Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Le brouillard qui envahit souvent la colline de Langihryggur ne permet pas de faire de bonnes observations de l’éruption de Fagradalsfjall (Islande). Cependant, les quelques éclaircies montrent que le volcan reste actif. Le tremor a un comportement irrégulier, avec des périodes intenses entre coupées de pauses.

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une bonne vidéo de l’éruption réalisée à l’aide d’un drone DJI Mavic Air 2 les 18 et 20 juillet 2021 : 

A l’attention des volcanophiles qui ont l’intention de se rendre prochainement en Islande, le gouvernement islandais impose à nouveau la présentation de tests PCR négatifs de moins de 72 heures par les personnes vaccinées avant l’entrée dans le pays. La mesure entrera en vigueur le 26 juillet 2021. Plusieurs Islandais rentrant de l’étranger ont été testées positif à la Covid-19. Leur état n’inspirait toutefois pas d’inquiétude.

 

Source : Icelandic Met Office

++++++++++

Un essaim sismique incluant plus de 140 événements a secoué le parc national de Yellowstone ces derniers jours. Il était centré sous le lac Yellowstone. 40 secousses avaient une magnitude supérieure à M 2.0, et deux se situaient au-dessus de M 3.0. Cependant, les géologues de l’USGS expliquent que la situation n’a rien d’inquiétant. De telles séquences sismiques sont courantes dans le parc et représentent environ 50 % de la sismicité totale de la région de Yellowstone. Cet essaim est semblable à celui qui s’est produit à peu près au même endroit en décembre 2020. Certaines personnes craignent toujours que la sismicité à Yellowstone annonce le réveil du «supervolcan», avec des conséquences régionales et mondiales. L’USGS ne pense pas qu’une éruption à Yellowstone puisse se produire avant des milliers d’années.

Le niveau d’alerte pour Yellowstone est à la couleur Verte. La sismicité à Yellowstone est en général due à l’activité hydrothermale, lorsque l’eau pénètre dans les failles de la croûte terrestre.

Source : USGS.

Source : USGS

++++++++++

Après une pause de plusieurs jours (dernière crise éruptive le 14 juillet 2021), l’Etna (Sicile) a connu un nouveau paroxysme le 20 juillet sur le coup de 5h30 du matin (heure locale). Le processus reste le même : activité strombolienne dans le Cratère SE, évoluant ensuite en fontaines et débordements de lave d’environ 1 ou 2 km de longueur sur le versant SO du cratère.

Au moment où j’écris ces lignes, l’Etna a connu 47 crises éruptives – ou « paroxysmes » – depuis le mois de février 2021. Ces événements éruptifs spectaculaires génèrent des panaches de cendres qui, selon l’orientation du vent, entraînent des retombées sur différentes régions de la Sicile, en particulier l’est, le sud et le nord. C’est chaque fois le même scénario : les habitants doivent sortir les balais pour évacuer cette cendre.

Cette cendre malvenue a des conséquences économiques et sanitaires. Il n’y a pas qu’un aspect économique, mais aussi social et sanitaire. Nello Musumeci, le président de la Région sicilienne, a déclaré : « Nous voulons impliquer la législation nationale afin que la cendre de l’Etna soit considérée comme un phénomène ordinaire et non extraordinaire. »   En effet, les colères à répétition du Mongibello non seulement mettent à rude épreuve la patience des habitants, mais causent des dommages et des coûts supplémentaires aux maisons et aux entreprises, sans parler des désagréments pour les routes et des problèmes de santé, en particulier pour les enfants.

La région Sicile a donc décidé de planifier une intervention structurelle d’évacuation de la cendre volcanique avec un fonds régional dans lequel elle pourra puiser plus rapidement. Cette allocation de fonds permettra aux municipalités de faire face aux dépenses engagées jusqu’à présent.

Source : La Sicilia.

