Ça chauffe sur l’Ile de la Réunion ! // Things are getting heated on Reunion Island !

Le Journal de l’Ile de la Réunion a publié un article fort intéressant qui met bien en évidence la difficulté d’accès du public à un site éruptif actif. Pour le moment, l’Enclos Fouqué est fermé dès qu’une éruption débute. Pour permettre aux touristes et à la population locale d’admirer de plus près les éruptions du Piton de la Fournaise, une solution serait de les conduire en sécurité sous la houlette de guide compétents. Cela fait pas mal de temps que cette hypothèse est évoquée, mais le Préfet traîne les pieds. Aujourd’hui, les guides de montagne perdent patience et interpellent le Préfet pour qu’il donne son feu vert à l’accompagnement de touristes sur les sites éruptifs. Ils menacent de se mobiliser dans les prochains jours.

Depuis le 27 avril dernier, c’est à huis clos que se poursuit le spectacle de l’éruption du Piton de la Fournaise. Maintenu à bonne distance, le public doit toujours se contenter du point de vue depuis le Piton de Bert pour tenter d’apercevoir un peu de lave. La fermeture est même devenue totale : plus aucune accréditation n’est accordée par la Préfecture pour descendre dans l’Enclos Fouqué. C’est donc en douce, et avec le risque de ne pas être couverts en cas d’accident, que quelques passionnés se rendent au plus près de l’éruption. Sans eux, il n’y aurait pas d’images dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les journaux TV locaux et nationaux. Ces observations sont également utiles pour le travail scientifique de l’Observatoire Volcanologique.

Présenté comme l’atout touristique numéro un de La Réunion, le volcan est cadenassé à double tour. Selon les informations obtenues par le Journal de l’Ile, c’est en enjambant les grilles de l’Enclos qu’une équipe de la télévision espagnole a pu tourner la semaine dernière un reportage sur l’éruption. Diffusé en Espagne, il pourrait faire venir des touristes à la Réunion, mais il faudrait qu’ils puissent accéder au volcan !

Entre tout interdire et tout ouvrir, le Préfet avait ouvert une porte en se disant favorable à un accompagnement sécurisé, avec la reprise d’un projet initié dès 2010 par le Syndicat national des accompagnateurs en montagne. Dans la foulée, 47 accompagnateurs ont suivi une formation début 2017, financée par la Région, et se sont équipés en conséquence. L’investissement a été estimé en moyenne à 2 500 euros par professionnel. Une phase de test avait été mise en place lors de l’éruption de juillet 2017. La Préfecture avait jugé le projet «réaliste» mais ne pouvait totalement le valider car certains points restaient à améliorer notamment en matière de couverture radio. Deux nouvelles simulations concluantes ont été menées en mars 2018 et il ne manque plus que le feu vert de l’Etat. C’est la transmission avec la Préfecture qui est désormais au point mort.

Le lendemain du début de l’éruption actuelle, un mail a été envoyé à la Préfecture demandant l’autorisation d’enclencher le dispositif d’accompagnement. On attend toujours la réponse ! S’il fait toujours débat – il serait payant – le dispositif permettrait de conduire des groupes de 8 personnes dans l’Enclos, jusqu’à 80 personnes au maximum par rotation, à environ 200 mètres du site éruptif.

Depuis le début de l’éruption, les initiateurs du projet sont submergés d’appels de locaux et de touristes. Aujourd’hui, ils perdent patience. Faute d’avancées, ils promettent de passer à l’action dans les prochains jours.

L’interdiction d’accès au volcan a des répercussions jusqu’en métropole. Spécialisée dans l’organisation rapide de voyages « spécial éruption », l’agence Aventure et Volcans continuera de «boycotter La Réunion tant que l’accès au volcan ne sera pas autorisé, comme promis à de nombreuses reprises lors des différents salons du tourisme», écrit Tanguy de Saint-Cyr, son responsable, sur les réseaux sociaux. Cela ne manquera pas de réjouir Hawaï et d’autres destinations volcaniques à travers le monde.

Source : Journal de l’Ile.

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The Journal de l’Ile de la Réunion has published a very interesting article that highlights the difficulty of public access to an active eruptive site. For the moment, the Enclos Fouqué is closed as soon as an eruption begins. To allow tourists and the local population to have a closer look at the eruptions of Piton de la Fournaise, one solution would be to accompany them safely under the guidance of competent guides. It’s been a long time since this hypothesis has been mentioned, but the Préfet dragged his feet. Today, mountain guides are losing patience and call on the Préfet to give the go-ahead to accompany tourists on eruptive sites. They threaten to take action in the coming days.

