Cause de l’essaim sismique à Santorin (Grèce) début 2025 // Cause of the seismic swarm in Santorini (Greece) in early 2025

Aujourd’hui, nous ne sommes pas capables de prévoir les éruptions ou les séismes, mais nous sommes en mesure d’expliquer ce qui s’est passé, des semaines après ces événements. Santorin (Grèce) illustre parfaitement l’approche actuelle de la volcanologie et de la sismologie.

Source: NASA

Une importante série de séismes a secoué la mer Égée entre janvier et mars 2025. À l’époque, personne ne savait ce qui avait provoqué les secousses qui ont contraint de nombreux habitants à fuir la région. Aujourd’hui, des mois plus tard, nous sommes capables d’affirmer que cette sismicité n’était pas due à un mouvement de faille, comme les scientifiques le craignaient initialement, mais à des remontées de magma à travers la croûte terrestre sous la région de Santorin. C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Science le 20 novembre 2025. Ces travaux viennent compléter une étude précédente publiée dans la revue Nature et que j’avais synthétisée dans une note parue le 27 septembre dernier :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/09/27/les-causes-de-la-crise-sismique-a-santorin-grece-causes-of-the-seismic-crisis-in-santorini-greece/

Source : TW/SAM, Google

Rappelons qu’en l’espace de huit semaines, plus de 25 000 séismes ont frappé les îles de Santorin et d’Amorgos, dont des centaines suffisamment puissants pour être ressentis par les habitants et les touristes. Leur magnitude a souvent dépassé M4,5, ce qui a incité les autorités à déclarer l’état d’urgence. Pendant des semaines, les scientifiques ont débattu pour savoir si cette activité annonçait une éruption imminente à Santorin ou à Kolumbo, le volcan sous-marin voisin.

Accrochées aux falaises de la caldeira de Santorin, les maisons sont sous la menace de la sismicité régionale (Crédit photo: Wikipedia)

Lorsque des chercheurs de l’University College London et de l’Université Aristote de Thessalonique ont réanalysé les données sismiques, ils ont découvert que les séismes ne provenaient pas de failles, mais de dykes se propageant horizontalement dans la croûte terrestre à une profondeur de 9,5 à 14,5 km. Ces dykes ont progressé par à-coups, et chaque poussée de magma déclenchait des milliers de petits séismes qui se sont propagés sur une distance de 20 à 30 km. L’équipe scientifique estime que l’intrusion magmatique représentait un volume d’environ 500 millions de mètres cubes.
Les intrusions provenaient d’un réservoir magmatique reliant la caldeira de Santorin au volcan Kolumbo. Pourtant, malgré sa force, le magma n’avait pas la fluidité nécessaire pour percer la surface. Cette découverte a rassuré les volcanologues et les habitants de la région : une éruption n’était pas imminente. L’étude a utilisé les dernières techniques d’apprentissage automatique pour analyser et relocaliser plus de 25 000 séismes enregistrés par les sismomètres dispersés dans la région. Cette approche a révélé comment la croûte terrestre s’est déformée et fracturée sous l’effet de la remontée du magma. En comparant les données sismiques aux mesures GPS, les chercheurs ont confirmé un léger bombement du sol, compatible avec la remontée du magma à travers la croûte sans qu’il atteigne la surface. Ensemble, ces données ont permis d’obtenir l’une des images les plus détaillées jamais réalisées d’une intrusion magmatique en temps réel.
Cette étude représente l’une des applications les plus intéressantes de l’intelligence artificielle en volcanologie à ce jour. En entraînant des algorithmes à identifier et à relocaliser précisément les signaux sismiques, les scientifiques ont pu reconstituer les trajectoires du magma avec une remarquable précision. Cette même approche pourrait bientôt permettre aux scientifiques de contrôler les essaims magmatiques en temps réel, et ainsi de donner l’alerte dès que le magma commence à se déplacer sous les volcans. Puisque la méthode repose uniquement sur des données sismiques, elle est particulièrement utile pour les systèmes sous-marins comme le Kolumbo, où le GPS et l’imagerie satellitaire peinent à détecter les déformations du sol.