Source : INGV

++++++++++

Le Sirung n’est pas le plus connu des volcans indonésiens. Il est situé à l’extrémité nord-est d’une ligne de centres volcaniques longue de 14 km qui forment une péninsule à l’extrémité sud de l’île de Pantar, dans la province orientale de Nusa Tenggara Timor.

Des émissions de cendres jusqu’à près de 3 km de hauteur ont été observées dans la soirée (heure locale) du 21 juillet 2021.

La sismicité n’a pas montré de changements significatifs.

La couleur de l’alerte aérienne est passée à Orange.

Un certain nombre d’éruptions phréatiques se sont produites sur le Sirung à partir de bouches dans la caldeira au cours du 20ème siècle. Une éruption d’une durée de 3 heures a eu lieu le 8 mai 2012. La dernière éruption s’est produite le 8 juillet 2015, lorsqu’un panache de cendres s’est élevé jusqu’à 1,5 km d’altitude.

Source : The Watchers et des médias indonésiens

 

Source : Wikipedia

++++++++++

Le Taal (Philippines) reste actif avec des panaches de vapeur et de SO2 qui montent à 1-2 km de hauteur au-dessus du Main Crater Lake. La sismicité reste élevée.
Le niveau d’alerte est maintenu à 3. Le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent interdite d’accès. 3 839 personnes séjournent actuellement dans des centres d’évacuation.
Source : PHIVOLCS.

+++++++++

De nouvelles explosions ont été enregistrées dans le cratère Ontake du Suwanosejima (Japon) entre le 12 et le 19 juillet 2021. Elles généraient des panaches de cendres de 3 km de hauteur. De grosses bombes volcaniques sont actuellement éjectées à 400 mètres du cratère où de l’incandescence est visible de nuit. Le niveau d’alerte volcanique reste à 3 et il est demandé au public de ne pas s’approcher à moins de 2 km du cratère.

Source : JMA.

Eruption du Suwanosejima (Source : JMA)

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

 ————————————–

Here is some news of volcanic activity around the world :

The fog which often invades Langihryggur does not allow to make good observations of the Fagradalsfjall eruption (Iceland). However, one can see from time to time that the volcano is still active. The tremor behaves in an irregular way, with intense periods between pauses. It looks as if lava is still flowing.

For the attention of volcanophiles who intend to visit Iceland soon, the Icelandic government will again require negative PCR tests done no more than 72 hours before arrival in Iceland to visitors who have been vaccinated. Several Icelanders returning from abroad have tested positive for Covid-19. Their condition, however, did not cause concern.

++++++++++

A swarm of more than 141 earthquakes rattled Yellowstone National Park in the past days. It was centered beneath Yellowstone Lake. 40 earthquakes were bigger than M 2.0, and two above M 3.0. However, USGS geologists say the earthquake swarm is nothing to worry about. Such earthquake sequences are common in the Park and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region. This swarm is similar to one that occurred in about the same place during December 2020.

Some people still worry earthquakes in Yellowstone are a sign that the super volcano that lies beneath the park will soon erupt and have regional and global consequences. The USGS doesn’t think an eruption at Yellowstone is likely for thousands of years. Even with the current swarm, the alert level for Yellowstone is Green, which is normal.

Earthquakes in Yellowstone occur for a number of reasons. The most common is hydrothermal activity when water gets into faults in the Earth’s crust.

Source : USGS.

++++++++++

After a pause of several days (last eruptive crisis on July 14th, 2021), Mt Etna (Sicily) experienced a new paroxysm on July 20th, 2021 at 5:30 in the morning (local time). The eruptive process has not changed : Strombolian activity in the SE Crater, then evolving into fountains and lava overflows of about 1 or 2 km in length on the SW side of the crater.

At the time of this writing, Etna has experienced 47 eruptive crises – or « paroxysms » – since February 2021. These spectacular eruptive events generate ash plumes which, depending on the direction of the wind, cause ashfall on different regions of Sicily, in particular the east, south and north. It is the same scenario each time: the inhabitants must take out the brooms to remove this ash.