Since April 27th 2018, the show of the eruption of Piton de la Fournaise is taking place in camera. Maintained at a safe distance, the public is only allowed to watch the eruption from Piton Bert in order to try to see a little lava. The closure has even become total: no more accreditation is granted by the Prefecture to go down in the Enclos Fouqué. It is therefore illegally, and with the risk of not being insured in case of accident, that some enthusiasts get closer to the eruption. Without them, there would be no images in the media, on social media, and in local and national TV news. These observations are also useful for the scientific work of the Volcano Observatory.
Presented as the number one tourist attraction of Reunion Island, the volcano is totally padlocked. According to information obtained by the Journal de l’Ile, a team of the Spanish television managed to get into the Enclos by climbing over the entrance gate last week and could make a report on the eruption. Broadcast in Spain, it could bring tourists to Reunion, but they would need to have access to the volcano!
Between prohibiting and opening everything, the Préfet had opened a door saying he was in favor of a secure accompaniment, with the resumption of a project initiated in 2010 by the National Union of Mountain Guides. In the wake of the Préfet’s words, 47 guides attended a training session in early 2017, funded by the Region, and got equipped accordingly. The investment was estimated at an average of 2,500 euros per guide. A test phase was set up during the eruption of July 2017. The Prefecture judged the project « realistic » but could not fully validate it because some points remained to be improved, in particular in terms of radio coverage. Two new successful simulations were conducted in March 2018 and only the green light of the State is missing.

The day after the start of the current eruption, an email was sent to the Prefecture requesting permission to activate the accompaniment. The guides are still waiting for the answer! If it is still controversial – tourists would have to pay – the project would lead groups of 8 people into the Enclos, up to 80 people maximum per rotation, about 200 metres from the eruptive site.
Since the beginning of the eruption, the initiators of the project have been overwhelmed by calls from locals and tourists. Today, they are losing patience. If nothing is done, they promise to take action in the coming days.
The ban on access to the volcano has repercussions as far as the metropolis. Specialized in the rapid organization of « special eruption » trips, the agency Aventure et Volcans will continue to « boycott Reunion Island as long as access to the volcano is not allowed, as was promised many times at various tourism fairs » , wrote Tanguy de Saint-Cyr, its manager, on social networks. This will delight Hawaii and other volcanic destinations around the world.
Source: Journal de l’Ile.

Frustration des touristes devant un spectacle qu’ils ne peuvent pas approcher (Crédit photo: Christian Holveck)

Vacances de Noël : Une seule destination : Bali ! // Let’s go to Bali for the Christmas holidays !

En Indonésie, le Ministre des Finances a invité les hommes d’affaires et les touristes à célébrer la Saint-Sylvestre à Bali. En effet, le Mont Agung n’est plus vraiment menaçant, malgré la petite activité volcanique encore en cours. L’Agence Nationale de Gestion des Catastrophes (BNPB) a indiqué qu’une éruption n’affecterait qu’une zone limitée de l’île.
Le trafic aérien à Bali a diminué d’environ 30 pour cent en raison de l’augmentation d’activité de l’Agung en novembre et la tendance devrait se confirmer au début de l’année prochaine, tant que le volcan restera en niveau d’alerte élevé. L’objectif de 15 millions d’arrivées de touristes d’ici la fin de l’année ne sera probablement pas atteint. .
Malgré l’éruption actuelle de l’Agung, les autorités locales insistent sur le fait que des zones touristiques comme Tanah Lot, Sanur, Pandawa Beach, le Batur, Ubud, Kuta Beach, Padang-Padang Beach, Lovina Beach, Dreamland Beach et Nusa Dua Beach, ne seraient pas affectées par une éruption.
Source: The Jakarta Post.

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Indonesia’s Finance Minister has invited businesspeople and tourists to celebrate New Year’s Eve in Bali now that Mount Agung is no longer a threat, despite ongoing  minor volcanic activity. The National Disaster Management Agency (BNPB) has indicated that an eruption would affect a limited area of the island.

Flights to Bali have declined by about 30 percent as a result of Mt. Agung’s increased activity in November and the trend is expected to continue into early next year, as long as the volcano and its surrounding area remain under a high alert status. The target of seeing 15 million tourist arrivals by the end of the year will probably not be achieved. .

