Restrictions d’accès à la Fossa di Vulcano (Iles Eoliennes) // Access restrictions to the Fossa di Vulcano (Aeolian Islands)

Suite au regain d’activité observé dans le cratère de la Fossa à Vulcano (Iles Eoliennes), avec notamment une modification des paramètres géochimiques et géothermiques des fumerolles, ainsi que des paramètres sismiques et de déformation, avec passage du volcan en alerte Jaune, le Maire de Lipari a publié une très longue ordonnance qui modifie considérablement les conditions d’accès au volcan.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le premier magistrat se couvre ! Voici un résumé de l’ordonnance :

Afin d’assurer la sécurité maximale des visiteurs de La Fossa di Vulcano, il est décidé que :

« L’accès au cratère n’est autorisé que si les visiteurs sont accompagnés de guides de montagne et / ou volcanologiques autorisés. A noter que le champ fumerollien au sommet du volcan et dans la dépression du cratère est  interdit d’accès sauf au personnel des Centri di Competenza pour le suivi des activités.

Les groupes de randonneurs, ne dépasseront pas 20 personnes. Le guide doit être identifiable par un badge spécial portant photo, qualification, cachet de l’année en cours et numéro d’inscription au registre régional des guides alpins et volcanologiques.

Les excursions sont autorisées de 07h00 à 19h00.

L’accès au volcan se fait par le sentier déjà balisé. Bien que cet accès ne soit pas très exigeant,  le guide devra vérifier la qualité de l’équipement du visiteur (chaussures de randonnée, vêtements adaptés, eau, nourriture, etc.).

Les guides devront scrupuleusement observer et faire observer les conditions d’accès au volcan ; ils devront également fournir aux randonneurs des informations détaillées sur les difficultés et les risques qu’ils peuvent rencontrer lors de leur visite. En particulier,

– Avant l’excursion, le guide sera tenu de fournir aux visiteurs une décharge (rédigée en quatre langues), concernant les risques et l’imprévisibilité de l’activité du volcan, afin de les informer des risques qu’ils encourent et dégager les guides eux-mêmes et les Autorités de toute responsabilité.

– Les guides devront organiser la rotation des groupes, régulariser et organiser le flux des randonneurs le long des sentiers.

– Lorsque des situations de plus grand danger se présentent, rencontrées directement par les guides ou communiquées, les guides peuvent suspendre les activités d’excursion en cours sur le volcan.  .

Les contrevenants à la présente ordonnance (individus et/ou groupes d’excursionnistes, ainsi que les guides autorisés), notamment en cas de dépassement du quota de visiteurs prévu, seront passibles d’une amende de 500 euros, applicable à chaque contrevenant;

Les guides qui enfreignent les prescriptions de la présente ordonnance seront signalés au Registre régional des guides alpins et volcanologiques pour leur comportement irresponsable.

A bon entendeur salut !

 

Photos : C. Grandpey

Coup de chaud à Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile) // New unrest at Vulcano (Aeolian Islands)

Durant l’été 2021, et en particulier à partir de septembre, les systèmes de surveillance INGV ont mis en évidence la variation de certains paramètres géophysiques et géochimiques enregistrés à Vulcano (Îles Éoliennes), notamment ceux liés à l’activité du système hydrothermal qui alimente les fumerolles dans le cratère de La Fossa.
La température des gaz émis par les fumerolles sur le bord du cratère a augmenté et la composition des gaz montre une augmentation du CO2 et du SO2. La micro-sismicité locale liée à la dynamique du système fumerollien a également montré une augmentation ces dernières semaines.
En conséquence, l’INGV a renforcé les réseaux de suivi et de surveillance existants pour mieux contrôler l’évolution de cette situation. De nouvelles stations sismiques ont été installées pour compléter celles existantes sur l’île. Il est également prévu d’installer une caméra thermique couvrant la zone fumerolienne du cratère. De plus, la section Palerme de l’INGV a récemment activé 4 nouvelles stations à Vulcano Porto pour mesurer le flux de CO2 au sol et la concentration de CO2 dans l’air.
Suite aux changements décrits ci-dessus, le Département de la Protection Civile a ordonné le passage du niveau d’alerte du Vert au Jaune pour l’île de Vulcano.