This unwelcome ash has economic and health consequences. There is not only an economic aspect, but also social and sanitary consequences. Nello Musumeci, the President of the Sicilian Region, declared: “We want to involve the national legislation so that the ash of Mt Etna is considered as an ordinary and not extraordinary phenomenon. Indeed, the repeated anger of Mongibello not only disturbs the population, but causes damage and additional costs to homes and businesses, not to mention inconvenience to the roads and health problems, in particular for kids. The Sicily region has therefore decided to plan a structural intervention to evacuate the volcanic ash with a regional fund on which it can draw more quickly. This allocation of funds will allow municipalities to meet the expenses incurred to date.

Source: La Sicilia.

++++++++++

Mt Sirung is not the best known Indonesian volcano. It is located at the northeast end of a 14 km long line of volcanic centers that form a peninsula at the southern end of Pantar Island, in the eastern province of Nusa Tenggara Timor. Ash emissions up to nearly 3 km in height were observed on the evening (local time) of July 21st, 2021. However, seismicity did not show significant changes. The aviation colour code was raised to Orange.

A number of phreatic eruptions occurred on Mt Sirung from vents in the caldera during the 20th century. A 3-hour eruption occurred on May 8th, 2012. The last eruption occurred on July 8th, 2015, when an ash plume rose to an altitude of 1.5 km.

Source: The Watchers and Indonesian media. Image Sirung

++++++++++

Taal (Philippines) remains very active with steaam and SO2 plumes rising 1-2 km above the Main Crater Lake. SO2 emissions remain elevated. Significant seismicity accompanies the gaz emissions.
The alert level is kept at 3. PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a permanent danger zone whose acess is prohibited. 3,839 persons are staying in evacuation centres..
Source: PHIVOLCS.

++++++++++

New explosions were recorded at Suwanosejima’s Ontake Crater between July 12th and 19th,, 2021. They produced plumes that rose as high as 3 km above the crater. Large volcanic bombs are often ejected 400 m from the crater and incandescence is visible at night. . The Alert Level remains at 3 and the public is asked to stay 2 km away from the crater.

Source : JMA.

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

ource : JMA.

Les effets du réchauffement climatique sur la région de Yellowstone // The effects of global warming on the Greater Yellowstone Area

Je fais partie de ceux qui adorent le Parc National de Yellowstone. Je l’ai visité plusieurs fois et j’y ai effectué des mesures de température des sources chaudes pour le compte de l’observatoire volcanologique.

Pourtant, aussi merveilleux qu’il soit, Yellowstone souffre du réchauffement climatique et de la hausse des températures au même titre que beaucoup d’autres endroits aux États-Unis. La situation est particulièrement inquiétante pour la faune et les écosystèmes.

Une nouvelle évaluation des effets du réchauffement climatique dans les parcs nationaux du Grand Teton et de Yellowstone met l’accent sur le risque de bouleversements à venir si la région continue de se réchauffer au rythme actuel. Depuis 1950, la température moyenne dans la région de Yellowstone a augmenté de 1,3°C. Le plus important, c’est que la région a perdu le quart de ses chutes de neige annuelles. Si la région se réchauffe, comme prévu, de 2,7 à 3,3°C d’ici 2061-2080 par rapport à la moyenne de 1986 à 2005, et de 5,5 à 6,1 °C d’ici la fin du siècle, les montagnes autour de Yellowstone auront complètement perdu leur manteau neigeux.

Cette disparition de la neige aura des répercussions sur une vaste gamme d’écosystèmes et de faune, ainsi que sur les villes et les fermes en aval qui dépendent des rivières qui prennent leur source dans ces montagnes. En plus des geysers et des sources chaudes, Yellowstone abrite l’aire de répartition la plus méridionale des populations de grizzlis en Amérique du Nord. Le parc sert de cadre à certaines des plus longues migrations d’animaux sauvages comme les élans, les antilopes, les cerfs mulets et les bisons.

