Les « Maccalube di Aragona » (Sicile / Italie)

medium_drapeaufrancais.277.jpgIl y a plusieurs mois, lorqu’est né le volcan de boue qui cause un désastre écologique en Indonésie, j’avais mentionné les “Maccalube di Aragona”, curieux phénomène géologique que l’on peut observer en Sicile, près de la petite ville du même nom. Contrairement au volcan de boue indonésien, il s’agit d’un phénomène exclusivement naturel qui a commencé il y a au moins 2 500 ans.
Injustement appelées “petits volcans” à cause des cônes d’argile qui se forment à la surface du sol, les maccalube sont dues à la présence dans le sous-sol, à une douzaine de kilomètres de profondeur, d’un vaste bassin d’argile et de substances organiques d’où s’échappent des gaz qui, dans leur ascension vers la surface, font remonter ces boues argileuses qui se déposent et prennent avec le temps l’aspect de petits cônes qui cessent de croître quand la pression des gaz devient insuffisante.
On pense que l’eau qui contribue au processus chimique de formation des gaz et des boues provient de nappes phréatiques relativement importantes. Cette eau participe aux phénomènes éruptifs des maccalube dans la mesure où elle fait gonfler l’argile en la rendant plastique, ce qui forme une espèce de bouchon qui entrave le passage des gaz. Ces derniers finissent par s’accumuler jusqu’au moment où la pression devient trop forte et provoque ces petites éruptions qui peuvent propulser bruyamment des lambeaux de boue jusqu’à une quarantaine de mètres dans les airs.
Ces phénomènes se produisent de manière tout à fait aléatoire. Les cônes apparaissent et disparaissent au gré du temps. De la même façon, les ‘éruptions’ sont imprévisibles. C’est probablement ce côté mystérieux, imprévisible et fascinant qui a contribué à alimenter un certain nombre de légendes locales.

medium_drapeau_anglais.270.jpgSeveral months ago, when the mud volcano that is currently causing a real environmental disaster in Indonesia appeared, I had mentioned the “Maccalube di Aragona”, a strange geological phenomenon one can observe in Sicily near the small town of Aragona. Contrary to the Indonesian mud volcano, we are confronted with an exclusively natural phenomenon which began at least 2,500 years ago.
Improperly called “vulcanelli” or small volcanoes because of the clay cones that are rising at the surface of the earth, the maccalube are due to the presence in the underground, at a depth of 12 km or so, of a vast basin composed of clay and organic substances releasing gases that go up to the surface and allow this clayey mud to deposit and take the shape of small cones that stop growing when gas pressure in not strong enough.
One usually thinks that the water that contributes to the chemical process of gas and mud formation comes from voluminous aquifers. This water helps the clay to inflate and become plastic, which forms a kind of plug preventing gases from going out. These gases accumulate until the moment when the pressure becomes too high and causes these small-size eruptions which may send chunks of mud as high as 40 metres in the air.
Such phenomena occur in an irregular way. The cones appear and disappear with the time. In the same way, the ‘eruptions’ are unpredictable. It’s probably this mysterious, unpredictable and fascinating environment that has contributed to provide food for quite a good number of local legends.

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Rabaul (Papouasie – Nouvelle Guinée)

medium_drapeaufrancais.276.jpgElle aussi inconnue du grand public, la caldeira de Rabaul se situe à la pointe de la péninsule de la Gazelle, elle-même située à l’extrémité NE de la Nouvelle Bretagne. Trois petits stratovolcans se dressent sur les bordures N et NE de la caldeira. Les plus connus sont le Vulcan qui est entré en éruption pour la première fois en 1878. Une autre éruption a eu lieu en 1994, en même temps que celle de son voisin, le Tavurvur. Cette dernière éruption a obligé les habitants à quitter momentanément la ville de Rabaul.
Le Tavurvur se manifeste périodiquement, essentiellement sous forme de nuages de cendres et de grondements, événements qui se sont produits entre le 24 et le 30 janvier derniers.

medium_drapeau_anglais.269.jpgNot so well-known from the public at large, the Rabaul caldeira is located on the tip of the Gazelle Peninsula at the NE end of New Britain. Three small volcanoes are rising above the N and NE rims of the caldeira. The best-known are Vulcan which erupted for the first time in 1878. Another eruption occurred in 1994, together with the eruption of Tavurvur. This eruption forced the temporary abandonment of Rabaul city.
Tavurvur is active from time to time, essentially with ash plumes and roaring noises; such events were recorded between January 24th and 30th.

