Péninsule de Reykjanes (Islande) : on attend toujours une éruption… // Reykjanes Peninsula (Iceland) : still waiting for an eruption…

La sismicité est actuellement faible sur la péninsule de Reykjanes, même si elle s’est un peu intensifiée au cours des deux derniers jours. Le Met Office islandais affirme qu’il serait surprenant qu’il ne se passe rien cette semaine. La circulation du magma est relativement stable depuis l’éruption ratée du 2 mars 2024. L’accumulation de magma sous Svartsengi continue d’augmenter régulièrement et a désormais atteint un volume plus élevé qu’au début du mois. Le 11 mars, ce volume était estimé à 10 millions de mètres cubes, soit plus qu’avant l’éruption du 8 février.
Si rien ne se passe cette semaine, cela signifiera que le comportement de intrusion magmatique s’est modifié. Le Met Office prévient malgré tout qu’une éruption volcanique peut commencer très rapidement, avec un préavis de moins de 30 minutes.

Eruption…ou pas éruption? (Image webcam de l’éruption du 8 février)

——————————————-

Seismcicity is currently low on the Reykjanes Peninsula, although it has been higher in the past two days. However, the Icelandic Met Office says it would be a surprise if something did not happen this week. The magma flow has been relatively calm since the failed eruption of March 2nd, 2024. Magma accumulation benaeth Svartsengi has continued to increase steadily, and has now reached a higher volume than at the beginning of the month. On March 11th, its volume was estimated at 10 million cubic meters, which is more than before the volcanic eruption on February 8. .

If nothing happens this week, this will mean something has changed in the last magma intrusion. The Met Office still warns that that a volcanic eruption can start very shortly, even in less than half an hour.

Nouvelles d’Islande : une éruption ce week-end ? // News from Iceland : an eruption this weekend ?

Selon un scientifique de l’Université d’Islande, une éruption pourrait se produire dès ce week-end sur la péninsule de Reykjanes. Le site le plus probable semble être Sundhnúkagígar, où des éruptions ont eu lieu en décembre, janvier et février derniers.
Le 1er mars 2024 au soir, le Met Office islandais a enregistré une soixantaine de séismes sur une période de 24 heures au niveau de l’intrusion magmatique qui se trouve sous le secteur. La zone montrant le plus haut niveau d’activité se trouve à l’est de Sýlingarfell.

++++++++++

2 mars 2024 – 21h00 (heure française) : Dans un premier message diffusé à 17h30 (UTC), le Met Office a indiqué qu’un intense essaim sismique s’était produit à l’est de Sýlingarfell sur la péninsule de Reykjanes en fin d’après-midi. du 2 mars 2024. Tout le monde pensait qu’une éruption fissurale était sur le point de commencer. La sismicité a commencé à l’extrémité sud de la fissure formée le 18 décembre 2023 et s’est déplacée vers le sud en direction de Hagafell.

Dans un deuxième message diffusé à 19h10, le Met Office a indiqué que la sismicité avait cessé. « Il est donc considéré comme probable que l’intrusion magmatique se soit arrêtée temporairement ou ait fortement diminué. Cependant, des déformations mineures continuent d’être observées dans le secteur, il est donc trop tôt pour affirmer que l’intrusion magmatique est terminée et qu’il n’y aura pas d’éruption. »

Image de l’éruption du 8 février (Crédit photo: Protection Civile)

———————————————–

According to a scientist at the University of Iceland, an eruption coulsd occur this weekend at the Reykjanes Peninsula. The most likely place for it would be Sundhnúkagígar, where eruptions took place in December, January and February.

On March 1st, 2024 in the vening, the Icelandic Met Office reported some 60 earthquakes over a 24 hour span in the magma corridor that lies under the area. The area with the highest level of activity was to the east of Sýlingarfell.

++++++++++

March 2nd, 2024 – 9:00pm (French time) : In a first message released at 17:30 (UTC), the Met Office indicated that an intense swarm of microseismic activity had occurred east of Sýlingarfell on the Reykjanes Peninsula late in the afternoon of March2nd, 2024. Everybody thought a fissure eruption was about to start. The seismicity began at the southern end of the fissure that formed on December 18th, 2023.and moved southwards in the direction of Hagafell.

In a second message released at 19:10, the Met Office indicated that the seismicity had ceased. « It is thus considered likely that the magma intrusion has stopped temporarily or is significantly diminished. However, minor deformation continues to be measured in the area, so it is too early to assert that the magma intrusion has ended, and that there will not be an eruption at this time. »

Du magma sous le Denali (Alaska) ? // Magma beneath Denali (Alaska) ?

