Grindavik ! (3) : fracture géante dans une salle de sport // Giant fissure in a sports hall

Une impressionnante crevasse a été découverte à l’intérieur de la salle de sport Hópið de Grindavík le 6 février 2024. Les autorités savaient que le bâtiment avait subi des dégâts importants suite à l’activité sismique et volcanique dans la région, notamment le 10 novembre 2023, avec des fissures. dans la structure et un affaissement du sol autour de la salle de sport.
Le gazon artificiel qui recouvrait le terrain de football dans la salle a été retiré afin de mieux évaluer les dégâts. Il semble que la fracture présente une profondeur d’environ 9 mètres et elle s’étire perpendiculairement au terrain. De l’autre côté du bâtiment construit en 2008 se trouvent les bordures d’une dépression encore plus grande, qui s’est formée lors de l’intrusion magmatique du 10 novembre 2023.
Des efforts ont été déployés pour cartographier les crevasses à l’intérieur de Grindavík. Les habitants et les propriétaires d’entreprises ont été autorisés à entrer dans la localité le 6 février pour récupérer leurs objets de valeur. Le risque de coulée de lave et d’éruption volcanique reste élevé. Comme je l’ai écrit précédemment, le volume de magma qui s’est accumulé dans le secteur de Svartsengi ces dernières semaines a pratiquement atteint celui accumulé avant la dernière éruption du mois de janvier 2024.
La sismicité est actuellement stable autour de Svartsengi, avec des événements proches ou inférieurs à M1,0.
Source : médias islandais.

Crédit photo : Iceland Monitor

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A large crevasse was discovered beneath the Hópið sports hall in Grindavík on February 6th, 2024. The authorities were aware that the building had suffered significant damage from the recent seismic and volcanic activity in the area, most notably on November 10th, 2023, with cracks running up the structure and a subsidence hollow surrounding the sports hall.

The artificial turf on the indoor football field was removed to further assess the damage which seems to be about nine meters deep and lies perpendicular to the field. On the other side of the building, which was built in 2008, there are the boundaries of an even larger depression, which was formed during the magma intrusion on November 10th, 2023.

Efforts have been made to map the crevasses in Grindavík. Residents and business owners were allowed into Grindavík on February 6th to salvage valuables. The risk of lava flows and volcanic eruptions is still considered high. As I put it before, the estimated volume of magma under Svartsengi has reached reached the lower limit of what is believed to have accumulated prior to the last eruption.

A stable seismicity is recorded in the Svartsengi area, with events about or below M1.

Source : Icelandic newsmedia.

Grindavik ! (2) La colère des journalistes // The journalists’ anger

En raison de l’instabilité et de la dangerosité, la police limite l’accès des journalistes à Grindavík depuis l’éruption du 14 janvier 2024. Le président de l’Union des journalistes islandais a protesté contre ce qu’il a appelé « la censure et la limitation de la liberté d’expression en empêchant l’accès des journalistes à la zone, sans raison valable ».
Il convient de garder à l’esprit que l’éruption du 14 janvier a détruit trois maisons, provoqué la formation de crevasses à l’intérieur de la ville. Elle a aussi et déplacé les 3 800 habitants qui ne savent pas de quoi demain sera fait. La ville avait déjà été évacuée le 10 novembre 2023 en raison de l’activité sismique. Les habitants de Grindavík attendent de savoir comment le gouvernement pourra les aider pendant qu’ils sont loin de chez eux.

Les journalistes ont été autorisés à entrer à Grindavík le 5 février 2024, pendant deux heures seulement. Les autorités islandaises expliquent que les journalistes n’ont pas été autorisés auparavant par respect pour les habitants et pour ne pas gêner les interventions d’urgence dans le secteur. Le président des journalistes a déclaré qu’ils devraient être autorisés à informer sur les événements historiques majeurs, comme ce fut le cas le week-end précédent, lorsque les habitants ont transporté leurs affaires hors de la zone dangereuse.
Lors de la visite du 5 février, les journalistes ont été entassés dans un bus et accompagnés par les services de secours. Un policier décidait du parcours emprunté par le bus. Une demi-douzaine d’arrêts ont été effectués en ville, et limités aux zones présentant des crevasses ou des dégâts, sans contact avec des personnes. Seules deux zones étaient prévues pour les photos par drone. Les journalistes ont protesté contre ce type de trajet organisé.
En novembre 2023, le syndicat des journalistes avait demandé au ministère de la Justice d’élargir l’accès à la zone dangereuse, mais les autorités n’ont pas répondu.