La région de Yellowstone représente également le point de convergence des trois principaux bassins fluviaux de l’ouest des États-Unis : le bassin Snake-Columbia, le bassin Green-Colorado et le bassin du Missouri. Les effets du réchauffement climatique sur la région de Yellowstone ont donc des implications qui vont bien au-delà de l’impact sur le déclin de la population de truites et des perturbations de l’alimentation des grizzlis de la région. En effet, en modifiant l’approvisionnement en eau, le réchauffement climatique a un impact sur les principaux réservoirs de l’Ouest des Etats Unis, avec les villes et les fermes qui en dépendent à des centaines de kilomètres en aval.

La hausse des températures augmente également le risque d’incendies de forêt comme celui qui a ravagé Yellowstone en 1988 et celui qui a battu des records dans le Colorado en 2020.

Sans oublier que les effets du réchauffement climatique sur les parcs nationaux pourraient affecter les quelque 800 milliards de dollars de recettes touristiques dont bénéficie la région chaque année.

Un groupe de scientifiques de l’Université d’État du Montana, de l’U.S.G.S. et de l’Université du Wyoming s’est associé à des organisations locales pour lancer un évaluation climatique de la région de Yellowstone. L’objectif était de créer une base de concertation entre les parties prenantes de la région, que ce soient les populations autochtones qui y vivent depuis plus de 10 000 ans ou les agences fédérales mandatées pour entretenir les terres publiques dans la région. La perspective d’un manque de neige est le problème le plus préoccupant. Aujourd’hui, la limite moyenne de la neige en hiver se situe à environ 1 800 mètres d’altitude. D’ici la fin du siècle, avec le réchauffement climatique, elle devrait s’élever à au moins 3,000 mètres, ce qui correspond au sommet du domaine skiable de Jackson Hole dans le Grand Teton.

L’évaluation climatique de la région de Yellowstone utilise des projections climatiques qui supposent que les pays réduisent considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre. En revanche, si on examine des scénarios dans lesquels ces émissions continuent à croître rapidement, les différences d’ici la fin du siècle par rapport à aujourd’hui deviennent très inquiétantes.

Le principal défi pour les années à venir concernera l’eau. Il se peut que les précipitations augmentent légèrement avec le réchauffement de la température, mais elles tomberont moins sous forme de neige. De plus, une plus grande partie tombera au printemps et à l’automne, tandis que les étés deviendront plus secs. La fonte de la neige au printemps, lorsque l’eau de fonte alimente les ruisseaux et les rivières, a déjà avancé d’environ huit jours depuis 1950. Ce changement entraîne une fin d’été plus longue et plus sèche, ce qui allonge encore plus la saison des incendies de forêt.

Ces modifications du régime de l’eau affecteront les migrations de la faune qui a lieu en fonction de l’arrivée des nouvelles feuilles dans les forêts sur les pentes des montagnes chaque printemps. Le faible débit des cours d’eau et l’eau plus chaude dans les rivières à la fin de l’été menaceront la survie des poissons qui dépendent de l’eau froide, comme la truite fardée de Yellowstone.

Delon l’évaluation climatique de la région de Yellowstone, la situation variera quelque peu d’un endroit à l’autre, mais aucune zone ne sera épargnée.

Source : Yahoo News / The Conversation.

—————————————–

I am one of those who love Yellowstone National Park. I have visited the park several times and performed te:mperature measurements of the hot springs on behalf of the Yellowstone Volcano Observatory.

Wonderful as it is, Yellowstone is suffering fromclimate change and increasing temperatures like so many other place in the United States. The situation is particularly serious for the wildlife and the ecosystems.