Lorsque l’avion arrive en vue de l’Alaska par temps clair, on ne peut manquer la masse du Denali – appelé Mont Mc Kinley de 1896 à 2015 – qui dresse ses 6 190 mètres au-dessus de la Chaîne d’Alaska. Il constitue le point culminant de l’Amérique du Nord

 

Photo: C. Grandpey

La Chaîne d’Alaska est le fruit de la subduction, à un rythme de 5 centimètres par an, de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. D’ordinaire, dans un tel contexte géologique, on trouve des volcans, comme c’est le cas au Chili, au Mexique, ou encore dans les Aléoutiennes. Pourtant, bien qu’il se dresse au-dessus d’une zone de subduction, le Denali n’est pas un volcan. Il est constitué de granite et de schiste, résultat du métamorphisme dans le massif, et, à une dizaine de kilomètres en profondeur, d’un pluton âgé de 56 millions d’années.

Alaska Range (Source : Britannica)

En raison de l’activité tectonique due au processus de subduction, on enregistre chaque année dans la région du Denali quelque 600 séismes d’une magnitude supérieure à M 1,0, avec quelques exceptions plus significatives. Le 21 mai 1991, une secousse de M 6,1 s’est produite à 112 kilomètres de profondeur, juste sous le Denali. Le 23 octobre et le 3 novembre 2002, deux secousses de M 6,3 et M 7,9 ont été enregistrées à 50 kilomètres de profondeur, à l’est du parc, le long de la faille du Denali.

Photo: C. Grandpey

Même si le Denali n’est pas un volcan, une équipe de scientifiques a peut-être accidentellement découvert du magma sous la région. En étudiant l’activité sismique, ils ont récemment découvert des preuves d’un réservoir de magma à environ 11 km sous la surface. C’est ce qu’explique une étude publiée en décembre 2023 dans le Journal of Geophysical Research : Solid Earth.
En 2019, l’équipe scientifique s’est rendue dans la région du Denali pour collecter des données à la suite d’un séisme de magnitude M 7.1 qui avait frappé Anchorage en novembre 2018, avec une série de répliques. Ils ont placé des centaines de sismomètres le long de la route, à proximité de la faille du Denali et quelques-uns directement au-dessus de la faille. Cela a permis à l’équipe scientifique de collecter des données sur des séismes locaux et éloignés susceptibles d’être utilisées pour analyser les variations de la croûte et du manteau supérieur dans la zone de subduction de l’Alaska.

 

Photo: C. Grandpey

Un peu plus tard, en analysant leurs données, les chercheurs ont remarqué une « anomalie de vitesse sismique », une zone dans laquelle les ondes ralentissaient en traversant le sol. Selon l’étude, cet endroit correspond très probablement à la présence d’un réservoir de magma à l’activité lente. L’anomalie se situe dans la croûte sous deux dépôts volcaniques inattendus dans le secteur et au-dessus de l’endroit où la plaque subductrice plonge dans le manteau. Dans le passé, les scientifiques avaient déjà découvert dans la région du Denali des roches présentant les mêmes signatures chimiques que les volcans de l’arc des Aléoutiennes.

 

Arc des Aléoutiennes (Source : AVO)

Il est important de noter que cette quantité de magma et la taille des volcans de cette région sont bien inférieures à celles des volcans de la partie active de l’arc volcanique. Des scientifiques non impliqués dans l’étude pensent que l’activité sismique dans la région du Denali pourrait être provoquée par des fluides autres que le magma, ou par un mélange d’autres fluides et de magma. Pour confirmer la présence de magma, les scientifiques auront besoin d’une image plus claire de l’anomalie. Il leur faudra pour cela installer des instruments de surveillance sismique directement au-dessus du secteur qui pose problème, en sachant que l’accès à l’Intérieur de l’Alaska est particulièrement difficile, voire dangereux.

Source  : médias d’information scientifique américains.

————————————————

When your plane arrives close to Alaska on a clear day, you can’t miss the mass of Denali – called Mount McKinley from 1896 to 2015 – which rises 6,190 meters above the Alaska Range. It is the highest point in North America
The Alaska Range is the result of the subduction, at a rate of 5 centimeters per year, of the Pacific plate under the North American plate. Usually, in such a geological context, we find volcanoes, like in Chile, Mexico, or even in the Aleutians. Yet, although it sits above a subduction zone, Denali is not a volcano. It is made up of granite and schist, the result of metamorphism in the massif, and, about ten kilometers deep, of a pluton aged 56 million years.
Due to the tectonic activity caused by the subduction process, around 600 earthquakes of magnitude greater than M 1.0 are recorded each year in the Denali region, although with some exceptions. On May 21st , 1991, an M 6.1 tremor occurred at a depth of 70 miles, just beneath Denali. On October 23rd and November 3rd, 2002, two tremors of M 6.3 and M 7.9 were recorded at a depth of 50 kilometers, east of the park, along the Denali Fault. .

Even though Denali is not a volcano, a team of scientists may have accidentally discovered magma bubbling beneath the region. While studying seismic activity in the area, they recently uncovered evidence of a magma reservoir about 11 km beneath the surface. This is explained in a study published in December 2023 in the Journal of Geophysical Research: Solid Earth.

In 2019, the scientific team headed to the Denali region to collect data following an M 7.1 earthquake that hit Anchorage in November 2018 and was expected to produce a series of aftershocks. They placed hundreds of seismometers along the highway near the Denali fault and a few directly above the fault. This allowed the team to collect data from local and distant earthquakes that could be used to document the variations of the crust and uppermost mantle of the Alaska subduction zone.

