Réchauffement climatique : le Mississippi au plus bas // Global warming : the Mississippi River at its lowest

On a l’habitude de dire en France que ce qui se passe aux États-Unis arrivera bientôt chez nous. S’agissant du réchauffement climatique et des problèmes qui l’accompagnent, il faut espérer que ce ne sera pas le cas! Avec la chaleur accablante et le manque de précipitations, la moitié ouest des États-Unis fait face à une grave sécheresse depuis plusieurs mois.
En raison des températures élevées, du manque de neige dans les montagnes et du manque de pluie plus en aval, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux historiquement bas, avec à la clé une crise de la navigation fluviale et de l’industrie au cœur même des États-Unis.
Le Mississippi est une voie de navigation majeure, aussi bien pour le commerce que pour le tourisme. En provenance du nord du Minnesota où il prend sa source, le fleuve circule à travers les plaines du Midwest et se jette dans le Golfe du Mexique après avoir traversé la Louisiane, alimenté par de nombreux affluents à l’est et à l’ouest. Tout le commerce repose sur les eaux profondes du fleuve qui peuvent accueillir de gros navires transportant des marchandises telles que du soja, des engrais et du pétrole, ou des passagers à bord de navires de croisière.
Au cours du mois de septembre 2022, l’eau a tellement baissé que les navires se sont retrouvés coincés dans la boue et sur les bancs de sable au fond du fleuve. [NDLR : Il faut savoir que la navigation est parfois très délicate sur le Mississippi, comme l’a fort bien expliqué Samuel Langhorne Clemens, alias Mark Twain dont le pseudonyme est étroitement lié à l’histoire du fleuve.]
L’eau a tellement baissé qu’elle a révélé des restes humains et une épave vieille de 200 ans le long des berges. Dans le Missouri, les gens traversent à gué le lit du fleuve jusqu’à une île qui n’est normalement accessible que par bateau.
Sur la côte de la Louisiane, le fleuve est si bas que l’eau du Golfe du Mexique a commencé à remonter vers l’amont. On est en train de construire en toute hâte une digue sous-marine de 450 mètres de large pour empêcher l’eau salée de remonter plus en amont dans le fleuve où elle pourrait contaminer l’eau potable.
Il y a quelques mois à peine, le bassin du Mississippi était en proie aux inondations. Au cours de l’été écoulé, des précipitations jamais vues auparavant ont provoqué des inondations soudaines et des débordements de rivières dans le Kentucky, à St. Louis (Missouri), dans certaines parties de l’Illinois et à Jackson (Mississippi). Malgré ces précipitations sporadiques extrêmes, le Midwest des Etats Unis connaît aujourd’hui une sécheresse anormale. La vallée de la rivière Ohio et la partie nord du Mississippi ne reçoivent pas assez de pluie pour alimenter suffisamment le fleuve.
De la source à l’embouchure, les eaux du Mississippi ont chuté à des niveaux proches du record établi en 1988. À Memphis (Tennessee), l’eau est descendue en dessous de ce record le 17 octobre 2022, et il n’y a pas de pluie en vue.
Les scientifiques expliquent que le réchauffement climatique est responsable de cette situation. Les conditions extrêmes de sécheresse et les inondations de cette année sont conformes aux prévisions : la hausse des températures sur Terre entraîne une plus grande variabilité météorologique dans le centre des États-Unis, avec aussi bien des sécheresses intenses que des précipitations ponctuelles et abondantes. Le réchauffement climatique, provoqué par tous les gaz à effet de serre que les humains ont rejetés dans l’atmosphère, modifie le cycle de l’eau sur la planète. La hausse des températures augmente l’évaporation et modifie les courants atmosphériques et océaniques qui distribuent l’humidité à travers le monde.
La sécheresse le long du Mississippi est si intense qu’elle a mis au jour une épave vieille de plusieurs siècles. Début octobre, le faible niveau d’eau a révélé un ancien navire qui avait coulé à Baton Rouge, en Louisiane. Les archéologues pensent qu’il pourrait s’agir du Brookhill Ferry qui a coulé lors d’une tempête en 1915. C’est la première fois que le navire est entièrement exposé, mais de petites parties avaient déjà émergé des basses eaux dans les années 1990.
La baisse des eaux a également conduit à une découverte plus macabre. Le 15 octobre 2022, une femme du Mississippi a trouvé des restes humains alors qu’elle cherchait des galets avec sa famille. Ces restes sont les derniers d’une série qui a fait surface à la suite de la baisse des eaux. Comme je l’ai indiqué précédemment, plusieurs autres restes humains ont aussi été découverts dans le lac Mead (Nevada) qui connaît un niveau historiquement bas à cause de la sécheresse. En fin de compte, le faible niveau des rivières dans l’ouest de l’Amérique pourrait être une bonne nouvelle pour les médecins légistes chargés d’identifier des personnes disparues!
Adapté d’un article de Business Insider.

