Quelques nouvelles de l’Etna (Sicile / Italie) // Some news of Mt Etna (Sicily / Italy)

Dans son dernier bulletin, l’INGV décrit l’activité de l’Etna entre le 20 avril et le 14 juin 2017. Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, la dernière éruption a continué dans la matinée du 27 avril et a commencé à décliner à la mi-journée, quand a cessé l’activité strombolienne avec, malgré tout, des coulées de lave qui ont persisté pendant quelques heures l’après-midi de ce même jour.
Après cet épisode éruptif, l’activité de l’Etna a subi un changement remarquable. On n’a plus assisté à des séquences éruptives avec émission de lave. Au lieu de cela, pendant les premiers jours du moi de mai, on a assisté à de nombreux épisodes, très brefs, de hausse d’amplitude du tremor, avec déplacement de sa source vers le Cratère SE. Bien que ce phénomène accompagne souvent des épisodes d’activité éruptive intense, dans certains cas, aucune activité éruptive n’est observée. L’amplitude des pics de tremor s’est accompagnée ou a été suivie d’une activité strombolienne faible qui a commencé pendant la nuit du 27 avril au niveau de la bouche qui s’est ouverte au nord de celle située dans l’ancienne dépression entre l’ancien et le nouveau Cratère SE. Au cours du mois de mai, on a enregistré plus de 35 épisodes d’augmentation de l’amplitude du tremor, suivis de quatre autres dans les 10 premiers jours de juin. Depuis quelques jours, on observe une activité explosive très faible, toujours au niveau de la bouche mentionnée précédemment, sans variation significative du tremor.

Source : INGV.

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In its latest report, INGV describes the activity of Mt Etna between 20 April and 14 June 2017. As indicated in previous notes, the last eruption continued on the morning of 27 April and began to decline at midday, when strombolian activity ceased with, nevertheless, lava flows that persisted for a few hours during the afternoon of that same day.
After this eruptive episode, the activity of Mt Etna underwent a remarkable change. No eruptive sequences were observed with lava emission. Instead, during the early days of May, there were numerous episodes, very brief, of tremor amplitude rise, with its source moving towards the SE Crater. Although this phenomenon often accompanies episodes of intense eruptive activity, in some cases no eruptive activity is observed. The amplitude of the tremor peaks accompanied or was followed by weak strombolian activity which began during the night of April 27th at the vent that opened north of the one in the former depression between the old and the new SE Crater. During the month of May, there were more than 35 episodes of increase in tremor amplitude, followed by four more in the first 10 days of June. During the last few days, a very low explosive activity was observed, still at the above-mentioned vent, with no significant fluctuation of the tremor.
Source: INGV.

Tremor au cours du mois de mai, avec les pics mentionnés dans le rapport de l’INGV.

Tremor depuis le début du mois de juin, avec de nouveaux pics correspondant à la faible activité explosive des derniers jours.

Puissante éruption du Sheveluch (Kamchatka / Russie) // Powerful eruption of Sheveluch Volcano

Le KVERT indique qu’une éruption majeure a débuté sur le Sheveluch à 16h20 (TU) le 14 juin avec un panache de cendre qui a atteint une hauteur de 12 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge..
À 19:00 (TU), le vaste nuage de cendre (140 km x 60 km) produit par l’éruption a été observé à environ 64 km au sud-ouest et à 76 km au nord-ouest du volcan. À 22:30 (TU), il avait atteint 422 km x 155 km, soit une superficie de 36 000 km2.
Il a été conseillé aux habitants des districts d’Ust-Kamchatsky, situés à environ 85 km au SSE du volcan, et de Milkovsky, à environ 240 km au S, de ne pas sortir s’ils observaient des retombées de cendre. La population a été informée par haut-parleurs et a reçu des conseils sur la façon de se comporter pendant les retombées de cendre. Les localités disposent d’un nombre suffisant de respirateurs.
Les photos de l’éruption peuvent être vues sur le site «The Watchers» à cette adresse:
https://watchers.news/2017/06/15/sheveluch-eruption-june 14-2017/

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KVERT indicates that a major eruption started at Sheveluch volcano at 16:20 (UTC) on June 14th with an ash plume that reached a height of 12 km above sea level. The Aviation Colour Code was raised to Red.

