Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : ….et le canard était toujours vivant !*

On pensait que l’éruption du Piton de la Fournaise vivait ses dernières heures car le tremor montrait un déclin régulier. Or, depuis le 20 mai 2021, la tendance s’est inversée et la courbe est reparti à la hausse, signe que l’éruption n’a pas dit son dernier mot. Le 22 mai, il semblait se stabiliser, mais personne ne sait comment évoluera la situation.

Ce dimanche 23 mai 2021, il semble toutefois que l’on se dirige vers la fin de cette éruption car le tremor montre une chute qui pourrait être définitive (voir ci-dessous).

Ce sursaut d’énergie n’est pas vraiment une surprise car on a assisté ces dernières semaines à une reprise de l’inflation de l’édifice volcanique, ainsi qu’à une hausse des émissions de CO2 au sol autour du volcan. C’est le signe que du magma continuait à arriver dans la chambre superficielle.

L’éruption n’est pas vraiment spectaculaire car la lave se déplace essentiellement en tunnels et sa progression est très lente dans les Grandes Pentes. Sa présence à la source est surtout marquée par le dégazage des cônes éruptifs.

L’Enclos reste interdit d’accès.

Source : OVPF.

* La chasse au canard (Robert Lamoureux).

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Les Réunionnais se plaignent de ne pas être traités comme les Antilles à propos de la Covid-19.

Réunion et Mayotte.

Le 9 juin, les motifs impérieux pour les voyageurs vaccinés seront levés au départ et vers l’Hexagone. Un test PCR négatif de moins de 72h avant le départ continuera à être exigé, dans les deux sens. Les voyageurs en provenance et à destination de La Réunion et Mayotte s’engageront également à un auto-isolement de sept jours à l’issue duquel ils devront être testés négatifs, qu’ils soient vaccinés ou non.

 

Antilles.

Après le 9 juin pour la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin, un test PCR négatif de moins de 72h avant le départ sera toujours exigé au départ de l’Hexagone. Seuls les voyageurs non vaccinés devront s’engager à un auto-isolement de 7 jours à l’issue duquel ils devront être testés négatifs.

Source : OVPF

Nyiragongo….ou Nyiamuragira ?

Il semble régner une certaine confusion en RDC quant à l’origine de la lueur visible dans le ciel depuis la ville de Goma. Au début, les dépêches de presse faisaient état d’une éruption du Nyiragongo. Au final, il semblerait que ce soit le Nyiamuragira qui serait entré en éruption. J’utilise le conditionnel car l’information demande confirmation.

Le Nyiamuragira serait entré en éruption vers 19 heures (heure locale). La lave aurait recouvert la route entre Goma et Beni.

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There seems to be some confusion in the DRC about the origin of the red glow that could be seen in the sky from the city of Goma. At the beginning, press reports said it was caused by an eruption of Nyiragongo. Actually, it seems Nyiamuragira did erupt. One should use the conditional as the piece of news needs to be confirmed.

Nyimuragira is said to have erupted around 19:00 (local time). Lava is also said to lave invaded the highway between Goma and Beni.

Eruption du Nyiamuragira en 2014 (Source : Wikipedia)

Eruption du Nyiragongo (République Démocratique du Congo) // Eruption of Nyiragongo Volcano (Democratic Republic of Congo)

Selon une dépêche de l’agence Reuters, le Nyiragongo (République Démocratique du Congo) est entré en éruption le 22 mai 2021. Pris de panique, des dizaines d’habitants de Goma ont fui vers le Rwanda voisin. Pourtant, la ville ne semble pas être sous la menace de la lave qui semble couler vers l’est, en direction de la frontière rwandaise. Une forte lueur rouge est apparue dans le ciel au-dessus du volcan et une odeur de soufre avait envahi la ville. .

La dernière éruption du Nyiragongo a eu lieu en 2002. 45 personnes sont mortes et entre 60 000 et 80 000 se sont retrouvées sans abri après que la lave ait envahi Goma.

Certains observateurs craignent que l’activité du Nyiragongo ces cinq dernières années ressemble à celle qui a précédé les éruptions de 1977 et 2002. Les volcanologues de l’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) ont des problèmes pour contrôler l’activité du Nyiragongo depuis que la Banque Mondiale a arrêté de financer la structure suite à des allégations de détournement de fonds.

Source: Reuters.

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According to a report from thre Reuters press agency, Mount Nyiragongo (Democratic Republic of Congo) erupted on May 22nd, 2021, sending panicked residents of the nearby city of Goma fleeing toward Rwanda, although the city did not appear to be in danger as lava appeared to be flowing east in the direction of the Rwandan border. However, a strong glow could be seen in the sky above the volcano and there was a smell of sulphur in the city. .

Nyiragongo last erupted in 2002, killing 250 people and making 120,000 people homeless after the lava flowed into Goma.

Observers of the volcano have been worried that the volcanic activity in the last five years at Nyiragongo mirrors that in the years preceding eruptions in 1977 and 2002. Volcanologists at the Goma Volcano Observatory (OVG) have struggled to make basic checks since the World Bank cut funding amid embezzlement allegations.

Source: Reuters.

Crédit photo : Wikipedia

Islande: la lave fera-t-elle le mur ? // Iceland: will lava climb the wall ?

