Sommet du Kilauea (Hawaii): Et maintenant? // Kilauea summit (Hawaii): What next ?

Au cours d’une réunion publique tenue à Volcano le 5 juillet 2018, les géologues de l’USGS ont admis qu’ils ne savaient pas pendant combien de temps l’éruption allait de poursuivre et ce qui allait se passer dans les prochains jours. Cependant, ils ont voulu rassurer la population locale en disant qu’il était très improbable que l’activité sismique au sommet du Kilauea atteigne des niveaux catastrophiques.
Les géologues ont insisté sur le fait que l’activité sismique sur le Kilauea allait continuer comme elle l’a fait au cours des deux derniers mois. Ils ont expliqué pourquoi : Après l’apparition de la lave dans le secteur de Lower Puna le 3 mai, le lac de lave du Kilauea a commencé à se vidanger, ce qui a entraîné des affaissements et des effondrements dans le cratère de l’Halema’uma’u, dont la taille a plus que doublé depuis le début de l’éruption. L’affaissement du fond du cratère s’accompagne régulièrement de séismes qui correspondent à une libération d’une énergie équivalente à un événement d’une magnitude de M 5.0, suivi chaque jour de centaines de séismes de moindre intensité.
Un responsable de la Protection Civile a déclaré que les habitants de Volcano, en particulier ceux dans les zones les plus isolées, devaient être prêts à quitter la région rapidement en cas de catastrophe. Le nord serait la direction à emprunter si un tel événement devait se produire. En effet, dans le cas très improbable où une augmentation de l’activité sismique produirait des coulées pyroclastiques, elles se dirigeraient sûrement vers le sud et le sud-ouest, bien qu’elles puissent aussi aller vers le nord.
Un autre danger serait un effondrement majeur du cratère de l’Halama’uùa’u qui affecterait des zones situées en dehors du rayon de la caldeira. Un tel événement s’est produit il y a 2200 ans, époque où la caldeira était beaucoup plus grande qu’elle ne l’est maintenant.
Même sans activité catastrophique, l’éruption du Kilauea a causé des dégâts considérables à la zone sommitale. Le bâtiment du HVO, situé près de l’Halema’uma’u, est devenu inutilisable, avec des fissures importantes sur les planchers du bâtiment et des chutes de dalles de plafond. Un trou béant d’environ 1,50 mètre de diamètre et jusqu’à 1,50 mètre de profondeur s’est formé le 5 juillet sur la Highway 11 près de la borne 30. Il convient de noter que ce trou n’est pas lié à des tunnels de lave du Kilauea ; il s’agit juste d’un affaissement de terrain provoqué par la sismicité quasi constante au sommet. La Protection Civile va prévoir des déviations au cas où d’autres routes deviendraient impraticables.

Personne ne sait si la lave reviendra au sommet du Kilauea. Si elle devait faire sa réapparition, un tel événement serait probablement accompagné d’explosions de vapeur potentiellement dangereuses
Source: Hawaii Tribune Herald.

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During a public meeting held at Volcano on July5th, 2018, USGS geologists admitted they did not know long long the eruption would go on and what would happen next. However, they reassured local residents saying it was highly unlikely that seismic activity at the summit of Kilauea would escalate to catastrophic levels.

Geologists emphasized that the pattern of seismic activity at Kilauea would continue as it has for the past two months. They explained that after lava broke out in Lower Puna on May 3rd, the lava lake at Kilauea receded, causing ground subsidence and collapses around Halema‘uma‘u crater, which has more than doubled in size since the eruption began. The recession of the crater floor is accompanied by periodic tremors that release energy equivalent to an M 5 earthquake, while hundreds of smaller quakes occur each day.

A Civil Defense official said that Volcano residents, particularly those in more isolated areas, should devise plans to leave the area quickly should disaster strike. North would be the safest direction in case of such an event. Indeed, in the unlikely event that increased seismic activity produces pyroclastic surges, they will probably follow terrain to the south and southwest, although they could still flow northward.

Another danger would be a major collapse of the Halama’uùa’u Crater, affecting areas outside the caldera’s radius. Such an event occurred twenty-two hundred years ago when the caldera was much bigger than it is now.

Even without catastrophic activity, Kilauea’s eruption has caused considerable damage to the summit area. The HVO building, located near the edge of Halema‘uma‘u, has become unusable, with sizable cracks through the building’s floors and fallen ceiling tiles. A sinkhole measuring about 1.50 metres in diameter and up to 1.50 metres deep formed on July 5th under Highway 11 near the 30-mile marker. It should be noted that the sinkhole was not connected to Kilauea’s internal magma tunnels, but was simply caused by subsidence brought about by the near-constant tremors at the summit. Civil Defense is having active discussions about alternate routes in case other roads become impassable due to road surface damage.

Nobody knows whether lava will return to the summit of Kilauea Volcano. If it does, such an event would probably be accompanied by potentially dangerous steam explosions

Source: Hawaii Tribune Herald.