Despite the current eruption of Mt Agung, local authorities insist that popular tourist areas, such as Tanah Lot, Sanur, Pandawa Beach, Batur Mount, Ubud, Kuta Beach, Padang-Padang Beach, Lovina Beach, Dreamland Beach, and Nusa Dua Beach, would not be affected by an eruption.

Source: The Jakarta Post.

Depuis plusieurs jours, l’activité éruptive marque le pas sur le Mont Agung (Vue webcam)

Mt Agung: La zone d’exclusion n’en est pas vraiment une! // Not really an exclusion zone !

L’éruption majeure du Mt Agung, censée être « imminente » il y a quelques jours, ne s’est toujours pas produite.
C’est bien là que réside le vrai danger. Des milliers de villageois qui vivent sur les pentes du volcan ont fui le danger pendant plusieurs jours, mais certains risquent maintenant leur vie en revenant dans la zone dangereuse, de même que des touristes à la recherche de sensations fortes.
Le périmètre de sécurité de 10 kilomètres mis en place autour du Mont Agung est ponctué de pancartes sur lesquelles ont peut lire « Zone de danger volcanique ». Entrée interdite! » et qui mettent en évidence les risques encourus. Malgré ces mises en garde, les journaux indonésiens donnent les exemples de personnes qui entrent ou vivent encore dans la zone d’exclusion.
Un volailler qui vit à moins de huit kilomètres du cratère reste dans la zone interdite parce qu’il dit qu’il n’a pas le choix; son gagne-pain en dépend. Les volatiles qu’il élève ne sont pourtant pas destinés à la consommation; ce sont des coqs utilisés dans les combats traditionnels pendant lesquels les villageois parient de l’argent. Le fermier explique qu’il n’y a pas eu beaucoup de combats de coqs depuis que le début de l’éruption. Sa famille est en sécurité dans un centre d’hébergement ; il reste sur le volcan car il a peur de perdre sa seule source de revenus.
Le Mt Agung est aussi un centre spirituel important pour beaucoup de Balinais et de nombreux habitants refusent de partir parce qu’ils pensent que l’éruption du Mont Agung est un événement spirituel. Ils veulent laisser leur destin et leur sécurité entre les mains de Dieu.
Il y a aussi des personnes âgées qui sont totalement attachées à la nature et ont refusé de partir. Un octogénaire qui a été témoin de l’éruption de 1963 dit qu’il ne veut pas être évacué. Il restera là où il vit, à moins que le volcan entre vraiment en éruption ; dans ce cas, il partira en courant. Les autorités locales lui ont rappelé que des centaines de personnes qui sont retournées dans leurs villages sont mortes lors de l’éruption de 2010 du Mont Merapi sur l’île de Java.
Le cratère du Mont Agung se trouve à environ 75 km du centre touristique de Kuta, au bord de la mer. Il y a donc relativement peu de risques pour les touristes qui passent leurs vacances dans cette station mondialement connue. Les soucis des autorités sont causés par des «chasseurs d’éruptions» étrangers qui pénètrent en douce dans la zone rouge pour s’approcher du volcan, et, bien sûr, les Français ne sont jamais loin dans ce cas ! Il y a l’exemple d’une touriste française qui a été arrêtée par la police alors qu’elle pilotait une moto dans la zone dangereuse. Elle a dit: « Nous sommes ici pour les vacances … alors pourquoi pas? Bien sûr, ça fait peur, mais tout ira bien. » Ben voyons ! La Protection Civile indonésienne insiste en permanence pour que les touristes étrangers ne pénètrent pas dans la zone d’exclusion…
Source: Journaux indonésiens.

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Mt Agung’s major eruption that was said to be “imminent” a few days ago has not occurred yet.

There lies the real danger. Thousands of villagers living in the shadow of the volcano have been fleeing for days, but some are now risking their lives by sneaking back into the danger zone, along with thrill-seeking tourists.

The 10-kilometre radius around Mount Agung is littered with roadside signs that read “Volcanic danger zone. No entry!”underscoring the potential risks. Despite these warnings, the Indonesian newspapers give examples of people who are still entering or living in the exclusion zone.

A chicken farmer who lives less than eight kilometres from the crater heads into the no-go area because he says he has no choice at all; his livelihood depends on it. His prized poultry is not for eating though; the chickens are used in the traditional rooster fighting contests in which villagers bet on the outcome. There has not been much chicken fighting since the volcano burst to life again in the past week. But with his family safe in an evacuation centre, the farmer is now afraid of losing his only source of income.

Mt Agung is also an important spiritual centre for many of Bali’s mostly Hindu population and many residents refuse to evacuate because they think Mount Agung eruption is a spiritual event and want to leave their fate and safety in God’s hands.

