Dernières nouvelles d’Islande // Latest news from Iceland

20 novembre 2023 – 18 heures. La carte ci-dessous montre parfaitement la ligne de cratères de Sundhnúkar et l’Hagafell qui se trouvent à l’aplomb de l’intrusion magmatique qui se poursuit sous la bourgade de Grindavik.

La situation est restée stable aujourd’hui, avec une sismicité toujours soutenue (700 séismes depuis minuit),avec une magnitude maximale de M 2,7.

Le dernier interférogramme de l’intrusion magmatique pour les 18 et 19 novembre montre un soulèvement crustal important à proximité de Svartsengi. Ce soulèvement est plus rapide qu’auparavant. Toutefois, tant qu’il n’y aura pas de sismicité significative dans la région du Svartsengi,la probabilité d’éruption à cet endroit restera faible. Pour qu’une éruption se produise, il faudrait qu’il y ait un afflux soudain et important de magma dans l’intrusion.

Source : Met Office.

Interférogramme du 18-19 novembre. On voit clairement en orange-rouge le soulèvement dans le secteur de Svartsengi. L’inflation a sa source en profondeur, à plus de 5 km. (Source: Met Office)

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En ce qui concerne l’évacuation de Grindavik, il n’y aura pas de scolarité obligatoire pour les enfants, mais ils auront la possibilité d’aller à l’école. Des dispositions sont actuellement prises avec l’aide des localités voisines.
Les enfants de Grindavík se verront proposer deux options : fréquenter l’école dans la localité où réside actuellement leur famille, ou fréquenter l’une des nombreuses « écoles de groupe » de Reykjavík.
Source  : Iceland Review.

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November 20th, 2023 – 6 p.m. The map below perfectly shows the line of craters of Sundhnúkar and Hagafell which are located directly above the magma intrusion which continues under the town of Grindavik.
The situation remained stable today, with seismicity still sustained (700 earthquakes since midnight), with a maximum magnitude of M 2.7.
The latest interferogram about the magma intrusion for November 18th-19th shows significant crustal uplift near Svartsengi. This uplift is faster than before. However, as long as there is no significant seismicity in the Svartsengi area, the probability of an eruption will remain low. For an eruption to occur, there should be a sudden and significant influx of magma into the intrusion.
Source: Met Office.

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As far as the evacuation of Grindavik is concerned, there is to be no compulsory schooling for the children, though they will be provided with the opportunity to attend school. Arrangements are currently being made with the assistance of neighbouring communities.

The children of Grindavík will be presented with two main options: attending school in the community where their family currently resides or attending one of several “group schools” throughout Reykjavík.

Source : Iceland Review.

Islande : rien de vraiment nouveau et toute prévision reste impossible // Iceland : nothing really new and predictions are still impossible

À écouter les volcanologues islandais, il est clair que personne ne sait comment la situation va évoluer sur la péninsule de Reykjanes. Un scientifique islandais déclarait il y a quelques jours qu’« aucun pronostic ne peut être fait ». La sismicité est assez faible en intensité (la plupart des événements sont inférieurs à M 1,5) et stable (1 500 à 2 000 événements par jour) depuis le 12 novembre 2023.
Un autre volcanologue islandais a indiqué le 19 novembre que le sol autour de la centrale électrique de Svartsengi s’élevait environ 5,5 fois plus vite qu’avant l’essaim sismique qui a commencé le 10 novembre. « L’afflux de magma est également environ dix fois plus rapide. Il était d’environ 5 à 7 mètres cubes par seconde ; il est maintenant d’environ 50 mètres cubes par seconde. » Selon le scientifique, la chambre de stockage se trouve à une profondeur de 4,5 kilomètres [NDLR  : cela correspond aux hypocentres des séismes actuels], « ce qui est 8 à 10 fois plus haut qu’avant le 10 novembre. . » Le volcanologue ajoute que « ce qui se passera ensuite est difficile à dire. Nous pourrions avoir une éruption, une reprise d’activité semblable à celle du 10 novembre ou quelque chose de complètement nouveau. […] Je pense que la probabilité d’une éruption dans la partie nord de la ligne de cratères de Sundhnúkar augmente chaque jour. La probabilité d’une éruption dans ce secteur augmente en raison du soulèvement du sol dans cette zone. » Autrement dit, aucune prévision fiable ne peut être faite et les 3500 habitants de Grindavik ne savent pas de quoi demain sera fait…
Source : Iceland Monitor.

