La fonte du Groenland (suite) // The melting of Greenland (continued)

Les participants à la COP 28 et les autres hommes politiques se moquent éperdument du réchauffement climatique. Joe Biden vient d’autoriser l’exploitation pétrolière dans le nord de l’Alaska et un permis de forage pétrolier vient d’être accordé à Parentis-en-Born (France). C’est tout dire. Pendant ce temps, l’Arctique fond et les glaciers du Groenland disparaissent. .
Une professeure de l’Université d’État de l’Arizona a prélevé dans les Archives nationales danoises conservées à Copenhague de vieilles photos de glaciers du Groenland datant des années 1930, et elle les a ensuite numérisées. La scientifique et son équipe ont comparé ces photos anciennes à des images satellite du Groenland en 2022 pour mesurer à quel point les paysages ont changé. Le résultat des travaux a été publié en décembre 2023 dans la revue Nature Climate Change.
La comparaison entre les deux séries d’images montre que les glaciers du Groenland connaissent une vitesse de recul très inquiétante. Elle s’est accélérée au cours des deux dernières décennies. La vitesse de recul au cours du 21ème siècle a été deux fois plus rapide qu’au 20ème siècle. Cela met vraiment en évidence le rythme auquel l’Arctique est en train de se réchauffer et de se modifier. Comme je l’ai déjà écrit, au cours des dernières décennies, l’Arctique s’est réchauffé quatre fois plus vite que le reste du monde. Pour la première fois, il a plu au sommet du Groenland au cours de l’été 2021. Début décembre 2023, des scientifiques ont découvert que les immenses glaciers du nord du Groenland, longtemps considérés comme relativement stables, ont commencé à fondre, avec des conséquences inévitables sur le niveau des océans.
La professeure espère que le travail de son équipe attirera l’attention sur la fonte rapide du Groenland et sur la menace qu’elle représente pour les côtes dans le monde avec l’élévation du niveau de la mer.
Source : CNN.

Voici l’un des ensembles de photos des années 1930 et 2022 pour illustrer la fonte et le retrait des glaciers au Groenland.

Vous trouverez plus d’images à cette adresse :

https://edition.cnn.com/2023/11/12/climate/greenland-glaciers-before-after-climate/index.html?utm_campaign=Hot%20News&utm_medium=email&_hsmi=282466683&_hsenc=p2ANqtz-85DxMLm0BPwG8Vcy1pQqd79GPozeL-k3FEW3JLF9_RQwKQLB6ikQVriw7cQ0UVm3XZ8lJFYtY7ICz-FToxXV2PoEXiJg&utm_content=282466683&utm_source=hs_email

Voici une photo de la même zone que j’ai prise en 2016. On peut voir à quelle vitesse les glaciers fondent.

—————————————————

The participants in COP 28 and other world leaders don’t care a straw about global warming. Joe Biden has just allowed oil exploitation in northern Alaska and an oi drilling permei has just been awarded in Parentis -en-Born France. In the meantime, the Arctic is melting and glaciers in Greenland are disappearing. .

A professor at Arizona State University collected in Copenhagen old photos of Greenland glaciers dating back to the 1930s in the Danish National Archives and digitized them. The scientist and her team combined these ancient photos with satellite images of Greenland in 2022 to measure how much its frozen landscape has changed. The study was published in December 2023 in the journal Nature Climate Change.

The comparison between the two sets of images found Greenland’s glaciers have experienced an alarming rate of retreat that has accelerated over the last two decades. The rate of retreat during the 21st century has been twice as fast as the retreat in the 20th century. It really highlights the fast pace at which the Arctic is warming and changing.”

As I put it before, over the past several decades, the Arctic has warmed four times faster than the rest of the world. For the first time on record, it rained at the summit of Greenland during the summer of 2021. In early December 2023, scientists found that northern Greenland’s huge glaciers, which were long thought to be relatively stable, now pose potentially “dramatic” consequences for sea level rise.

The professor hopes the team work will draw attention to the rapidly melting territory and the threat it poses to the world’s coastlines as sea level rises.

Source : CNN.

You can see above one set of photos from the 1930s and 2022 to illustrate glacial melting and retreat in Greenland. You will find more images at this address :

https://edition.cnn.com/2023/11/12/climate/greenland-glaciers-before-after-climate/index.html?utm_campaign=Hot%20News&utm_medium=email&_hsmi=282466683&_hsenc=p2ANqtz-85DxMLm0BPwG8Vcy1pQqd79GPozeL-k3FEW3JLF9_RQwKQLB6ikQVriw7cQ0UVm3XZ8lJFYtY7ICz-FToxXV2PoEXiJg&utm_content=282466683&utm_source=hs_email

I have also posted a photo of the same area I took in 2016. One can see how fast glaciers are melting.