Ce n’est pas la première fois que l’on enregistre une montée en température dans le cratère de La Fossa à Vulcano. Dans les années 1990, alors que je procédais à une campagne de mesures sur l’île, il s’était produit une forte hausse de la température des fumerolles (environ 700°C). On se trouvait alors quasiment à la température des gaz magmatiques. Il se disait même que de l’incandescence était visible de nuit à l’intérieur des fissures qui parcourent les flancs du cratère, ce qui était probablement inexact. J’ai visité à deux reprises la zone de nuit sans rien observer d’anormal. Selon Franco Sortino qui était sur place avec d’autres scientifiques de l’Institut des Fluides de Palerme, la montée en chaleur du cratère était due à la présence d’un diapir, autrement dit la remontée d’un magma plus léger à travers des roches plus denses.

Il ne faut pas prendre à la légère les variations des paramètres volcaniques à Vulcano car la dernière éruption du volcan a eu lieu en 1888, c’est-à-dire il y a quelques minutes sur l’échelle géologique. Vous trouverez une note se rapportant à cette éruption sur ce blog en cliquant sur le lien suivant:

Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile): L’éruption de 1888

Le gaz carbonique ne doit pas, lui non plus, être pris à la légère à Vulcano. Je l’ai expliqué en 2015 dans cette note :

Le gaz carbonique de Vulcano (Sicile / Italie) // Carbon dioxide at Vulcano (Sicily / Italy)

Un résumé des travaux que j’ai effectués à Vulcano figure dans le hors-série «L’Ile de Vulcano» dont je suis l’auteur et qui a été édité par L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.).

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During the summer of 2021, and in particular from September, the INGV monitoring systems revealed the variation of certain geophysical and geochemical parameters recorded at Vulcano (Aeolian Islands), in particular those linked to the activity of the hydrothermal system which feeds the fumaroles in the crater of La Fossa.
The temperature of the gases emitted by the fumaroles on the crater rim has increased and the composition of the gases shows an increase in CO2 and SO2. Local micro-seismicity linked to the dynamics of the fumarole system has also shown an increase in recent weeks.
As a result, INGV has reinforced the existing monitoring and surveillance networks to better control the development of this situation. New seismic stations have been installed to complement existing ones on the island. The Institute also plans to install a thermal camera covering the fumarolic area of the crater. In addition, the INGV Palermo section recently activated 4 new stations at Vulcano Porto to measure the CO2 flux on the ground and the CO2 concentration in the air.
Following the changes described above, the Department of Civil Protection has ordered the alert level to be changed from Green to Yellow for the island of Vulcano.

This is not the first time that a rise in temperature has been recorded in the crater of La Fossa in Vulcano. In the 1990s, while I was carrying out a measurement campaign on the island, there was a sharp rise in the temperature of the fumaroles (around 700 ° C). It was almost the temperature of magmatic gases. The rumour even said that incandescence was visible at night inside the fissures that run along the sides of the crater, which was probably incorrect. I visited the area twice at night without seeing anything abnormal. According to Franco Sortino, who was on site with other scientists from the Palermo Fluid Institute, the rise in temperature in the crater was due to the presence of a diapir, inamely theascent of lighter magma through denser rocks.
The variations in volcanic parameters at Vulcano should not be taken lightly because the last eruption of the volcano took place in 1888, that is to say a few minutes ago on the geological scale. You can read a note above about this eruption.
Carbon dioxide should not be taken lightly in Vulcano either. I explained it in 2015 in the note above.
A summary of the work I have carried out at Vulcano appears in the special issue « The Island of Vulcano » which was published by the European Volcanological Association (L.A.V.E.).