A new assessment of climate change in Grand Teton and Yellowstone national parks warns of the potential for significant changes as the region continues to heat up. Since 1950, average temperatures in the Greater Yellowstone Area have risen 1.3 degrees Celsius and potentially more importantly, the region has lost a quarter of its annual snowfall. With the region projected to warm 2.7 – 3.3°C by 2061-2080, compared with the average from 1986-2005, and by as much as 5.5 – 6.1°C by the end of the century, the high country around Yellowstone is poised to lose its snow altogether.

The loss of snow there has repercussions for a vast range of ecosystems and wildlife, as well as cities and farms downstream that rely on rivers that start in these mountains.

In addition to geysers and hot springs, Yellowstone is home to the southernmost range of grizzly bear populations in North America and some of the longest intact wildlife migrations, including the seasonal traverses of elk, pronghorn, mule deer and bison.

The area also represents the one point where the three major river basins of the western U.S. converge : Snake-Columbia basin, Green-Colorado basin, and Missouri River Basin.

The effects of climate change on the Greater Yellowstone Area are, therefore, a question with implications far beyond the impact on Yellowstone’s declining cutthroat trout population and disruptions to the food supplies critical for the region’s recovering grizzly population. By altering the water supply, it also shapes the fate of major Western reservoirs and their dependent cities and farms hundreds of kilometres downstream.

Rising temperatures also increase the risk of large forest fires like those that burnt Yellowstone in 1988 and broke records across Colorado in 2020.

And the effects on the national parks could harm the region’s nearly 800 billion dollars in annual tourism activity.

A group of scientists from Montana State University, the U.S. Geological Survey and the University of Wyoming partnered with local organizations to launch the climate assessment.

The aim was to create a common baseline for discussion among the region’s many voices, from the Indigenous nations who have lived in these landscapes for over 10,000 years to the federal agencies mandated to care for the region’s public lands.

The transition away from snow is the most striking and the most worrying outcome that the assessment anticipates. Today the average winter snowline is at an elevation of about 1,800 metres. By the end of the century, warming is forecast to raise it to at least 3,00 metres, the top of Jackson Hole’s ski areas in Grand Teton.

The climate assessment uses projections of future climates based on a scenario that assumes countries substantially reduce their greenhouse gas emissions. When looking at scenarios in which global emissions continue at a high rate instead, the differences by the end of century compared with today becomes stark.

The main challenge in the coming years will concern water. Precipitation may increase slightly as the region warms, but less of it will fall as snow. More of it will also fall in spring and autumn, while summers will become drier than they have been. The timing of the spring runoff, when winter snow melts and feeds into streams and rivers, has already shifted ahead by about eight days since 1950. The shift means a longer, drier late summer when drought can turn the landscape brown or black as the wildfire season becomes longer and hotter.

The outcomes will affect wildlife migrations dependent on the “green wave” of new leaves that rises up the mountain slopes each spring. Low streamflow and warm water in late summer will threaten the survival of coldwater fisheries, like the Yellowstone cutthroat trout.

These outcomes will vary somewhat from location to location, but no area will be untouched.

Source : Yahoo News / The Conversation.

Les courbes montrent deux scénarios possibles de hausse des températures en fonction de la réduction (en bleu) ou non réduction (en rouge) des émissions de gaz à effet de serre. La comparaison est établie en se référant à la moyenne 1900-2005 (en noir). [Source: Greater Yellowstone Climate Assessment (2021)]

Le réveil du Steamboat Geyser (Yellowstone) n’annonce pas une éruption! // The awakening of Steamboat Geyser (Yellowstone) does not herald a volcanic eruption!

Lorsque des événements anormaux ou exceptionnels se produisent dans le Parc National de Yellowstone, ils s’accompagnent souvent de fausses informations, les fameuses fake news. Par exemple, certaines personnes qui ont vu des bisons courir dans le parc ont affirmé que les animaux avaient peur d’une éruption imminente. D’autres touristes ont eu peur lorsqu’ils ont vu que du goudron en train de fondre sur une route, phénomène uniquement causé par l’activité géothermale dans le sous-sol.