Surpris par le réchauffement climatique ! // Caught unaware by global warming !

Le réchauffement climatique peut avoir des conséquences inattendues. Le 29 décembre 2023, 122 pêcheurs ont dû être secourus sur une plaque de glace sur l’Upper Red Lake dans le Minnesota. Les pêcheurs se sont retrouvés bloqués dans la partie sud-est du lac lorsque la plaque de glace sur laquelle ils se trouvaient s’est détachée de celle accrochée au rivage et a commencé à dériver vers le large.. Une zone de 10 mètres d’eau libre a alors séparé les pêcheurs sur la plaque de glace du reste du groupe sur la terre ferme.
Avant l’arrivée des secours, des passants ont tenté de sauver les naufragés à l’aide d’un canot, ce qui a entraîné quatre personnes dans l’eau glacée. Elles ont été rapidement ramenées sur la terre ferme et gardées au chaud dans un abri de pêche. Les sauveteurs ont atteint le groupe en détresse le soir avec des bateaux et des aéroglisseurs. Aucun blessé n’a été signalé, y compris parmi les quatre personnes tombées à l’eau.
La veille de la mésaventure, le service des Ressources naturelles du Minnesota avait publié un communiqué de presse mettant en garde contre les mauvaises conditions de la glace dans tout l’État en raison d’un temps anormalement chaud pour la saison. Au moment de l’accident, la température de l’air était de 1°C.
Source  : médias d’information américains.

Photo: C. Grandpey

———————————————————-

Global warming can have unexpected consequences. On December 29th, 2023, 122 anglers had to be rescued from an ice floe on the Upper Red Lake in Minnesota. The anglers were stranded in a southeastern lake area after a sheet of floating ice detached from the main shoreline. 10 meters of open water separated the stranded group from dry land after the floe broke off.

Before emergency responders arrived, bystanders attempted a rescue with a canoe, resulting in four individuals falling into the freezing water. They were quickly pulled back on to the ice floe and kept warm in a fishing shelter.

Rescuers using boats and hovercraft reached the group in the evening. There were no reported injuries, including among the four individuals who fell from the canoe into the water.

The day before the incident, the Minnesota Department of Natural Resources had shared a news release warning of poor ice conditions across the state due to unseasonably warm weather. When the incident took place, air temperature was 1°C.

Source : US news media.

Kina et Yuk : renards de la banquise

Un film intitulé Kina et Yuk : renards de la banquise a fait son entrée dans les salles le mercredi 27 décembre. Outre sa beauté et sa tendresse, il met en lumière une des conséquences du réchauffement climatique. Je trouve que c’est une façon très intelligente d’attirer l’attention du jeune public sur une catastrophe à grande échelle dont il aura à subir les conséquences.

Kina et Yuk sont un couple de renards polaires prêt à fonder une famille sur la banquise du Grand Nord. La température est anormalement douce et la nourriture de plus en plus rare, obligeant Yuk à s’aventurer toujours plus loin pour subvenir à leurs besoins. Soudain, un craquement terrible causé par la fonte des glaces vient bouleverser la vie des deux renards qui se trouvent isolés chacun sur un bout de la banquise. Ils doivent braver tous les dangers et explorer de nouveaux territoires dans l’espoir de se retrouver à temps pour la naissance de leurs petits.

Le réalisateur du film, Guillaume Maidatchevsky, est français (cocorico!). Suite à des études de biologie, il est devenu spécialiste de la faune et s’est tourné vers la réalisation de films à portée écologique. La conteuse du film est Virginie Efira, habituée à ce genre de réalisations.

Kina et Yuk : renards de la banquise a été tourné au cœur du Yukon canadien et plus précisément à Dawson City (appelée Jack City dans le film), là même où s’est déroulée à la fin de 19ème siècle la célèbre Ruée vers l’Or. Cette charmante petite ville semble appartenir à un autre temps avec son architecture d’autrefois et ses rues bordées de petites maisons colorées en bois.

Dawson City

Le tournage du film, démarré fin janvier 2023, a duré 15 semaines et s’est terminé en juin 2023. Comme c’est le cas pour de nombreux films où des animaux entrent en scène, le tournage de Kina et Yuk a eu lieu dans un sanctuaire du Yukon, au Canada, où des renards polaires vivent en liberté. Des coaches animaliers les ont habitués à l’homme, tout en préservant leur côté sauvage. Je connais un autre site au Canada où il est possible de s’approcher des loups, habitués à la présence humaine dès leur naissance. Le réalisateur explique que l’équipe de tournage  « ne devait ni toucher les animaux ni les caresser. » Trois caméras ont été utilisées pour filmer une même scène.