Emissions gazeuses dans le cratère de La Fossa

Emissions de CO2 sur le rivage de Vulcano

Photos : C. Grandpey

Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile): L’éruption de 1888

Il y a quelque temps, mon ami sicilien Santo Scalia a mis en ligne sur Facebook un excellent article qui décrit la dernière éruption à Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile) en 1888.

http://ilvulcanico.it/lultima-eruzione-di-vulcano-131-anni-fa/?fbclid=IwAR1v9HbC87XadkkSmdKc5SwiLqPnyVLRBLXgMRaH9ryitg1ZrXC10waJD

Comme le fait remarquer très justement Santo, le Vulcano n’est pas le volcan italien le plus populaire. Aux yeux des touristes, il est devancé par le Vésuve, l’Etna, le Stromboli, voire les Champs Phlégréens. La Fossa di Vulcano est pourtant un site volcanique très intéressant sur lequel j’ai effectué des recherches dans les années 1990. Les résultats de mon travail ont fait l’objet d’un mémoire que l’on peut se procurer auprès de L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.).

Il y a 131 ans, dans la nuit du 2 au 3 août 1888, le Vulcano s’est réveillé, avec des grondements accompagnés de séismes, tandis qu’un épais panache de gaz et de cendre traversé par des éclairs s’élevait au-dessus du cratère, avec des retombées de matériaux sur toute l’île.  

On trouve une très intéressante description de l’éruption dans un ouvrage intitulé L’eruzione di Vulcano del 1888-1890 nelle Isole Eolie, publié par Guglielmo Manitta en 2018.

On y apprend que les anciens Grecs appelaient l’île Ἰερά – sacrée – car c’était pour eux le siège de l’atelier du dieu Héphaïstos, le Vulcain des Romains. Les éruptions du volcan sont connues depuis l’Antiquité. Thucydide (au 5ème siècle av. J.-C.), Aristote, Théophraste, Callias en font état dans leurs écrits.

Pline explique que peu de temps avant son époque, au milieu des îles Éoliennes, une nouvelle île était née et que la troisième année de la 163ème Olympiade – c’est-à-dire en 126 avand J.C. – une autre était apparue.
On ne sait que peu de choses sur les siècles du premier millénaire. Au 7ème siècle, l’abbé irlandais San Adamnàn écrivit un ouvrage intitulé De Locis Sanctis (Les Lieux Saints) dans lequel, citant le témoignage de l’évêque français Arculf, il parlait d’une activité éruptive du volcan.
Vers 943, des voyageurs arabes ont  mentionné l’île de Vulcano. Par exemple, Al-Masûdî, originaire de Bagdad, a écrit une œuvre intitulée Murûg ad-dahab dans laquelle il mentionne le «Gabal al burkân (Mont de Vulcano) qui jette le feu, en même temps que [d’autres] matériaux et de grands corps. […] L’île nommée «al-Burkân» est l’atîmah (le cratère) qui projette des «corps enflammés ressemblant à des hommes sans tête» (sic!).

Un historien originaire de Sciacca nous apprend que Thermessa (ou Therasia), autre nom sous lequel était connue l’île de Vulcano dans le passé, connaissait de l’activité volcanique en 1444. Il explique aussi que l’île de Vulcanello – qui s’est formée au deuxième siècle avant notre ère et qui était à l’origine séparée de Vulcano par une étroite bande de mer navigable – était déjà raccordée à sa voisine au 15ème siècle.
Au moins huit autres épisodes éruptifs se sont produits aux seizième, dix-septième et dix-huitième siècles. Au dix-neuvième siècle, certaines phases d’activité fumerolienne plus intenses ont été observées. Elles ont abouti à l’éruption qui a duré d’août 1888 à mars 1890.