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It is current practise in France to say that what is happening in the U.S. will soon arrive in our country. Here is what’s happening in Western U.S. which has been facing a severe drought for several months. Climate change and global warming are the real cause of the situation.

Because of the high temperatures, the lack of snow in the mountains and the lack of rain further downstream, the waters of the Mississippi River have fallen to historic lows, driving a shipping and industry crisis in the heart of the US.

The Mississippi is a major channel for shipping and tourism, running from northern Minnesota down through the Midwest plains and emptying through Louisiana, with numerous tributaries stretching east and west. All that boat-based commerce relies on the river’s deep waters, which can accommodate large vessels carrying cargo like soybeans, fertilizer and oil, or cruise-line passengers.

For the past month, though, the water has dwindled so low that ships are getting stuck in the mud and sandbars at the river bottom.

The water receded so much that it revealed human remains and a 200-year-old shipwreck along the river’s new banks. In Missouri, people are walking across the dry, exposed riverbed to an island that’s normally only accessible by boat.

On the Louisiana coast, the river is so low that ocean water from the Gulf of Mexico began pushing upstream. There is a race to build a 450-meter-wide underwater levee to prevent saltwater from creeping further up the river, where it could contaminate drinking water.

Just a few months ago, the Mississippi River basin was flooding. This summer, historic rainfall caused flash flooding and overflowing rivers in Kentucky, St. Louis, Missouri, parts of Illinois, and Jackson, Mississippi. Despite these extreme sporadic rainfall events, the Midwest is in an abnormal drought. The Ohio River Valley and the Upper Mississippi are not getting enough rain to feed the giant river.

Up and down the Mississippi, waters have dropped to levels approaching the record low set in 1988. In Memphis, Tennessee, the waters plunged below that record on October 17th, 2022. And there is no rain in sight.

Scientists say that climate change is the culprit. This year’s extreme conditions of both drought and floods is consistent with what scientists have been predicting and observing: Rising global temperatures are driving more weather variability in the central US, fueling both more severe droughts and one-off rainfall events. Climate change, driven by all the greenhouse gasses that humans have released into the atmosphere, is changing the planet’s water cycle. Rising temperatures are increasing water evaporation and changing the atmospheric and ocean currents that distribute moisture across the globe.

The severe drought along the river is so intense that it uncovered a centuries-old shipwreck. In early October, low water levels revealed the old sunken ship along the banks of the Mississippi River in Baton Rouge, Louisiana. Archaeologists believe these remains may be from the Brookhill Ferry that sunk in a storm in 1915. Though this is the first time the ship has been fully exposed, it’s not a new discovery. Small parts of the vessel emerged from low waters in the 1990s.

The river’s receding waters also led to a more gruesome discovery. On October 15th, 2022 a Mississippi woman found human remains while searching for rocks with her family on the dry banks of the river. They are the latest in a bevy of discoveries to surface from receding waters. Over the summer, multiple set of remains were found in Nevada’s Lake Mead, which fell to historically low levels amid the severe drought. IUn the end, the rivers’ low level in western America could be good news news for experts tasked with solving missing persons cases.

Adapted from an article in Business Insider.

 Carte montrant le niveau de sécheresse aux Etats Unis à la mi-octobre

 

Photos: C. Grandpey

Ski : la descente de Zermatt/Cervinia annulée !

Le 20 octobre 2022, dans une note intitulée  » Ski : Polémique autour d’une descente ! », j’expliquais qu’une polémique était en train de naître suite à l’entêtement de la Fédération Internationale de Ski (FIS) de maintenir des épreuves de Coupe du monde de ski alpin à Zermatt les 29-30 octobre et 5-6 novembre au pied du Cervin, malgré des conditions d’enneigement défavorables. Pour plusieurs skieurs, la décision de la Fédération était « un non-sens ». Les conditions sur les glaciers sont de pire en pire chaque année; l’organisation des épreuves en Suisse demandait des moyens énormes en hélicoptère et des moyens humains pour boucher les crevasses sur le glacier.

