Etude approfondie du Mont St Helens (Etats Unis) // In-depth study of Mount St Helens (United States)

drapeau francaisDans une note intitulée « Des explosifs autour du Mont St Helens! »(31 mai 2014), j’indiquais que cet été, en utilisant des techniques développées par l’industrie pétrolière, des chercheurs de plusieurs universités américaines vont faire sauter des charges explosives enfouies à 25 mètres de profondeur dans une vingtaine de puits forés autour du volcan. Ils enregistreront alors l’énergie sismique des explosions sur des milliers de sismomètres portables. L’objectif est de « mieux comprendre comment le magma se fraye un chemin jusqu’au cratère du Mont St. Helens à partir de la zone où les plaques tectoniques Juan de Fuca et nord-américaine entrent en collision et où se forme le magma, à quelque 100 kilomètres sous la surface de la Terre.

Tandis que le magma se fraye un chemin vers la surface, il est possible qu’il s’accumule dans une grande chambre à quelques kilomètres de profondeur. Le trajet entre la source et cette chambre magmatique est presque totalement inconnu et sera sujet principal de l’étude. Le projet, financé par la National Science Foundation, devrait se terminer à l’été 2016. Les scientifiques espèrent que leurs recherches permettront de mieux comprendre les éruptions et donc conduire à une meilleure prévention.
Le projet « Imaging Magma Under St. Helens » comporte trois volets distincts: une étude sismique des sources actives (sources contrôlées), une étude sismique des sources passives (sources naturelles) et une étude magnétotellurique utilisant les fluctuations du champ électromagnétique de la Terre pour produire des images des structures qui se cachent sous la surface.
Les chercheurs commenceront par étudier les sources passives et l’aspect magnétotellurique, tandis que l’étude des sources actives (mesure des ondes sismiques générées par des explosions souterraines) sera effectuée plus tard.
L’étude des sources passives consiste à enterrer des sismomètres sur 70 sites différents à travers une zone de 100 kilomètres de côté centrée sur le Mont St. Helens. Les sismomètres enregistreront les données à partir d’une variété d’événements sismiques, qu’il soit locaux ou éloignés. Les signatures sismiques permettront d’obtenir plus de détails sur les structures géologiques sous le St. Helens.
L’étude magnétotellurique se fera sur 150 sites répartis sur une zone de 200 km du nord au sud et de 180 km d’est en ouest incluant le Mont Rainier et le Mont Adams. La plupart des sites ne seront utilisées qu’une seule journée, avec des instruments enregistrant les signaux électriques et magnétiques destinés à produire des images des structures du sous-sol.

Source : Science Daily.

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drapeau anglaisIn a note entitled « Explosives around Mount St Helens ! » (May 31st 2014), I explained that this summer, using techniques developed by the oil industry, researchers from several U.S. universities are preparing to set off explosive charges buried in two dozen 25-metre-deep wells drilled around the mountain. They’ll record the seismic energy of the explosions on thousands of portable seismometers. The goal is “to see with greater clarity the details of how magma makes its way to Mount St. Helens’ crater from the area where the Juan de Fuca and North American tectonic plates collide and the magma is created, some 100 kilometres beneath the surface”. As magma works its way toward the surface, it is possible that it gathers in a large chamber a few kilometres beneath the surface. The path from great depth to this chamber is almost completely unknown and is a main subject of the study. The project, funded by the National Science Foundation, is expected to conclude in the summer of 2016.

Scientists hope the research will produce data that will lead to better understanding of eruptions, which in turn could lead to greater public safety.

The Imaging Magma Under St. Helens project involves three distinct components: active-source seismic monitoring, passive-source seismic monitoring and magnetotelluric monitoring, using fluctuations in Earth’s electromagnetic field to produce images of structures beneath the surface.

The researchers are beginning passive-source and magnetotelluric monitoring, while active-source monitoring (measuring seismic waves generated by underground detonations) will be conducted later.

Passive-source monitoring involves burying seismometers at 70 different sites throughout a 100-by-100-kilometre area centered on Mount St. Helens. The seismometers will record data from a variety of seismic events, whether local or distant. Patterns in the earthquake signatures will reveal in greater detail the geological structures beneath St. Helens.

Magnetotelluric monitoring will be done at 150 sites spread over an area running 200 km north to south and 180 km east to west, which includes both Mount Rainier and Mount Adams. Most of the sites will only be used for a day, with instruments recording electric and magnetic field signals that will produce images of subsurface structures.

Source : Science Daily.

