create formations that are typically several ten of centimetres thick. They can spread as wide as 10 square kilometres and rise as high as a three-story building.

Though the earlier melt of river icing correlates to climate warming, the study does not examine exactly what is causing the change. There could be a simple relationship between the warmer temperatures and melt, or there could be a more complex hydrological change cause by climate warming that is altering the relationship between groundwater and rivers. The accelerated loss of this surface ice might affect fish and wildlife.

Source: Alaska Dispatch News.

Glace de rivière en Alaska (Crédit photo: Wikipedia)