Source : The Watchers et l’étude mentionnée ci-dessus, disponibles à cette adresse :
https://www.ucl.ac.uk/news/2025/nov/cause-santorini-earthquake-swarm-uncovered

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Today, we are not able to predict eruptions or earthquakes, but we are able to explain what happened, weeks after these events.What happened in Santorini (Greece) is a good example of the current approach of volcanology and seismology.

A significant sismic swarm rattled the Aegean Sea between January and March 2025. At the time, nobody could say wghat caused th event that pushed many residents to flee the region. Today, months later, we are able to say that the seismicity was not caused by fault movement, as scientists first feared, but by waves of magma slicing through the crust beneath Santorini. This is what reveals a study published in Science on November 20, 2025. This research complements a previous study published in the journal Nature, which I summarized in a post published on September 27th:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/09/27/les-causes-de-la-crise-sismique-a-santorin-grece-causes-of-the-seismic-crisis-in-santorini-greece/

Remember : over a span of eight weeks, more than 25 000 earthquakes struck between Santorini and Amorgos Islands, with hundreds strong enough to be felt by residents and tourists. Their magnitudes frequently exceeded M4.5, prompting local authorities to declare a state of emergency. For weeks, scientists debated whether this activity signaled a rising eruption at Santorini or Kolumbo, the nearby underwater volcano.

When researchers from University College London and Aristotle University of Thessaloniki reanalyzed the seismic data, they found that the earthquakes came not from faults slipping but from dikes cutting horizontally through the crust about 9.5–14.5 km deep. These dikes advanced in pulses, with each pulse of magma triggering thousands of small quakes that propagated across a 20–30 km stretch of crust. The scientific team estimates the intruded magma’s volume at roughly 500 million cubic meters.

The intrusions shot outward from a magma reservoir connecting Santorini’s caldera to Kolumbo volcano. Yet, despite its force, the magma lacked the buoyancy to break through the surface. This discovery reassured volcanologists and local residents that an eruption was never imminent.

The study used advanced machine learning to analyze and relocate more than 25 000 earthquakes recorded by regional seismometers. This approach revealed how the crust flexed and cracked as magma surged through it. By comparing seismic data with GPS satellite measurements, the researchers confirmed that the ground had bulged slightly upward, consistent with magma forcing its way through the crust without reaching the surface. These combined data offered one of the most detailed views ever obtained of a magmatic intrusion in real time.

This research marks one of the most sophisticated applications of artificial intelligence in volcanology to date. By training algorithms to identify and precisely relocate earthquake signals, scientists could reconstruct the subsurface magma pathways with remarkable accuracy. The same approach could soon allow scientists to monitor swarms as they happen, providing early warnings when magma starts moving beneath volcanoes. Because the method relies only on seismic data, it is particularly useful for underwater systems like Kolumbo, where GPS and satellite imaging cannot easily detect ground deformation.

Source : The Watchers and the above-mentioned study available at this address :

https://www.ucl.ac.uk/news/2025/nov/cause-santorini-earthquake-swarm-uncovered

https://watchers.news/

Colère à Grindavik (Islande) // Anger in Grindavik (Iceland)

La BBC, média d’information britannique réputé pour son sérieux, a essuyé de vives critiques de la part des autorités et des habitants de Grindavík après la publication d’un article intitulé « La ville fantôme d’Islande ensevelie sous la lave ».
Dans les commentaires publiés sur la page Facebook de la BBC, de nombreux Islandais et étrangers soulignent que les informations présentées sont trompeuses, voire carrément fausses. L’article explique la situation de Grindavík au lendemain de l’éruption de novembre 2023. On se souvient que la ville avait été profondément meurtrie par des séismes et avait été menacée par la lave. Deux maisons avaient même été détruites par une coulée.