Scène de route dans le Yukon

A côté du couple de renards polaires, on assiste au défilé d’une faune riche d’ours polaires, martre, lièvre arctique, hermine et des prédateurs tels que le renard roux et les loups arctiques. Il ne faut toutefois pas se faire d’illusion ; on ne voit pas tous ces animaux au cours d’une même journée, ni même au cours d’un seul voyage. Il en va de même des aurores boréales qui n’apparaissent que ponctuellement. J’ai eu la chance d’en admirer une un soir au cœur du Yukon, avec un meute de loups qui hurlait à proximité. Un moment qui vous prend aux tripes… !

J’adore le Yukon où j’ai effectué deux voyages il y a quelques années, après avoir été fasciné par les paysages somptueux du Dernier Trappeur (2003) de Nicolas Vanier que je salue ici. Le Yukon offre une nature sauvage comme nulle part ailleurs. C’est l’ultime frontière pour les trappeurs, les chercheurs d’or, la Nature à l’état pur, celle de L’Appel de la Forêt – The Call of the Wild – de Jack London.

Automne dans le Yukon

Cette Nature est menacée aujourd’hui. Fort de ses réserves de pétrole bitumineux, le Yukon attire les convoitises de nouveaux prospecteurs, qui remplacent les chercheurs d’or d’autrefois. L’extraction de ce type de pétrole, extrêmement polluante, rejette trois à cinq fois plus de gaz à effet de serre que les forages conventionnels et elle entraîne la destruction d’écosystèmes. Il suffit de regarder l’évolution des températures à Dawson City pour se rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur l’Arctique. Au cours des cinquante dernières années, la température moyenne a augmenté de 2°C et les températures hivernales de 4°C. Nous sommes fin décembre et le fleuve Yukon n’est toujours pas totalement pris par la glace à Dawson ! Plus au nord, la glace de la mer de Beaufort fond à une vitesse folle. Aujourd’hui,pendant l’été, la banquise couvre une surface 40% moins vaste qu’en 1980. D’ici 2040, il n’y aura presque plus de glace dans l’océan à cette saison.

Le fleuve Yukon à Dawson

(Photos: C. Grandpey)

J’ai regardé le film le vendredi 29 décembre dans la matinée afin de bénéficier du tarif réduit. Avec mon épouse, nous étions pratiquement seuls dans la salle de cinéma. Au final, le film m’a déçu et je ne suis jamais vraiment entré dans l’histoire. Il y a de très belles images, mais aussi des longueurs et je me suis un peu ennuyé. Peut-être que les enfants prendront davantage de plaisir. J’espère que la sensibilisation au réchauffement climatique voulue par Guillaume Maidatchevsky atteindra son but, mais je ne suis pas certain que le message soit suffisamment percutant. Mon épouse, d’ordinaire moins sévère que moi, a abouti plus ou moins à la même conclusion.

Les prévisions des poulpes de l’Ouest Antarctique // The predictions of West Antarctica’s octopuses

Rappelez-vous : Paul le Poulpe était une pieuvre conservée dans l’aquarium Sea Life d’Oberhausen (Allemagne). L’animal a connu son heure de gloire en 2010 car il était censé pronostiquer les résultats des matches de la Coupe du monde qui avaient lieu cette année-là. Quelques prévisions exactes lui ont valu le titre honorifique d’oracle animalier. Les gardiens de l’aquarium lui présentaient deux boîtes contenant de la nourriture, décorées avec les drapeaux des équipes opposées lors d’un match. La boîte choisie par Paul en premier désignait la vainqueur futur de la partie.

Aujourd’hui, on nous raconte une autre histoire sur les poulpes en Antarctique. De petits céphalopodes, les poulpes de Turquet, se déplacent au fond de l’océan qui entoure ce continent depuis environ quatre millions d’années. Des chercheurs ont récemment découvert que l’ADN de ces créatures de 15 centimètres de long (sans les tentacules) pourrait aider à résoudre un très vieux mystère scientifique : quand la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a disparu pour la dernière fois. Les résultats de leur étude ont été publiés en décembre 2023 dans la revue Science.