St-Helens-blog

(Photo:  C.  Grandpey)

Activité sismique inhabituelle dans le NO de l’Alaska // Unusual seismic activity in NW Alaska

drapeau francaisDepuis plusieurs semaines, un essaim sismique secoue le village de Noatak dans le NO de l’Alaska, sans que les scientifiques comprennent vraiment la cause du phénomène. Cela fait plus de 20 ans que les habitants n’ont pas ressenti de telles secousses.
Selon le Centre d’Information Sismique de l’Alaska, le séisme de magnitude 5,7 qui a frappé Noatak vers 4 heures le 16 juin au matin est le cinquième d’une série enregistrée depuis le mois d’avril. Des centaines de répliques, certaines de M 4 ou plus, ont également affecté la région. L’épicentre se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de Noatak (500 habitants) et 40 km au sud de la mine de Red Dog.
L’activité sismique a commencé le 18 avril avec deux secousses de M 5,7 à 12 minutes d’intervalle. Trois autres événements quasiment identiques sont survenus le 3 mai, le 9 juin et le 16 juin, ainsi que 300 autres séismes de moindre intensité.
Ce type de l’activité sismique soutenue est très rare dans cette partie reculée de l’Alaska arctique. La dernière fois qu’un séisme important a frappé la région, c’était au début des années 1990. Il n’est pas fait état de blessures ou de gros dégâts, mais des fissures sont apparues dans le bureau du conseil de village.
Suite à cette activité sismique, les autorités locales ont fait appel aux sismologues de l’Université d’Alaska à Fairbanks (UAF). Les chercheurs ont installé un capteur sismique à Noatak et à Kotzebue où les secousses sont également ressenties. Il y a environ 400 capteurs sismiques à travers l’Alaska, mais peu au nord-ouest de l’Etat. Le sismo le plus proche de Noatak se trouve à la mine de Red Dog; le suivant est à 500 km.
Les nouveaux capteurs aideront les chercheurs à localiser les séismes avec précision La cause pourrait être une réactivation de failles. Il ne semble pas y avoir de lien entre les séismes et l’activité à Red Dog, une mine à ciel ouvert qui constitue l’un des plus grands producteurs de concentré de zinc de la planète.
Par ailleurs, il n’y a pas de volcans à proximité de Noatak. Les volcans les plus proches sont dans les îles Aléoutiennes et dans le Golfe d’Alaska.
Il ne semble pas non plus que la fonte du pergélisol soit responsable de l’activité sismique. En effet, le permafrost atteint seulement quelques centaines de mètres de profondeur alors que ces tremblements de terre se situent à plusieurs kilomètres.
Selon les scientifiques, l’essaim ne devrait pas durer trop longtemps à Noatak. Toutefois, comme cet événement est unique, il est impossible de l’affirmer avec certitude.

Source : Anchorage Daily News.

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drapeau anglaisA seismic swarm in recent weeks around the northwest Alaska village of Noatak is confounding scientists and unsettling residents who last felt a good shake more than 20 years ago.

A magnitude 5.7 earthquake that struck just after 4 a.m. on Monday marks the fifth quake of that size measured near the village since April, according to the Alaska Earthquake Information Center. Hundreds of aftershocks, some measuring M 4 or greater, have also affected the area.

The seismic activity is located about 20 km northeast of Noatak (pop.500) and 40km south of the Red Dog Mine.

The shaking started on April 18th with two M 5.7 quakes 12 minutes apart. Three more of the same magnitude came on May 3rd, June 9th and last Monday, along with over 300 smaller quakes.

This kind of sustained earthquake activity is highly unusual in this remote part of arctic Alaska. The last time a significant earthquake hit the area was the early 1990s.

There have been no reports of injuries or damage, but the shaking left cracks in the village council office.

Local concerns prompted the borough to invite the University of Alaska Fairbanks (UAF) earthquake researchers to the village. The researchers installed a seismic sensor in Noatak and in Kotzebue, where the quakes are also being felt. There are about 400 seismic sensors around Alaska but few in northwest Alaska. The closest to Noatak is at Red Dog Mine; the next is 500 km away.

The new sensors will help researchers pinpoint the exact locations for earthquakes. The cause might be some of those faults that are getting reactivated. There does not seem to be any connection between the earthquakes and mining activity at Red Dog, an open-pit surface mine that’s one of the largest zinc concentrate producers on the planet.

Besides, there are no volcanoes anywhere near Noatak. The closest volcanoes are in the Aleutian Islands and in the Gulf of Alaska.

It also doesn’t appear that thawing permafrost is a factor, either. Indeed, permafrost extends hundreds of metres and these earthquakes are several kilometres deep.

Researchers are telling people in Noatak the swarm shouldn’t last too much longer, though since this event is unique it’s impossible to say for sure.

Anchorage Daily News.