Cela fait près d’un mois que nous entendons parler d’une éruption « imminente »… et aucune éruption ne s’est encore produite !! La situation actuelle montre bien les limites de la prévision volcanique. Cette dernière est très simple (et toutes sortes de prévisions sont possibles) pour peu que l’activité se situe dans une zone désertique. Mais lorsqu’il s’agit de zones habitées comme Grindavik ou lorsque l’activité est proche d’une infrastructure comme la centrale électrique de Svartsengi, la prévision prend une autre dimension et nous sommes aux abois.

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Listening to Icelandic volcanologists, it is clear that nobody knows how the situation will evolve on the Reykjanes Peninsula. An Icelandic volcanologist said a few days ago that « no prognosis can be made ». Seismicity has been quite low in intensity (most events below M 1.5 ) and stable (1,500-2,000 events each day) since November 12th, 2023.

Another Icelandic volcanologist indicated on November 19th that the land around the Svartsengi power plant was rising about 5.5 times faster than it did before the earthquake swarm that started on November 10th. « The magma inflow is also about ten times faster. It was about 5 to 7 cubic metres per second, but now it is about 50 cubic metres per second. » According to the scientist, the storage chamber, is at a depth of 4.5 kilometres [NDLR : this is the depth of the hypocenters of the current earthquakes], « which is 8 to 10 times higher than what people were talking about before November 10th. » The volcanologist says that « what happens then, it’s hard to tell. We might get an eruption, we might have a re-run of the activitites that happened on November 10th or just something completely new. […] I think the likelihood of an eruption in the northern part of the Sundhnúkar crater row is increasing every day. I think the likelihood of an eruption there is increasing because of the land rise in that area. » In other words, no prediction can be made and the 3,500 residents of Grindavik do not know what tomorrow will bring…

Source : Iceland Monitor.

We’ve been hearing about an « imminent » or « impending » eruption for nearly a month now…and no eruption has occurred yet!! The current situation does show the limits of volcanic prediction. Prediction is very easy (and all sorts of predictions are possible) as long as activity is located in a desert area. But when it comes to populated areas like Grindavik or when activity is close to infrastructure like the Svartsengi power plant, prediction takes another dimension, and we are at a loss.

La sismicité reste stable et de moindre intensité sur la péninsule de Reykjanes (Source: Met Office).

Dernières nouvelles du Mauna Loa (Hawaii) // Latest news of Mauna Loa (Hawaii)

Aucune activité éruptive n’est observée sur le Kilauea ces jours-ci, de sorte que l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a tout le temps de se consacrer à l’observation des autres volcans de l’archipel. Un récent article « Volcano Watch » était consacré au Mauna Loa, dont la dernière éruption s’est déroulée du 27 novembre au 10 décembre 2022.

Photo: C. Grandpey

Le Mauna Loa est calme depuis la fin de la dernière éruption, mais une légère augmentation de l’activité sismique fin octobre 2023 nous rappelle que nous avons affaire à un volcan actif.
L’événement de 2022 est intéressant car il s’est produit après une période de 38 ans de repos, la plus longue des deux derniers siècles. Comme la plupart des éruptions du Mauna Loa, celle de 2022 a commencé dans la Moku’āweoweo, la caldeira sommitale. En quelques heures, l’activité a migré vers la zone du rift nord-est, avec des coulées de lave qui ont majoritairement pris une direction nord/nord-est et sont arrivées à moins de 3 km de la Saddle Road.

Caldeira sommitale (Photos: HVO, C. Grandpey)

Suite à l’éruption de 2022, le Mauna Loa a rapidement commencé à connaître une phase d’inflation indiquant que du magma continuait d’alimenter la chambre magmatique, un phénomène déjà observé dans le passé. Cependant, l’inflation a diminué, même si elle reste relativement élevée aujourd’hui.