Depuis plusieurs jours, des bulldozers construisent une digue pour empêcher la lave de se diriger vers la Suðurstrandarvegur. Le mur sera-t-il efficace? Personne ne sait, mais ce n’est pas sûr. Les images des webcams montrent que l’activité du cône sur la fissure n° 5 est toujours intense et on peut voir que la lave continue d’avancer avec un débit soutenu dans la vallée.

Selon les dernières informations fournies par l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande, le volume de lave émise a atteint 38,3 millions de mètres cubes et la superficie u champ de lave est de 2,06 kilomètres carrés. Le débit éruptif est de 10,8 mètres cubes par seconde.

Le 20 mai 2021, une imposante rivière de lave s’accumulait juste derrière la partie orientale de la digue de protection. En conséquence, il a été décidé que le mur de protection récemment érigé dans la partie sud de la vallée de Meradalir devrait être rehaussé pour passer de quatre à huit mètres. Les travaux devraient être terminés dans les dix prochains jours. Il n’est pas prévu de surélever la digue de plus de huit mètres ou de recourir à d’autres mesures si celle-ci est un échec. Une autre solution pourrait être de construire des remparts plus en aval, mais aucune décision de la sorte n’a été évoquée pour le moment. La construction de la digue de terre n’est pas du goût de tout le monde. Les écologistes islandais critiquent cette initiative qui porte atteinte à la Nature tandis que certains scientifiques pensent qu’elle est inutile.

Les autorités locales expliquent que la digue de terre n’est pas destinée à arrêter la lave, mais à la ralentir. « Il s’agit de gagner du temps, de tester et de voir quelles mesures prendre à l’avenir, au cas où une localité devrait être évacuée. En procédant ainsi, les autorités obtiennent des informations utiles sur la façon de procéder si [la lave] s’approche des zones habitées. » De plus, un câble a été placé sous le mur pour voir comment la chaleur se propage à l’intérieur de la terre et si elle affecte le câble.

Source: Iceland Monitor.

Ce n’est pas la première fois que les hommes essaient d’arrêter ou de détourner une coulée de lave. Ils ont essayé de le faire dès 1669 lors d’une éruption de l’Etna (Sicile) menaçait la ville de Catane. Des tentatives de détournement de coulées de lave sur le Mauna Loa (Hawaii) ont été effectuées en bombardant une coulée en 1935 et 1942. Le premier détournement de lave réussi a eu lieu en 1973 sur l’île de Heimaey (Islande) quand une coulée de lave a’a a pu être stoppée et un port sauvé en envoyant d’importantes quantités d’eau de mer sur la coulée de lave.

Lors de l’éruption de l’Etna en 1983, des scientifiques ont réussi, pour la première fois, à utiliser des explosifs pour détourner une importante coulée de lave. Ces efforts ont été couronnés de succès mais ont posé un problème juridique. Comme me l’a expliqué H. Tazieff un jour, « sommes-nous autorisés à envoyer la lave sur une terre qui serait autrement épargnée? »

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For several days, bulldozers have built a wall to try to prevent lava fro travelling toward the Suðurstrandarvegur road. Will the wall prove efficient? Nobody knows but it is not sure. The webcam images show that activity at the cone on fissure n°5 is still intense and one can see that lava is still travelling profusely down the valley.

According to the latest information from the Institute of Earth Sciences at the University of Iceland, the volume of emitted lava has reached 38.3 million cubic metres, and the lava area is 2.06 square kilometres. The lava discharge is 10.8 cubic metres per second.

On May 20th, 2021, a huge lava river was accumulating just behind the eastern protective wall. As a result, it was decided that the protective walls recently built on the south side of Meradalir valley should be raised from four metres to eight. The work should be completed within ten days. There are no plans to raise the walls beyond eight metres or resort to other measures if this proves not to work. Another solution might be to build walls farther down the hill, but not such decision has been taken yet. The building of the wall is not appreciated by everybody. Environmentalists say it is spoiling Nature while some scientists think it is useless.

Local authorities stress that the wall is not intended to stop the lava stream. It is designed to slow it down. They say that “it’s all about buying time, testing and planning for the future, in case a community should need to be evacuated This way, we obtain useful information about how this can be used if [the lava] approaches inhabited areas.” Moreover, a cable has been places underneath the wall to see how heat is conducted through the earth and whether it affects the cable.

Source: Iceland Monitor.

This is not the first time men have tried to stop or divert a lava flow. They tried to do it as early s 1669 during an eruption on Mt Etna (Sicily) when the city of Catania was under threat. Attempts to divert lava flows from Mauna Loa Volcano on the island of Hawaii by aerial bombing were made in 1935 and 1942.

The first successful lava diversion took place in 1973 on the island of Heimaey (Iceland), when a thick lava flow was impeded and a harbour saved by pumping massive quantities of seawater over advancing aa lava.

During the 1983 eruption of Etna, Italian scientists managed, for the first time, to use explosives to divert a major lava flow. These efforts were fairly successful, although they posed a legal problem. As Haroun Tazieff told me one day, “are we allowed to send lava on a land that would otherwise be spared?”

Crédit photo : mbl.is/Unnur Freyja