Aujourd’hui, les scientifiques expliquent que les éruptions à répétition du célèbre Steamboat Steamboat n’annoncent pas une éruption volcanique majeure. Le geyser, situé dans le Norris Geyser Basin, envoie de l’eau à plus de 90 mètres de hauteur quand il se manifeste.

Le Steamboat, qui est le plus haut geyser actif au monde, s’est réveillé avec des éruptions intenses en 2018 après 34 ans d’activité sporadique. En septembre 2019, l’USGS a indiqué que «le geyser actif le plus haut du monde était entré en éruption à 34 reprises, le plus grand nombre jamais enregistré en un an. Le record de 2018 était de 32 éruptions, et avant cela, le record était de 29 éruptions en 1964. Les plus grosses éruptions du Steamboat durent en général de trois à 40 minutes, et sont suivies de puissants jets de vapeur. Selon le National Park Service, « une fois que l’alimentation en eau est épuisée, le geyser continue tout de même à envoyer de puissants jets de vapeur pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. Ses rugissements sont si forts qu’il est difficile d’engager une conversation à proximité. Des campeurs du camping de Norris, à plus d’un kilomètre au nord, ont été réveillés par le bruit. »

Le réveil du Steamboat a donné lieu à des spéculations selon lesquelles cela pourrait annoncer de prochaines éruptions volcaniques dans le secteur. [NDLR : Le Norris Geyser Basin es l’un des ponts les plus chauds du Parc].

Cependant, une nouvelle étude publiée dans les Proceedings of the  National Academy of Sciences, affirme que ce n’est pas le cas. Les scientifiques n’int pas détecté de mouvements du magma qui seraient nécessaire pour une éruption. L’étude, dirigée par un professeur de l’Université de Californie à Berkeley, a également impliqué des chercheurs de l’Université Columbia, de l’Université du Chili, de l’Université Rice, de l’Université de l’Utah, de l’Université de l’Alaska, de l’Université Brown, de l’Université du Texas à El Paso, le Parc National de Yellowstone et l’USGS.

Source: Fox News.

——————————————-

When abnormal or exceptional events occur in Yellowstone Natinal Park, they are often accompanied by fake news. For instance, some people who saw buffaloes running in the park said they were afraid of an upcoming eruption. Other tourists were alarmed when they saw that tar was melting on a road, a phenomenon only caused by geothermal activity in the subsoil.

Today, scientists explain that the repeated eruptions of the famous Steamboat geyser do not herald a major volcanic eruption. The geyser in the Norris Geyser basin shoots water more than 90 metres into the air during its major eruptions.

Steamboat, which is the world’s tallest active geyser, reawakened with prolific eruptions in 2018 after 34 years of sporadic activity.

In September 2019, the U.S. Geologic Survey indicated that “the world’s tallest active geyser had erupted 34 times, the largest number ever recorded in a year. The 2018 record was 32 eruptions, and prior to that, the record was 29 eruptions in 1964. Steamboat’s larger eruptions tend to last from three to 40 minutes, and are followed by powerful jets of steam. According to the National Park Service, « once the water supply is exhausted, the geyser continues with a powerful steam phase lasting several hours to several days. Its roar is so great that conversation near the geyser is difficult, and visitors in the Norris Campground, a mile to the north, have been awakened by the noise. »

Steamboat’s return to activity sparked speculation that it could indicate future volcanic eruptions in the surrounding geyser basin. [Personal note: The Norris Geyser Basin is one of the hottest spots in the Park].

However, new research, published in the Proceedings of the National Academy of Sciences, suggests this is not the case. Scientists have found few indications of the movement of magma that would be necessary for an eruption.

The research, led by a professor from UC Berkeley, also involved experts from Columbia University, the University of Chile, Rice University, the University of Utah, the University of Alaska, Brown University, the University of Texas at El Paso, Yellowstone National Park and the U.S. Geological Survey.

