Réchauffement climatique : des promesses non tenues // Climate change : unkept promises

Le 6 mai 2021, j’ai publié un article insistant sur le niveau désastreux des concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Malgré les mises en garde des climatologues, on voit que rien – ou presque rien – n’est fait pour inverser la tendance. Certains lecteurs de ce blog diront que je suis trop pessimiste, mais ce que j’ai vu dans l’Arctique et dans les Alpes m’a fait comprendre à quel point la situation était grave.

Selon The Climate Action Tracker, un réseau indépendant de scientifiques qui contrôle la mise en œuvre des engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les dernières promesses faites par les gouvernements pour limiter les émissions de carbone ne suffiront pas pour empêcher les températures de la planète de dépasser 1,5°C. Au lieu de cela, ces engagements non contraignants vont entraîner une élévation moyenne de la température de 2,4°C qui sera tout simplement  catastrophique.

Le rapport de The Climate Action Tracker explique que certains des objectifs fixés lors du sommet organisé par Joe Biden avec d’autres chefs d’états permettront de réduire de 0,2°C l’estimation du réchauffement prévue par le réseau, mais cela ne changera pas le risque de  dépassement du seuil de 1,5°C fixé en 2018 par le GIEC. Selon les prévisions les plus optimistes, le réchauffement reste bien au-dessus des 1,5°C de l’Accord de Paris. Malgré les premiers engagements pris par les leaders mondiaux au cours de la COP 21, l’Organisation Météorologique Mondiale, sous l’égide des Nations Unies, indique dans son dernier rapport que les températures ont déjà dépassé de plus de 1,2°C le niveau préindustriel. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré: «Nous sommes au bord du gouffre.»

Bien qu’il soit toujours possible de maintenir la hausse moyenne des températures de surface en dessous de 1,5°C, le Climate Action Tracker explique que cela nécessitera un effort important de la part de tous les gouvernements, et qu’un tel effort transformera la vie telle que nous la connaissons. Comme je l’ai souvent écrit, il appartient aux Conférences des Parties – les COP – d’imposer de telles décisions. Les initiatives décidées par les gouvernements à la seule échelle nationale ne sont pas suffisantes.

Le réseau The Climate Action Tracker est particulièrement inquiet quand il constate la volonté persistante de certains gouvernements de construire de nouvelles infrastructures non compatibles avec les objectifs de Paris, telles que des centrales au charbon, le développement du gaz naturel pour produire l’électricité et l’utilisation abusive et inefficace des véhicules personnels dans certains pays.

La hausse des températures a déjà eu un impact significatif sur la vie sur Terre, avec de plus en plus d’épisodes sévères de sécheresse, des événements météorologiques extrêmes et des incendies de végétation. Tant que le changement climatique se poursuivra à un rythme soutenu, l’avenir restera sombre. Une étude menée en 2020 par l’Université de l’Arizona a révélé qu’au rythme actuel d’augmentation de la température, un tiers de toutes les plantes et animaux de la planète seront menacés d’extinction de masse au cours des 50 prochaines années.

Dans son rapport de 2018, le GIEC a averti qu’un réchauffement climatique de 1,5°C entraînera une hausse drastique du niveau de la mer qui menacera les côtes et les nations insulaires, avec une augmentation du nombre de vagues de chaleur. À 2 degrés de réchauffement, 99% des récifs coralliens mourront. On estime que 13% des écosystèmes terrestres seront menacés et l’Arctique dépourvu de glace deviendra une réalité d’ici une vingtaine d’années.

Source: Yahoo News.

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On May 6th, 2021, I released a post referring to the disastrous level of CO2 concentrations in the atmosphere. Despite the climatologists warnings, nothing – or very little – is done to stop the trend. Some readers of this blog will say I am too pessimistic, but what I have seen in the Arctic and in the Alps have made me understand how serious the situation was.

According to The Climate Action Tracker, an independent network of scientists that tracks the commitments made on cutting greenhouse gas emissions, the recent pledges made by world governments to limit carbon emissions will not be sufficient to meet the goal of keeping global temperatures from rising above 1.5 degrees Celsius. Instead, those nonbinding commitments will result in a rise in the average global temperature to a potentially catastrophic 2.4 degrees Celsius.

The Climate Action Tracker report notes that more robust targets made at the summit organised by Joe Biden with other world leaders “have improved the network’s warming estimate by 0.2°C,” but that the net result would still mean the world is poised to blow past the 1.5 degrees Celsius threshold set in 2018 by IPCC. Even under the most optimistic assumptions, the warming is still well above the Paris Agreement’s 1.5˚C temperature limit.

Despite the initial commitments made by world leaders in the Paris climate accord, the United Nations World Meteorological Organization indicates in its latest report that temperatures have already risen by more than 1.2 degrees Celsius above pre-industrial levels. The U.N. Secretary-General António Guterres declared: “We are on the verge of the abyss.”

