Lacs de lave

Au cours des différents reportages diffusés par Arte sur les volcans du monde visités par Guy de St Cyr, ce dernier a indiqué à plusieurs reprises qu’il n’existait que quatre lacs de lave permanents sur la planète : l’Erta Ale en Ethiopie, le Kilauea à Hawaii, le Nyiragongo en République Démocratique du Congo et l’Erebus en Antarctique.
Cette affirmation demande toutefois à être nuancée. En effet, au moment où j’écris ces lignes, il n’y a guère que dans les cratères de l’Erta Ale et du Nyiragongo que l’on peut observer des lacs de lave.
Les dernières images glanées sur l’Erebus montrent que l’activité se limite à quelques explosions et aucun lac de lave n’est vraiment visible au fond du cratère. Il faut souligner que l’accès à ce volcan est extrêmement compliqué et les expéditions qui se rendent à son chevet ne sont pas toujours couronnées de succès. Il est donc difficile de savoir ce qui se passe exactement dans le cratère.
S’agissant du Kilauea, cela fait maintenant plusieurs mois que le lac de lave qui illuminait le Pu’u O’o (voir image ci-dessous) a disparu depuis le mois de juin. Pour le moment, l’activité se limite uniquement à une effusion de lave à l’est du cratère.
Comme l’indiquait Guy de St Cyr pendant les reportages, il arrive aussi que les lacs de lave – dits permanents – de l’Erta Ale et du Nyiragongo décident de partir en vacances pendant quelque temps. C’est cette mésaventure qui est arrivée à l’équipe d’Ushuaia Nature lors de sa dernière expédition. L’émission a dû se rabattre sur des images d’archives et J.M. Bardintzeff a dû se contenter de promener son thermomètre sur des hornitos à peine incandescents.
S’agissant du Nyiragongo, on a aussi observé des périodes sans qu’une lueur rouge vienne teinter les nuages qui couronnent fréquemment le sommet du volcan.
A côté de ces lacs de lave souvent présents au fond de leur cratère, il existe des volcans où un lac de lave vient bouillonner de temps en temps. C’est le cas, par exemple, du Marum et du Bembow au Vanuatu où le lac de lave (il s’agit d’ailleurs plus d’un chaudron bouillonnant qu’un véritable lac de lave) est très capricieux. Ma dernière mise à jour sur le Vanuatu montre d’ailleurs qu’il n’y a pas d’incandescence actuellement dans la caldeira d’Ambrym.
Pour terminer, il ne faut pas oublier que des lacs de lave peuvent apparaître de manière éphémère pendant des éruptions sur le Piton de la Fournaise, l’Etna, ou même le Stromboli, mais le spectacle n’est pas aussi grandiose que sur un ‘vrai’ lac de lave.
Pour le reste, je suis d’accord avec Guy de St Cyr : un lac de lave est un spectacle extraordinaire dont on ne se lasse jamais. Assister à la naissance de la Terre, c’est tout simplement magique !!!

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Kelud (Ile de Java / Indonésie)

f369c51e26638bf4e7c4b78f8e35c8e8.jpgDans son dernier bulletin, le Vulcanological Survey of Indonesia indique que le niveau d’alerte a été élevé de 2 (waspada) à 3 (siaga) sur une échelle de 4. En effet, l’activité sismique est en hausse, ainsi que la température du lac où la composition chimique de l’eau s’est modifiée, de même que sa couleur qui a viré du vert au blanc.
Il est recommandé aux personnes de respecter une zone de sécurité de 5 km autour du cratère et les habitants doivent se tenir prêts à évacuer la région dès les premiers signes d’une éruption.
Le niveau d’alerte était passé de 1 à 2 le 11 septembre dernier. Bien que la région ne soit pas très peuplée, il ne faut pas oublier que le sommet est une destination touristique très prisée.
La dernière éruption du Kelud remonte à 1990. Le volcan a tué plus de 15 000 personnes depuis 1500, avec en particulier 10 000 victimes lors de l’éruption de 1568.

d1f92b08ab8efd964af5181136f8de10.jpgIn its latest update, the VSI indicates the alert level was raised to the third (siaga) of the four-level warning system. It was based on recordings of increased seismic activity as well as rising temperatures in the crater lake and the shifting chemical composition of the water whose colour has changed from its habitual greenish aspect into milky white. . People are advised to maintain a five-kilometre safety zone around the crater and residents are told to be prepared to evacuate at the first sign of any eruption.
The alert status had already been raised one step on September 11.
Although the volcano’s slopes are sparsely inhabited, the peak is a popular domestic tourist destination.
Mount Kelud last blew in 1990. It has claimed more than 15,000 lives since 1500, including around 10,000 when it erupted in 1568.