At 19:00 UTC, the vast ash cloud (140 x 60 km) from the eruption was observed about 64 km to the southwest and 76 km to the northwest from the volcano. At 22:30 UTC, the ash cloud had grown to 422 x 155 km or an area of 36 000 km2.

Residents of the districts of Ust-Kamchatsky, located about 85 km SSE of the volcano, and Milkovsky, about 240 km S, were recommended not to go out if they notice ashfall. The population was notified by the local loudspeakers and were given advice on how to behave during the ashfall; the community has a sufficient number of respirators.

Photos of the eruption can be seen on the website « The Watchers » at this address :

 https://watchers.news/2017/06/15/sheveluch-eruption-june-14-2017/

Panache de cendre du Shevelich vers 23h30 (TU) le 14 juin 2017. (Crédit photo: Voznikov A.V.)

Risque d’explosion de ‘pingos’ au fond de l’Océan Arctique // ‘Pingos’ might explode at the bottom of the Arctic Ocean.

Dans une note rédigée le 11 mai 2017, j’expliquais que les scientifiques russes mettent en garde contre la menace d’explosions de méthane, aussi soudaines que spectaculaires, qui créent des cratères géants dans le nord de la Sibérie. Ils utilisent des satellites pour surveiller des monticules faits de glace et de terre – connus sous le nom de pingos – qui pourraient exploser dans un avenir très proche. Selon les scientifiques de l’Institut Trofimuk de géologie et de géophysique pétrolière de Novossibirsk, le risque est particulièrement élevé dans la Péninsule de Yamal, là où se trouvent les plus grandes réserves de gaz naturel du monde.
Dans une étude récemment publiée dans la revue Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences, des scientifiques indiquent que nous devrons faire face à une nouvelle menace au moins aussi dangereuse que les explosions de méthane en Sibérie. Ils font référence à de gros dômes de glace contenant du méthane au fond de l’Océan Arctique et qui montrent des signes d’explosion à court terme. S’ils explosaient, ces dômes libéreraient d’énormes quantités de méthane, un gaz qui est presque 36 fois plus nocif que le dioxyde de carbone comme gaz à effet de serre. Cela signifie que si un dôme de méthane explosait, il pourrait libérer une quantité énorme de méthane non seulement dans les eaux de l’océan, mais aussi dans l’atmosphère. Le plus grave, c’est qu’il ne s’agit pas d’un seul dôme ; en effet, un nombre relativement important a été recensé sous l’Océan Arctique. Un article paru dans le Siberian Times précisait que les scientifiques ont découvert jusqu’à 7 000 pingos  susceptibles de provoquer des explosions de méthane dans les régions arctiques de la Sibérie
L’origine de ces dômes remonte à plus de 20 000 ans, lorsque la mer de Barents hébergeait de nombreux glaciers qui maintenaient les gisements de gaz sous le plancher de l’océan. Lorsque les températures ont commencé à augmenter il y a 15 000 à 17 000 ans, les énormes glaciers ont commencé à fondre en libérant les dépôts de gaz qu’ils protégeaient et en leur permettant de traverser la couche de glace. La force du gaz était si forte qu’elle a poussé le fond marin, ce qui a donné naissance à ces grands dômes – ou pingos – sous-marins qui renferment des hydrates de méthane.
Après l’Age de Glace, la glace qui recouvrait encore la mer de Barents est devenue si mince que la forte pression du gaz a finalement provoqué l’explosion des pingos, libérant de grandes quantités de méthane dans l’océan et l’atmosphère environnante, et ouvrant de profonds cratères au fond de l’océan..
Ces événements se sont produits il y a près de 12 000 ans et il y a de fortes chances pour que nous assistions à leur répétition. À l’heure actuelle, les pingos se trouvent à une vingtaine de mètres de profondeur. La basse température et la haute pression de l’eau qui les surmonte permettent de leur assurer une certaine stabilité. Pourtant, du méthane s’échappe en permanence de ces dômes. Si la température de l’eau se modifie, même légèrement, elle pourrait facilement déstabiliser les hydrates de méthane en provoquant des explosions.
Compte tenu du réchauffement rapide de l’Arctique, le risque d’explosion des pingos sous-marins est bien réel. Comme personne n’est capable de prédire quel type de dégâts de telles explosions peuvent causer, il faudra vraiment se montrer très vigilant
Source: Wall Street Pit.