Dans la matinée du 22 octobre, la FIS a finalement annulé la première épreuve transfrontalière de l’histoire de la Coupe du Monde de ski alpin. Les épreuves masculines prévues le week-end prochain au pied du Cervin n’auront donc pas lieu. A cause du manque de neige au pied de la piste de la «Gran Becca», le deuxième «snow control» n’a pas été plus concluant que celui de la semaine dernière.

Les dames doivent également lancer leur saison de vitesse entre Zermatt et Cervinia d’ici quinze jours (les 5 et 6 novembre). La FIS indique qu’un nouveau «snow control» sera effectué le 25 novembre afin de décider du maintien ou non de ces courses féminines.

Source: Rhône FM.

Photo: C. Grandpey

Réchauffement climatique: ouragans, tempêtes et érosion littorale // Global warming: hurricanes, storms and coastal erosion

Dans ma note sur les conséquences de l’ouragan Ian sur l’érosion côtière en Floride (2 octobre 2022), j’expliquais que les dégâts peuvent être énormes lorsque les tempêtes surviennent lors des grandes marées.
Le National Hurricane Center indique aujourd’hui que l’onde de tempête provoquée par l’ouragan Ian dans le Golfe du Mexique a atteint une hauteur de 4,50 mètres à Fort Myers Beach au moment où l’ouragan a touché terre.
Le niveau maximum de 4,50 mètres à Fort Myers Beach place Ian parmi les ondes de tempête les plus puissantes de l’histoire, mais bien en dessous de certaines tempêtes légendaires à avoir frappé la côte nord du Golfe du Mexique.
Une telle onde de tempête explique en partie pourquoi autant de décès – au moins 30 sur plus de 50 signalés dans le Lee County – ont été attribués à la noyade. Les sauveteurs ont trouvé des victimes sous l’eau, sur la plage et même dans un arbre, emportées là par la force de l’onde de tempête au cours de son déplacement vers l’intérieur des terres. On a mesuré un niveau d’eau de 4,65 mètres dans une maison de Fort Myers Beach. Des relevés similaires ont été effectuées à la suite des ondes de tempête provoquées par l’ouragan Michael à Mexico Beach (Floride) en 2018, et l’ouragan Laura à Cameron Parish (Louisiane) en 2020. Les dégâts causés par Ian en Floride sont semblables à ceux de la Louisiane, mais sur une zone beaucoup plus grande, et beaucoup plus de structures ont été endommagées.
Au deuxième étage d’une copropriété de Fort Myers, la force de l’onde de tempête et des vagues a poussé le contenu d’un appartement à travers les murs, puis à travers un couloir, avant d’atterrir sur un autre balcon du deuxième étage. Certains habitants ont tenté de fuir en voyant l’onde de tempête qui montait et ils ont péri dans leurs véhicules. On parle aussi de survivants qui ont abandonné leurs maisons et se sont enfuis vers des endroits plus élevés avec des voisins, ou ont été secourus à la dernière minute.
À titre de comparaison, en 2005, l’onde de tempête provoquée par l’ouragan Katrina a atteint 7,50 m à 8,50 m le long de la côte du Golfe du Mexique à Bay St. Louis. Les habitants ont été très surpris par la hauteur de l’eau car ils pensaient qu’aucune tempête ne dépasserait en puissance l’ouragan Camille de 1969; il a généré une onde de tempête de 7,40 mètres à Pass Christian, juste à l’est de Bay St. Louis. L’ouragan Charley a fait monter l’eau jusqu’à 1,80 m – 2,10 m sur les îles Sanibel et Estero en août 2004. En 2017, on a signalé un niveau d’eau de 1,80 m – 3,00 m suite à l’ouragan Irma dans une zone non habitée entre Cape Sable et Cape Roma sur la côte sud-ouest de la Floride.
Source : médias d’information américains.

Ne pas oublier qu’avec l’accélération du réchauffement climatique, nos côtes sont de plus à plus exposées aux phénomènes extrêmes. On l’a vu avec la tempête Xynthia en février-mars 2010. Il ne fait guère de doute qu’il y aura d’autres tempêtes du même genre qui viendront s’ajouter aux incendies de forêts et à la destruction par la grêle, comme ce fut le cas au cours de l’été 2022.

Tant que rien ne sera fait par nos gouvernants pour s’attaquer aux causes du réchauffement climatique, il en sera ainsi. Vouloir s’adapter aux nouvelles conditions climatiques sans s’attaquer aux causes ne résoudra pas les problèmes.