Crédit photo: presse islandaise

Dans son article, la BBC affirme que la ville est « essentiellement une ville fantôme » et que les visiteurs peuvent désormais participer à des visites organisées à travers la ville ensevelie sous la lave.
Les autorités du port de pêche sont furieuses car l’article va à l’encontre de l’un de leurs principaux objectifs, à savoir « montrer aux gens que la vie ici continue normalement. Des centaines de personnes viennent travailler à Grindavík chaque jour. » Selon les autorités, ce type de couverture médiatique nuit non seulement à Grindavík, mais à tout le pays, et pourrait nuire à l’industrie touristique islandaise.
On ignore quelle sera la réponse officielle, bien que la question ait été abordée lors d’une récente réunion du conseil municipal. Les autorités ajoutent que la BBC aurait dû consulter le nouveau site web de la ville, VisitGrindavik.is, qui vise à fournir des informations précises sur la vie dans le port de pêche.
« C’est du mauvais journalisme.» En réalité, sur les quelque 1 200 maisons de Grindavík, seules 80 environ sont inhabitables, soit environ 7 %. Aujourd’hui, la ville est pleine d’habitants et de visiteurs chaque jour, et il est profondément irresponsable pour un média comme la BBC de laisser entendre que la ville est presque déserte. De nombreux habitants vivent encore à Grindavík, et la ville n’est en aucun cas abandonnée, contrairement à ce que prétend l’article. Plusieurs autres personnes ont exprimé de la désapprobation, qualifiant l’article de la BBC de profondément trompeur et d’exemple de fausses nouvelles (fake news).
Source : Iceland Monitor.

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The BBC, the British news media that is said to be very serious, has come under heavy criticism from residents of Grindavík after publishing a story under the headline “Iceland’s ghost town buried by lava.”

In comments on the BBC’s Facebook page, many Icelandic and foreign readers point out that the information presented is misleading and, in some cases, plainly incorrect. The article discusses Grindavík in the aftermath of the volcanic eruptions of November 2023. One can remember that Grindavik was deeply affected by earthquakes and that the town was under the threat of lava. Two houses waere destroyed by a lava flow. In its article, the BBC is claiming that the town is “essentially a ghost town” and that visitors can now join organized tours through the town buried under lava.

Authorities in the fishing port are furious because the article goes against one of their main challenges, namely « to help people understand that life here goes on as normal. Hundreds of people come to work in Grindavík every single day. » They say that news coverage like this harms not only Grindavík but the whole country, potentially damaging Iceland’s tourism industry.

It is unclear how the town authorities will formally respond, though the issue was discussed at a recent town council meeting. They add that the BBC should have referred to the town’s new website, VisitGrindavik.is, which aims to provide accurate information about the community.

« This is unbelievable journalism. » The truth is that out of the nearly 1,200 houses in Grindavík, only about 80 are uninhabitable, roughly seven percent. Today, the town is full of residents and visitors every day, and it is deeply irresponsible for a major outlet like the BBC to imply the town is nearly deserted. Many residents still live in Grindavík, and the town is by no means abandoned, contrary to what the article suggests.

Several other persons expressed similar disappointment, calling the BBC article deeply misleading and an example of fake news.

Source : Iceland Monitor.

Une meilleure prévision éruptive sur l’Etna (Sicile) ? // Better eruptive prediction on Mt Etna (Sicily) ?

Alors que l’Etna est vivement critiqué par l’UNESCO pour la mauvaise gestion de son Parc, une nouvelle méthode de surveillance des mouvements de magma sous le volcan pourrait permettre aux scientifiques de mieux prévoir une éventuelle éruption.
L’éruption la plus récente de l’Etna, le 2 juin 2025, a éjecté un énorme nuage de cendres de 6,5 kilomètres de haut et déclenché une avalanche de blocs de lave et autres matériaux.