Les autorités romaines ont envoyé Orazio Silvestri (professeur de géologie et de minéralogie à l’Université de Catane) et Giuseppe Mercalli (alors professeur de vulcanologie et de sismologie à l’Université de Naples) étudier cette éruption. En collaboration avec Giulio Grablovitz (directeur de l’observatoire de Casamicciola à Ischia) et de Clerici, chef des ingénieurs civils de Messine, ils ont rédigé un ouvrage intitulé Le eruzioni dell’Isola di Vulcano, incominciate il 3 agosto 1888 e terminate il 22 marzo 1890.

Au cours de cette dernière éruption, l’activité du cratère – baptisé la Fossa – a consisté en de puissantes émissions de cendres, de scories et de bombes à quelques heures d’intervalle. Elle était si caractéristique que l’on a donné le nom d’ « éruption vulcanienne » à des manifestations d’activité éruptive similaire sur d’autres volcans de la planète.

Pendant l’éruption (qui a duré 19 mois et autant de jours), on a observé deux phases séparées par quelques semaines de calme absolu: une première phase, caractérisée par une activité plus intense, a duré environ trois jours, du 3 au 5 août.1888; la seconde, à partir du 18 du même mois, s’est terminée le 22 mars 1890 et a présenté une activité plus modérée, avec de brèves périodes de calme.
À la fin de l’éruption, Émile Chaix (alors professeur de géographie générale et de géographie physique à Genève) a photographié l’intérieur du cratère qui était toujours en train de fumer.
Aujourd’hui, Vulcano ne présente plus qu’une activité fumerollienne – avec de très belles concrétions de soufre – plus intense le long de certaines fractures qui parcourent la lèvre sud-ouest du cratère. Dans les années 1990, quand j’ai effectué mon travail d’observation, leur température oscillait entre 300e et 400°C.

Au moment de la dernière éruption, l’île était peu habitée. Une colonie de détenus était également présente ; ces hommes purgeaient leurs peines en extrayant du soufre et de l’alun. L’entrée de ces mines est encore visible, mais il est dangereux de s’y aventurer.
Ces activités ont été fortement compromises suite à l’éruption de la fin du 19ème siècle. De gros blocs ont atteint la zone de plaine autour du port où des maisons et des installations d’extraction ont été endommagées.

Photo prise par Orazio Silvestri et montrant l’éruption le 20 août 1888 (Source :Libreria Trippini Sergio)

Bombe « en croûte de pain » projetée par la dernière éruption

Vue du cratère de la Fossa aujourd’hui

Fumerolles sur la lèvre du cratère

 Concrétion de soufre dans le cratère

 Entrée d’une galerie d’extraction de l’alun

                                                                  Vulcanello

(Photos: C. Grandpey)

 

L’hydrogène sulfuré (H2S) // Hydrogen sulfide (H2S)

L’hydrogène sulfuré (H2S) est un gaz très répandu en milieu volcanique et facilement reconnaissable avec son odeur d’œuf pourri. Sur le site Internet du Ministère du travail, on apprend qu’il se dégage des matières organiques en décomposition ou lors de l’utilisation du soufre et des sulfures dans l’industrie chimique. Étant plus lourd que l’air, il s’accumule dans les parties basses non ventilées…

Par leur profession, les personnes les plus touchées par l’hydrogène sulfuré sont, entre autres, les égoutiers, puisatiers, vidangeurs, ou encore les salariés des stations d’épuration.

L’hydrogène sulfuré est un gaz toxique qui pénètre par les voies respiratoires. Compte tenu de son caractère insidieux, l’exposition à ce gaz revêt souvent un caractère accidentel qui peut être fatal. Il peut être la cause d’intoxications aiguës accompagnées de troubles respiratoires, irritations oculaires, conjonctivites, vertiges, céphalées, œdème aigu du poumon, et pertes de connaissance. La mort peut être très rapide en cas de fortes inhalations (> 1000 ppm)

En conséquence, le Ministère du travail recommande une information et une formation régulière des salariés sur les risques encourus, en particulier sur les conditions d’exposition accidentelle, et sur les moyens de s’en prémunir. Il est recommandé d’utiliser des détecteurs de gaz fixes ou portatifs qui permettent d’avertir les salariés lorsque les seuils d’alerte sont atteints.

