Enfin une bonne nouvelle !

Dans deux notes intitulées « Saccage d’un glacier en Autriche » et publiées au mois de septembre 2019, j’avais attiré l’attention sur des événements condamnables en cours sur le glacier de Piztal. Des pelleteuses et bulldozers étaient à l’ouvre sur le glacier pour permettre la connexion des domaines skiables de Pitztal et Ötztal. Le 24 juin 2019, le club alpin autrichien et les associations environnementalistes avaient demandé l’arrêt de cet immense projet qui prévoyait qu’une surface d’environ 64 hectares du glacier de Pitztal soit nivelée pour former des pistes de ski. Pour la construction des nouveaux bâtiments, il était aussi envisagé que 1,6 hectare de glace soient retirés. Les protestations étaient restées vaines. Les pelleteuses étaient arrivées et les aménagements avaient commencé. Dans ma note, je critiquais vivement cette situation. Je rappelais les prévisions scientifiques qui expliquent que tous les glaciers des Alpes pourraient avoir disparu d’ici 2100. Parallèlement, il n’y aura probablement plus de neige pour skier. J’ajoutais que ces mêmes personnes qui détruisent les glaciers sont capables de venir pleurer dans quelques années pour demander de l’argent à l’Etat car leurs infrastructures hivernales ne sont plus rentables !

Heureusement, le projet de liaison des domaines skiables de Pitztal et Ötztal sera abandonné. C’est ce qu’a décidé la population par référendum. Au moment du saccage glaciaire, une pétition lancée par l’initiative citoyenne Feldring contre la fusion des domaines skiables sur glacier avait déjà été signée par 168 000 personnes. En janvier 2020, le projet prenait du plomb dans l’aile après l’évaluation négative de l’étude d’impact sur l’environnemental et l’ajournement de l’audience des domaines skiables par la Haute Autorité environnementale du Tyrol à la demande des exploitants.

Le dimanche 17 juillet 2022, le projet a subi un dernier revers. Un référendum était en effet organisé sur la commune d’implantation du glacier de Pitztal, auprès des 1 188 habitants de Sankt Leonhard im Pitztal. La question était : « Faut-il construire la fusion des domaines skiables de Pitztal et d’Ötztal ?  » Résultat : 50,36% de non, 49,64% de oui, pour 59% de participation.

Il faut maintenant espérer que certaines personnes peu scrupuleuses ne remettront pas en cause une décision démocratique.

Source: Montagne Magazine.

Source: WWF

Plus près de nous, dans le massif de la Meije, un projet consisterait à prolonger le téléphérique actuel du glacier de la Girose, jusqu’au Dôme de la Lauze à 3500 m d’altitude, ce qui permettrait d’atteindre le domaine skiable des Deux-Alpes. Ce projet fracture en ce moment le village de La Grave. Certains pensent qu’il est nécessaire à la survie de la station, tandis que d’autres sont persuadés qu’il va dénaturer la montagne. A l’heure actuelle, le chantier a été retardé car l’administration demande des études complémentaires, et il ne devrait pas reprendre avant 2022. J’espère pouvoir me rendre dans les Hautes Alpes en septembre et en savoir plus sur le projet. Je ne manquerai pas de rappeler que le ski d’été aux Deux-Alpes est tombé à l’eau en juillet2022 à cause des températures trop élevées…

Glacier de la Girose (Photo: C. Grandpey)

La Convention citoyenne pour le climat ? Un coup d’épée dans l’eau !

Heureusement que la Convention citoyenne qui vient de livrer ses conclusions avait bien spécifié qu’elle était « pour le climat » car je ne trouve pas grand-chose dans le résultat des cogitations des 150 participants qui permettra de ralentir le réchauffement climatique qui menace de plus en plus notre planète. Entre autres, je ne vois pas trop comment la réduction du temps de travail à 28 heures empêchera les glaciers de fondre, sans compter qu’une telle mesure ne sera jamais reprise par le gouvernement. Par contre, quid de la taxe carbone ? Simple oubli ou omission volontaire sous la pression de lobbies ?  S’agissant du référendum, j’ai des doutes 1) sur la ou les questions qui seront proposées à la population et 2) sur l’issue d’une telle consultation qui risque de se transformer en Pour ou Contre Emmanuel Macron !

De manière plus globale, cette Convention citoyenne a été organisée à l’échelle de la France et elle n’aura donc aucune influence sur l’avenir de notre planète. Pour que l’on arrive à un résultat concluant, il faudrait que chaque pays organise sa propre convention, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement. Vous avez dit Union Européenne ?

Mon rêve est de voir ENFIN les Conferences Of Parties, autrement dire les COP, donner des directives concrètes aux différents pays dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais ce n’est pas demain la veille. On a vu le fiasco des différentes COP qui se sont tenues jusqu’à présent, à commencer par celle de Paris qui a fixé un objectif de limite de hausse de température globale qui ne sera jamais atteint dans les délais impartis. On a vu le peu d’intérêt accordé à la dernière COP de Madrid (à l’origine prévue au Chili) par le Président Macron qui a brillé par son absence. Sans parler de la COP organisée en Pologne, au cœur du bassin houiller de Silésie et à l’issue de laquelle le président polonais a déclaré qu’il continuerait à produire du charbon !! Un comble pour une manifestation pour le climat !! Il n’est pas besoin d’être un énarque pour s’en rendre compte : ces Conférences coûtent cher pour des résultats insignifiants.