https://www.youtube.com/shorts/T8FxmsaoqQc?feature=share

L’éruption était annoncée ; les autorités ont donc pu émettre des bulletins d’alerte le matin même, mais les prévisions sont rarement aussi fiables.
Selon une nouvelle étude publiée par des scientifiques de l’INGV le 8 octobre 2025 dans la revue Science Advances, la nouvelle méthode de surveillance pourrait faciliter la prévision des éruptions de l’Etna. Les chercheurs ont analysé un paramètre, la valeur b, qui décrit le rapport entre les séismes de faible et de forte magnitude dans une région de la croûte terrestre. Ce rapport peut changer à mesure que le magma remonte à travers la croûte jusqu’au sommet d’un volcan. Un géophysicien de l’Etna Osservatorio explique que « l’évolution de la valeur b au fil du temps reflète l’évolution des contraintes à l’intérieur du volcan. Puisque la remontée du magma induit des variations de contraintes au sein de la croûte, le suivi de la valeur b peut révéler les différentes étapes du transfert du magma des profondeurs vers la surface.»
La valeur b est un paramètre établi en volcanologie, mais les chercheurs l’ont étudiée d’une manière innovante, à l’aide d’un modèle statistique actualisé. En compilant 20 années de données sismiques sur l’Etna, ils ont constaté une forte corrélation entre la valeur b et l’activité volcanique de l’Etna.
L’Etna se situe dans la zone de collision entre les plaques tectoniques africaine et européenne. De ce fait, une fracture verticale dans la croûte terrestre sous le volcan facilite la remontée du magma à la surface. La croûte sous l’Etna atteint 30 km d’épaisseur. Le magma remonte à travers la croûte avant une éruption, mais au lieu de réalimenter une seule chambre magmatique, la roche en fusion alimente une série de zones de stockage interconnectées, logées dans la croûte à différentes profondeurs. La zone de stockage magmatique la plus profonde se situe à 11 km sous le niveau de la mer et alimente un système de stockage intermédiaire composé de différentes zones s’étendant probablement de 3 à 7 km de profondeur. À mesure que le magma remonte, il traverse un réseau complexe de fractures et atteint finalement la dernière zone de stockage, située au-dessus du niveau de la mer, à l’intérieur de l’édifice volcanique.

Modèle sismique-tectonique 3D mettant en évidence la corrélation entre les clusters sismiques et les principales structures géologiques. Source : INGV)

Les chercheurs ont analysé les schémas sismiques des 30 kilomètres de croûte sous le volcan de 2005 à 2024, en accordant une attention particulière à la variation de ces schémas selon les régions de la croûte. En général, les régions de la croûte terrestre comportant des zones de stockage magmatique actives présentent des valeurs b plus élevées que les régions plus stables, car les zones actives connaissent plutôt de petits séismes. À l’inverse, les régions plus stables de la croûte terrestre subissent généralement plus de séismes importants car la force nécessaire pour briser la roche est plus importante.
Ainsi, en suivant la valeur b au fil du temps, les chercheurs pourraient suivre le mouvement du magma à travers la croûte profonde jusqu’à la première zone de stockage, puis vers le système de stockage intermédiaire, et enfin vers la zone de stockage peu profonde. Cette méthode pourrait permettre aux scientifiques d’estimer la chronologie des éruptions de l’Etna.
Source : Live Science via Yahoo News.

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While Mount Etna is under sharp criticism from the UNESCO for the poor management of its Park, a newly discovered way to monitor magma movements beneath the volcano could help scientists forecast when it might erupt.

Etna’s most recent eruption, in June 2025, ejected a huge 6.5-kilometer-high cloud of ash and triggered an avalanche of hot lava blocks and other debris. The eruption was expected, so officials were able to issue warnings on the morning of the event, but predictions are rarely as reliable.

According to a new study published by INGV scientists on October 8 2025 in the journal Science Advances , the novel method could make it easier to predict Mount Etna’s eruptions. The researchers analyzed a parameter called the b value, which describes the ratio of low-magnitude to high-magnitude earthquakes in a region of Earth’s crust. This ratio can change as magma rises through the crust to the summit of a volcano.