Rabaul (Papouasie-Nouvelle-Guinée)

e077ef1ca7a2388ef4c61be50dc6771f.jpgD’après le Rabaul Volcano Observatory dans son dernier bulletin, le cône du Tavurvur a émis le 20 septembre dernier des panaches de cendres jusqu’à 1,2 km d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans les zones sous le vent, y compris la ville de Rabaul. Par la suite, des nuages de vapeur avec encore un peu de cendre ont été émis par le volcan entre le 20 et le 24 septembre. Le 25 septembre, de nouveaux nuages de cendres (accompagnés de retombées dans les secteurs sous le vent) montaient jusqu’à 1,7 km d’altitude et des grondements étaient audibles.

a1a1128baadcac5cc63d13f43fbb0693.jpgAccording to the Rabaul Volcano Observatory in its latest update, ash plumes from the Tavurvur cone rose to an altitude of 1.2 km a.s.l. on 20 September. Ashfall was reported from areas downwind, including Rabaul Town. Besides, white vapor plumes containing a small amount of ash were emitted during 20-24 September. On 25 September, ash plumes rose up to 1.7 km a.s.l. Roaring noises were heard. Ashfall was reported from areas downwind.

Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

09d54e6961b6f53aaa5572f85455acd6.jpgLa bouche située en aval à l’est du Pu’u O’o continue à alimenter un chenal d’environ 1,5 km de longueur. On observe de temps à autre des débordements, mais ils sont moins fréquents depuis quelques jours. La lave parvient parfois à s’échapper de ce chenal principal, ce qui donne naissance à des coulées latérales, ‘a’a pour la plupart. Actuellement, l’une d’entre elles a parcouru plus de 2 km avant de finir sa course dans un îlot de végétation, tandis qu’une autre avance lentement sur la bordure sud de coulées plus anciennes.
Le cratère du Pu’u O’o ne montre toujours pas la moindre incandescence et il est en permanence envahi par les gaz et la vapeur d’eau.
La sismicité reste globalement faible sur le Kilauea. A noter cependant un séisme de 2,8 le 23 septembre à 11h35 et un autre de 2,3 le 27 septembre à 7h38 sous le Pulama Pali, respectivement à 6 et 8 km de profondeur.
Source : HVO.

ff9bce6cc1539bf1d2796dfa9173af51.jpgThe vent to the east of Pu ‘u o’o continues to supply lava to an open channel 1.5 km long. Some overflows can be observed from time to time but they have been less frequent in the past days. Lava sometimes manages to seep from the channel and gives birth to side flows, mostly composed of ‘a’a lava. One of them has just travelled more than 2 km before stopping in a kipuka while another flow is moving slowly along the southern margin of previous flows
There is no incandescence inside Pu’u O’o crater which is permanently filled with fume.
Seismicity is rather low over Kilauea. A magnitude-2.8 earthquake occurred at 11:35 pm on September 23rd and another M 2.3 on September 27th, respectively 6 km and 8 km beneath Pulama Pali.
Source: HVO.

Volcans du Vanuatu

Eric Adouch, volcanophile et fidèle lecteur de mon blog rentre d’un voyage au Vanuatu avec l’agence lyonnaise Aventure et Volcans et me livre les informations suivantes sur les volcans de l’archipel :

« Sur Ambrym, la monumentale et magnifique caldeira offre toujours des volcans bien actifs. Nos deux montées sur le Bembow ne nous ont pas permis de descendre sur sa terrasse emprisonnée sous un dégazage continuel de dioxyde de soufre. Pour Jimmy et Michel (nos deux guides), l’absence de nuance de bleu dans son panache indique aussi l’absence d’un lac de lave dans ses entrailles. Le Bembow ne s’est pas laissé approcher. Le Niri Taten et le Taten présentent aussi une grosse activité de fumerolles soufrées. Le cratère du Mbwelesu présente, outre ses fumerolles, deux bouches incandescentes qui grondent et éructent quelques petits jets de laves par intermittence. Il n’y avait plus de lac de lave en ce début septembre. Dommage…
Sur l’île de Tanna, le Yasur est fidèle à sa réputation. Malgré nos deux premières journées mises en échec une fois par la pluie, puis le lendemain, par un fort dégazage de la bouche C du cratère nous privant de toute visibilité, la dernière nuit s’est révélée d’une insolente beauté. Les trois orifices sont bien actifs, rougeoient et illuminent la nuit de leurs lambeaux de lave éjectés. Seule la bouche B du Yasur nous a offert, toutes les 5 minutes environ, de colossales ondes de choc suivies d’énormes projections de lave et de matériaux incandescents qui illuminaient toutes ses terrasses alentour. Le spectacle est saisissant. Quelques photos en témoignent ». (voir l’une d’entre elles ci-dessous).

