Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde.

Au cours des derniers jours, plus de 90 séismes ont été détectés à proximité du Bogoslof (mer de Béring), un volcan situé sur la plus grande d’un groupe de petites îles qui constituent le sommet émergé d’un grand stratovolcan sous-marin. Ce stratovolcan s’élève à environ 1 800 m du fond de la mer de Béring, mais son sommet ne se trouve qu’à une centaine de mètres au-dessus du niveau de la mer.
La sismicité mentionnée ci-dessus marque un changement dans le comportement du volcan. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été relevés respectivement à JAUNE et ADVISORY (surveillance conseillée).
Au moins neuf éruptions historiques ont été documentées sur le Bogoslof. La plus récente s’est produite entre décembre 2016 et août 2017. Des événements explosifs ont généré des nuages de cendres qui se sont élevés jusqu’à 13 km au-dessus du niveau de la mer. L’éruption a considérablement modifié la topographie de l’île Bogoslof.
Source : AVO.

Crédit photo: AVO

++++++++++

Le 25 octobre 2023, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Bulusan (Philippines) de 0 à 1 en raison d’une hausse d’activité volcanique qui a débuté le 14 octobre avec une série de 121 séismes d’origine volcanique et des signes de déformation du sol. Parmi les séismes, plusieurs dizaines étaient des événements volcano-tectoniques associés à des fractures de roches à des profondeurs allant de 1 à 9 km.
Ces observations indiquent une activité hydrothermale probablement due au dégazage du magma en profondeur sous le volcan. De plus, des émissions significatives de dioxyde de carbone ont été détectées de juin à août 2023, ainsi qu’une augmentation des températures au niveau des sources depuis février 2023.
Le gouvernement local demande au public d’éviter une zone de danger permanent (PDZ) de 4 km de rayon autour du volcan.
La dernière éruption du Bulusan a débuté le 5 juin 2023 et s’est terminée le 12 juin, avec un VEI 3.
Source : Phivolcs.

Source: Wikipedia

++++++++++

L’activité éruptive se poursuit sur le Bezymianny (Kamchatka) avec d’importants effondrements sur le flanc E du dôme de lave. Ils génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent de 4,5 à 5 km au-dessus du niveau de la mer. Une puissante explosion le 18 octobre 2023 a produit des panaches de cendres qui se sont élevés de 10 à 11 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, puis abaissée à l’Orange. De faibles retombées de cendres ont été signalées à Kozyrevsk, à 45 km à l’ouest. Le 20 octobre, la couleur de l’alerte aérienne a été abaissée au Jaune. L’émission de lave continue ; une activité fumerolienne et une incandescence restent visibles au niveau du dôme.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

++++++++++

L’éruption se poursuit sur Home Reef (Tonga). 11 événements éruptifs ont été détectés dans les données satellitaires entre le 16 et le 19 octobre 2023. Un pilote a observé un panache de cendres qui s’élevait jusqu’à 300 m de hauteur le 18 octobre. La couleur de l’alerte aérienne reste Jaune et il est conseillé aux marins de rester à 4 km de l’île.
Source : Services géologiques des Tonga.

++++++++++

Comme je l’ai indiqué précédemment, une hausse significative de la sismicité, avec un événement de M 4,5, est actuellement observée en Islande entre Grindavik et le Fagradalsfjall, site de la dernière éruption. Le niveau d’alerte volcanique a été élevé à UNCERTAINTY. Une éruption est possible dans le court ou moyen terme.

Source : IMO.

++++++++++

D’après les données satellitaires, une activité éruptive se poursuit sur l’Erta Ale (Ethiopie). Une image du 5 octobre 2023 a permis de localiser quatre anomalies thermiques dans les cratères Nord et Sud. L’anomalie la plus septentrionale, dans le cratère N, était relativement faible. Les trois autres, une sur la bordure SE du cratère N et deux dans le cratère S, étaient plus intenses et représentaient probablement des cônes de projections (spatter cones). Ces trois anomalies étaient plus intenses sur une image du 10 octobre. Une image du 15 octobre montrait des coulées de lave provenant probablement des deux cônes dans le cratère S. Les coulées étaient en cours de refroidissement le 20 octobre.
Source  : Sentinel Hub.