Some time later, while analysing their data, the researchers noticed a « seismic-velocity anomaly » — an area where the waves slowed down as they passed through the ground. According to the study, this spot most likely indicates the presence of a reservoir of slow-moving, molten magma. The anomaly lies in the crust below two unusual volcanic deposits and above where the subducting slab dips into the mantle. In the past, scientists had found rocks in the Denali area with the same chemical signatures as volcanoes in the Aleutian Arc.

It is important to note that this amount of magma and the size of the volcanoes in this region are much smaller than the volcanoes in the active part of the volcanic arc. Other scientists not involved in the study say that the seismic activity in the Denali region could be caused by fluids other than magma, or a mix of other fluids and magma. To confirm the presence of magma, scientists will need a clearer image of the anomaly, which will require them to install seismic monitoring instruments directly above the mystery spot, a difficult feat in the treacherous terrain of inland Alaska.

Source : U.S. scientific news media.

Grindavik ! (2) La colère des journalistes // The journalists’ anger

En raison de l’instabilité et de la dangerosité, la police limite l’accès des journalistes à Grindavík depuis l’éruption du 14 janvier 2024. Le président de l’Union des journalistes islandais a protesté contre ce qu’il a appelé « la censure et la limitation de la liberté d’expression en empêchant l’accès des journalistes à la zone, sans raison valable ».
Il convient de garder à l’esprit que l’éruption du 14 janvier a détruit trois maisons, provoqué la formation de crevasses à l’intérieur de la ville. Elle a aussi et déplacé les 3 800 habitants qui ne savent pas de quoi demain sera fait. La ville avait déjà été évacuée le 10 novembre 2023 en raison de l’activité sismique. Les habitants de Grindavík attendent de savoir comment le gouvernement pourra les aider pendant qu’ils sont loin de chez eux.

Les journalistes ont été autorisés à entrer à Grindavík le 5 février 2024, pendant deux heures seulement. Les autorités islandaises expliquent que les journalistes n’ont pas été autorisés auparavant par respect pour les habitants et pour ne pas gêner les interventions d’urgence dans le secteur. Le président des journalistes a déclaré qu’ils devraient être autorisés à informer sur les événements historiques majeurs, comme ce fut le cas le week-end précédent, lorsque les habitants ont transporté leurs affaires hors de la zone dangereuse.
Lors de la visite du 5 février, les journalistes ont été entassés dans un bus et accompagnés par les services de secours. Un policier décidait du parcours emprunté par le bus. Une demi-douzaine d’arrêts ont été effectués en ville, et limités aux zones présentant des crevasses ou des dégâts, sans contact avec des personnes. Seules deux zones étaient prévues pour les photos par drone. Les journalistes ont protesté contre ce type de trajet organisé.
En novembre 2023, le syndicat des journalistes avait demandé au ministère de la Justice d’élargir l’accès à la zone dangereuse, mais les autorités n’ont pas répondu.

Source  : Iceland Review.

Remarque personnelle : Il faudrait tout de même que les journalistes gardent à l’esprit que leur travail consiste à informer, sans voyeurisme ni sensationnalisme. Cela n’a pas toujours été le cas ailleurs en Europe, ce qui explique probablement les restrictions décidées par les autorités islandaises.
Source  : Iceland Review.

Grindavik, une ville meurtrie (Crédit photo: Iceland Review)

————————————————

Because of the unstable and dangerous situation within the town, the police has limited access to Grindavík for journalists since the January 14th eruption. The president of the Union of Icelandic Journalists raised a protest against what he called “applying censorship and limiting journalists’ freedom of speech by limiting journalists’ access to the area with no rational cause.”

One should keep in mind that the January 14th eruption destroyed three houses, caused crevasses to form across town, and displaced the 3,800 inhabitants for the foreseeable future. The town had already been evacuated on November 10th, 2023, due to seismic activity. Grindavík residents await a government decision on how they can be helped while displaced.

Journalists were allowed to enter Grindavík on February 5th, 2024 for two hours. Icelandic authorities explain that they had not been allowedbeforee due to consideration for the residents and the vast emergency response in the area. The journalists’ president said that they should be allowed to document major historical events, such as the previous weekend when residents transported their belongings from the danger area.

During the February 5th visit, the journalists were herded into a bus and chaperoned by emergency response personnel. A special unit police officer decided where the bus went. A half-dozen stops were made in town, limited to areas with crevasses or damages, but nowhere near people. Only two areas were designated for flying drones to photograph. The journalists did not agree with the arrangements.

In November 2023, the journalists’union had petitioned the Ministry of Justice to increase access to the danger area, but the ministry had not responded.

Source : Iceland Review.

Personal note : The journalists should remember that their duty is to onform, with no voyeurism and no sensationalism. This has not always been the case elsewhere in Europe, which probably accounts for the restrictions decided by Icelandic authorities.

Source : Iceland Review.