Vue satellite du sommet du Kilauea. On aperçoit le bâtiment du HVO sur la gauche de l’image (Source: HVO / NASA)

 

Planchón-Peteroa (Chili / Chile): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Suite à une augmentation de la sismicité accrue et d’un dégazage plus intense, le SERNAGEOMIN a fait passer le niveau d’alerte du complexe volcanique Planchón-Peteroa de Vert à JAUNE le 6 juillet 2018..
La Protection Civile conseille aux visiteurs de respecter la zone de sécurité de 3 km autour des cratères actifs.
La dernière éruption de ce volcan a eu lieu entre février et juin 2011, avec un VEI de 3.
Le SERNAGEOMIN indique que la sismicité inclut des événements volcano-tectoniques d’une magnitude maximale de M 1,3, à des profondeurs d’environ 5 km dans la partie nord-ouest du complexe volcanique. En outre, des événements LP sont enregistrés, correspondant à la dynamique des fluides à l’intérieur du système volcanique. Enfin, on observe une augmentation du tremor volcanique depuis le début de l’année 2016.
Le Planchón-Peteroa est un volcan complexe de forme oblongue situé le long de la frontière Chili-Argentine. Il présente plusieurs caldeiras qui se chevauchent.
Source: SERNAGEOMIN.

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Due to increased seismicity and more intense degassing, SERNAGEOMIN raised the alert level from Green to YELLOW  for the Planchón-Peteroa volcanic complex on July 6th, 2018. .

Civil Defense advises visitors to respect the safety zone of 3 km around th active craters.

The last eruption took place between February and June 2011. It was given a VEI of 3.

SERNAGEOMIN indicates that seismicity includes volcano-tectonic events with a maximum magnitude of M 1.3 at depths of about 5 km in the NW part of the volcanic complex. Besides, LP events are recorded, corresponding to the dynamics of fluids inside the volcanic system. At last, there has been an increase in the volcanic tremor since the beginning of 2016.

Planchón-Peteroa is an elongated complex volcano along the Chile-Argentina border with several overlapping calderas.

Source: SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

Mont Agung (Bali / Indonésie)

Dans son dernier bulletin hebdomadaire, la Smithsonian Institution résume les rapports publiés en indonésien (il serait souhaitable que certains d’entre eux soient rédigés en anglais!) par le Département de l’Énergie et des Ressources minérales (PVMBG) à propos de l’activité du Mont Agung.
Selon le bulletin du GVN, la sismicité continue d’être dominée par les événements basse fréquence. Le nombre de séismes est passé de 15 par jour le 25 juin à 69 par jour le 28 juin. Un tremor harmonique est apparu le 27 juin, jour où un événement a généré un panache de cendre qui s’est élevé de 2 km au-dessus du cratère. Les émissions de gaz et de cendre ont été continues les 28 et 29 juin et atteignaient environ 2 km de hauteur. L’incandescence se reflétait dans le panache et les données satellitaires ont confirmé que de la lave à haute température (1200°C) s’épanchait au fond du cratère. L’intensité de l’anomalie thermique du 29 juin était la plus importante enregistrée sur l’Agung depuis le début de l’éruption le 21 novembre 2017. Les panaches de cendre du 28 juin ont obligé certaines compagnies aériennes à annuler leurs vols vers Bali et des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs villages.
La lave continuait à se répandre  dans le cratère et, le 1er juillet, le volume estimé de lave nouvellement produite était de 4-5 millions de mètres cubes, de sorte que le volume total de lave émise depuis le 21 novembre 2017 atteint 27-28 millions de mètres cubes, soit 50% du volume total du cratère. La différence de hauteur entre la partie la plus basse du cratère (côté SO) et la partie la plus haute de la surface de la lave au centre du cratère était de 85-90 mètres le 1er juillet 2018. Les données satellitaires montrent que l’intensité de l’anomalie thermique a diminué entre le 28 juin et le 2 juillet, tout en restant à un niveau élevé. A 21h04 le 2 juillet, une explosion a généré un panache de cendre qui s’est élevé jusqu’à 7-9 km au-dessus de la lèvre du cratère ; elle a éjecté des matériaux incandescents jusqu’à 2 km sur les flancs du volcan (voir ma note à propos de cet événement). Les matériaux incandescents ont provoqué des feux de forêt sur les flancs supérieurs et l’événement a incité environ 700 personnes à quitter leurs habitations. Un autre événement explosif à 04h13 le 3 juillet a généré un panache de cendre qui a atteint environ 2 km de hauteur. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et la zone d’exclusion conserve un rayon de 4 km.
Source: Global Volcanism Network.

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In its latest weekly update, the Smithsonian Institution summarizes the reports released in Indonesian (it would be great if some of them could be written in English!) by the Department of Energy and Mineral Resources (PVMBG) about the activity at Mt Agung.

Seismicity continues to be dominated by low-frequency events. The number of earthquakes increased from 15 per day on June 25th to 69 per day on June 28th. Harmonic tremor emerged on June 27th, the day when an event generated an ash plume that rose 2 km above the crater. Gas-and-ash emissions were continuous on June 28th and 29th, rising around 2 km, and incandescence was reflected in the plume; satellite data confirmed that high-temperature (1,200°C) lava flowed onto the crater floor. The intensity of the thermal anomaly on June 29th was the largest recorded at Mt Agung since the beginning of the eruption on November 21st 2017. The ash plumes on June 28th caused some airlines to cancel flights to Bali, and ashfall was reported in several villages.