A geophysicist at INGV’s Etna Observatory explains that « changes in the b value over time reflect how the stress inside the volcano is evolving. Since magma ascent induces stress changes within the crust, tracking the b value can help reveal different stages of magma transfer from depth to the surface. »

The b value is an established parameter in volcanology, but the researchers examined it in a novel way, with an updated statistical model. By compiling 20 years’ worth of earthquake data from Mount Etna, they found a very strong correlation between the b value and Etna’s volcanic activity.

Mount Etna sits in the collision zone between the African and European tectonic plates. As a result, a vertical fracture in Earth’s crust underlies the volcano, thus facilitating the rise of magma to the surface. The crust beneath Mount Etna is up 30 km thick. Magma rises through this volume before an eruption, but instead of replenishing a single magma chamber, the molten rock feeds a series of interconnected storage zones that are embedded in the crust at different depths. The deepest magma storage zone is 11 km below sea level, and it feeds an intermediate storage system with different zones likely extending 3 to 7 km deep. As magma rises, it travels through an intricate network of fractures and eventually reaches the last storage zone, which is located above sea level inside the volcano edifice.

The researchers analyzed seismic patterns in the 30 kilometers of crust beneath the volcano from 2005 to 2024, paying particular attention to how these patterns varied between crustal regions. Generally, regions of Earth’s crust with active magma storage zones show higher b values than more stable regions do, because the active zones experience more small earthquakes than bigger ones. Conversely, regions of Earth’s crust that are more stable typically experience more big earthquakes than smaller ones, because it takes more force to break the rock.

So, by tracking the b value over time, it may be possible for researchers to follow the movement of magma through the deep crust to the first storage zone, up from there to the intermediate storage system, and up again to the shallow storage zone. This method could help experts estimate the timings of eruptions at Mount Etna.

Source : Live Science via Yahoo News.

Un lien entre Cascadia et San Andreas ? // Link between Cascadia and San Andreas ?

Quand je présente mon diaporama « La Descente des Cascades » qui montre la chaîne volcanique du même nom, j’indique que sa présence est due à la subduction de la plaque tectonique Juan de Fuca qui plonge sous la plaque nord-américaine. Je signale par ailleurs que, comme dans toutes les zones de subduction, il existe – outre le risque volcanique – un risque sismique élevé dans les Etats d’Oregon et de Washington, même si la région ne se fait pas secouer très souvent.

Source: USGS

Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université d’État de l’Oregon et publiée en septembre 2025 dans la revue Geosphere, un puissant séisme sur la zone de subduction de Cascadia, dans le Nord-Ouest du Pacifique, pourrait déclencher un séisme d’une intensité semblable sur la faille de San Andreas, en Californie.

Zone de subduction de Cascadia et Faille de San Andreas, avec le cap Mendicino entre les deux (Source : USGS)

Ces conclusions reposent sur l’étude de sédiments prélevés au large du cap Mendocino, en Californie, et au large de l’Oregon. C’est au niveau de ce cap que se termine la faille de San Andreas et que commence la zone de subduction de Cascadia.

Il s’agit de deux systèmes de failles très différents, mais les relevés sédimentaires montrent que, par le passé, au moins trois séismes le long de la faille de San Andreas se sont produits quelques heures à quelques jours après d’importants séismes sur celle de Cascadia. Il se pourrait que sept autres se soient produits en quelques décennies, voire quelques années, voire moins.
Si les deux systèmes de failles sont réellement synchronisés, cela pourrait poser un réel problème pour les secours en cas de catastrophe, car les ressources ne seraient pas suffisantes pour répondre à deux séismes déclenchés simultanément ou à un court intervalle.
La zone de subduction de Cascadia peut provoquer des séismes extrêmement puissants. En 1700, la région a connu un séisme de magnitude estimée entre M8,7 et M9,2, qui a provoqué des tsunamis destructeurs jusqu’au Japon. De tels séismes sont causés par le mouvement de trois plaques océaniques (l’Explorer, la Juan de Fuca et la Gorda) qui glissent sous le continent nord-américain.
La faille de San Andreas, quant à elle, est une faille en décrochement où les masses rocheuses de part et d’autre de la faille se déplacent horizontalement. Le plus important séisme causé par cette faille fut celui de San Francisco (de magnitude M7,9) en 1906. Comme la faille traverse des zones densément peuplées, elle pourrait causer des dégâts considérables, comme lors du séisme de Loma Prieta en 1989, qui a fait 63 morts.