While keeping the average rise of surface temperatures below 1.5 degrees Celsius is still possible, the Climate Action Tracker said doing so will require a massive, unified effort from world governments that would transform life as we know it. As I have often affirmed, it is up to the Conferences of Parties to impose such decisions. The initiatives decided by local governments are not just sufficient.

The Climate Action Tracker report is particularly worried by the persisting plans of some governments to build new infrastructure not compatible with Paris goals, such as new coal-fired power plants, increasing uptake of natural gas as a source of electricity and the use of large inefficient personal vehicles in some countries..

Rising temperatures have already had a profound impact on life on Earth, with the severity of drought, weather events and wildfire destruction. With climate change continuing apace, the future looks even more bleak. A 2020 study conducted by the University of Arizona found that at the current rate of temperature rise, one-third of all plants and animals on the planet will be at risk of mass extinction in the next 50 years.

In its 2018 report, the IPCC warned that global warming of 1.5 degrees Celsius would result in drastic sea-level rise, threatening coastlines and island nations, and an increase in the number of deadly heat waves. At 2 degrees of Celsius warming, 99 percent of the world’s coral reefs would die off, an estimated 13 percent of ecosystems on land would be imperiled and an ice-free Arctic would become a reality within two decades.

Source : Yahoo News.

Evolution des températures de surface (Source : GIEC)

Mars 2021, le 8ème plus chaud // March 2021, the eighth warmest

Mars 2021 a été le 8ème mois de mars le plus chaud depuis le début des relevés de température de la NOAA en 1880.

Mars 2021 a été le 45ème mois de mars consécutif et le 435ème mois consécutif avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle.

L’étendue moyenne de la glace de mer dans l’Arctique en mars 2021 a été de 5,1% inférieure à la moyenne de 1981-2010 et la neuvième plus faible étendue pour un mois de mars au cours des 43 dernières années.

L’étendue de la banquise antarctique en mars 2021 a été la plus importante depuis mars 2015 et la 10ème depuis le début des relevés en 1979.

Selon les données de la NOAA, l’étendue de la couverture neigeuse dans l’hémisphère nord en mars 2021 a été la plus faible jamais observée au cours d’un mois de mars.

Vous obtiendrez plus de détails en cliquant sur ce lien: https://www.ncei.noaa.gov/news/global-climate-202103

Source : NOAA.

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March 2021 was the eighth warmest in the 142-year NOAA global temperature dataset record, which dates back to 1880.

March 2021 marked the 45th consecutive March and the 435th consecutive month with temperatures above the 20th-century average.

The March average Arctic sea ice extent was 5.1 percent below the 1981-2010 average and the ninth-smallest March extent in the 43-year record.

The Antarctic sea ice extent during March 2021 was the largest for March since 2015 and the 10th largest since records began in 1979.

According to data from NOAA, the Northern Hemisphere snow cover extent during March was the 12th-smallest March extent on record.

More details by clicking on this link:

https://www.ncei.noaa.gov/news/global-climate-202103

Source : NOAA.

Etendue de glace de mer en Arctique et Antarctique en mars 2021

(Source : NOAA)

Février 2021 un peu moins chaud // February 2021 sljghtly cooler

Selon la NASA et la NOAA, la température de surface à l’échelle de la planète en février 2021 a été de 0,65°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (12,1°C). En classement, ce fut le 16ème mois de février le plus chaud des 142 dernières années.

Février 2021 a été le 45ème mois de février consécutif et le 434ème mois avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle. En particulier, l’Amérique du Nord a connu son mois de février le plus froid depuis 1994.

L’étendue moyenne de la glace de mer dans l’Arctique en février 2021 a été de 5,9% inférieure à la moyenne de 1981-2010 et à égalité avec 2019 comme septième plus petite étendue en février sur 43 années de relevés L’étendue de la glace de mer en février a été proche de la moyenne dans la plupart des régions de l’Arctique.

En Antarctique, l’étendue de glace de mer en 2021 a été la 11ème plus faible pour un mois de février depuis le début des relevés satellitaires en 1979.

Globalement, février 2021 a marqué une légère pause dans la hausse des températures dans le monde. Deux phénomènes doivent être pris en compte pour expliquer cette pause. D’une part, l’effet de refroidissement de La Niña dans le Pacifique équatorial a atteint son maximum en octobre-novembre 2020, mais ce refroidissement s’est encore fait sentir en février. D’autre part, un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) a provoqué la rupture du vortex polaire qui s’est brisé en plusieurs morceaux. L’un de ces segments a atteint le continent nord américain, ce qui explique les basses températures et les tempêtes de neige dans plusieurs états des Etats-Unis.

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According to NASA and NOAA, the February 2021 global surface temperature was 0.65°C above the 20th century average of 12.1°C. This was the 16th highest for February in the 142-year record.

February 2021 marked the 45th consecutive February and the 434th consecutive month with temperatures above the 20th century average. In particular, North America had its coldest February since 1994.

