Nouvelle modélisation volcanique

Une étudiante de l’Université de l’état de Washington vient de mettre au point une méthode plus rapide et moins coûteuse pour obtenir des images tridimensionnelles permettant de contrôler l’activité volcanique.
Le travail de recherche d’Angie Diefenbach – qui est sur le point d’entrer à l’Observatoire Volcanologique de la chaîne des Cascades – vise à étudier le dôme de lave qui se développe dans le cratère du Mont St Helens depuis octobre 2004. Au bout du compte, la nouvelle technique suggérée par cette étudiante coûte moins cher et est à 95% aussi précise que celle mettant en oeuvre des méthodes traditionnelles.
A l’heure actuelle, la surveillance du St Helens est effectuée par l’USGS qui a passé un contrat avec une société privée. Cette dernière utilise un avion pour survoler le volcan et prendre de nombreuses photos verticales avec un appareil photo spécialement adapté. Les photos sont envoyées à un laboratoire de Denver pour y être analysées. Un logiciel transforme les photos en images 3D qui sont ensuite comparées avec les images obtenues précédemment. Toutefois, le budget de l’USGS ne permet de faire qu’un seul survol par mois et de n’avoir des images 3D que tous les deux mois.
Les photos utilisées par Angie Diefenbach pour son travail de modélisation sont prises à partir d’un hélicoptère avec un appareil reflex numérique classique beaucoup moins coûteux que l’appareil spécial pour vues aériennes dont le prix peut atteindre 250 000 dollars. Les survols en avion sont également plus coûteux que ceux en hélicoptère. Les logiciels utilisés en photogrammétrie (qui permet d’effectuer des mesures avec des photos et des cartes) peuvent coûter des milliers de dollars. A l’inverse, Angie Diefenbach a dépensé 800 dollars pour installer son logiciel sur son ordinateur portable.
Les logiciels de photogrammétrie traditionnels reconnaissent les points sur les photos et les convertissent en images 3D. L’étudiante a dû relever les points elle-même. Elle a passé plus de 1000 photos au peigne fin, en gardant les caractéristiques physiques visibles sous des angles différents pour en faire des images 3D avec son propre logiciel. Ce travail a été long et fastidieux, mais à présent elle est capable de créer un modèle 3D en quatre heures seulement, alors que ce travail peut demander un mois avec la méthode traditionnelle.
Grâce à cette nouvelle technique, Angie Diefenbach a pu parfaitement étudier l’évolution actuelle du dôme de lave du St Helens. Ses résultats confirment ceux obtenus par l’USGS avec une méthode beaucoup plus longue et onéreuse.
Si le succès de cette nouvelle modélisation se confirme, elle pourrait aider considérablement le travail des observatoires et des volcanologues.
Source : The Associated Press.