Source  : Iceland Review.

Remarque personnelle : Il faudrait tout de même que les journalistes gardent à l’esprit que leur travail consiste à informer, sans voyeurisme ni sensationnalisme. Cela n’a pas toujours été le cas ailleurs en Europe, ce qui explique probablement les restrictions décidées par les autorités islandaises.
Source  : Iceland Review.

Grindavik, une ville meurtrie (Crédit photo: Iceland Review)

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Because of the unstable and dangerous situation within the town, the police has limited access to Grindavík for journalists since the January 14th eruption. The president of the Union of Icelandic Journalists raised a protest against what he called “applying censorship and limiting journalists’ freedom of speech by limiting journalists’ access to the area with no rational cause.”

One should keep in mind that the January 14th eruption destroyed three houses, caused crevasses to form across town, and displaced the 3,800 inhabitants for the foreseeable future. The town had already been evacuated on November 10th, 2023, due to seismic activity. Grindavík residents await a government decision on how they can be helped while displaced.

Journalists were allowed to enter Grindavík on February 5th, 2024 for two hours. Icelandic authorities explain that they had not been allowedbeforee due to consideration for the residents and the vast emergency response in the area. The journalists’ president said that they should be allowed to document major historical events, such as the previous weekend when residents transported their belongings from the danger area.

During the February 5th visit, the journalists were herded into a bus and chaperoned by emergency response personnel. A special unit police officer decided where the bus went. A half-dozen stops were made in town, limited to areas with crevasses or damages, but nowhere near people. Only two areas were designated for flying drones to photograph. The journalists did not agree with the arrangements.

In November 2023, the journalists’union had petitioned the Ministry of Justice to increase access to the danger area, but the ministry had not responded.

Source : Iceland Review.

Personal note : The journalists should remember that their duty is to onform, with no voyeurism and no sensationalism. This has not always been the case elsewhere in Europe, which probably accounts for the restrictions decided by Icelandic authorities.

Source : Iceland Review.

Grindavik ! (1) Le problème social // The social problem

Le 10 novembre 2023, face à une hausse alarmante de la sismicité et à une possible intrusion magmatique sous Grindavik, les autorités islandaises ont ordonné l’évacuation du port de pêche qui abrite environ 3 800 habitants sur la péninsule de Reykjanes.

 

Fractures dans Grindavil (Crédit photo: Iceland Review)

Au cours des jours suivants, on a constaté que plusieurs maisons avaient été complètement détruites par l’activité sismique.

Les habitants espéraient rentrer chez eux pour Noël car la fréquence des secousses avait diminué, mais à la mi-décembre, une puissante éruption a commencé au niveau de la chaîne de cratères Sundhnuks, et elle a duré trois jours. Grindavik a été épargnée par cet événement qui s’est produit à environ 3 km de la bourgade, mais d’autres fissures ont ensuite été découvertes à l’intérieur même de la ville. Il n’était donc pas question pour les habitants de revenir chez eux. Les autorités ont décidé de commencer à  colmater les fractures dans le sol et à réparer les infrastructures endommagées. Le 10 janvier 2024, un ouvrier qui travaillait dans la ville est tombé dans l’une des crevasses. Après une brève recherche, les opérations de secours ont dû être interrompues en raison des risques encourus.
Quatre jours plus tard, le 14 janvier, une nouvelle éruption commençait, près de Grindavik.

 

Image webcam

Dans les semaines qui ont précédé l’événement, le gouvernement avait décidé d’ériger des digues de protection pour tenter d’empêcher la lave de s’écouler vers la ville et la centrale géothermique de Svartsengi. Pendant les premières heures de l’éruption, les digues de terre ont montré leur efficacité, même si la lave a réussi à ouvrir une brèche dans le rempart de protection. Une petite coulée de lave s’est dirigée vers la ville, mais les digues de terre ont réussi a retenir la majeure partie du flot de lave.
Le 14 janvier vers midi, une autre fissure s’est ouverte en aval des digues, à moins de 100 mètres des maisons de Grindavik. La ville n’avait donc plus de protection. Il n’y avait vraiment rien à faire pour sauver les maisons.