Lava continued to effuse, and by July 1st, the estimated volume of new lava was 4-5 million cubic metres, making the total volume erupted since November 21st, 2017 around 27-28 million cubic metres (50% of the total crater volume). The height difference between the lowest part of the crater rim (SW side) and the highest part of the lava surface (in the centre of the crater) was 85-90 metres. Satellite data showed that the intensity of the thermal anomaly decreased between June 28th and July 2nd, though still remained at a high level. At 21 :04 on  July 2nd, an explosion generated an ash plume that rose 7-9 km above the crater rim, and ejected incandescent material as far as 2 km onto the flanks (see my post abou this event). The deposits caused forest fires on the upper flanks, and the event prompted about 700 people to evacuate. Another explosive event at 04:13 on July 3rd generated an ash plume that rose around 2 km. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the exclusion zone is stable at a 4-km radius.

Source: Global Volcanism Network.

L’activité de l’Agung le 28 juin 2018 vue par la webcam

La sismicité à Mayotte (Archipel des Comores) // Seismicity in Mayotte (Comoro Islands)

Il y a quelques semaines, un de mes amis m’a indiqué qu’une sismicité persistante affectait l’île de Mayotte (250 000 habitants) dans l’archipel des Comores. Sa fille est médecin dans un hôpital et elle s’inquiète quand elle ressent les secousses, que ce soit à l’hôpital ou à son domicile. À l’hôpital, elle reçoit la visite de patients qui souffrent de crises d’angoisse. Aucune blessure grave n’a été signalée mais des dégâts plus ou moins importants ont été observés sur les bâtiments. Plusieurs familles ont dû être évacuées à cause des fissures apparues dans leurs maisons. Beaucoup de gens ont préféré dormir dans les rues au début du mois de mai, ne sachant pas si la sismicité allait empirer, avec le risque de voir leurs maisons s’effondrer.

Selon le journal Africa Times, les pompiers de Mayotte se livrent à des exercices de simulation de sauvetage de personnes prises au piège d’un glissement de terrain. Par ailleurs, la population est invitée à vérifier l’évolution des fissures sur les murs des maisons.
En fait, cette sismicité dure depuis près de deux mois, et personne n’en connaît exactement la cause. Les épicentres des essaims sismiques ont été localisés à une cinquantaine de kilomètres à l’est de l’île. L’événement le plus significatif jusqu’à présent a atteint une magnitude de M 5,8 le 15 mai 2018. Selon les scientifiques du BRGM qui ont été envoyés à Mayotte, les événements enregistrés dans l’essaim actuel sont du même ordre de grandeur que ceux de 1981 et décembre 1985. Ils font partie d’une sismicité connue et modérée dans le Canal du Mozambique (voir image ci-dessous).
En raison de la situation géographique des Comores, la sismicité à Mayotte pourrait avoir une double origine volcanique et tectonique qui traduit d’une part la position géodynamique de l’archipel sur un point chaud actif et, d’autre part, sa position probable sur le front de la déformation du rift est-africain.
Mayotte est la plus ancienne île volcanique des Comores et ne possède pas de volcan actif. Aujourd’hui, l’activité volcanique se limite au volcan Karthala sur l’île de Grande Comore.
Source: BRGM, African Times, The Watchers.

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A few weeks ago, a friend of mine alerted me to the seismicity that is affecting the island of Mayotte (pop. 250,000) in the Comoros. His daughter is a doctor in a hospital and she is getting anxious when she feels the tremors both in the hospital and in her house. At the hospital, she is visited by patients who suffer from anxiety attacks. No serious injury has been reported but minor damage to buildings has been observed. Several families had to be evacuated because of the damage caused to their homes. Many people slept in the streets during first days in May as they did not know if the earthquakes would become worse and potentially collapse their homes.

According to the newspaper Africa Times, Mayotte’s firefighters are conducting drills designed to simulate rescuing people trapped by a landslide, and emergency experts are teaching the local population to check their homes for cracked walls.

Actually, this seismicity is been going on for nearly two months, and nobody knows exactly what the cause is. The epicentres of the seismic swarms have been located about 50 km to the east of the island. The largest event so far reached M 5.8 on May 15th, 2018. According to BRGM experts who have been sent to Mayotte, the events in the current swarm are of the same order of magnitude as those of 1981 and December 1985. They are part of a known and moderate seismicity in the Mozambique Channel (see figure below).

Due to the geographic situation of the archipelago of Comoros, the seismicity in Mayotte might have a double volcanic and tectonic origin which translates both their geodynamic position on an active hot spot and their probable position at the front of the deformation of the East African rift.

Mayotte is the oldest volcanic island of Comoros and has no active volcano. Today, volcanic activity is restricted to the Karthala volcano at Grande Comore.

Source: BRGM, African Times, The Watchers.

 

Sismicité à Mayotte et dans toute la région (Source: BRGM)

Contexte tectonique de la région (Source: BRGM)