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In a note written on May 11th 2017, I explained that Russian scientists are warning of the threat of sudden and dramatic methane explosions creating new giant craters in northern Siberia. They are using satellites to monitor ice and soil humps – known as a pingos – which they fear can soon erupt. According to scientists from the Trofimuk Institute of Petroleum Geology and Geophysics in Novosibirsk, at special risk is the Yamal Peninsula, the location of the world’s largest natural gas reserves.

In a research recently published in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences, scientists are saying that we have to deal with an additional kind of threat that could be just as dangerous as the methane explosions in Siberia. They are referring to massive frozen domes of methane in the Arctic Ocean that are showing signs of an imminent blowout. Should they explode, these domes would release huge quantities of methane which is nearly 36 times more toxic than carbon dioxide as a greenhouse gas. This means that if a methane dome explodes, it can potentially release an enormous amount of methane not just into our sea waters but possibly to our atmosphere as well. And we are not just talking about a single dome here, because there are a number of them under the Arctic Ocean. An article in the Siberian Times informed us that scientists have discovered as many as 7,000 gas-filled ‘bubbles’ expected to explode in Actic regions of Siberia

The origin of these domes dates back to more than 20 millennia ago when the Barents Sea was home to a number of huge glaciers which helped keep gas deposits buried under the ocean floor. However, when global temperatures started rising around 15 – 17 millennia ago, the huge glaciers started to melt, freeing up the gas deposits and allowing them to break through the ice barrier. The force of the gas was so strong that it pushed up the nearby sea floor, giving rise to those massive underwater domes made of methane hydrates.

After the ice age ended the remaining ice sheet covering the Barents Sea became so thin that the strong pressure from below eventually caused the pingos to explode, releasing vast amounts of methane into the ocean and the surrounding atmosphere, leaving deep craters on the sea floor as remnants of the explosions.

All of that happened nearly 12,000 years ago and now, it seems we are about to witness a recurrence.

Right now, the domes are located about 20 metres deep. The low temperature and high pressure of the water above it keeps them stable. Yet methane is continually seeping from these domes, and if the temperature of the water changes even slightly, it could easily destabilize the methane hydrates, and then the explosions would likely follow.

Considering how the Arctic has been experiencing record-breaking high temperatures, the possibility that we will be able to observe the domes as they change and eventually explode is not too far off. And because there is not anybody yet who can predict what kind of damage such explosion can do, it is going to be something to really watch out for.

Source : Wall Street Pit.

Exemple de pingo et de cratère d’explosion en Sibérie. Un phénomène analogue pourrait se produire à court terme dans l’Océan Arctique. (Crédit photo: Wikipedia / The Siberian Times).

Découverte de la 8ème merveille du monde? // Has the 8th wonder of the world been discovered ?