Volcan de boue indonésien (suite)

medium_drapeaufrancais.275.jpgAlors que l’Indonésie – et plus particulièrement Djakarta – doivent faire face à de graves inondations, le volcan de boue du village de Porong, à 30 km au sud de Surabaya, continue à être bien actif. Depuis le 29 mai 2006, il déverse chaque jour 126 000 mètres cubes de boue qui recouvre une surface de 4 km2. Plus que les chiffres, ce sont les conséquences de cette catastrophe écologique qui importent. 10 000 personnes ont perdu leurs maisons ; 20 usines ont fermé leurs portes et la saison des pluies fait craindre que 200 000 personnes supplémentaires se retrouvent sans abri si les digues mises en place ne résistent pas à la pression des eaux.
Les différentes solutions (creusement de puits ou de chenaux) envisagées jusqu’à présent pour résoudre le problème ont toutes échoué. La semaine dernière, le feu vert a été donné à un plan mis au point par trois géophysiciens prévoyant d’utiliser 1 000 chaînes en acier pour essayer de ralentir le débit du geyser de boue. Chaque chaîne mesure 1,5 m de long et relie entre elles quatre boules de béton – deux de 40 cm de diamètre et deux de 20 cm. Chaque ensemble de chaîne et de boules pèse environ 300 kg.
L’opération (qui rappelle l’opération « thrombose » utilisée sans réussite sur l’Etna en 1994 pour ralentir le débit de la lave) devrait commencer cette semaine. Cinq chaînes seront larguées dans la gueule du volcan le premier jour, dix le deuxième jour, pour en introduire ensuite jusqu’à 50 par jour jusqu’à épuisement des stocks. Il est prévu de mettre en place un pont au-dessus du volcan de boue d’où seront larguées les chaînes et les boules de béton.
Le but de l’opération est de faire descendre chaînes et boules le plus profond possible afin de réduire au maximum le diamètre du conduit éruptif pour, au final, réduire de trois-quarts le débit de la boue.
Il est à noter que, comme toujours, les avis divergent et un certain nombre de scientifiques ne sont pas persuadés de la réussite de cette opération.

medium_drapeau_anglais.268.jpgThe mud eruption that began on 29 May last year in Porong, 30 kilometres south of Surabaya, has poured up to 126,000 cubic metres of mud per day, flooding an area of more than 4 square kilometres. Some 10,000 people had to leave their homes and 20 factories have closed. Another 200,000 homes could be at risk if the mudflow combines with the rainy season, weakening dams to flood more land. Attempts to solve the problem by drilling relief wells or channelling the mud into a nearby river have failed.
Last week, the go-ahead was given to a plan that will use 1,000 steel chains to try to slow the flow of mud. Each chain is 1.5 metres long and links together four concrete balls — two that are 40 centimetres across and two that are 20 centimetres across. Each ball and chain set will weigh about 300 kilograms.
Five chains will be dropped into the volcano’s mouth on the first day — possibly as early as this week — and ten on the second, before hitting a high of up to 50 per day until all of them are used.
The chains will sink as deep as possible into the conduit that has been feeding the hot mud to the surface. The goal is to make the channel smaller, narrowing it enough to slow the mud’s rise and so decrease its flow rate by up to three-quarters.
However, other physicists say they have never heard of such an approach, and question its likely effectiveness.

Ubinas (Pérou)

medium_drapeaufrancais.274.jpgAu Pérou, le volcan Ubinas est moins connu que le Misti qui domine la ville d’Arequipa. Néanmoins, c’est actuellement le plus actif du pays. D’une hauteur de 5 672 mètres, c’est le plus septentrional de trois volcans situés sur un alignement à 50 km en retrait de la principale chaîne volcanique du Pérou. Ses éruptions ont été prises en compte depuis le 16ème siècle et son activité a été essentiellement explosive.
On observait fin janvier des émissions de cendres, avec des panaches pouvant atteindre plus de 5 km d’altitude.

medium_drapeau_anglais.267.jpgIn Peru, Ubinas is less well-known than Misti which towers over the town of Arequipa. However, it is currently the most active volcano of the country. Culminating at 5,672 m a.s.l., it is the northernmost of three young volcanoes located along a lineament about 50 km behind the main volcanic front of Peru. Its eruptions have been taken into account since the 16th century and its activity is mainly explosive.
Late in January, one could observe ash emissions, with plumes that could rise more than 5 km a.s.l.