Source : Wikipedia

++++++++++

Voir ma note du 21 octobre 2023 sur la hausse d’activité sur le Slamet (Indonésie) et celle du 22 octobre concernant le Nevado del Huila (Colombie) et le Mayon (Philippines).

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

——————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world.

Over the past days, over 90 earthquakes have been detected in the vicinity of Bogoslof (Bering Sea), a volcano on the largest of a cluster of small, low-lying islands comprising the emergent summit of a large submarine stratovolcano. This stratovolcano rises about 1800 m from the Bering Sea floor, but is only about 100 m above sea level at its highest point.

This seismicity marks a change in the volcano’s behaviour. Asa consequence, the Aviation Color Code and the Volcano Alert Level have been raised to YELLOW and ADVISORY, respectively.

At least nine historical eruptions have been documented at Bogoslof. The most recent occurred from December 2016 to August 2017. Explosive events generated ash clouds that rose as high as 13 km above sea level. The eruption greatly modified the topography of Bogoslof Island.

Source : AVO.

++++++++++

On October 25th, 2023, PHIVOLCS raised the alert level of Bulusan (Philippines) from 0 to 1 due to a period of unrest that began on October 14th with a series of 121 volcanic earthquakes and signs of ground deformation. Among the earthquakes, several tens were volcano-tectonic events associated with rock fracturing at depths ranging from 1 to 9 km.

These observations indicate hydrothermal activity possibly driven by deep-seated magma degassing beneath the volcano. Additionally, high levels of volcanic carbon dioxide were detected from June to August 2023, along with increased spring temperatures since February 2023.

The local government has urged the public to avoid a 4-km radius Permanent Danger Zone (PDZ) around the volcano.

The last eruption at this volcano started on June 5th and ended on June 12th, 2023, with a VEI 3.

Source : Phivolcs.

++++++++++

Eruptive activity continues at Bezymianny (Kamchatka) with large collapses on the E flanks of the lava dome. They generate ash plumes that rise 4.5-5 km above sea level. A large explosion on October 18th, 2023 produced ash plumes that rose 10-11 km above sea level. The Aviation Color Code was raised to Red and later lowered to Orange. Minor ashfall was reported in Kozyrevsk, 45 km W. On 20 October, the Aviation Color Code was lowered to Yellow. Lava effusion continues; fumarolic activity and dome incandescence are still visible

Source : KVERT.

++++++++++

The eruption at Home Reef (Tonga) continues. 11 eruptive events were detected in satellite data during 16-19 October 2023. A pilot observed an ash plume rising to 300 m on18 October. The Aviation Color Code remains at Yellow and mariners are advised to stay 4 km away from the island.

Source : Tonga Geological Services.

++++++++++

As I indicated previously, a significant increase in seismicity, with an event of M 4.5, is currently observed in Iceland between Grindavik and Fagradalsfjall, the site of the last eruption. The volcano alert level has been raised to UNCERTAINTY. An eruption is possible in the short or medium term.
Source: IMO.

++++++++++

An eruption continues at Erta Ale (Ethiopia), based on satellite data. Four thermal anomalies were located in the N and S pit craters, based on a 5 October 2023 image. The northernmost anomaly in the N pit crater, was relatively weak. The other three, one located at the SE rim of the N pit crater and two in the S pit crater, were brighter and likely represented spatter cones. These three anomalies were more intense in a 10 October image. An image on 15 October showed lava flows likely coming from the two cones in the S pit crater. The flows had cooled by 20 October.

Source : Sentinel Hub.

++++++++++

See my post of October 21st, 2023 on the increase in activity on Slamet (Indonesia) and that of October 22nd concerning Nevado del Huila (Colombia) and Mayon (Philippines).