Source: médias d’information américains.

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In my post about the consequences of hurricane Ian on coastal erosion in Florida (Octover 2nd, 2022), I explained that the damage can be enormous when the storms occur during the king tides.

The National Hurricane Center indicates today that Ian’s devastating storm surge in the Gulf of Mexico reached 4.50 meters in Fort Myers Beach as the hurricane made landfall.

The 4.50-meter peak high water levels at Fort Myers Beach put Ian among some of the highest storm surges in history, but well below peak water levels reported in some of the most legendary storms on the northern Gulf Coast.

Such high water helps explain in part why so many – at least 30 – of the more than 50 deaths reported in Lee County were attributed to drowning. Rescuers found drowning victims underwater, on the beach and in a tree, swept there by the heaving force of the ocean moving inland. Surveyors measured a water level of 4.65 meters in one home on Fort Myers Beach. Similar surge surveys were performed after Hurricane Michael in Mexico Beach, Florida, in 2018, and Hurricane Laura in Cameron Parish, Louisiana, in 2020. The damage caused by Ian was similar with Louisiana, but it was over a much larger area, so a lot more structures were damaged.

In one second-floor condominium, the force of the storm surge and waves pushed the contents through the walls and into a back hallway and onto a second-floor balcony. Some tried to leave as the storm surge rose and were caught in their vehicles. Other stories have emerged of survivors who abandoned their homes and fled to higher ground with neighbours or were rescued at the last minute.

As a comparison, in 2005, Hurricane Katrina’s storm surge reached 7.50 – 8.50 metres along the Mississippi coast at Bay St. Louis. Residents there were shocked at the height of the water, believing no storm would ever surpass 1969’s Hurricane Camille, which pushed a 7.40-meter storm surge into Pass Christian, just east of Bay St. Louis. In contrast, Hurricane Charley pushed water levels up to 1.80- 2.10 meters on Sanibel and Estero Islands in August 2004. In 2017, Hurricane Irma’s peak water levels were reported at 1.80 – 3.00 meters above ground level in an unpopulated area between Cape Sable and Cape Roma on the Southwest Florida coast.

Source : U.S. news media.

L’ouragan Ian vu depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Ski : Polémique autour d’une descente !

Dans une note rédigée le 30 juillet 2022, j’indiquais que depuis la veille il n’était plus possible de skier à Zermatt. Le glacier suisse le plus haut d’Europe avait fermé temporairement son accès à cause du manque de neige et des températures trop élevées. De plus, de récentes averses et la gestion de plus en plus difficile des crevasses avaient conduit à la décision de fermeture. A cette époque de l’année, le glacier était fréquenté par les équipes de skieurs de compétition. Le glacier de Zermatt rejoignaint donc les glaciers français de Tignes, des Deux-Alpes ou du Pisaillas, ainsi que celui du Stelvio en Italie.

En octobre 2022, une polémique est en train de naître suite à l’entêtement de la Fédération Internationale de Ski (FIS) qui a décidé de maintenir des épreuves de Coupe du monde de ski alpin à Zermatt les 29-30 octobre et 5-6 novembre au pied du Cervin, malgré des conditions d’enneigement défavorables.

Selon le Français Johan Clarey, médaillé d’argent de la descente olympique à Pékin, « cette course est un non-sens. Beaucoup de coureurs pensent comme moi mais très peu vont le dire. » Il ajoute: « On voit que les conditions sur les glaciers sont de pire en pire chaque année; cette étape demande des moyens énormes en hélicoptère (pour monter le matériel), des moyens humains pour boucher les crevasses, rendre une piste potable… Je ne comprends pas, Ça ne va pas dans le sens dans lequel devrait aller la FIS. »

Il faut reconnaître que beaucoup d’efforts en faveur de l’environnement sont faits dans les stations pour accueillir le grand public. Faire des courses qui vont à l’opposé de cette politique ne donne pas une très bonne image du ski de compétition. En plus, le site de Zermatt est très compliqué; il suppose des transferts pour rentrer de Cervinia à l’hôtel, avec une heure et demie de remontées mécaniques. Bonjour l’empreinte carbone! Les skieurs ne diront rien par peur de sanctions, mais ils seront un bon nombre à ne pas cautionner la décision de la FIS.

Source: presse helvétique.

Le Cervin (Photo: C. Grandpey)