Source: Fox News.

Photos : C. Grandpey

Le Vieux Fidèle pas éternel? // Will Old Faithful stop erupting some day?

Les touristes qui visitent le Parc National de Yellowstone ne sauraient manquer les éruptions du Vieux Fidèle, le vénérable « Old Faithful ». Le geyser se manifeste si régulièrement que ses éruptions peuvent être prédites et leurs horaires sont indiqués dans le lodge principal du Parc. Elles se produisent à des intervalles allant, en moyenne, de 90 à 94 minutes. Cependant, les scientifiques préviennent que ce geyser pourrait cesser son activité dans les années à venir.
Une étude publiée dans les Geophysical Research Letters indique que le Vieux Fidèle pourrait entrer en éruption moins fréquemment, ou s’arrêter définitivement, si les conditions actuelles de forte sécheresse se prolongent et se généralisent.

Les chercheurs ont découvert que des arbres poussaient pendant les années 1233-1362 au sommet du monticule où se manifeste le geyser. Il s’agit d’une découverte importante car les arbres ne peuvent pas survivre aux eaux chaudes et hautement alcalines expulsées par les geysers. Pour que des arbres poussent dans un tel lieu, il a fallu qu’un événement empêche le Vieux Fidèle d’entrer en éruption pendant plusieurs décennies.
Les geysers ont besoin d’une bonne alimentation en eau et ne se trouvent que dans les zones d’activité volcanique soutenue où le magma joue le rôle de source de chaleur. Après avoir analysé les composants dissous dans l’eau éjectée par le geyser, les scientifiques ont exclu un changement dans l’activité volcanique pour expliquer le sommeil du geyser il y a 800 ans. De la même façon, l’activité sismique a été laissée de côté car il n’y a pas eu de grands tremblements de terre à Yellowstone entre 800 et 1300.
Le seul facteur qui puisse expliquer l’inactivité du Vieux Fidèle et à la croissance des arbres qui l’a accompagnée est la grande sécheresse observée à la fin de l’anomalie climatique médiévale, lorsque des températures anormalement élevées ont persisté en Amérique du Nord entre 900 à 1300 environ.
De petites particules de bois remontant à la période 1233-1362 et appartenant à ce qui était autrefois des souches et des racines d’arbres ont été trouvées dans le monticule où se manifeste le Vieux Fidèle. La taille des fragments de bois était de 2 cm ou plus et les tiges prélevées étaient en grande partie intactes et pouvaient atteindre 2 mètres de long. Il s’est écoulé un laps de temps d’environ 81 ans entre les échantillons les plus anciens et les plus jeunes du même arbre. L’étude indique qu’il s’agit de la durée pendant laquelle les températures chaudes et sèches ont eu un impact sur la croissance des arbres et l’alimentation en eau du geyser.
Les archives scientifiques indiquent que les arbres du monticule du Vieux Fidèle sont morts au milieu des années 1300 en raison d’un événement pluvieux important, qui, selon les chercheurs, a augmenté les niveaux d’eau dans la région et a permis aux éruptions du geyser de reprendre.
Les archives du Vieux Fidèle remontent à près de 150 ans, date à laquelle Yellowstone est devenu le premier parc national des États-Unis en 1872. Les chercheurs expliquent qu’il s’écoulait 60 à 65 minutes entre les éruptions du geyser dans les années 1950. Cet intervalle de temps est ensuite passé à 90 – 94 minutes depuis 2001. Une fois encore, ces changements dans le rythme éruptif du geyser sont liés aux conditions de sécheresse qui ont persisté dans cette partie des États-Unis jusqu’en 2010.
Les modèles climatiques prévoient une augmentation des conditions de sécheresse intense dans la région de Yellowstone ainsi que de grands incendies de forêt d’ici 2050, en partie en raison de la hausse des températures qui devrait atteindre près de 3°C. Cela entraînera par ailleurs une modification majeure des écosystèmes de Yellowstone».
Dans la conclusion de leur étude, les chercheurs expliquent que le tourisme dans le Parc National de Yellowstone pourrait être affecté si les éruptions du Vieux Fidèle et des autres geysers deviennent moins fréquentes. En raison des récentes périodes de sécheresse et de le réduction de l’alimentation en eau, il convient de noter que les couleurs des Mammoth Hot Springs ont considérablement changé.
Source: Yahoo News.
Vous pourrez voir les éruptions du Vieux Fidèle en direct en cliquant sur ce lien:
https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