Séisme de Loma Prieta (Crédit photo : USGS)

Les deux systèmes de failles – Cascadia et San Andreas – se rejoignent au large de Mendocino, dans une zone dite de « triple jonction ».

Cap Mendicino

La découverte de cette zone s’est faite de manière fortuite. En 1999, des scientifiques effectuaient une campagne pour prélever des carottes de sédiments au fond de l’océan à Cascadia, à la recherche de signes de séismes anciens. Lors de cette mission, un problème technique a fait dévier le navire d’environ 100 kilomètres de sa position initiale. Les scientifiques, qui tentaient de dormir entre deux séances de travail, ne se sont rendu compte de l’erreur qu’à leur réveil. Ils ont tout de même décidé de prélever une carotte de sédiments à cet endroit. Lorsqu’ils ont analysé l’échantillon plus tard, ils ont découvert qu’il contenait un mystère.

Les turbidites [NDLR : Le terme turbidite désigne à la fois une unité géologique structurée composée de roches sédimentaires mises en place à la suite d’un écoulement de sédiments le long d’une pente sous-marine ou sous-lacustre, ainsi que les roches qui composent cette unité.] de l’échantillon ne présentaient pas une couche grossière au fond et une couche plus fine au-dessus, comme c’est généralement le cas. Cette carotte de la zone de San Andreas présentait des dépôts qui semblaient à l’envers, avec le sable à la surface. Les chercheurs n’ont pu donner aucune explication à cette inversion stratigraphique. Ils n’avaient pas non plus d’explication à un autre mystère étrange concernant ces échantillons offshore : les carottes prélevées au sud de la « triple jonction », dans la zone nord de San Andreas, semblaient illustrer des séismes correspondant à la chronologie des séismes enregistrés au nord de la triple jonction en Cascadia. Au cours des 1 300 dernières années, ils ont découvert 18 turbidites probablement d’origine sismique à Cascadia et 19 au large du nord de San Andreas. Dix d’entre elles semblent s’être déposées à 50 à 100 ans d’intervalle.
Plus surprenant encore, dans trois cas, le sable grossier de la couche supérieure était mélangé au sable plus fin de la couche inférieure. Cela laissait supposer que la couche supérieure s’était tassée alors que la couche inférieure était encore en mouvement. Cela pourrait signifier que les deux couches se sont déposées à quelques heures ou quelques jours d’intervalle. Cela incluait trois événements : le séisme de Cascadia de 1700, ainsi que ceux d’il y a 1 200 et 1 500 ans.
Il a fallu de nombreuses années pour effectuer des datations supplémentaires au Carbone 14 et comprendre ce qui s’est passé. Les scientifiques sont arrivés à la conclusion que ces turbidites de San Andreas pourraient correspondre à deux séismes différents : l’un, dans la région lointaine de Cascadia, n’aurait secoué que du limon et du sable plus légers ; l’autre, dans la zone de San Andreas serait survenu peu de temps après, localement plus fort, aurait déplacé des matériaux plus grossiers.
Dans cette nouvelle étude, les chercheurs pensent que les puissants séismes de la zone de Cascadia peuvent transférer des contraintes à la région voisine de San Andreas, provoquant un séisme le long de la faille de San Andreas peu après. Cascadia et la région nord de San Andreas sont très actives sur le plan sismique, et de nombreuses autres failles pourraient également entrer en jeu. L’interprétation des dépôts sédimentaires est complexe, et la datation au radiocarbone présente des incertitudes. D’autres études seront nécessaires pour confirmer l’hypothèse avancée dans la dernière étude.
Source : Live Science via Yahoo News.

