Les pièges des coulées de lave refroidies // Traps on cooled lava flows

L’éruption du Fagradalsfjall est terminée, mais il est toujours dangereux de s’aventurer sur le champ de lave. Le 31 décembre 2021, les sauveteurs islandais ont été appelés pour mettre en sécurité une femme qui était prise au piège sur l’ancien point de vue sur l’éruption. La colline est maintenant entourée de lave et les autorités ont conseillé au public de ne pas traverser le nouveau champ de lave pour l’atteindre. La femme ne s’est pas sentie capable de revenir sur ses pas et elle a appelé les secours
Alors que trois mois se sont écoulés depuis la fin de l’éruption, l’équipe de secours de la région a décidé de vérifier si le champ de lave était suffisamment sûr pour être traversé à pied et venir en aide à la personne en difficulté, mais les hommes ont constaté que la surface de la lave était toujours instable et dangereuse. A l’aide d’un thermomètre et de barres de fer pour sonder la lave, ils sont entrés prudemment dans le champ de lave. Après seulement quelques mètres, ils ont trouvé que la zone était trop dangereuse pour progresser davantage et ils ont demandé l’aide de l’hélicoptère des garde-côtes pour porter secours à la femme en détresse.
Au cours de leur tentative d’approche, les sauveteurs ont constaté que la surface du nouveau champ de lave était très instable et fragile. Selon eux, il était dangereux de traverser la lave qui était encore chaude. En plus des brûlures, il existe un risque de se couper les chevilles ou les mollets sur les arêtes vives de la roche. De plus, il n’y a aucun moyen de savoir où des tunnels ou des cavités se sont formés sous la surface qui est susceptible de s’effondrer sans prévenir.
Même si cela fait plus de trois mois que l’éruption est terminée, la surface de la lave est encore chaude. Le thermomètre des sauveteurs a indiqué des températures supérieures à 200°C. C’est pourquoi ils ont décidé qu’ils ne traverseraient pas le champ de lave pour secourir les personnes en difficulté. Si les gens traversent les dernières coulées de lave et ont des accidents, ils ne pourront être secourus que par hélicoptère.
Source : Iceland Review.

Ayant traversé plusieurs fois le champ de lave sur la Grande Ile d’Hawaii, je ne peux que confirmer la mise en garde des sauveteurs islandais. Un jour, alors que je traversais le champ de lave du Kilauea pour effectuer des mesures dans le Parc National, portant un lourd sac à dos, le toit d’un ancien tunnel de lave s’est effondré sous mon poids et je me suis retrouvé dans la cavité jusqu’à la taille. Heureusement, je portais de bons gants et mes mains n’ont pas été blessées. Je me trouvais sur un ancien champ de lave; il n’y avait donc aucun problème avec la température de la lave, mais il ne faudrait pas oublier qu’il faut beaucoup de temps à cette dernière pour se refroidir après une éruption. (voir le résumé de mon travail sur le processus de refroidissement de la lave)

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The Fagradalsfjall eruption is over, but it is dangerous to venture on the lava field. On December 31st, 2021, the Icelandic rescuers were called to retrieve a woman trapped at the former viewpoint over the eruption. The hill is now enclosed by lava, and authorities have warned the public not to cross the new lava field. The woman didn’t feel up to returning the same way she came and requested emergency assistance.

As three months have passed since the eruption ended, the local search-and-rescue squad decided to investigate if the lava field was safe enough for them to cross on foot and rescue the trapped person but found that the new lava’s surface was still unstable and dangerous. Armed with a powerful thermograph and pinch bars, the group carefully entered the new lava field. After only a few meters, they found the area unsafe and requested the Coast Guard’s helicopter’s assistance in the rescue mission.

During their short expedition, they found that the surface of the new lava field was very unstable and fragile. They said there was an acute danger of stepping through the surface, which could release a dangerous amount of heat. In addition to burn injuries, travellers risk cutting their ankles or calf on the rock’s sharp edges. They also noted that there’s no way of knowing where tunnels or caves have formed underneath the surface and they are liable to collapse without warning.

Even though it has been more than three months since the eruption ended, there is still a great deal of heat on the surface. The thermograph detected temperatures of over 200°C.

In light of these discoveries, the search-and-rescue squad has announced that they will not be crossing the lava field to rescue trapped travellers. If people cross the new lava and get into accidents, they will only be able to be rescued by helicopter.