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Ruapehu (suite)

b1bc2608f7f6151ba104860a6de086e2.jpgAprès un survol du volcan, les scientifiques néo-zélandais ont déclaré que l’éruption de mardi soir avait été “faible à modérée” et correspondait au niveau 2 sur une échelle de 5. Elle avait effectivement été suivie d’un séisme de 2,8.
L’explosion a projeté des blocs jusqu’à 1,5 km du cratère, avec des cratères d’impact pouvant atteindre 2 mètres de diamètre dans la neige. Deux coulées de boue de moyenne importance se sont par ailleurs échappées du cratère et l’une d’elles a atteint le pied de la montagne.
L’éruption a probablement été causée par une accumulation de vapeur sous le lac qui réside dans le cratère, et non par une montée de nouveau magma sous le volcan. Il se confirme donc que cette éruption est semblable à celles de 1969 et 1975, mais moins violente que celle de 1995 qui avait causé d’importants dégâts.
L’éruption s’est produite sans signes avant-coureurs. Les sismographes montrent qu’on est passé d’une situation de calme plat à une phase éruptive en l’espace d’une minute.
Une fois encore, cet épisode montre les limites actuelles de la volcanologie.
Source: Presse néo-zélandaise.

200fbc1df8520bb720c143742ff1a720.jpgAfter an inspection flight over the volcano, New Zealand scientists said Tuesday night’s eruption was « small to moderate » — level 2 on a scale of 1 to 5 — and had sparked a seven-minute earthquake of magnitude 2.8.
The explosion tossed rocks up to one and a half kilometres from the crater, leaving impact craters up to two meters wide in the snow. Two moderate mud flows came out of the crater, with only one reaching the base of the mountain.
The eruption was probably caused by a buildup of steam under the crater lake rather than driven by a new ascent of magma under the volcano. Thus, it is confirmed that this eruption was similar to those in 1969 and 1975 but smaller than one 12 years ago that caused widespread damage.
The eruption occurred without any warning. Seismic instruments clearly show a transition from nothing to eruption in the space of a minute.
This, again, shows the current limits of volcanology.
Source: The New Zealand press.

Ruapehu (Nouvelle Zélande)

04007c48dca0c729e31c98932b1e64ad.jpgLe volcan est entré en éruption sans crier gare mardi soir. Au moins deux personnes (un randonneur et un ouvrier sur les pistes de ski) ont été blessées, alors que des lahars dévalaient les pentes du volcan. La Sécurité Civile a fait évacuer les pistes de ski et fermer les routes de la région.
L’éruption, qui a duré 7 minutes, a été suivie d’un séisme de 2,8 sur l’échelle de Richter.
Il a été demandé aux personnes de rester à l’écart de la montagne jusqu’à ce que la situation redevienne sure. C’est actuellement la première semaine des vacances de printemps en Nouvelle Zélande et beaucoup de familles fréquentent deux stations de ski sur le Ruapehu.
Cette dernière éruption a été beaucoup moins impressionnante que le lahar du 18 mars dernier, quand des milliers de tonnes de rochers et d’eau ont dévalé la montagne. Elle n’avait rien à voir non plus avec la catastrophe de 1953 où 151 personnes ont perdu la vie quand un pont de chemin de fer a été emporté par un lahar au moment du passage d’un train.
Source: Presse néo-zélandaise.

8e933e20304254d13fdbbe27d4cb51da.jpgThe volcano erupted without warning Tuesday night, and at least two people ( a mountaineer and a worker on a snow groomer) were reported to be injured as lahars swept down the mountain. Civil defence officials ordered skiing areas evacuated and police closed roads in the area.
The eruption, which lasted seven minutes, followed a small earthquake measuring 2.8 on the Richter scale.
People were advised to stay off the mountain until it was ruled safe. It is currently the first week of spring school holidays, when many families often go to two skiing areas.
The eruption was a lot smaller than the last lahar on March 18 which swept thousands of tonnes of rock-filled water harmlessly down the mountain and had nothing to do with the 1953 disaster when 151 people died when a rail bridge was swept away by a lahar.
Source: New Zealand press.