Vues de l’éruption de 2022 (Crédit photo: USGS / HVO)

Les dernières observations sismiques effectuées le mois dernier révèlent de fréquents signaux associés au mouvement du magma, à des profondeurs de 40 à 60 km sous la caldeira sommitale, avec quelques événements plus superficiels. Ces observations ne sont pas, elles non plus, sans précédent car des signaux similaires se sont produits en 2002 et 2004.
Ces derniers jours, le nombre d’événements sismiques a diminué sur le Mauna Loa, mais la déformation du sol reste significative. Si l’activité sismique du Mauna Loa devait s’intensifier, avec une hausse de la déformation du sol, cela pourrait indiquer une nouvelle période d’activité volcanique.
Les éruptions du Mauna Loa ont une durée variable. L’éruption sommitale de 1949 a duré près de cinq mois. Elle a été suivie d’une éruption dans la zone de rift sud-ouest en 1950 ; elle a duré plusieurs semaines, avec des coulées de lave qui ont rapidement descendu les pentes abruptes au sud de Kona avant de pénétrer dans l’océan quelques heures après le début de l’éruption.

Nos connaissances actuelles en volcanologie ne permettent pas de savoir comment le Mauna Loa se comportera lors de la prochaine éruption. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : bien que le niveau d’alerte du Mauna Loa soit Normal et la couleur de l’alerte aérienne soit Verte depuis l’éruption de 2022, le volcan reste actif et entrera en éruption à nouveau dans les prochaines années
Source : USGS/HVO.

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Kilauea Volcano is not erupting these days, so that the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) has plenty of time to observe the other volcanoes of the archipalago. A recent ‘Volcano Watch’ article was dedicated to Mauna Loa which last erupted from November 27th to December 10th, 2022.

Mauna Loa has been mostly quiet since the end of the last eruption, but a small increase in seismic activity in late October 2023 reminds us that the volcano remains active.

The 2022 event was significant because it occurred after a 38-year noneruptive period, the longest one in the past two centuries. Like most Mauna Loa eruptions, the 2022 eruption started in Mokuʻāweoweo, the summit caldera. Within hours, activity moved into the Northeast Rift Zone, generating lava flows primarily in a north/northeast direction that crept to within 3 km of the Saddle Road.

Following the 2022 eruption, Mauna Loa quickly began to reinflate, indicating that magma continued to be supplied to the volcano’s magma chamber, a phenomenon that was already observed in the past. However, the inflation eventually declined though it remains relatively high.

New seismic observations during the past month include more frequent occurrences of signals associated with magma movement, at depths of 40 to 60 km beneath the summit caldera, with a few shallower events. These observations are also not unprecedented: similar signals occurred during 2002 and 2004.

In recent days, the number of seismic events has decreased on Mauna Loa, but the rate of ground deformation remains high. If Mauna Loa seismic activity becomes more persistent, together with elevated rates of ground deformation, this might herald a shift back into a period of unrest.

Mauna Loa eruptions have varied in duration. The 1949 summit eruption lasted nearly five months; this was soon followed by the 1950 Southwest Rift Zone eruption that lasted several weeks, generating lava flows that swiftly descended steep slopes in South Kona to enter the ocean within a few hours of the eruption onset. However, our current knoledge in volcanology does not allow to know how Mauna Loa will behave in the next eruption. Anyway, there is one sure thing : although Mauna Loa’s volcano alert level and aviation color code have remained at normal/green since the 2022 eruption, the volcano remains active and will erupt again in the future.

Source : USGS / HVO.

Décollage éruptif ! // Eruptive lift off !