Combien faudra-t-il d’événements extrêmes, de désastres climatiques et de catastrophes sociales, quelle hausse du niveau des océans pour que les gouvernements se décident à prendre les mesures nécessaires. Actuellement, nos gouvernants se plaisent à pratiquer la politique de l’autruche et de la patate chaude. Comme le disait fort justement Nicolas Hulot devant l’Assemblée Nationale avant de démissionner : « Tout le monde s’en fiche ! »

Nouvel avis de décès glaciaire // New glacial death notice

Après le service commémoratif consacré au glacier Ok en Islande il y a quelques semaines, des dizaines de personnes ont entrepris une « marche funèbre » en Suisse, près des frontières autrichienne et liechtensteinoise. L’événement a eu lieu le 22 septembre 2019 pour marquer la disparition du glacier Pizol, en raison du réchauffement climatique. Le Pizol a tellement perdu de sa substance que, d’un point de vue scientifique, il n’est plus un glacier.
Vêtus de noir, les participants ont procédé à une « marche funèbre » solennelle de deux heures jusqu’au pied de la formation de glace qui est en train de fondre rapidement à une altitude d’environ 2700 mètres. Une fois arrivés sur place, un aumônier et plusieurs scientifiques ont prononcé des discours en souvenir du glacier, accompagnés par les sonorités lugubres des cors des Alpes. Une couronne a été déposée à la mémoire du Pizol, l’un des glaciers alpins les plus étudiés.
Contrairement au service commémoratif qui s’est tenue en Islande, la cérémonie ne marquait pas la première disparition d’un glacier des Alpes suisses. Depuis 1850, on estime que plus de 500 glaciers suisses ont complètement disparu, parmi lesquels 50 portaient un nom. Les archives tenues depuis que les scientifiques ont commencé à suivre le Pizol en 1893 montrent bien les récents changements rapides provoqués par le réchauffement de la planète. Ainsi, le glacier a perdu 80 à 90% de son volume depuis 2006.
Les glaciologues préviennent que plus de 90% des glaciers alpins pourraient disparaître d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites. Les chercheurs ont indiqué que l’Aletsch, le plus grand glacier des Alpes, pourrait disparaître complètement au cours des huit prochaines décennies.
En tenant compte de tous ces événements, l’Association suisse pour la protection du climat a récemment présenté les 100 000 signatures nécessaires pour lancer une initiative populaire à soumettre à un référendum. Il est demandé à la Suisse de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre à zéro d’ici 2050.
La date du vote n’a pas encore été fixée, mais le gouvernement suisse a déclaré en août qu’il soutenait lla proposition.
Source: AFP et journaux suisses.

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After the memorial service dedicated to the Ok Glacier in Iceland a few weeks ago, dozens of people undertook a « funeral march » in Switzerland, near the Liechtenstein and Austrian borders. The event took place on September 22nd, 2019 to mark the disappearance of the Pizol, an Alpine glacier, because of global warming. The Pizol has lost so much substance that from a scientific perspective it is no longer a glacier.

Dressed in black, the participants made the solemn two-hour « funeral march » up to the foot of the rapidly melting ice formation, situated at an altitude of around 2,700 metres. Once they arrived, a chaplain and several scientists delivered speeches in remembrance of the glacier, accompanied by the mournful tones of alphorns. A wreath was laid for the Pizol glacier which has been one of the most studied glaciers in the Alps.

Unlike the memorial service in Iceland, the Swiss ceremony did not mark the first disappearance of a glacier from the Swiss Alps. Since 1850, it has been estimated that more than 500 Swiss glaciers have completely disappeared, including 50 that were named. The logs kept since scientists began tracking the Pizol glacier in 1893 paint a bleak picture of recent rapid changes due to global warming. The glacier has lost 80-90 percent of its volume just since 2006.

Glaciologists warn that more than 90 percent of the Alpine glaciers could disappear by the end of this century if greenhouse gas emissions are not reduced. The researchers indicated that Aletsch, the Alps’ largest glacier, could completely disappear over the next eight decades.

With all these events in mind, the Swiss Association for Climate Protection recently presented the 100,000 signatures needed to launch a popular initiative, to be put to a referendum, demanding that Switzerland reduce its net greenhouse gas emissions to zero by 2050.

The date for the vote has yet to be set, but the Swiss government in August said it supported the objective.

Source : AFP and Swiss newspapers.

Le glacier Pizol en 2006 et 2018 (Source : Association suisse pour la protection du climat)

Vue du glacier Aletsch. L’absence de végétation sur l’encaissant du glacier monter la vitesse de fonte de la glace (Photo : C. Grandpey)