Noatak-blog

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Un comportement déroutant…et une éruption! // A confusing behaviour…and an eruption!

drapeau francaisLe Piton de la Fournaise reste en vigilance volcanique et montre un comportement plutôt déroutant.. Après une pause de la sismicité annoncée dans le bulletin émis par l’Observatoire le 14 juin, une nouvelle crise sismique a été enregistrée le 17 juin entre 5 h 15 et 11 h 30 (heure locale). Au cours de cette même journée, 170 séismes volcano-tectoniques et plus de 380 effondrements ont été enregistrés. Toutefois, aucun autre signe d’activité n’a été détecté : aucune déformation associée et aucune émission significative de gaz. Les scientifiques pensent qu’il s’agit d’un tassement de la colonne de roche qui s’est effondrée en avril 2007 lors de l’ouverture du gouffre du Dolomieu. La question est de savoir pourquoi ce phénomène se produit à l’heure actuelle.

L’arrêté préfectoral reste d’actualité et demande aux randonneurs de rester sur les sentiers balisés.

Dernière minute :  Après l’augmentation de l’activité sismique constatée ces derniers jours, le Piton de la Fournaise est entré en éruption ce jour à 01h35 (heure locale). D’après les renseignements fournis par l’Observatoire Volcanologique, l’éruption a lieu sur le flanc Est-Sud-Est du cône central. Une coulée descend vers le sud-est, visible depuis le piton de Bert situé au bord de l’Enclos dans la partie haute du volcan

Le Préfet a mis en place le niveau d’alerte 2-2 du dispositif spécifique Orsec (organisation de la réponse de sécurité civile) Volcan.

En conséquence, l’accès à la partie haute de l’Enclos est fermé au public. L’accès  à l’Enclos Fouqué, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, ainsi que le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan, sont interdits jusqu’à nouvel avis.

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drapeau anglaisThe alert level of the Piton de la Fournaise is still « Watch ». The volcano shows a rather confusing behaviour. After a pause in seismicity (see bulletin released by the Observatory on June 14th), a new seismic crisis was recorded on June 17th between 5 and 11 a.m. (local time). On that same day, 170 earthquakes and over 380 volcano-tectonic collapses were recorded. However, no other sign of activity was detected: no deformation and no significant gas emission. Scientists believe that these events correspond to a settling of the rock column which collapsed in April 2007 at the Dolomieu Crater. The question is to know why this happens today. The order of the prefect is still valid and advises hikers to stay on marked trails.

Last minute: After the seismic activity that was observed during the past days, the Piton de la Fournaise started erupting this morning at 01:35 (local time), probably  on the ESE flank of the central cone.

The alert level has been raised to 2. This means access to the Enclos Fouqué is closed to the public.

Reprise d’activité du Sabancaya (Pérou) // Sabancaya (Peru) is becoming active again

drapeau francaisD’après l’Institut Géophysique du Pérou, le Sabancaya montre des signes d’activité après une quinzaine d’années de repos. Alors que la sismicité quotidienne moyenne se situe autour de 30 événements volcano-tectoniques (VT) et 10 événements longue période (LP), on a enregistré une centaine d’événements VT le 3 juin et une centaine d’autres de 15 de ce mois. Il faut ajouter à cela 124 événements LP le 9 juin.

Les secousses se rapprochent du volcan et de son cratère. Toutefois, l’Institut fait remarquer que le processus éruptif est différent et plus long que pour l’Ubinas qui est entré en éruption il y a quelques semaines. Alors que sur l’Ubinas l’activité éruptive se produit en quelques jours, il se peut qu’elle se prolonge plusieurs mois sur le Sabancaya.

La dernière éruption du Sabancaya (décrite dans mon livre Killer Volcanoes) a eu lieu en mai 1990. Suite à cette éruption, des lahars ont entraîné la mort d’une vingtaine de personnes en 1991.

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drapeau anglaisAccording to the Instituto Geofisico del Peru, Sabancaya volcano is becoming active after 15 years of silence. The usual daily seismicity at the volcano includes 30 volcano-tectonic (VT) and 10 long period (LP) events. However, during the past 2 weeks, 93 VT events were recorded on June 3rd, 100 more on June 15th, together with 124 LP events on June 9th.

Tremors are occurring closer and closer to the volcano and the crater. However, the process is taking longer than the one observed at Ubinas where everything happens in a matter of days. In the case of Sabancaya, this could go on for several months

In addition to seismic activity, Sabancaya has also emitted gas plumes. No thermal anomaly has been observed by IGP.

Sabancaya-blog

Vue du Sabancaya (1er plan) et du Mont Ampato (arrière-plan)  [Crédit photo:  Wikipedia).