Source: Iceland Review.

Having crossed several times the lava field on Hawaii Big Island, I can only confirm the rescuers’ warning. One day, while walking across the Kilauea lava field in the Nation,al Park to perform measurements, carrying a heavy rucksack, the roof of an old lava tube collapsed under my weight and I found my self waist high in the tube. Fortunately, I was wearing good gloves and my hands were ok. It was an old lava field so there was no problem with the lava temperature but all travellers should keep in mind that it takes lava a very long time to cool after an eruption. (see the abstract of my study on the lava cooling process).

 

Surface de la lave dans la vallée de Natthagi (Photos: C. Grandpey)

 

 

 

 

 

 

 

Turkmenistan : vers la fermeture des « Portes de l’Enfer »? // Are the « Gates of Hell » going to close?

On pourrait penser qu’il s’agit d’ un cratère volcanique, mais ce n’en est pas un. Le site, baptisé « Portes de l’Enfer », se trouve près de Darvaza, au Turkménistan, à environ 260 kilomètres au nord de la capitale, Achgabat.
Le cratère est né lorsqu’un forage de gaz a mal tourné en 1971; le sol s’est effondré, formant le cratère. Il mesure environ 60 mètres de diamètre et 20 mètres de profondeur. Pour empêcher la propagation du gaz, les géologues ont allumé un incendie. Ils pensaient que le gaz brûlerait pendant quelques semaines, mais il brûle depuis des décennies.
La photo ci-dessous a été prise en juillet 2020. Le cratère est un spectacle recherché par le petit nombre de touristes qui viennent au Turkménistan, un pays où il est difficile d’entrer.
Aujourd’hui, le président du Turkménistan demande de mettre terme au feu dans le cratère. Il a ordonné à son gouvernement de chercher des moyens de l’éteindre car il cause des dégâts à l’environnement et affecte la santé des personnes qui vivent dans la région.
Source : Presse indernationale.

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It might look like a volcanic crater but it is not. The site named « Gates of Hell » lies near Darvaza, Turkmenistan. It is located about 260 kilometers north of the capital, Ashgabat.

The crater was born when a gas drilling went wrong in 1971 and the ground collapsed, forming the crater. It is about 60 meters in diameter and 20 meters deep. To prevent the spread of gas, geologists set a fire, expecting the gas to burn off in a few weeks, but it has burned for decades

The photo below was taken in July 2020. The crater is a popular sight for the small number of tourists who come to Turkmenistan, a country which is difficult to enter.

Today, the president of Turkmenistan is calling for an end to the blazing crater. He has ordered his government to look for ways to put the fire out because it is causing ecological damage and affecting the health of people living in the area.

Source: International news media.

  Crédit photo : Wikipedia

France 2 : « La complainte du glacier »

L’émission « 13h15 le samedi » diffusée sur France 2 et présentée par Laurent Delahousse sera consacrée ce samedi 8 janvier 2022 au glacier Vatnajökull en Islande. Intitulée « La complainte du glacier », l’émission insiste sur la fonte et le recul du glacier à cause du réchauffement climatique.

Le Vatnajökull recule de plus de 100 mètres par an en moyenne depuis les années 1990.

En juillet 2021, alors que l’éruption se poursuivait sur la péninsule de Reykjanes, je me suis rendu au chevet du Vatnajökull, avec un périple en canot devant le front du glacier en compagnie de contacts islandais que je salue ici. Comme je l’ai déjà expliqué, je ressens autant d’émotion devant un glacier en train de vêler que devant un volcan en éruption.

Les éruptions sont des phénomènes naturels très spectaculaires, mais qui font partie de la vie interne ordinaire de notre planète.

Les glaciers font, eux aussi, partie de la vie ordinaire, en surface, sur Terre, mais leur fonte est extrêmement inquiétante car son accélération à cause du réchauffement climatique va poser de gros problèmes dans de nombreux pays.

En juillet 2021, il me semblait donc plus important d’alerter sur ce phénomène que sur l’éruption islandaise qui, elle, n’avait rien d’inquiétant et se limitait à un spectacle pour touristes.