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Péninsule de Reykjanes (Islande) : poursuite de la forte sismicité // The significant seismicity is going on

Près de 3 000 secousses se sont produites dans l’essaim sismique enregistré sur la péninsule de Reykjanes depuis le 25 octobre à minuit. La plupart des événements ont été enregistrés à Fagradalsfjall et Þorbjörn, près de Grindavík.
Depuis le 26 octobre à minuit, il y a eu environ 800 secousses et la sismicité continue à l’heure actuelle. Un événement a atteint M 3,9 aujourd’hui, à une profondeur de 5,8 km.
Personne ne peut dire si, quand et où une éruption pourrait se produire. Le bon point est que, si une éruption se produit, il est probable que ce soit dans la même zone désertique que précédemment, il ne sera donc pas nécessaire de planifier une quelconque évacuation de la population. Il ne faut pas oublier que la prévision et la prévention doivent être étroitement liées en volcanologie.

———————————————

Almost 3,000 earthquakes have occurred in the Reykjanes Peninsula earthquake swarm Since October 25th at midnight. Most of ther events were recorded at Fagradalsfjall and Þorbjörn, close to Grindavík.

Since October 26th at midnight, there have been about 800 earthquakes and the seismicity is going on. One event reached M 3.9 today, at a depth of 5.8 km.

Nobody can predict if, when and where an eruption could occur. The good point that, if it happens, it is likely to be in the same desert area as previously, so there will be no need to plan any evacuation of the population. We should not forget that prevision and prevention should be closely linked in volcanology.

Source: IMO

La grippe aviaire arrive en Antarctique // Avian flu has arrived in Antarctica

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog qu’en raison du réchauffement climatique et de la fonte de la banquise en Antarctique, les manchots royaux et empereurs étaient menacés d’extinction. Aujourd’hui, nous apprenons qu’une autre calamité frappe les oiseaux de ce continent : la grippe aviaire. La maladie vient d’être détectée pour la première fois en Antarctique, faisant craindre une disparition à grande échelle des populations d’oiseaux sur le continent, un peu comme cela s’est produit avec les fous de Bassan sur l’île Rouzic, au nord de la Bretagne.

La souche hautement pathogène H5N1 a déjà tué des millions d’oiseaux à travers le monde au cours des dernières années et atteint désormais l’une des zones de reproduction les plus importantes de la planète.
À la suite de rapports faisant état de décès inexpliqués de labbes sur Bird Island en Géorgie du Sud, le British Antarctic Survey (BAS) a envoyé des échantillons pour analyse. Le 23 octobre 2023, le verdict est tombé ; les oiseaux étaient contaminés par le virus H5N1.

La situation est d’autant plus préoccupante que Bird Island constitue l’un des habitats les plus exceptionnels de l’Antarctique, avec une grande variété et densité d’oiseaux. La Géorgie du Sud abrite plusieurs espèces d’albatros, de gorfous dorés, ainsi qu’une colonie de pétrels géants. Les scientifiques craignent désormais que ces oiseaux ne soient également touchés par la maladie qui se transmet principalement par les excréments ou par contact direct. Certaines de ces colonies sont très denses, de sorte que la maladie peut se propager rapidement. Contrairement à ce qui se passe dans les fermes, il est impossible de limiter les déplacements des oiseaux sauvages.
Les scientifiques pensaient – et espéraient – que la grippe aviaire n’atteindrait pas la Géorgie du Sud, en raison de son isolement relatif du continent. Ils ont remarqué pour la première fois des cas potentiellement symptomatiques sur Bird Island fin septembre 2023 et ont constaté la mort de 29 labbes, alors que normalement seulement trois ou quatre pertes sont remarquées.
Selon le BAS, il est probable que la maladie se soit propagée par des oiseaux au retour de leur migration d’Amérique du Sud où les cas de H5N1 sont très nombreux. Le Chili et le Pérou ont perdu à eux seuls plus de 500 000 oiseaux sauvages et 20 000 mammifères, mais on pense que la mortalité réelle est bien supérieure en raison des difficultés de dépistage.
Comme l’Antarctique n’a jamais connu d’épidémie de grippe aviaire, on pense que les espèces qui y vivent ont peu d’immunité contre le virus. Suite à la confirmation des cas de grippe aviaire, la majorité des travaux scientifiques de terrain impliquant la manipulation d’animaux ont été suspendus. Des mesures de biosécurité renforcées avaient déjà été introduites au début de cette saison.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré une augmentation du nombre de cas de souche H5N1 chez les mammifères, ce qui fait craindre que le virus puisse s’adapter et finir par infecter les humains.
Source  : The Telegraph, Yahoo Actualités.