——————————————————

The tourists who visit Yellowstone National Park would never miss the eruptions of Old Faithful. Yhe geyser comes to lfe so regularly that its eruptions can be predicted ansd are indicated in the park’s main lodge. The eruptions occur at typical intervals of 90 to 94 minutes. However, scientists warn that this geyser might stop erupting in the coming years.

A study published in Geophysical Research Letters states that Old Faithful could erupt less frequently, or entirely stop erupting, as severe drought conditions become more prolonged and widespread.

The researchers discovered that trees grew on top of the geyser mound during the years 1233-1362, which was a peculiar finding since trees cannot survive the hot and highly alkaline waters that geysers release. They figured that for this to happen, something must have stopped Old Faithful from erupting for several decades.

Geysers require an abundant water supply and are only found in areas with active volcanic activity because the magma acts as a source of heat. While changes in volcanic activity might seem like a probable explanation for Old Faithful’s inactivity 800 years ago, the researchers ruled this out after studying dissolved components in the geyser’s erupted water.

Earthquakes were also ruled out as a potential contributor to the frequency of the geyser’s eruptions due to the lack of large earthquakes that occurred between 800-1300.

The only factor that was correlated with Old Faithful’s inactivity and the tree growth on the geyser mound was a severe drought at the end of the Medieval Climate Anomaly, which was when abnormally warm temperatures persisted in North America from approximately 900 to 1300.

Small particles of wood that were once tree stumps and roots were found in the Old Faithful geyser mound, which date back to 1233-1362. The size of the wood fragments were 2 cm or larger and stems that were largely intact stretched over 2 metres in length. There were roughly 81 years between the oldest and youngest samples from the same tree, which the study says indicates the length of time the hot, dry temperatures impacted tree growth and the geyser’s water supply.

Records indicated that trees on the Old Faithful mound died in the mid-1300s due to a significant rainfall event, which the researchers said increased water levels in the region and allowed the geyser’s eruptions to resume.

Old Faithful’s records date back nearly 150 years to the date that Yellowstone became the United State’s first National Park in 1872. The researchers say that 60-65 minutes used to pass between Old Faithful’s eruptions in the 1950s, which then increased to 90-94 minutes since 2001. These changes in the geyser’s eruptions were once again linked to the drought conditions that were persistent in this part of the U.S. until 2010.

Climate models project an increase in severe drought conditions in the Yellowstone area as well as large wildfires by 2050, partly due to temperatures increasing by nearly 3°C, which will lead to “a major transportation of Yellowstone’s ecosystems.”

The researchers conclude that tourism at Yellowstone National Park could be impacted if the eruptions of Old Faithful and other geysers become less frequent. Due to the recent droughts and the reduced water supply, it should be noted that the colours of Mammoth Hot Springs have changed considerably.

Source: Yahoo News.

The eruptions of Old Faithful can be seen live by clicking on this link:

https://www.nps.gov/yell/learn/photosmultimedia/webcams.htm

Eruption du Vieux Fidèle (Photo : C. Grandpey)

Les Mammoth Hot Springs en 2002 et en 2015, avec modification de la couleur du travertin suite à la réduction d’alimentation en eau. (Photos : C. Grandpey).

Photos old f, mamm

webcam