 

Source : Met Office

Devant leur téléviseur, les Islandais n’ont pu que regarder la lave engloutir les premières maisons. Bien que l’éruption ait été de courte durée, trois d’entre elles ont été détruites.
Aujourd’hui, au mois de février, les habitants de Grindavik sont dispersés à travers le pays, dans l’incapacité de revenir vivre dans leur ville. Certains ont une dent contre le gouvernement islandais et estiment qu’il n’a pas réussi à lever l’incertitude que ressent la population quant à son avenir. Ils reprochent aux autorités d’avoir pris des mesures dans l’urgence, sans parler de l’avenir de la ville. Ils disent que les informations fournies aux habitants de Grindavik ont semé la confusion au lieu de résoudre les problèmes. Un habitant a déclaré : « Il est clair que les intervenants n’étaient en aucun cas préparés à un événement comme celui-ci, ce qui est absolument incroyable quand on sait que les secousses sismiques et les éruptions ont commencé il y a trois ans. »
Il est vrai que la vie des habitants de Grindavik est bouleversée depuis le 10 novembre 2023. Les autorités ne leur ont pas fixé de date de retour et on ne sait pas s’il sera possible de vivre un jour dans la ville en toute sécurité, Même si les habitants y sont autorisés à revenir, certains seront probablement trop traumatisés pour continuer à habiter à Grindavik. Des familles doivent également faire face au fardeau financier des prêts immobiliers et des hypothèques sur les maisons dans lesquelles elles ne peuvent pas vivre.
Les Islandais et leur gouvernement sont pourtant prêts à aider la population en détresse. Les habitants de Grindavik bénéficient d’aides au logement et un projet de loi parlementaire vise à atténuer leurs problèmes. Une habitante a déclaré qu’elle aurait souhaité que la lave détruise sa maison. Ainsi, l’incertitude prendrait fin. Elle serait indemnisée et pourrait démarrer une nouvelle vie ailleurs dans le pays.
Source : BBC News, Yahoo Actualités.

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 On November 10th, 2023, faced with an alarming number of earthquakes and suspicions of magma beneath the town, Iceland’s authorities ordered the evacuation of Grindavik, a fishing port home to approximately 3,800 residents on the Reykjanes Peninsula.

Over the following days it became clear that several homes had been completely ruined by seismic activity. Residents hoped to return home as the frequency of the earthquakes diminished, but in mid-December, a strong eruption began in the nearby Sundhnuks crater series, lasting three days. Grindavik was spared by that time as the eruption took place about 3km away, but additional fissures were subsequently discovered in the town, prompting authorities to close them and begin repairing damaged infrastructure. Tragedy struck on January 10th, 2024 when a man working in the town fell through one of the crevasses. After a brief search, the operation was halted due to the dangers involved.

Four days later, on January 14th,, another eruption began, close to Grindavik. In the weeks leading up to the eruption, the government had decided to erect protective walls in an attempt to prevent lava from flowing towards Grindavik and the nearby Svartsengi geothermal power plant. For the first few hours the protective walls proved helpful, though a fissure had managed to break through one of the walls. That meant some lava flowed toward the town, but the walls kept most of it at bay.

Around noon on January 14th, another fissure opened behind the walls, less than 100m away from houses in Grindavik, leaving the town completely unprotected. There was really nothing that could be done to save the houses. Glued to their TVs, Icelanders watched as lava engulfed the first houses. Though the eruption was short-lived, three houses were lost.

Now into February the people of Grindavik find themselves scattered across the country, unable to live in their hometown. Some residents bear a grudge against the Icelandic government and feel it has not sufficiently managed to help ease the uncertainty that the town’s population feel about their future. They reproach the authorities for taking actions have been characterised by haste and bewilderment, and they say that information given to the residents of Grindavik has confused people rather than solving problems. One resident has declared :  » It is clear the responders were in no way prepared for an event like this, which is absolutely incredible considering that these earthquakes and eruptions started three years ago. »

It is true that the lives of Grindavik’s residents have been upended since November 10th, 2023. They have not been given a return date by authorities, and it is not clear if the town will ever be safe to live in. Even if residents are allowed back, some may be too traumatised to return. They also face the financial burden of mortgages on houses they cannot live in.

Icelanders and their government are united in offering help. The town’s residents are receiving housing benefit and parliamentary bill will aim to alleviate their problems. However, one resident said that she wished the lava had destroyed her house. Thus, there would be an end to the uncertainty. She would be compensated and could build a new life.

Source : BBC News, Yahoo News.