Ces jours-ci, il y a une profusion d’articles dans les journaux néo-zélandais sur une «huitième merveille du monde» que l’on croyait disparue pour toujours au cours d’une éruption volcanique, mais qui a peut-être été redécouverte.
Ladite merveille, ce sont les Pink and White Terraces -Terrasses Roses et Blanches – du lac Rotomahana dans l’Ile du Nord de la Nouvelle Zélande. Elles ont attiré des touristes du monde entier au milieu des années 1800. Elles sont même devenues la plus grande attraction touristique de l’hémisphère sud et de l’Empire britannique. Des gens fortunés ont entrepris le long et dangereux voyage à bord de navires depuis le Royaume Uni, l’Europe et l’Amérique pour aller les admirer. Situées de part et d’autre du lac, les terrasses étaient les plus grands dépôts de travertin sur Terre…jusqu’au 10 juin 1886, jour où le Mont Tarawera est entré violemment en éruption, tuant 120 personnes et laissant une balafre de 17 kilomètres de longueur dans le paysage. On pensait que l’éruption avait définitivement détruit les terrasses, jusqu’à aujourd’hui.
Le problème, c’est que les terrasses n’ont jamais été répertoriées par le gouvernement néo-zélandais de l’époque, de sorte que l’on ne possède aucune indication de leur latitude ou de leur longitude. Dans le Journal of the Royal Society of New Zealand, deux chercheurs affirment avoir déterminé un lieu où se trouvent probablement les terrasses. Si la merveille naturelle n’a pas été détruite, elle est enfouie à 10 ou 15 mètres de profondeur sous des couches de cendres et de boue, et il faudra une exploration archéologique exhaustive du site pour s’assurer de leur présence.
Les deux chercheurs ont examiné les carnets de voyage rédigés en 1859 par Ferdinand von Hochstetter, un géologue germano-autrichien, pour déterminer l’emplacement possible des terrasses. Les carnets contiennent des descriptions de leur position avant l’éruption en 1886 et ont permis aux chercheurs de localiser trois sites possibles. Ils pensent que les terrasses se trouvent sous terre, mais pas sous le lac Rotomahana, comme cela a été dit au 19ème siècle. Ce n’est pas la première fois que des chercheurs annoncent qu’ils ont découvert les Pink and White Terraces  En 2011, des scientifiques ont déclaré avoir trouvé leurs restes au fond du lac Rotomahana.
Après cinq ans d’enquête, le GNS Science néo-zélandais est arrivé à la «conclusion inéluctable» que la plupart des terrasses ont été détruites par l’éruption du Mont Tarawera. Un ancien Maori a abondé dans ce sens et déclaré qu’il était sceptique quant aux résultats de la dernière étude.
Une exploration complète du site archéologique, avec imagerie et prélèvement de carottes de terrain, sera nécessaire pour prouver de manière irréfutable que les terrasses ont bien survécu à l’éruption du Mont Tarawera.
Source: New Zealand Herald.

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These days, there is a profusion of articles in the New Zealand newspapers about an “eighth wonder of the world”, once thought irretrievably lost in a volcanic eruption, that may have been rediscovered.

The wonder concerns the Pink and White Terraces of Lake Rotomahana which attracted tourists from around the world to New Zealand’s North Island in the mid-1800s. The terraces became the greatest tourist attraction in the southern hemisphere and the British Empire, and shiploads of tourists made the dangerous visit down from the U.K., Europe and America to see them.

Located on opposite sides of the lake, they were the largest silica sinter deposits on Earth…until June 10th 1886 when Mount Tarawera erupted violently, killing 120 people and leaving a 17-kilometre gash across the mountain. The eruption was thought to have destroyed the terraces, until now.

The problem is that the terraces were never surveyed by the government of the time, so there was no record of their latitude or longitude. In the Journal of the Royal Society of New Zealand, two researchers wrote they have determined a location where the terraces may lie preserved beneath the surface. If the natural wonder has been preserved, it is buried 10-15 metres underneath layers of ash and mud, and they are calling for a full archaeological survey to excavate the site.

The two researchers used the 1859 field diaries of Ferdinand von Hochstetter, a German-Austrian geologist, to establish a possible location for the terraces. The diaries contained descriptions of their position before the eruption in 1886, and allowed the researchers to plot three potential terrace locations. The researchers believe the terraces are beneath land, but not underneath Lake Rotomahana as affirmed by 19th century colonists.

It’s not the first time researchers have announced that they have found the terraces. In 2011, scientists said they had found the remnants of the Pink and White Terraces deep in Lake Rotomahana.

After five years of investigation, New Zealand GNS Science backtracked on the claims, and said they came to the “inescapable conclusion” that most of the Pink and White Terraces had been destroyed. A local Maori elder said that he is skeptical of the new findings.

A full archaeological site investigation, including imaging and core drilling, will be required to conclusively prove that the terraces survived the eruption.

Source: New Zealand Herald.

Tableau de JC Hoyte représentant les Pink and White Terraces dans les années 1870.

Les Pink and White Terraces ressemblaient probablement à celles que l’on peut admirer aujourd’hui à Yellowstone sur le site des Mammoth Hot Springs. (Photo: C. Grandpey)