Les satellites au service de la volcanologie

La surveillance par satellite de la Cordillère des Andes entre le Pérou et le Chili a permis à une équipe internationale de géologues de détecter un signal de longueur d’onde élevée sur la topographie de cette région qui inclut une cinquantaine de volcans actifs – ou potentiellement actifs – sur une distance de 1500 km.
Les volcans de la Cordillère s’élèvent jusqu’à des altitudes allant entre 4000 et 7000 mètres ; ils ont souvent des pentes raides et sont recouverts par des calottes de neige, ce qui rend leur accès particulièrement difficile.
Une équipe de l’IRD, en collaboration avec l’Université du Chili et l’Observatoire de Physique du Globe de Clermont-Ferrand a concentré ses études sur le complexe volcanique Lastarria-Cordon del Azufre. D’une superficie de1600 km2, il se situe dans la partie centrale de la Cordillère des Andes, à la frontière entre l’Argentine et le Chili.
Les scientifiques indiquent tout d’abord que les recherches menées entre 1992 et 2000 par une équipe nord-américaine ont montré que les déformations de cette région correspondent à un gonflement de l’écorce terrestre au niveau du complexe Lastarria-Cordon del Azufre. Selon eux, bien que le volcan ne soit pas considéré comme actif (sa dernière éruption au eu lieu il y a 9000 ans), un tel gonflement pourrait être dû à une activité sous-jacente en relation avec la dynamique de la chambre magmatique.
Une technologie de pointe, l’interférométrie radar, a permis d’obtenir, entre mars 2003 et juin 2005, 8 images du complexe volcanique Lastarria-Cordon del Azufre réparties dans le temps. Grâce à un logiciel spécial, on a obtenu 28 interférogrammes à partir de ces images. Ils révèlent un gonflement d’environ un centimètre de la croûte terrestre sur l’ensemble de la région concernée.
Comme pour l’étude nord-américaine mentionnée précédemment, les scientifiques ont détecté un signal de longueur d’onde élevée couvrant une zone de 45 km de long sur 35 km de large correspondant parfaitement à l’ensemble du complexe volcanique. Un signal de longueur d’onde brève a également été capté, mais il se limite uniquement au volcan Lastarria. Ces différentes indications laissent supposer un lien avec la circulation des fluides hydrothermaux.
Pour approfondir ce travail de recherche dans les mois à venir, il faudra toutefois ajouter d’autres données à celles fournies par le satellite. En particulier, il faudra vérifier si les mesures GPS confirment le gonflement de l’écorce terrestre annoncé par les mesures satellitaires.
Le but est d’obtenir des informations sur les changements de masse et de densité en profondeur en utilisant la gravimétrie, une technique géophysique qui permet de détecter les variations du champ de gravité. Une modification de la gravité s’ajoutant à un déplacement de l’écorce terrestre pourrait être le signe d’un remplissage ou d’une vidange de la chambre magmatique et donc indiquer une activité volcanique sous-jacente.
A l’avenir, de telles techniques d’observation pourraient être utilisées pour étudier le comportement de volcans qui, comme ceux de la Cordillère des Andes, sont difficiles d’accès.
Source: Institut de Recherche Pour le Développement.