Photos: C. Grandpey

————————————————-

I explained in previous posts on this blog that because of global warming and the melting of the ice-shelves in Antarctica, royal and emperor penguins were under threat of extinction. Today, we learn that another calamity is striling birds on this continent : bird flu. The disease has been detected in Antarctica for the first time, raising fears of a mass wipe-out of the continent’s avian populations.

The highly-pathogenic H5N1 strain has already killed millions of birds across the globe over the past years, and has now hit one of the most important breeding grounds on the planet.

Following reports of the unexplained deaths of skuas on Bird Island in South Georgia, the British Antarctic Survey (BAS) sent samples for testing. On October 23rd, 2023,, the results came back as positive for H5N1.

The situation is all the more worrying as Bird Island is one of the most exceptional habitats with a high variety and density of birds. South Georgia is home to several species of albatrosses, macaroni and gentoo penguins, and giant petrels. Experts now fear these birds could also be hit by the disease, which is transmitted mostly through faeces or direct contact. Some of these colonies are very dense, so that the disease can spread quickly. Unlike in the farms, one cannot limit the movements of wild birds.”

Scientists had been hoping that avian influenza would not reach South Georgia, due to its relative isolation from the continent. They first noticed potentially symptomatic cases on Bird Island in late September 2023 and counted 29 dead skuas, when normally only three or four would be expected.

The BAS has said it is likely that the disease has spread by birds returning from their migration to South America, where cases are high. Chile and Peru alone have lost more than 500,000 wild birds and 20,000 mammals. Actual mortality is thought to be many times higher due to difficulties in testing.

As Antartica has never had an outbreak of the highly pathogenic bird flu circulating the globe, its species are thought to have little immunity to the virus. As a result of the confirmed cases, the majority of scientific field work involving animal handling has been suspended. Enhanced biosecurity measures had already been introduced this season in preparation.

The World Health Organisation has recorded increasing numbers of the H5N1 strain among mammals, which raises concerns that the virus might adapt to infect humans more easily.

Source : The Telegraph, Yahoo News.

Colonie de manchots d’Adélie en Antarctique (Crédit photo : Wikipedia)

Hausse de la sismicité sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Increase in seismicity on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Alors que la presse islandais fait la Une de ses journaux avec la grève des femmes pour de meilleures conditions de travail et de salaires, la Péninsule de Reykjanes manifeste à sa façon avec une hausse significative de la sismicité au cours des dernières heures. Les secousses se situent dans la zone entre Grindavik et Fagradalsfjall, site de la dernière éruption. Certains événements ont atteint M 3,5 et M 4,5. Les hypocentres ont été localisés en moyenne entre 3 et 5 km de profondeur. Dans ma note du 20 octobre consacrée à cette région de l’Islande, j’évoquais la possibilité d’une nouvelle éruption d’ici Noël. L’inflation du sol est comparable à celle observée avant la dernière éruption.

—————————————

While the Icelandic press is making headlines with the women’s strike for better working conditions and wages, the Reykjanes Peninsula is demonstrating in its own way with a significant increase in seismicity in the last few hours. The events are located in the area between Grindavik and Fagradalsfjall, site of the last eruption. Some events reached M 3.5 and M 4.5. The hypocenters were located on average between 3 and 5 km depth. In my post of October 20th devoted to this region of Iceland, I mentioned the possibility of a new eruption by Christmas. Ground inflation is comparable to that observed before the last eruption.

Source: IMO