J’ai écrit plusieurs notes alertant sur la fonte du Vatnajökull et des autres glaciers islandais. Je vous invite à lire celle publiée le 8 décembre 2019 et intitulée « Glaciers d’Islande, un monde en péril »:

Glaciers d’Islande, un monde en péril // Icelandic glaciers, a world at risk

Photos : C. Grandpey

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (archipel des Tonga / Tonga archipelago)

Dans une note publiée le 29 décembre 2021, j’indiquais qu’une nouvelle éruption avait débuté le 19 décembre à Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans l’archipel des Tonga, avec un panache de vapeur s’élevant jusqu’à 6 km d’altitude.
Le gouvernement des Tonga et le Wellington VAAC donnent plus d’informations sur cet événement. On peut lire que l’éruption a baissé d’intensité au cours des premiers jours de janvier 2022. Plusieurs épisodes surtseyens pouvant durer jusqu’à 30 minutes se sont produits au cours des derniers jours de décembre 2021 avec des panaches de gaz, de vapeur et de cendres s’élevant parfois à 12 km d’altitude Une décoloration de l’eau ainsi que des bancs de pierre ponce étaient visibles autour de l’île le 30 décembre et avaient déjà été observés depuis le début de l’éruption.
Quelques panaches de vapeur et de gaz étaient parfois visibles dans les données satellitaires les 1er et 2 janvier 2022.
La Smithsonian Institution explique que les petites îles de Hunga Tonga et Hunga Ha’apai constituent le sommet d’un volcan sous-marin situé à environ 30 km au SSE de Falcon Island. Les deux îles andésitiques de forme linéaire mesurent environ 2 km de long et représentent les vestiges ouest et nord de la lèvre d’une caldeira en grande partie immergée située à l’est et au sud des îles. Un haut-fond rocheux à 3,2 km au SE de Hunga Ha’apai et à 3 km au sud de Hunga Tonga marque le principal centre éruptif actif. Plusieurs éruptions sous-marines se sont produites à Hunga Tonga-Hunga Ha’apai depuis la première observée en 1912.
Je vous invite à lire plusieurs notes écrites à propos de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai entre 2015 et 2017. Les derniers articles intitulés

« Hunga Tonga-Hunga Ha’apai : La naissance d’une île »
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/02/09/a-la-decouverte-de-hunga-tonga-hunga-haapai-discovery-of-hunga-tonga-hunga-haapai/

« A la découverte de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai »
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2017/12/13/hunga-tonga-hunga-haapai-royaume-des-tonga-pacifique-sud-histoire-de-la-naissance-dune-ile-the-birth-of-an-island/

donnent plus de détails sur ces îles spectaculaires.

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In a post released on December 29th, 2021, I indicated that a new eruption had started on December 19th at Hunga Tonga-Hunga Ha’apai in the Tonga archipelago, with a steam plume rising up to 6 km above sea level.

The Government of Tonga and the Wellington VAAC give more information about this event. One can read that the eruption decreased in the first days of January 2022. Several surges of Surtseyan activity, with some periods lasting as long as 30 minutes, occurred during the last days of December 2021 with gas, steam, and ash plumes rising at least to 12 km a.s.l. Discolored water and rafts of pumice were visible in areas around the island on December 30th, and had been observed since the beginning of the eruption.
A few steam-and-gas plumes were occasionally visible in satellite data on January 1st and 2nd, 2022. .

The Smithsonian Institution explains that the small islands of Hunga Tonga and Hunga Ha’apai cap a large seamount located about 30 km SSE of Falcon Island. The two linear andesitic islands are about 2 km long and represent the western and northern remnants of the rim of a largely submarine caldera lying east and south of the islands. A rocky shoal 3.2 km SE of Hunga Ha’apai and 3 km south of Hunga Tonga marks the most prominent historically active vent. Several submarine eruptions have occurred at Hunga Tonga-Hunga Ha’apai since the first historical eruption in 1912.

I invite you to read several posts I wrote about Hunga Tonga-Hunga Ha’apai betwen 2015 and 2017. The latest posts entitled

« Hunga Tonga-Hunga Ha’apai : The birth of an island »

A la découverte de Hunga Tonga-Hunga Ha’apai // Discovery of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai

« Discovery of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai »

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Royaume des Tonga / Pacifique Sud) : Histoire de la naissance d’une île // The birth of an island

give more details about these spectacular islands.

Vue de l’arc Tonga-Kermadec

Crédit photo : NASA