Il y a quelques semaines, j’ai écrit des notes à propos des problèmes occasionnés par les sargasses aux Antilles et en particulier à la Martinique où je me suis rendu en mars et août 2018. J’expliquais que cet afflux d’algues était une conséquence du réchauffement climatique et de la hausse de température des océans. Les conséquences de leur décomposition sur le littoral sont multiples et affectent plusieurs domaines. Les nuisances sont un problème pour les populations résidant sur les littoraux. L’hydrogène sulfuré attaque les peintures des maisons, ainsi que le matériel électronique et électrique. Plus grave, il y a des conséquences sanitaires. Beaucoup de personnes souffrent de vertiges. D’autres affections incluent des troubles respiratoires, des irritations oculaires, ainsi que des céphalées pouvant entraîner des pertes de connaissance.
En dehors de ces risques sanitaires qui touchent les populations locales, les conséquences sur le tourisme ne sont pas à négliger,de même que pour toutes les activités liées au tourisme (restauration en bord de mer, sports en mer, etc..). Par ailleurs, les conséquences sur la flore et la faune marine sont à prendre en compte. Si la masse d’algues est trop importante, elle étouffe toute vie marine car elle empêche le soleil d’entrer, et provoque des déserts marins. Elle pourrait donc affecter durablement la pêche en Martinique qui souffre déjà du problème de la pollution au chlordécone, un insecticide, utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe et qui a empoisonné pour des siècles les écosystèmes antillais.

Ces derniers jours, une visiteuse de mon blog (âgée de 58 ans et en bonne forme physique) m’a fait part d’un problème de santé qu’elle a eu suite à la fréquentation des bains de boue sur l’île de Vulcano, dans les Eoliennes. Après s’être enduite de boue, elle est allée se rincer dans la mer, comme le font la plupart des touristes. Elle a rejoint deux amies autour des jacuzzi créés par les émissions de gaz (dont le CO2) près du littoral. C’est à ce moment qu’elle a commencé à faire un malaise, avec difficultés respiratoires, yeux  exorbités et perte d’audition. Elle a a pu alerter une amie qui l’a évacuée du lieu. Selon elle, « on imagine vite ce qui me serait arrivé sans son intervention : noyade après évanouissement. »

Comme je lui ai expliqué à cette personne, elle a fait une réaction aiguë à l’hydrogène sulfuré inhalé dans les bains de boue qui possèdent aussi des vertus thérapeutiques, en particulier pour les maladies de peau. Il y a quelques années, j’ai rédigé un mémoire pour le compte de L’Association Volcanologique Européenne où j’expliquais les propriétés de ces boues. Le problème, c’est que les panneaux n’avertissent pas suffisamment des risques d’une exposition trop longue au gaz et des accidents de ce type ont été recensés à plusieurs reprises.

A Vulcano, il faut également se méfier du dioxyde de soufre (SO2) qui est contenu dans les fumerolles du cratère. Un jour, j’ai dû redescendre sur mes épaules une jeune Hollandaise victime d’une violente crise d’asthme.

L’hydrogène sulfuré et le dioxyde de soufre sont des gaz odorants mais en milieu volcanique, il faut aussi se méfier du gaz carbonique (CO2) qui, à Vulcano, s’échappe en faible quantité des jacuzzi en bordure de plage. Comme il y a toujours du vent, il se disperse vite et ne présente pas de danger réel. Ce n’est pas le CO2 qui a pu provoquer une réaction aussi aiguë chez cette personne. Son entourage aurait été incommodé lui aussi.