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According to a new study by researchers at Oregon State University,, published in September 2025 in the journal Geosphere, a « Big One » on the Cascadia subduction zone in the Pacific Northwest might trigger a similarly serious earthquake on California’s San Andreas Fault. The findings are based on sediments taken from the seabed off the coast of Cape Mendocino, California and offshore Oregon. It is at Cape Mendocino that California’s famous San Andreas fault ends and the Cascadia subduction zone begins.

These are two very different fault systems, but the sediment record suggests that in the past, at least three San Andreas earthquakes have happened within hours to a couple of days after large Cascadia quakes. Another seven or so may have occurred within decades to years or less.

If the two fault systems are really synchronized, it could be a real problem for disaster relief as there would not be enough resources to respond to two earthquakes triggered simultaneaously or a short time apart.

Cascadia can create extremely powerful earthquakes. Un 1700, the region experienced a quake thought to be between magnitude M8.7 and M9.2 that sent destructive tsunami waves all the way to Japan. These quakes are caused by movement of three oceanic plates (the Explorer, the Juan de Fuca, and the Gorda) slipping beneath the North American continent.

The San Andreas Fault, on the other hand, is a strike-slip fault where rock masses on either side of the fault move past each other horizontally.. The largest known quake on the northern San Andreas was the M7.9 1906 San Francisco earthquake. Because the fault runs through densely populated areas, it could do a great deal of damage, as in the 1989 Loma Prieta earthquake that killed 63 people.

The two fault systems meet off the coast of Mendocino in an area known as the « triple junction. » Scientists were on a research cruise in 1999 drilling core samples from the ocean floor in Cascadia, looking for signs of ancient earthquakes. On that cruise, a ptoblem led to the ship traveling about 100 kilometers from where it was supposed to be. The scientists, who were trying to sleep between working, did not realize the error until the ship arrived. They decided to take a core sample in that spot anyway. When the team later analyzed the sample, they realized it contained a mystery. The turbidites in the sample didn’t have the coarse layer on the bottom and the finer layer on top, as was typical. This original core of the San Andreas had deposits that looked like they were upside-down because the sand was at the top.

The researchers had no explanation for this flip-flopped pattern. Nor did they have an explanation for another strange mystery of these offshore samples: Cores taken south of the triple junction, in the area of the northern San Andreas, seemed to show earthquakes that matched well to the timing of earthquakes taken north of the triple junction in Cascadia. In the last 1,300 years, they found, there were 18 likely earthquake-generated turbidites in Cascadia and 19 offshore from the northern San Andreas. Ten of those appeared to be deposited within 50 to 100 years of each other.

Even more surprising, in three cases, the coarse sand of the upper layer was mixed into the finer sand of the lower layer, suggesting the upper layer had settled while the bottom layer was still in motion. That would mean that the two layers were deposited within hours to days of one another. These three events included the 1700 Cascadia quake, as well as quakes 1,200 years ago and 1,500 years ago.

It took many years to conduct additional radiocarbon dating and understand what has happened. The scientists finally thought that these San Andreas turbidites might represent two different quakes: One, from the far-off Cascadia region, which shook off only lighter silt and sand, and the second, from a soon-after San Andreas quake that was locally stronger and could move coarser material.

In the new study, the researchers think that large quakes in Cascadia can transfer stress to the neighboring San Andreas, which then leads to a San Andreas earthquake not long after. Cascadia and the northern San Andreas region are highly seismically active, and many other faults could trigger earthquakes. Sedimentary deposits are complicated to interpret, and there are uncertainties inherent in radiocarbon dating. More studies will be necessary to corroborate the hypothesis suggested in the last research. .

Source : Live Science via Yahoo News.