There are also elderly people who have surrendered completely to nature and refused to leave. An octogenarian who witnessed the 1963 eruption says he does not want to be evacuated. He will stay where he lives, unless the volcano really erupts, then he will run. Local authorities reminded him that hundreds of people who snuck back to their villages died in the 2010 eruption at Java’s Mount Merapi

Mt Agung’s crater is about 75km from the beachside tourist hub of Kuta, so there is relatively little risk to the tourists who visit this world famous resort. The local officials’ headaches are caused by foreign “eruption chasers” who are sneaking into the red zone to get close to the volcano, and, of course, the French are never far! There is the example of a French tourist who was stopped by the police while riding a motorbike into the danger zone. She said: “We are here for vacation… so why not? Of course it is scary, but it’s gonna be okay.” The Indonesian Civil Defence insists again and again that foreign tourists should not trespass into the exclusion zone.

Source: Indonesian newspapers.

Temple de Besakih, à l’intérieur de la zone d’exclusion (Photo: C. Grandpey)

 

 

 

Les autorités balinaises essayent de rassurer les touristes // Balinese authorities try to reassure tourists

Le gouvernement indonésien tente de persuader les touristes à travers le monde que l’île de Bali est une destination sûre malgré l’augmentation d’activité de l’Agung depuis le mois dernier.
Des milliers de personnes ont été évacuées des villages proches du volcan. Les autorités ont demandé aux touristes et à la population d’éviter le camping ou la randonnée dans un rayon de 6 km du cratère. En fait, il y a une zone de danger de 12 km autour du volcan. (NDRL: J’ai personnellement encouragé les touristes français à ne pas annuler leurs voyages à Bali, à condition de respecter cette zone de danger et les recommandations des autorités en cas d’éruption).
Dans ses efforts pour convaincre les touristes, le Ministère du Tourisme a commencé à organiser des « voyages de familiarisation » (fam trips) à Bali à l’attention des auteurs de revues de voyage et des journalistes. Le ministère a invité neuf journalistes chinois à visiter l’île car la Chine est l’un des plus grands pourvoyeurs de touristes en Indonésie.
Cette année, l’Indonésie devrait accueillir 15 millions de touristes, dont 2 millions en provenance de Chine. L’Agence Centrale des Statistiques a indiqué que 1,48 million de touristes chinois sont arrivés en Indonésie entre janvier et août de cette année. Ce chiffre est supérieur de 54,78% à celui de la même période l’année dernière.
Il n’y a pas encore de données sur la baisse de fréquentation touristique, mais des hôtels à Bali ont commencé à signaler un certain nombre de reports de séjours suite à l’augmentation de l’activité du Mont Agung.
Une baisse de la sismicité est observée sur le volcan depuis le 20 octobre. Cependant, les volcanologues sont réticents à baisser le niveau d’alerte et à permettre aux personnes évacuées de revenir chez elles. L’histoire éruptive d’autres volcans indonésiens a montré qu’une éruption peut commencer après une période de calme.
Source: The Jakarta Post.

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The Indonesian government is trying to convince tourists across the globe that the island of Bali is a safe destination despite the increased activity of Mount Agung, which has been active since last month.

Thousands of people have been evacuated from villages near the volcano, and the authorities have warned tourists and residents to avoid camping or hiking within a 6km radius of the crater. Actually, there is a 12-km danger zone around the volcano. (NDRL: I have personally encouraged French tourists not to cancel their trips to Bali provided they respect the danger zone and authorities’ recommendations in case of an eruption).

In efforts to convince tourists, the Tourism Ministry has started to organise « familiarisation trips » (fam trips) for travel writers and journalists in Bali. The ministry has invited nine journalists from China, one of the largest contributors of tourists to Indonesia, to visit the island.

This year, the government is set to welcome 15 million tourists from across the country, 2 million of whom are expected to come from China. The Central Statistics Agency recorded that 1.48 million Chinese tourists arrived in Indonesia in the period from January to August this year. The number is 54.78 per cent higher than the figure for the corresponding period last year.

There is not yet any data about the decrease in tourist arrivals, but hotels in Bali have started to report a number of postponements of their guests’ arrivals, following the increase in Mount Agung’s activity.

A decrease in seismicity has been observed since October 20th. However, volcanologists are reluctant to lower the alert level and allow evacuees to retirn home. History on other Indonesian volcanoes has shown that an eruption can start after a quiet period.

Source: The Jakarta Post.

Source: Wikipedia