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Hydrogen sulfide (H2S) is a very common gas in a volcanic environment and easily recognizable with its rotten egg smell. We can read on the website of the French Ministry of Labor, that H2S is coming out of the decomposing organic matter or the use of sulfur and sulphides in the chemical industry. Being heavier than air, it accumulates in unventilated low parts …
By their profession, the people most affected by hydrogen sulphide are, among others, the sewers, diggers, drainers, or employees of sewage treatment plants.
Hydrogen sulphide is a toxic gas that enters through the respiratory tract. Given its insidious nature, exposure to this gas is often accidental and can be fatal. It can be the cause of acute intoxications accompanied by respiratory disorders, eye irritations, conjunctivitis, vertigo, headache, acute pulmonary edema, and unconsciousness. Death can be very fast in case of strong inhalations (> 1000 ppm)
Consequently, the Ministry of Labor recommends regular information and training of employees on the risks involved, in particular on the conditions of accidental exposure, and on the means of guarding them. It is recommended that fixed or portable gas detectors be used to warn employees when alert thresholds are reached.

A few weeks ago, I wrote posts about the problems caused by sargassum in the West Indies and especially Martinique that I visited in March and August 2018. I explained that this influx of seaweed was a as a result of global warming and rising ocean temperatures. The consequences of their decomposition on the coastline are multiple and affect several areas. Nuisance is a problem for people living on the coast. Hydrogen sulphide attacks homes’ paints, as well as electronic and electrical equipment. More serious, there are health consequences. Many people suffer from vertigo. Other conditions include breathing problems, eye irritations, and headaches that can lead to unconsciousness.
Apart from these health risks that affect the local population, the consequences for tourism are not to be neglected, as for all activities related to tourism (catering by the sea, sports at sea, etc. ..). In addition, the consequences on marine flora and fauna must be taken into account. If the mass of algae is too large, it stifles all marine life because it prevents the sun from entering, and causes marine deserts. It could therefore have a lasting effect on fishing in Martinique, which is already suffering from the problem of pollution with Chlordecone, an insecticide used for over twenty years in banana plantations in Martinique and Guadeloupe, which has poisoned Antillean ecosystems for centuries.

In recent days, a visitor to my blog (58 years old and in good physical shape) told me about a health problem she encountered after attending the mud baths on the island of Vulcano , in the Aeolians. After being dirty with the mud, she went to rinse in the sea, as most tourists do. She joined two friends around the jacuzzi created by the gas emissions (including CO2) near the coast. It was at this moment that she began to feel unwell, with difficulty breathing, eyes bulging and hearing loss. She was able to alert a friend who evacuated her from the place. She said: « We can quickly imagine what would have happened to me without this help: drowning after fainting.  »
As I explained to this person, she made an acute reaction to inhaled hydrogen sulphide in the mud baths which also possess therapeutic virtues, especially for skin diseases. A few years ago, I wrote a memoir on behalf of the European Volcanological Association where I explained the properties of these muds. The problem is that the panels do not warn enough of the risks of too long exposure to gas and accidents of this type have been identified several times.
In Vulcano, one must also be wary of sulfur dioxide (SO2) which is contained in the fumaroles of the crater. One day, I had to bring down on my shoulders a young Dutch girl who was suffering from a violent asthma attack.
Hydrogen sulphide and sulfur dioxide are odorous gases but in volcanic environment, one must also be wary of carbon dioxide (CO2) which, in Vulcano, comes out in a small amount of the jacuzzis at the edge of the beach. As there is always wind, it disperses quickly and presents no real danger. It was not CO2 that could cause such an acute reaction in this person. The people around her would have been bothered too.

L’invasion de sargasses à la Martinique

Bains de boue et ‘jacuzzi’ sur l’île de Vulcano

Emissions gazeuses dans le cratère de la Fossa di Vulcano

(Photos: C. Grandpey)