The February average Arctic sea ice extent was 5.9 percent below the 1981-2010 average and tied with 2019 as the seventh-smallest February extent in the 43-year record.  February sea ice extent was near average across most regions in the Arctic.

The Antarctic sea ice extent was the 11th smallest for February since satellite records began in 1979

 February 2021 marked a slight pause in temperature rise around the world. Two phenomena should be taken into account to explain this pause. On the one hand, the cooling influence of La Niña in the Equatorial Pacific reached its peak in October-November 2020 but could still be felt in February.  On the other hand, a sudden stratospheric warming (SSW) caused the polar vortex to break into pieces. One of the segments reached the North American continent, which accounts for low temperatures and snowstorms in several states of the United States.

Source : NOAA

Bilan climatique en France

Le site web Météo–Paris a analysé la situation climatique en France au cours des derniers mois, avec des remarques très pertinentes sur le réchauffement climatiques et des perspectives très inquiétantes pour les prochaines décennies.

Après un hiver 2019-2020 historiquement doux, l’hiver actuel a d’ores et déjà été marqué par plusieurs épisodes de froid et de neige. Cependant, cela ne remet absolument pas en cause le réchauffement climatique. Nous vivons un hiver assez classique avec une alternance de périodes douces et de périodes plus froides et parfois neigeuses, contrastant avec la douceur exceptionnelle de l’hiver 2019-2020. L’hiver 2019-2020 fut le plus doux jamais observé en France avec une anomalie thermique de +2,7°C sur décembre, janvier et février.

Le début de l’hiver actuel a été plutôt froid avec une première décade de décembre sous les normales, mais la douceur a repris un net avantage durant la seconde partie du mois. Finalement, décembre 2020 s’est tout de même achevé en France avec +1,3°C au dessus de la normale.

Le mois de janvier 2021 a offert la même dynamique, avec une domination du froid en première quinzaine, tandis que la seconde quinzaine s’est montrée plus douce. Au final, on a eu un mois de janvier classique et dans les normales.

Malgré plusieurs périodes froides, l’hiver 2020-2021 affiche pour l’instant des températures légèrement supérieures à la normale.

Des quantités de neige exceptionnelles ont été observées sur tous nos massifs. Ces épisodes neigeux ont apporté à ce mois de janvier une ambiance hivernale. Pourtant, le caractère froid de ce mois est assez trompeur et janvier 2021 n’a pas été véritablement froid en France. Si la première décade fut en dessous des normales, un redoux sensible est intervenu les 13 et 14 janvier, suivi par une autre période douce du 20 au 23 janvier. Les derniers jours du mois ont ensuite enregistré des températures nettement plus douces que la normale.

Ainsi, la moyenne mensuelle en France sur le mois de janvier 2021 fut de 4,93°C, soit +0,1°C en dessous de la normale. Après plusieurs hivers anormalement doux, il est logique que ce mois de janvier nous apparaisse froid, mais dans les faits, nous venons de vivre un mois de janvier parfaitement normal. De plus, si l’on ajoute l’anomalie de +1,3°C du mois de décembre 2020, l’hiver actuel est pour l’instant plus chaud que la norme.

Source : infoclimat.fr

S’agissant du réchauffement climatique, il faut l’apprécier de manière globale et non ponctuelle. Quand on parle de réchauffement de la planète, on est dans le domaine de la climatologie. En revanche, quand un épisode neigeux survient durant 2 jours, cela relève du domaine de la météorologie. Il faut bien comprendre cette différence car elle est capitale : le réchauffement climatique n’empêche absolument pas le froid et la neige, il va plutôt les rendre moins fréquents. On juge l’évolution du climat sur plusieurs années et certainement pas sur un seul et unique mois.

On se rend compte que les anomalies chaudes ont été omniprésentes durant toute l’année 2020. Seul le mois d’octobre a terminé avec un déficit thermique alors que les 11 autres mois furent plus chauds que la normale. Au final, l’année 2020 est devenue la plus chaude en France depuis le début des relevés !

Comme je l’ai indiqué précédemment, les projections climatiques d’ici la fin du siècle n’ont rien de rassurant. Météo France a simulé l’évolution des températures en France d’ici la fin du siècle selon deux scénarios. Le premier, qui prend en compte une politique climatique efficace et immédiate, montre une augmentation de +2,2°C d’ici 2100. La durée d’enneigement significatif en moyenne montagne est réduite de plusieurs dizaines de jours par saison. Les sécheresses sont  plus marquées, avec un allongement des périodes de canicule.

Le second scénario, qui prend en compte l’absence de politique climatique digne de ce nom, montre une augmentation de +3,9°C des températures en France d’ici 2100. En dessous de 1800m, la présence de neige deviendrait peu durable et insuffisante à la survie des stations. Le nombre de jours caniculaires est multiplié par 5 à 10 avec des vagues de chaleur pouvant durer un à deux mois et les périodes de sécheresse deviendraient très problématiques l’été.

Source : Météo-Paris.

Source : Météo France