Basée en Californie, Space Exploration Technologies Corp., communément appelé SpaceX, fabrique vaisseaux spatiaux. L’entreprise a été fondée en 2002 par Elon Musk dans le but de réduire les coûts des missions spatiales et de coloniser Mars.
La société développe Starship, un système de lancement entièrement réutilisable et prévu pour les vols spatiaux habités, interplanétaires et orbitaux. Lors de son premier lancement raté en avril 2023, la fusée était la plus grande et la plus puissante jamais vue sur un pas de tir
En effet, SpaceX dispose d’une puissance colossale pour envoyer Starship-Super Heavy dans l’espace. La fusée est si puissante que son premier lancement en avril 2023 a généré l’équivalent d’une éruption volcanique sur la plate-forme de lancement située en dessous de l’engin. Lorsque la fusée a décollé, elle a creusé un cratère géant dans la plate-forme et a projeté de la terre et du sable jusqu’à 8 kilomètres de distance. Les échantillons collectés ont montré que la puissance du décollage était comparable à une explosion volcanique. Les moteurs Raptor qui équipent la fusée ont émis tellement de chaleur et de pression que la plate-forme en béton s’est fissurée. Ensuite, les gaz se sont infiltrés dans ces fissures, ce qui a littéralement détruit la plate-forme de lancement. Il est admis que la pression qui s’est accumulée sous la plate-forme était égale à celle émise par un volcan et que la quantité de gaz mélangée aux matériaux rocheux était comparable à une éruption volcanique.
Ce premier lancement de Starship s’est finalement terminé avec l’explosion de la fusée proprement dite peu de temps après son décollage. Elle n’a jamais atteint l’espace. SpaceX a effectué une deuxième tentative de lancement le 18 novembre 2023 mais la fusée a finalement explosé au-dessus du Golfe du Mexique.
SpaceX a affirmé que la société avait apporté de très nombreux ajustements à la fusée depuis le premier échec de lancement. L’une de ces modifications concerne la plate-forme de lancement. Pour la rendre plus résistante à la pression exercée par les moteurs Raptor, la société a ajouté un « sandwich en acier refroidi à l’eau. » La nouvelle structure est équipée de deux épaisses plaques d’acier, ainsi que d’un système de refroidissement par eau qui fonctionne comme « une gigantesque pomme de douche à l’envers. » Le système projette de l’eau vers le haut pendant que la fusée est au-dessus de la plate-forme ; cela permet de contrecarrer l’énorme quantité de chaleur provenant du booster. La plate-forme est également renforcée à l’aide d’une énorme quantité de béton à haute résistance.
Elon Musk a estimé que Starship avait, dans cette nouvelle tentative, environ 60 % de chances d’atteindre l’espace. La copie est donc à relire.
Source  : Business Insider via Yahoo Actualités.

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Space Exploration Technologies Corp., commonly referred to as SpaceX, is an American spacecraft manufacturer headquartered in California. The company was founded in 2002 by Elon Musk with the goal of reducing space transportation costs and to colonize Mars.

The company is developing Starship, a reusable super heavy-lift launch system for interplanetary and orbital spaceflight. On its failed first flight in April 2023, it became the largest and most powerful rocket ever flown.

Indeed, SpaceX has an immense force on its hands to send Starship-Super Heavy into space. The rocket is so powerful that its first launch in April 2023 created the equivalent of a volcanic eruption in the launchpad beneath it. When the rocket lifted off, it blasted a giant hole in its launchpad and kicked up soil and sand that rained down up to 8 kilometers away. The collected samples showed that it was comparable to a volcanic explosion. The rocket’s array of Raptor engines blasted so much heat and pressure into the launchpad that the concrete pad cracked. Then gas plowed into those cracks and literally destroyed the launchpad. It is admitted that the pressure that was built up under the pad was equal to a volcano and the amount of gas mixed with the rocky material was comparable to a volcanic eruption.

That first Starship launch ultimately ended with the rocket itself exploding in mid-air. It never got close to the edge of space. SpaceX made a second launch attempt on November 18th, 2023, but the rocket ultimately exploded over the Gulf of Mexico.

SpaceX said the company had made thousands of adjustments to the rocket since that explosive first attempt. One of those upgrades was to the launchpad. To make it more resilient to the Raptor engines, the company has added a « water-cooled steel sandwich » to the pad. The new pad is fitted with two thick steel plates, as well as a water deluge system that operates like « a gigantic upside-down shower head. » The system blasts water upwards while the rocket is over the pad to counteract the massive amount of heat from the booster. The launchpad is also now reinforced with a huge quantity of high-strength concrete. As a consaquence, there should not be a repeat of the volcanic eruption under a launchpad.

Elon Musk had estimated that Starship had about a 60% chance of successfully reaching space this time. Hard luck ; they’ll have to do it again…

Source : Business Insider via Yahoo News.

Capture d’écran de la fusée après son décollage le 18 novembre 2023