La calotte glaciaire de l’Antarctique occidental contient suffisamment d’eau pour faire monter le niveau de la mer de plus de 5 mètres dans le monde si elle fondait entièrement. Un tel événement inonderait de nombreuses villes côtières. Ces dernières années, le réchauffement des océans, causé par les émissions de gaz à effet de serre dus à la combustion de combustibles fossiles, a provoqué la fonte de la calotte glaciaire antarctique qui se trouve aujourd’hui dans une situation précaire. Une étude parue en octobre 2023 a révélé que dans les scénarios d’émissions les plus optimistes, la fonte de cette calotte glaciaire est inévitable. Mieux connaître son passé pourrait nous aider à comprendre ce qui nous attend. Un chercheur a déclaré : « Comprendre quel aspect avait la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental dans un passé récent, lorsque la température de la planète était similaire à celle d’aujourd’hui, pourrait nous aider à mieux prévoir l’élévation future du niveau de la mer. »
Les scientifiques se sont donc tournés vers les pieuvres de Turquet (Pareledone turqueti) pour obtenir des réponses. Ces animaux vivent tout autour du continent antarctique, mais leurs populations dans la mer de Ross et la mer de Weddell sont séparées par l’infranchissable barrière constituée par la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental et, de ce fait, ils s’éloignent rarement de leur lieu de résidence. Les chercheurs pensent que s’ils pouvaient parvenir à déterminer à quel moment les deux populations se sont croisées, cela pourrait donner des indications sur la dernière fonte de la calotte glaciaire.
L’équipe scientifique a séquencé l’ADN de 96 poulpes de Turquet en provenance de tout le continent, capturés accidentellement par des pêcheurs ou conservés dans des collections de musées. Bien que le spécimen le plus ancien date des années 1990, les chercheurs étaient persuadés que l’analyse génétique pourrait donner un aperçu de l’arbre généalogique des poulpes il y a des millions d’années.
Cette analyse génétique a révélé que les poulpes de la mer de Weddell et de la mer de Ross se sont croisés il y a 54 000 à 139 000 ans, au cours de la dernière période interglaciaire. La conclusion de l’analyse correspond aux soupçons des scientifiques selon lesquels une disparition de la calotte ouest antarctique s’est produite pendant cette période.
La température moyenne de notre planète est actuellement supérieure d’environ 1,2 °C à la moyenne préindustrielle. Au cours de la dernière période interglaciaire, la température de la Terre était d’environ 0,5 à 1,5°C supérieure à cette même moyenne préindustrielle, mais le niveau de la mer était environ 5 à 10 mètres plus haut qu’aujourd’hui. Bien qu’on ne sache toujours pas exactement quand la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental a fondu, ni combien de temps cela a pris, les scientifiques affirment que le phénomène pourrait se reproduire et leur étude constitue un sérieux avertissement pour la planète.
Source : Médias d’information internationaux.

————————————————

Just remember : Paul the Octopus was a common octopus kept in the Sea Life aquarium of Oberhausen (Germany). The animal was supposed to predict the results of World Cup matches in 2010. A few accurate predictions brought him worldwide attention as an animal oracle. Paul’s keepers would present him with two food-containing boxes decorated with the flags of the teams in an upcoming match. Whichever box Paul ate from first was considered his prediction for which team would win the match.

Today, there is another story about octopuses in Antarctica. In the sea surrounding this continent, small cephalopods called Turquet’s octopuses have been crawling along the ocean floor for some four million years. Researchers have recently discovered that the DNA of the 15-centimeter-long creatures (excluding arms) may help solve a longstanding scientific mystery: When did the West Antarctic Ice Sheet last collapse?  The results of their study was published in December 2023 in the journal Science.

The West Antarctic Ice Sheet (WAIS) holds enough water to raise global sea levels by more than 5 meters if it were to melt entirely, an inundation that would flood many coastal cities around the world. In recent years, global ocean warming fueled by high levels of greenhouse gas emissions from burning fossil fuels has left the ice sheet in a precarious situation. An October study found that even under best-case emissions scenarios, the sheet’s melting is inevitable. Still, learning more about its past could help us understand what’s to come. Said one reseracher : “Understanding how the WAIS was configured in the recent past when global temperatures were similar to today will help us improve future sea-level rise projections.”

So, the scientists turned to the Turquet’s octopus (Pareledone turqueti) for answers. While these animals live all around the icy continent, their populations in the Ross Sea and Weddell Sea are separated by the impassable WAIS and rarely move far from where they live. If researchers could determine how recently the two populations interbred, that might give some clues to when the ice sheet last melted.

The scientific team sequenced the DNA of 96 Turquet’s octopuses from all around the continent that were either accidentally caught by fishers or stored in museum collections. Though their oldest specimen was from the 1990s, genetic analysis could provide a glimpse millions of years back in the octopus family tree.

The genetic analysis revealed that the Weddell Sea and Ross Sea octopuses interbred between about 54,000 and 139,000 years ago, during a period known as the Last Interglacial. The conclusion matched with scientists’ suspicions that a collapse had occurred during that time.

Global average temperatures currently hover around 1.2°C higher than pre-industrial averages. During the Last Interglacial, the Earth was about 0.5 to 1.5°C warmer than pre-industrial averages, yet sea levels were about 5 to 10 meters higher than they are now. While it is still unclear exactly when the WAIS melted, or how long it took, scientists say the study is a stark warning for the planet.

Source : International news media.

Carte de l’Antarctique, avec la partie occidentale où la calotte glaciaire constitue une barrière entre les mers de Weddell au nord et de Ross au sud (Source: BAS)